vignette|350px|Représentation approximative des territoires occupés par les différents dynasties et États chinois au fil des siècles. L'histoire de la Chine commence peu après l'invention de l'écriture, soit vers , avec l'émergence des premières cités. Les écrits sont d'abord rares et ne se répandent qu'au cours du Ier millénaire av. J.-C. La civilisation chinoise s'est développée au fil des siècles, en passant progressivement de rites ancestraux de type chamanique au taoïsme et au bouddhisme, tout en intégrant la philosophie confucéenne. L'écriture chinoise non phonétique, partagée par des langues diverses qui utilisent les mêmes signes en les prononçant différemment, a permis de créer une intercompréhension écrite entre locuteurs instruits parlant différentes langues. Lorsque la Chine fut conquise à plusieurs reprises par des tribus nomades venues du Nord ou de l'Ouest, comme les Mongols au , les envahisseurs adoptèrent les coutumes chinoises et utilisèrent le système administratif en place pour gouverner à leur profit l'empire de Chine.
Chronologie
Pouvoir en place Durée Événements importantsDynastie Xia (mythe non prouvé). à 500Première forme d'empire chinois (mythologie).Dynastie Shang (semi-légendaire) à 525Début de l'écriture chinoise vers 1300.Dynastie Zhou de l'Ouest à 275Dynastie Zhou de l'Est à 514Période des Printemps et Automnes à 246Vie de Confucius (551-) et Sun Tzu (544-).Période des Royaumes combattants475 à 254Dynastie Qin221 à 15Dynastie des Han occidentaux à 215Dynastie Xin9 à 2314Dynastie des Han orientaux25 à 220195Adoption du confucianisme comme idéologie.Trois Royaumes220 à 26545Dynastie des Jin occidentaux265 à 31752Dynastie des Jin orientaux317 à 420103Dynasties du Sud et du Nord420 à 589169Dynastie Sui581 à 61837Dynastie Tang618 à 907289Période des Cinq Dynasties et des Dix Royaumes907 à 96053Dynastie Song du Nord960 à 1127167Renaissance culturelle et économique : imprimerie, fer, soie, porcelaine.Dynastie Song du Sud1127 à 1279152Dynastie Liao916 à 1125209Dynastie Jin1115 à 1234119Dynastie Yuan1271 à 136897« Pax Mongolica » ; Marco Polo en Chine.Dynastie Ming1368 à 1644276Dynastie Qing1644 à 1912268République de Chine1912 à 194937République populaire de Chine1949 à aujourd'hui76+Réforme économique chinoise
Histoire chronologique
Époque préhistorique
Dès la fin du Paléolithique supérieur, lors du Tardiglaciaire, vers avant le présent, les hommes pilaient ou broyaient des céréales sauvages dans la vallée du fleuve Jaune., parmi lesquelles des graines de millet sauvage... Ces chasseurs-cueilleurs connaissaient déjà la céramique. Les premières consommations de riz sauvage sont datées du début de l'Holocène (9000-7000 avant l'ère commune) au sein de populations semi-sédentaires, qui, vers 9400-6600 avant l'ère commune, au Mésolithique, consommaient aussi des glands et des châtaignes d'eau. Ils possédaient des jarres en céramique, à fond plat, et des outils en pierre polie. Mais c'est plus tard, durant l'Holocène moyen (vers 6000-5000 avant l'ère commune), que la Chine est passée d'une économie de prédation à une économie de production agricole reposant sur le millet, le porc et le poulet. Cueillette et chasse assuraient néanmoins un complément plus ou moins important, au sein de nombreuses cultures néolithiques répandues sur toute la partie orientale du territoire chinois actuel, la région cultivée située alors le plus à l'Ouest étant le bassin du Sichuan.
La culture néolithique la plus connue est celle de Yangshao. (« Néolithique moyen » en Chine), au confluent de la rivière Wei et du fleuve Jaune. Elle est datée de 4500 à 3000 avant l'ère commune et s'est développée dans la plaine centrale, au Henan, au Shanxi et au Shaanxi, avant de s'étendre au sud vers le Yangzi Jiang et à l'ouest vers le Gansu et le Qinghai. Le site du Yangshao ancien le plus connu est celui du village de Banpo, près de Xi'an dans le Shaanxi. Plus à l'est, au Shandong, se trouvait la culture à peu près contemporaine de Dawenkou, surtout connue grâce à ses sépultures. L'économie de ces deux cultures reposait sur le millet. Plus au Sud, dans les provinces maritimes du Jiangsu et du Zhejiang, le riz a été cultivé dès 5000 avant l'ère commune, probablement par des populations austronésiennes.
Au Shandong, la culture de Longshan succède à celle de Dawenkou durant la première moitié du millénaire avant l'ère commune. Elle est caractérisée par une poterie noire très fine, une hiérarchisation sociale poussée et des villages souvent protégés par des enceintes en terre damée. Des principautés dirigées par une élite commencent à se former. L'élevage du mouton et du bœuf fait son apparition, ainsi que la culture du blé et de l'orge. Cette culture s'étend sur la plaine centrale et correspond peut-être« The Archaeology of China », dans . à la période des « Dix mille royaumes » (wan guo) dont parlent les textes chinois. Cependant, les premiers bronzes apparaissent bien plus à l'Ouest au sein de la culture de Qijia (2400-1900 avant l'ère commune). La culture d'Erlitou (1900-1500 avant l'ère commune), de l'Âge du bronze, fait suite à la culture de Longshan.
Formation de l'État et premières dynasties vignette|Carte du territoire de la dynastie Xia.
Les historiens chinois ont traditionnellement commencé leurs récits de l'histoire chinoise avec l'empereur Jaune (), souverain civilisateur mythique, puis la fondation de la dynastie Xia () par Yu le Grand (), au Cette dynastie est considérée comme mythique, même si certains historiens chinois se basent sur la découverte d'un site archéologique à Erlitou () daté de 1900- pour soutenir son caractère historique. C'est de cette période que date le début de la métallurgie, donc le début de l'âge de bronze chinois. C'est aussi à cette période que remontent les plus anciennes écailles de tortues marquées de signes et des poteries décorées.
vignette|Carte du territoire de la dynastie Shang.
Elle est suivie de la dynastie Shang ( ; environ – ), qui occupait la moyenne vallée du fleuve Jaune (). Les découvertes archéologiques prouvent au moins l'existence de la dynastie Shang. La Chine des Shang possédait une culture avancée, quelque peu différente de la civilisation chinoise postérieure, avec des cités-palais, une écriture, des pratiques divinatoires, la métallurgie du bronze (notamment dans la fabrication de vaisselle de sacrifice) et l'utilisation de chars. Les fouilles archéologiques et les inscriptions sur les objets en bronze donnent une idée de la société Shang. Une famille royale occupait le sommet d'une hiérarchie sociale clanique, avec des chefs de lignée qui perpétuaient le culte familial.
Au centre de la ville shang se trouvent les palais et les temples consacrés à la famille royale, avec une orientation nord-sud et est-ouest, dont subsistent les fondations en terre damée. Cet espace est protégé par une enceinte.
Les Shang pratiquaient la divination à l'aide d'os d'animaux brûlés ou scapulomancie (le plus souvent avec des carapaces de tortue), dont on interprétait les craquelures, et qui portaient des inscriptions divinatoires. Cette écriture archaïque, l'écriture ossécaille, témoigne d'une continuité jusqu'aux caractères chinois actuels.
Il est maintenant établi que les Shang étaient en contact avec un peuple indo-européen, les Tokhariens, que les Chinois appelaient les Quanrong (soit rong-chiens). De caractère guerrier, ces derniers effectuaient de fréquentes incursions en Chine. Ce sont eux qui auraient introduit le char en Chine. La mythologie chinoise, telle qu'elle est racontée dans les textes de la dynastie Han, aurait été influencée par la mythologie tokharienne.
vignette|Carte du territoire de la dynastie Zhou.
À la fin du , une seconde culture commence à émerger dans la vallée de la rivière Wei (), celle des Zhou (). Au cours du ., les Zhou renversent les Shang-Yin. Leur dynastie est la première pour laquelle il existe une tradition historique fiable. Elle semble avoir commencé à gouverner par un système de bureaucratie centralisée. Les rois portent le nom de tianzi (« fils du Ciel »), qui légitime leur pouvoir par un mandat céleste. Cette conception perdurera jusqu'à la fin de l'Empire chinois au début du . Les souverains zhou confient l'administration de certains territoires à des familles liées à la maison royale. Ces principautés portent le nom de guo, qu'on traduit par « fief ». Quelques historiens ont qualifié ce système de féodal, tandis que d'autres s'opposent à cette dénomination qui étend trop le sens de féodal et qui implique avec le système féodal européen des similitudes qui n'existent pas.
L'époque des Zhou est traditionnellement divisée en deux périodes : celle des Zhou occidentaux (1045-) et celle des Zhou orientaux (770-), selon l'emplacement de leur capitale.
Au , les Zhou occidentaux instaurent un système de garnisons chapeautées par des membres de la famille royale afin de contrôler l'intérieur du pays. L'allégeance de ces seigneurs est sans cesse réaffirmée par des présents et des visites calquées sur le modèle imposé par la hiérarchie familiale. Mais les siècles passant, les relations avec le pouvoir central se font de plus en plus distantes, les traditions locales prenant le pas sur les traditions familiales, rendant l'influence du chef de famille symbolique, le Roi des Zhou, de plus en plus fantoche.
Des attaques barbares du Nord et de l'Ouest, qui vont jusqu'à piller la capitale occidentale des Zhou, obligent la famille royale à se replier en à Luoyang, la capitale orientale (période des Zhou orientaux).
Cette dernière période, caractérisée par le déclin du pouvoir royal, correspond plus ou moins à deux périodes que l'on appelle « Printemps et Automnes » () et « Royaumes combattants » ().
Époque des Printemps et Automnes
vignette|Carte de la période des Printemps et Automnes.
Le pouvoir se fragmente au cours de la période des Zhou orientaux, époque que les annales compilées par Confucius nomment période des Printemps et Automnes. On considère généralement qu'elle s'étend de 770 à À cette époque, le souverain ne dispose guère plus que d'une autorité morale. Les principautés deviennent héréditaires et des conflits militaires font émerger de grands États qui absorbent les plus petits. On peut distinguer les principautés du centre (par exemple le Jin ou le Qi) des principautés périphériques (le Qin ou le Chu). Dans un premier temps, les principautés du centre jouent un rôle de chef de confédération, face à la menace de tribus barbares. À partir du les royaumes périphériques, tels que le Chu dans la vallée du Yangzi Jiang, prennent l'ascendant.
C'est à cette époque que fleurissent les « cent écoles » (ce nombre est symbolique). Dans un monde en bouleversement éclot une série de mouvements philosophiques tels que le confucianisme, le taoïsme, le légisme, le moïsme, qui cherchent à donner des solutions à la crise politique et économique.
Royaumes combattants
vignette|Carte des Royaumes combattants. Comme la consolidation politique continue, il ne reste que sept États principaux. La période durant laquelle ces quelques États se combattent les uns les autres est connue sous le nom de période des Royaumes combattants, dont on considère généralement qu'elle s'étend de 453 à C'est effectivement une période d'affrontements, tant à l'intérieur des États, entre le pouvoir central et les grandes familles, qu'à l'extérieur, entre États.
Les conflits opposent des armées de fantassins, tandis que le rôle des chars diminue. Une nouvelle arme apparaît (l'arbalète) et les Chinois adoptent la cavalerie des nomades du Nord.
Le système économique est également profondément modifié. La mise en culture de nouvelles terres procure au gouvernement central des revenus qui lui permettent de se dégager de l'influence des grandes familles. Les progrès techniques sont aussi remarquables : par exemple, la fonte remplace progressivement le bronze.