Le régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Polynésie (RIMaP-P) est une formation administrative de l'armée de terre française. Créé en 1916, il est dissous le et remplacé provisoirement par le détachement terre de Polynésie (DTP/RIMaP-P) avec des effectifs réduits mais conservant les mêmes missions. Le , le RIMaP-P est recréé et composé du régiment du Pacifique-Polynésie appartenant à la Défense. Il fait partie des Forces armées en Polynésie française.
Historique de la présence militaire en Polynésie française
L'arrivée des Français au Les premiers Français débarquent à Tahiti en 1768, menés par Bougainville, un an après les premiers Anglais.
Pendant , la présence française n'est pas significative mais Tahiti est une escale incontournable dans le Pacifique sud. L'accueil des navires français en Polynésie est toujours grandiose. À cette époque, les missions protestantes anglaises fleurissent sur tous les archipels et à Tahiti. À leur tête se trouve le pasteur Pritchard. A contrario, les missions catholiques françaises n'ont qu'une faible influence.
Louis-Philippe tente en 1838 d'imposer à la reine Pōmare IV un protectorat. Les premières révoltes fomentées par les Anglais ont lieu sur le (île de Tahiti).
Le Roi de France nomme Bruat comme gouverneur en 1843. Sa flottille débarque à Papeete où les premières troupes coloniales sont chargées d'instaurer le protectorat. Le pasteur Pritchard est arrêté. Les insurgés se replient sur la presqu'île de Taiarapu.
Les Français construisent en 1844 le fort de Taravao sur l'isthme, face à la presqu'île afin de contrôler ses accès. Le capitaine Mariani dirige les travaux. Il commande une centaine de marsouins (infanterie de marine) et une quarantaine de matelots ouvriers.
En mai et juin de la même année ont lieu les batailles de Mahaena et de Haapape (pointe Venus) : les rebelles, contre le protectorat français, sont vaincus par des unités des , et Régiment d’Infanterie de Marine, qui forment un bataillon depuis 1843.
Le le fort de Taravao est attaqué par les Tahitiens. Des villages sont bombardés par les troupes françaises.
Lors de la bataille de Mahaena, le , attaquent le camp rebelle tenu par guerriers.
A Faa'a, les troupes françaises attaquent les Tahitiens avec le et l'emportent. Le même jour, à la pointe Vénus, 400 Français repoussent les Tahitiens.
A Papeete, deux attaques successives par les troupes rebelles ont lieu du 20 au . Le , à Punaauia, Bruat tente un débarquement. Il est défait par 600 Tahitiens.
attaquent le camp de Papenoo le mais les Tahitiens s'esquivent. Le , le camp tahitien de Punaruu est attaqué en passant par les sommets de la Fautaua. Les Français l'emportent. Le même jour à Fautaua a lieu une attaque du bastion rebelle.
Les insurgés, installés entre le plateau des orangers et le Diadème, ne peuvent plus emprunter, en 1846, la vallée de la Punaruu fermée par un fort depuis peu. Renforcés par des volontaires Maohi, les soldats français s'emparent du Diadème en escaladant la falaise et enferment les rebelles dans la vallée. Leur capture met fin à deux années de guerre.
La reine revient sur Tahiti en et place l'île sous le protectorat français avec l'appui des chefs tahitiens. Le , la Reine Pomare signe une convention avec les Français et les Anglais, pour la poursuite du protectorat français dans les îles Sous-le-Vent. L'infanterie coloniale s'installe en garnison à Papeete. L'arsenal est créé à Fare Ute.
L'actuelle Présidence abrite les Artilleurs de Marine dès 1868. En 1899, l'Infanterie de Marine les remplacera. La caserne prendra le nom du gouverneur de l'île : Bruat.
Les Tahitiens deviennent citoyens français en 1888. Cependant Tahaa et Raiatea passent de force sous protectorat français qu'en 1898. Ainsi en 1899, toute la Polynésie est sous le protectorat français.
Par conséquent, en 1905, les effectifs militaires en Polynésie sont diminués. Ne subsistent plus que : la « Zélée » (bateau de la Marine), 1 peloton d'infanterie coloniale et 1 peloton de réservistes.
La Première Guerre mondiale et les Polynésiens À la veille de la Première Guerre mondiale, la garnison de Papeete comptait , , .
Le , alors que deux croiseurs allemands veulent faire le plein de charbon à Papeete, le lieutenant de vaisseau Destremau s'oppose à eux, mais les navires allemands bombardent la ville et feront deux morts. La Zélée est coulée.
Entre 1915 et 1916, rejoignent à Nouméa le Bataillon Mixte du Pacifique par contingents successifs, qui deviendra en , le Bataillon Mixte de Marche du Pacifique. Le bataillon rejoint les unités combattantes en . Il enlève le village de Vesles-et-Caumont dans l'Aisne et reçoit la croix de guerre 14-18 avec une palme.
Après le retour au (île de Tahiti) en 1919, le bataillon est dissous.
300 Polynésiens meurent en France lors de ce conflit.
L'après-guerre à Tahiti Un cyclone ravage les îles en 1926. Pour la , l'armée intervient au profit de la population.
La guitare fait son apparition à Tahiti en 1930 et suscite d'emblée un engouement marqué. Elle vaudra au bataillon du Pacifique le nom de « bataillon des guitaristes ».
En 1938 est créée la compagnie autonome d'infanterie coloniale de Tahiti
La Seconde Guerre mondiale et les Tamarii volontaires au sein du Bataillon du Pacifique
Le départ du Fenua En 1940, seule la compagnie autonome d'infanterie coloniale de Tahiti marque la souveraineté française en Polynésie. Elle est commandée par le capitaine Broche.
Félix Broche est né à Marseille le . À , il part pour le Dahomey (actuel Bénin) où il occupera pendant un poste à la compagnie française de l’Afrique occidentale. En 1926, il renonce à l’exemption dont bénéficient les jeunes français résidant aux colonies et est incorporé au Régiment d’Infanterie Coloniale. En , il est admis au cours d’élève officier de réserve à Saint-Maixent. Il en sort sous-lieutenant et choisit de servir au de Tirailleurs Sénégalais à Tunis. Son temps de service légal accompli, il prépare et réussit le concours d’entrée à l'École Militaire d'Infanterie et de Chars de Combat de Saint-Maixent. À sa sortie d’école en 1931, il choisit de servir de nouveau au . Il reste un an à Tunis et en , il est désigné pour servir à Madagascar au Mixte stationné à Tananarive. Réaffecté au en 1935, le lieutenant Broche est choisi en pour remplir les fonctions d’adjoint au colonel commandant le Centre de Motorisation des Troupes Coloniales de Fréjus. Nommé capitaine le , il rejoint le , Tahiti pour y prendre le commandement de la compagnie autonome d'infanterie coloniale de Tahiti
En 1940, le général de Gaulle lance, à partir des studios de Radio Londres, l'Appel du 18 Juin. Cet appel va engendrer le ralliement de territoires d'outre-mer et notamment celui des Nouvelles-Hébrides le , des Établissements Français de l’Océanie avec Tahiti le et de la Nouvelle-Calédonie le .
Le capitaine Broche lance lui aussi un appel le , par le même moyen pour la formation du corps expéditionnaire français du Pacifique. Et dans les jours qui suivent, un millier d’hommes se présentent à la caserne pour former les rangs de ce bataillon du Pacifique. Le bataillon ainsi formé est composé de 50 cadres et de dont : les Tamarii volontaires.
Cependant le bataillon du Pacifique ne sera pas le seul à quitter le . Ainsi un premier contingent est formé le . Il se compose de mariniers et marins, provenant de l'aviso Dumont d'Urville et de la marine des EFO. Le second contingent regroupe et arrimeurs et et quitte Tahiti le .
Quant au capitaine Broche, il est nommé commandant supérieur des troupes et doit rejoindre Nouméa. Promu au grade supérieur, il quitte le sol tahitien le . C'est donc le lieutenant Ravet qui doit former le corps expéditionnaire à Tahiti puisqu’il devient au départ du commandant Broche, commandant des troupes de Tahiti. Il va alors s'attacher à la préparation de ce contingent de volontaires en attendant le navire qui doit les emmener en Nouvelle-Calédonie. Ce bateau sans cesse reporté au lendemain est surnommé par les Tahitiens eux-mêmes : « ananahi » qui signifie « demain ». Finalement, les tamarrii volontaires quittent le fenua le .
Le , les arrivent à Nouméa et font connaissance avec les et Néo-Hébridais (au nombre d’une quinzaine) qui vont former le premier bataillon du corps expéditionnaire du Pacifique sous le commandement du commandant Broche. Ce bataillon est ainsi composé de deux compagnies de Polynésiens et de deux compagnies de Néo-Calédoniens et Néo-Hébridais.
Le , les du Pacifique reprennent la traversée à bord du Zealandia (paquebot néo-zélandais) pour rejoindre l’Australie et Sydney, qu’ils atteignent le .
Ils rejoignent alors le camp de Liverpool à une trentaine de kilomètres de Sydney. L’entraînement commence le et se compose de marches forcées, de maniements d’armes et de cours théoriques et pratiques.
La légère des Forces françaises libres est formée le , à Qastina en Palestine. Sous les ordres du général Legentilhomme, elle regroupe tous les éléments alors ralliés à la France Libre, dont notamment : la de Légion étrangère qui, après avoir participé à la campagne de Norvège, rejoint Londres en ; le d'infanterie de marine, constitué à Ismaïlia, en Égypte ; la presque totalité du du d'infanterie coloniale, venu de Chypre en ; des bataillons de marche.
Progressivement, d'autres troupes viennent s'ajouter à celles d'origine.
L'arrivée du bataillon du pacifique au Moyen-Orient Le , le bataillon du Pacifique embarque à bord du RMS Queen Elizabeth et continue son entraînement à bord du paquebot. Le , il débarque au Moyen-Orient pour rejoindre le camp de Quastina qu’il quitte pour la Syrie le . Il atteint ainsi Damas par train le même jour puis rejoint le bivouac de Katana. L'instruction et l’entraînement se poursuivent avec du nouveau matériel qui est affecté au bataillon. Après la campagne de Syrie en 1941, la légère des Forces françaises libres se transforme en Groupe de divisions des Forces françaises libres, comprenant les et légères.
Le commandant Broche est promu lieutenant-colonel.
Le , le bataillon reprend la route en direction de l'Égypte.
Le , il traverse Le Caire et bivouaque au camp de Mena au pied des Pyramides.
Le , le bataillon prend place au sein du dispositif d’attaque du piton d'Halfaya où plusieurs bataillons allemands et italiens se sont retranchés. L'assaut est lancé le et l'ennemi se rend pratiquement sans combattre. et italiens sont faits prisonniers.
Le , le bataillon déborde Tobrouk avec la Division Française Libre (DFL) du général Koenig qui a reçu pour mission de former avec la brigade polonaise du général Anders, l’élément de recueil des unités anglaises en pleine retraite. Le , ils s'installent donc à El Mechili.
La bataille de Bir Hakeim et la poursuite de l’épopée en Afrique du Nord Le , la DFL s’installe en plein désert libyen à Bir Hakeim. La brigade continue l'aménagement de la position, commencée par les britanniques. Ainsi, sont enfouies autour de la position. Des tranchées, trous d'hommes, observatoires et positions pour les armes lourdes sont mis en place. Par ailleurs, le général anglais fait organiser des jock-colonnes, du nom du général écossais Jock Campbell, pour quadriller le secteur autour de Bir Hakeim.
Pour faire face aux troupes germano-italiennes, les Français disposent de pièces antichars : canons de 25, 47 et , d'artillerie antiaérienne : canons Bofors AA de et de mortiers de 60 et . Ils sont en outre équipés d'une soixantaine de blindés légers chenillés Universal Carrier. La troupe est constituée notamment de deux bataillons de Légion étrangère, d'un bataillon d'infanterie de marine (BIM), du bataillon du Pacifique (BP), du de marche de l'Oubangui, d'une compagnie nord-africaine, d'une compagnie de sapeurs-mineurs. La défense anti aérienne (DCA) est renforcée par une batterie anglaise. Au total, plus de trois mille sept cents hommes, qui bénéficient du soutien logistique et de la couverture aérienne des Britanniques.