Le château de Lavardin est un ancien château fort, dont l'origine remonte au , de nos jours ruiné, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Lavardin dans le département du Loir-et-Cher, en région Centre-Val de Loire.
Construit à partir du début du par les premiers seigneurs de Lavardin, le château fut vendu aux comtes de Vendôme vers 1130, dont il devint la principale forteresse à partir de la fin du . Complètement remanié à la fin du Daniel et Arlette Schweitz, « Contribution archéologique à l'étude du château de Lavardin: la cuisine troglodytique de la basse-cour et son four (XIVe-XVe siècles) », Bulletin de la Société archéologique du Vendômois, 1976, p. 63-73., il fut enlevé aux Ligueurs en 1590, puis démantelé l'année suivante sur ordre d', duc de Vendôme et roi de France.
Localisation Les vestiges du château sont situés entre Vendôme et Montoire, et s’étagent sur un promontoire rocheux qui longe le Loir sur sa rive gauche, au-dessus du village de Lavardin, dans le département français de Loir-et-Cher.
Historique vignette|180px|Le donjon vu depuis le nord-est. Les traces d'occupations du site semble remonter au Néolithique, avec notamment la présence d'un tumulus protohistorique à l'ouest du château, sur le plateau.. Mais les premières traces matérielles sur le promontoire du château en lui-même remonte au haut Moyen Âge, par la présence d'un cimetière mérovingien ou carolingien, dont on a retrouvé plusieurs fosses taillées dans le rocher..
Des premiers seigneurs de Lavardin aux comtes de Vendôme (-)
Le château est cité dans les textes, pour la première fois vers 1055, après avoir probablement été bâti, vers 1030, sur ordre de Geoffroy Martel, comte de Vendôme. Vers 1025-1030, un certain Salomon de Lavardin apparaît dans les textes, forestier du comte de Vendôme, il s'approprie la seigneurie vers 1040. Salomon de Lavardin, fonde vers 1030 le prieuré Saint-Gildéric, en contrebas du château.
Lorsque Geoffroy Martel rend le comté à son neveu Foulques l'Oison, celui-ci est moins puissant et moins important que son oncle, cela va favoriser l'émancipation des seigneurs de Lavardin face au pouvoir comtal, gagnant ainsi en autonomie vers les années 1060-1070. Cette affirmation d'autonomie se caractérise par la construction d'un domicilium de pierre, probablement élevé par les successeurs de Salomon, Hervé de Beaugency son beau-fils (appelé par la suite de Lavardin) ou Salomon II son petit-fils. Cette émancipation s'exprime également par de nombreuses luttes vicinales entre les seigneurs de Lavardin et de Montoire entre la fin du et le début du . C'est pendant une bataille entre Hamelin de Montoire et Aimeric de Lavardin (fils de Salomon II), dans la plaine de Villavard, que se fonde la légende à l'origine du pèlerinage de la Vierge Noire de Villavard..
Vers 1130, ce même Aymeric vend la seigneurie et le château à Mathilde de Châteaudun comtesse de Vendôme, et Richilde, sa fille et héritière épousa, vers 1140, le comte permettant de conforter cette transaction. Cela fit du fief de Lavardin, le plus considérable du comté. Il fut alors confié en apanage aux fils des comtes de Vendôme. Le donjon et le reste du château sont entièrement remaniés par, le premier de ces apanagistes, Bouchard de Lavardin futur Bouchard IV de Vendôme pendant la seconde moitié du , donnant l'organisation de l'espace castral telle qu'il fut conservé par la suite. Ces grandes transformation firent du château, la principale forteresse du comté de Vendôme.
En 1188, durant la guerre que se livraient Henri II d'Angleterre et Philippe Auguste, Richard Cœur de Lion, après avoir pris les châteaux de Trôo et de Montoire vint mettre le siège du château de Lavardin. Mais il échoua à prendre le château. Cet échec prouve que les travaux étaient suffisamment avancés pour résister au siège d’un futur souverain.
Au début du , le donjon est renforcé par une grosse tour semi-circulaire sur sa face ouest, et une chemise en défendant les autres faces. Le commanditaire de ses travaux n'est pas connu avec certitude, mais il s'agit peut-être de Jean IV de Vendôme
À partir du début du le château est confié à la garde d'un capitaine-châtelain, qui guère le lieu en l'absence du comte.
Le comte Bouchard VII, décède au château en décembre 1371, après y avoir fait son testament le 15 novembre 1371.
Les Bourbon : les transformations du comte de Vendôme (fin -) vignette|droite|180px|Intérieur du donjon. De bas en haut : les voûtes inachevées de la salle basse, la cheminée aux armes de Charles VII de la grande salle, et les voûtes du deuxième étage, probable chambre de parement. Le donjon a été réaménagé et embelli par les comtes de Vendôme, entre la fin du et le milieu du , en une tour-palais.
Vers 1380, Jean VII de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme lance la reconstruction du château. On lui doit probablement la reconstruction de la tour du capitaine, de la salle basse du donjon, dans laquelle il fit percer une porte d'entrée surmonter de ses armoiries, et lança un projet de voûtement qui ne fut probablement jamais achevé.
L'essentiel de ces travaux est attribué à Louis Ier de Bourbon-Vendôme, comte de Vendôme de 1393-1446.Celui-ci par cette reconstruction faisait une remise en état de son château, faisant du donjon de Lavardin une grande construction princière, montrant sa puissance, en imitant ses grands cousins les ducs de Berry, d'Anjou et d'Orléans.
par ce donjon s’inspirent des grandes constructions princières ou royales de son temps que fut notamment le donjon de Vincennes. Le donjon fut probablement restructuré pour ce qui est des fenêtres, voûtes, cheminées et de l’escalier entre 1400-1415, la bataille d’Azincourt mettant probablement un terme aux travaux par la capture du comte et de sa longue captivité à la Tour de Londres. Les cheminées semble d'un style proche de celle de la grande salle du château de Chinon. Un constat similaire peut-être appliquer aux fenêtres à demi-croisées, proches stylistiquement, de celles de la tour de l'horloge de Chinon
Une visite royale: la venue de Charles VII Le comte Jean VIII accueille en mars 1448 le roi et Agnès Sorel. Ce comte a terminé la restauration du château. Depuis Lavardin, le roi gère la reconquête du Mans - qui tombe le - et y signe une trêve « la trêve de Lavardin » avec les Anglais. S'ensuivent des fêtes dans tout le château et dans toute la ville (la population de Lavardin était à l'époque bien plus importante qu'aujourd’hui). Une légende raconte que ce serait à Lavardin que le roi Charles VII aurait offert à Agnès Sorel les premiers diamants de France (ce qui est impossible puisque la dame de beauté les aurait reçus quelques années plus tard).
La disgrâce de Jean VIII de Bourbon-Vendôme Le comte de Vendôme disgracié par Louis XI fait du château de Lavardin sa dernière demeure, s'y reirant de 1462 à sa mort en 1477. Une légende raconte que ce dernier y serait mort d’une lettre empoisonnée envoyée par Louis XI.
Du à nos jours En 1516 la peste ravage Vendôme par conséquent les moines de la collégiale Saint-Georges se retirent au village de Rocé qui à son tour sera touché par la maladie. À la suite de cela ils se retireront à Lavardin ; protégés par le château la peste ne les atteignit pas en cet endroit
En 1581, plus de seraient victimes d'une épidémie de peste, nous ne savons pas si la population du château fut touchée..
Siège du château par le prince de Conti en 1590 En cette fin du le château se retrouve dans les conflits entre protestants et ligueurs.
En , Henri IV (duc de Vendôme par son père) échoue à reprendre Paris. Il se porte alors vers la province, avec une armée diminuée (beaucoup de ses commandant sont renvoyés dans leur gouvernement) pour reprendre les villes acquises à la Ligue. Le roi veut rejoindre la Loire. Sur la route, il reprit divers places fortes puis se porta sur Vendôme, capitale de son duché. Le château et la ville sont repris le . À la suite de cela le château de Lavardin, qui est aussi aux mains des ligueurs, se rend dès le lendemain de la prise de Vendôme, suivi de trois ou quatre autres châteaux, dont celui de Montoire. Mais l'année suivante, dès que Henri IV fut occupé au siège de Paris les ligueurs reprirent le château, avec à leur tête le capitaine Du Vigneau. Alors François de Bourbon, prince de Conti, premier prince du sang, vint mettre le siège devant le château de Savigny-sur-Braye, qu'il reprit rapidement, puis se porta sur Lavardin. Il était secondé par plusieurs capitaines : Gilles de Souvré marquis de Courtanvaux, du comte de La Rochepot Antoine de Silly, et des sieurs du Fargis et de Pouilly. L'artillerie fut installée, et une brèche fut faite, probablement dans la grosse tour flanquant le donjon à l'ouest . Mais cette brèche n'étant pas suffisante, et par manque de munition, le siège continua. Le sire du Fargis, gouverneur du Mans fut blessé alors qu'il faisait une reconnaissance au pied d'une tour, il mourut des suites de ses blessures au Mans. [Du] Vigneau et les siens se défendirent fort bien, mais après trois semaines de siège ils capitulèrent alors qu'un nouvel assaut allait être mené contre le château. La capitulation est signée le , par Souvré, Louis de Bueil de Racan, maréchal de camp du prince de Conti (père du poète), La Rochepot et le prince de Conti au nom du roi. Le zèle des ligeurs à défendre le château explique les conditions honorable dans lesquels ils purent se rendre, avec leurs chevaux, armes et bagages, la mèche allumée, le tambour sur l'épaule. C'est à la suite de cette prise que le château est démantelé et que les pierres servirent aux habitants pour leurs constructions.
Le domaine fut vendu et oublié pendant des siècles.
Au , Napoléon III envisage de faire reconstruire le château par Eugène Viollet le Duc. Selon une légende, l'empereur se trouvait dans une position hésitante entre la restauration du château de Pierrefonds, en Picardie et celui-ci. L'impératrice Eugénie lui aurait suggéré de faire un tirage au sort, dont le nom de Pierrefonds découle. En effet, afin de répondre à sa préférence, elle aurait inscrit ce nom sur les deux documents.
Le château est classé une première fois au titre des monuments historiques puis . Les vestiges du château font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du ..
Description Le château est bâti sur un long éperon en triangle aigu sur le bord du plateau qui longe Le Loir, formé par le vallon d'un affluent de la rivière. Au point le plus élevé, on a creusé un fossé joignant les deux ravins. À l'ouest derrière le fossé, subsistent également des défenses avancées et une butte, vue comme un tumulus du Néolithique, qui fut peut-être réutilisé dans les défenses du château.
Le promontoire portant le château forme trois paliers distinct, qui portent respectivement les communs, les logis, et le donjon.
Le premier château, celui de Salomon de Lavardin, au début du , paraît avoir été constitué d’une tour de bois sur motte, protégeant un logis seigneurial établi au sommet du promontoire. La forteresse des comtes de Vendôme (), échelonnée en escalier vers la pointe sur de long., se composait de trois ou quatre enceintes entourant un donjon quadrangulaire à contreforts du , le tout bâti sur trois paliers rocheux retaillés au Moyen Âge pour en accroître la verticalité. Au pied du château, entre le promontoire et le Loir, une dernière enceinte protégeait le prieuré Saint-Martin (Saint-Gildéric), fondé vers 1040 par le premier seigneur en titre de Lavardin, Salomon, dans un « bayle » extérieur (basse-cour).
Premier palier C'est le palier dévolu aux communs, qui sert de basse-cour.
De la première enceinte () subsiste un pan de muraille en contrebas du châtelet. Celle-ci était une fausse braie.