Le parkour (PK) est une discipline sportive urbaine consistant à franchir toutes sortes d'obstacles de différentes manières principalement dans les villes mais également dans des environnements plus naturels, comme les parcs et jardins publics voire les forêts. Enfin, le parkour peut également faire l'objet d'aménagements spéciaux comme les parkour parks en extérieur ou de manière encadrée dans des salles de sport. Les pratiquants sont dénommés « traceurs » ou ..

En tant que loisir ou discipline sportive autonome, le parkour est apparu en banlieue parisienne, à Lisses, au début des années 1990. Il est longtemps resté inconnu du grand public et des institutions sportives Sophie Fuggle, Le Parkour: Reading or Writing the City?, in Rhythms: Essays in French Literature, Thought and Culture (Laura McMahon ed.), Peter Lang, 2008, 238 pages, et suivantes., mais il bénéficie désormais d'une large exposition médiatique (publicité, films, jeux vidéo). De nombreux collectifs de pratiquants du parkour ont largement contribué à diffuser la pratique, en publiant leurs vidéos sur les réseaux sociaux..

Terminologie Le mot « parkour » est une référence au parcours du combattant, créé par Georges Hébert durant la Première Guerre mondiale, mais son orthographe est modifiée. Parkour s'abrège parfois en « PK » ou « pk ». Le terme s'utilise souvent de manière générale (comme dans cet article)à l'exemple des publications scientifiques en français qui mentionnent le « parkour », mais il désigne parfois un style spécifique basé sur des techniques « efficaces » et « utiles » (selon David Belle), par opposition à des techniques de franchissement plus spectaculaires.

L'expression « art du déplacement » est le terme officiel en France selon le ministère des Sports, pour désigner l'ensemble de ces activités sportivesVocabulaire des sports, Journal officiel, 2014.. Cette pratique est une variante enseignée par le groupe Yamakasi, avec comme finalité le déplacement dans l'environnement comme outil pour le développement complet de l'individu.

Le freerunning ou freerun (« course libre ») est une expression plus récente, utilisée notamment par les anglophones ou pour distinguer des pratiques plus acrobatiques (saltos).

Le grand public désignait parfois cette activité par « yamakasi », en référence au groupe français de pratiquants et acteurs dans le film Yamakasi (2001).

Histoire vignette|Entrainement en 1913 au Collège d'athlètes de Reims de G. Hebert. Les concepts du franchissement d’obstacles et du déplacement efficace existent depuis toujours. Des techniques de franchissement font notamment partie de la pratique de certains arts martiaux, de la gymnastique ou bien de l'entrainement militaire (parcours du combattant).

En tant que discipline sportive autonome, David Belle est reconnu comme l’inventeur du parkour au début des années 1990 à Lisses (banlieue parisienne).. Il fut lui-même inspiré par son père, Raymond Belle, qui s’entraînait selon les concepts de la Méthode naturelle de Georges Hébert, dont est, de fait, directement issu le « parkour ».

Un des lieux emblématiques de la discipline est La Dame du lac, sculpture d'escalade (aujourd'hui interdite au public) située dans le parc d'Évry-Courcouronnes, qui servait de terrain d'entrainement aux premiers pratiquants. En 1998, David Belle et Sébastien Foucan se séparent des Yamakasi. David Belle refonde un groupe appelé « Les Traceurs »http://membres.multimania.fr/parkourll/Traceur.htm Le groupe originaire des Traceurs: c'est « la Relève », qui participe à la médiatisation de cette discipline. Les sept autres membres fondateurs popularisent le parkour en France en 2001 grâce au film Yamakasi. Enfin, le dernier cofondateur, Sébastien Foucan, quitte la Relève et participe en 2003 au documentaire de la BBC, , qui fait découvrir la discipline aux Britanniques (sous les dénominations parkour et free running).

Dès 2004, le parkour devient un phénomène mondial sur Internet grâce au fort impact visuel de la discipline. La pop-culture s'empare du phénomène, avec notamment le clip vidéo de Jump de Madonna sorti en 2006 dans lequel Sébastien Foucan effectue du parkour dans les rues de Tokyo. Toujours vers 2006, de nombreuses associations voient le jourExemple d'American parkour, créé fin 2005.. À la même époque, il gagne les gymnases et une variante plus acrobatique fait son apparition : le free running.

La même année en France, la discipline est officiellement intégrée par la Fédération française de gymnastique (FFGYM) en reconnaissant comme épreuve le speed-run (sprint) et le freestyle. Des athlètes s'affronteront sur ces épreuves (catégories homme et femme) pour la première fois aux jeux mondiaux de 2022 à Birmingham..

Entraînement

Contenu de séance

Une séance classique de parkour se compose d’un échauffement, d’un travail technique ou physique ou d’une phase d’exploration, et d’une phase de retour au calmeOrganisation d'une session de parkour.. Cependant la pratique étant récente et peu encadrée, il arrive souvent que des pratiquants ne travaillent que les mouvements techniques au détriment de tous autres aspects.

Une façon très courante de s’entraîner est de partir en groupe de quelques personnes à travers la ville ou la campagne, en s’arrêtant de site en site pour travailler les gestes techniques. Les sites sont soit connus à l’avance, soit découverts au fur et à mesure de la déambulation.

Lieu de pratique Le parkour se pratique en extérieur, dans le milieu urbain public ou dans les parcs et forêts mais aussi en salle pour s'entraîner sans se blesser. Ces endroits présentent en effet de nombreux obstacles tels que murs, barrières, arbres et cours d’eau. La plupart du temps l’entraînement se fait au niveau du sol, et parfois, pour des personnes très entraînées, en hauteur, par exemple entre des immeubles d’habitations.

Avec son institutionnalisation, la pratique a gagné les gymnases. En règle générale, le matériel de gymnastique est détourné pour créer des obstacles et proposer un environnement en mousse moins dangereux. De même, des parkour-parks sont sortis de terre qui regroupent de nombreux obstacles en un même lieuArticles sur les parkour-parks dans le monde..

En France, certaines villes ont aménagé des aires d’entraînement au parkour structurées, ouvertes au public. C’est le cas à Chambéry, où un espace spécial a été inauguré en par Playgones, offrant un cadre sécurisé avec un agencement adapté à la pratique du parkourL’aire d’entraînement au parkour de Chambéry — Urbanplay (Playgones). À Joinville-le-Pont, le complexe « Le Spot », inauguré en 2025, comprend une aire de parkour de parmi d’autres équipements urbains (basket, escalade, pumptrack, etc.), conçus en partenariat entre la ville et PlaygonesLe Spot de Joinville-le-Pont, un espace 100 % sports urbains — PlaygonesLe Spot : nature, art et sport — Site officiel de la Ville de Joinville-le-Pont.

vignette|Aire d'entraînement au parkour de Chambéry

vignette|Parkour park, Le Spot à Joinville le Pont (94)

Technique Fondamentaux Les fondamentaux sont un ensemble de gestes techniques utiles en toute circonstance. Ce sont par exemple la roulade (roulade sur l'épaule, similaire à celle que l'on retrouve dans des arts martiaux comme le judo et l'aïkido) et la réceptionFondamentaux du parkour. peut aussi regrouper sous cette dénomination des connaissances générales comme marcher sur une barrière et les bases de l’escalade.

Mouvements Les mouvements techniques, en général simplement nommés « les techniques » par abus de langage, permettent de franchir des obstacles d’une manière spécifique. Par exemple le saut de précision permet de franchir un vide avec un point de réception étroit : du rebord d’un muret à un autre. Dans l'idéal, le traceur doit adapter ses mouvements à tout obstacle qui est sur sa route sans suivre de schéma fixe. Cependant, il existe un grand nombre de mouvements typiques utilisés dans le parkour :

Balancé balancement suspendu à une barre ou une branche, en général une sorte de prise d'élan avant de lâcher la barre pour enchaîner sur un autre mouvement. Lâché consiste à se lâcher d'une hauteur en se pendant par les bras puis en effectuant un saut de fond ou en se rattrapant à un autre objet situé en contrebas. Le lâché horizontal consiste à se rattraper avec les bras sur un autre appui situé à la même hauteur, souvent après un balancé. Saut de précision ou saut de préss saut pieds joints sans élan, dont la réception se fait sur une petite surface (muret par exemple). On se réceptionne en se stabilisant sur le muret. Saut de détente saut réalisé avec élan pour franchir une distance impossible en saut de précision. Saut de fond saut en contrebas effectué d'une hauteur importante, suivi généralement par une roulade. Passe barrière technique permettant de franchir une barrière en prenant appui avec les bras et en faisant passer ses jambes jointes d'un côté ou de l'autre ; il est également possible de vriller le passe barrière, on parle alors de « passe barrière 180 ». Passement rapide ou saut de voleur franchissement d'un obstacle bas avec un seul appui main et en passant la jambe extérieure avant l'intérieure. Saut de paresseux franchissement d'un obstacle bas avec un seul appui main et en passant la jambe intérieure avant l'extérieure. Passe-muraille technique de franchissement d'un mur d'une hauteur assez importante ; consiste à prendre appui sur le mur avec un pied pour atteindre une plus grande hauteur. Planche technique permettant d'atteindre le sommet d'un obstacle auquel on est suspendu par les bras, les pieds pendant dans le vide ou reposés contre la partie verticale d'un mur. Elle combine une traction suivie d'une antépulsion pour se hisser en haut de l'obstacle. Les pompiers français s'entraînent à ce mouvement sur une planche en hauteur, d'où son nom. Également appelé muscle up. Saut de chat franchissement d'un obstacle en plongeant et en poussant sur les bras afin de faire passer ses jambes entre ses bras. Double saut de chat saut de chat avec deux appuis mains sur deux obstacles se suivant. Dash franchissement d'un obstacle en balançant tout d'abord les deux pieds par-dessus l'objet en question. Les deux mains servent d'appui sur l'objet (table, muret, etc.) pour terminer le franchissement de l'obstacle. Saut de bras saut utilisant pour la réception les bras, après amorti des jambes. Passage fluide également appelé interligne, mouvement de souplesse et de fluidité qui permet de passer les jambes puis tout le corps dans un passage étroit. Tic-tac tout mouvement dont au moins un appui des jambes ne se fait pas dans l'axe de la course d'élan, peut être qualifié de tic-tac. Souvent cela consiste à prendre appui sur un mur latéral Réception flexion contrôlée des jambes pour un atterrissage amorti (la réception se fait toujours sur l'avant du pied, les talons ne doivent pas toucher le sol). Roulade lorsque la hauteur de chute est trop importante pour une réception simple, cette technique consiste à rouler sur la ligne diagonale du dos, dissipant ainsi l'énergie de la chute (à ne surtout pas confondre avec la roulade droite de gymnastique, dangereuse quand on fait du parkour ; par exemple la tête risquerait de cogner contre le sol). La roulade est aussi utilisée en tant que technique de « réchappe » après un faux mouvement.

Un traceur « a du flow » (« de la fluidité ») quand il sait enchaîner de nombreux mouvements techniques avec une grande fluidité et une grande maîtrise technique. « Avoir du flow » est l'un des objectifs des pratiquants.

Risques