Plus communément nommée par l'anglicisme trail pour les francophones, issu de l'anglais trail running, la course de pleine nature, et plus rarement la course en sentier, est un sport de course à pied d'endurance, en milieu naturel, généralement sur des chemins ou pistes de terre, tels des sentiers de randonnée en plaine, en forêt ou en montagne.
L'enchaînement de difficultés demande parfois une alternance de course et de marche active, éventuellement aidée de bâtons pliables, comme en marche nordique. En pleine expansion depuis le début du , les courses de pleine nature se déroulent sur des circuits tout aussi divers, labélisés ou non, que sont les milieux urbains, de jour voire de nuit, jusqu’à la haute-montagne.
Durant sa course, le coureur de pleine nature, nommé plus couramment traileur, est en général reconnaissable à son gilet technique de portage d'équipements. Conçu pour la stabilité des accessoires et du coureur, sans gêner sa respiration, le gilet peut être plus ou moins volumineux selon l'autonomie envisagée. Lors de parcours difficiles, cette autonomie peut exiger un équipement spécifique tel une quantité d'eau et de nourriture suffisante, une lampe frontale, des vêtements techniques de protection du froid, respirants voire imperméables et éventuellement un sifflet, une couverture de survie, une trousse de secours et un téléphone mobile ; équipements pouvant être rendu obligatoire pour certaines épreuves.
Coté difficultés, les distances des circuits sont catégorisées en distance en kilomètre (km) associée au dénivelé positif cumulé (souvent noté D+) du circuit. En France, les trails sont classés en quatre catégories que sont les trails découvertes en dessous de 20 km, les trails courts de 21 à 41 km, les trails longs de 42 à 80 km et les ultra-trails au-delà de 80 km. Le dénivelé positif cumulé (D+) reste une valeur importante et modifie l'effort à fournir durant la course, alors pris en compte pour la distance équivalente sur le plat. Ainsi, à chaque 100 mètre de dénivelé s'ajoute un kilomètre à la distance du parcours, définissant alors le kilomètre-effort (km-effort) du circuit, représentant plus finement la difficulté du circuit.
Coté performances, différents types de cotation existent lors de trails en compétitions. Un indicateur de performance et de comparaison entre athlètes est attribué par la fédération française d’athlétisme : la vitesse au kilomètre trail (VK-Trail) prenant en compte la distance mais aussi le dénivelé des courses de trail labellisées. Le VK Trail correspond à une vitesse au km ramenée à une distance de 10km à plat.
Évolution vignette| Coureurs de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc-CCC 2009 sur les sentiers du mont Blanc.|alt=Coureurs sur un sentier. Arrière-plan de panorama de haute-montagne.Au début des années 2010, le trail rencontre un succès grandissant en Amérique du Nord, en Europe et au Japon.. Aux États-Unis, le nombre de coureurs de trail est passé de 4,5 à entre 2006 et 2012 The Outdoor Foundation, « Outdoor recreation participation study », 2013, lire en ligne.. En Europe, les pratiquants seraient huit millions.. Les données statistiques publiées par l’International Trail Running Association (ITRA) en 2020. illustrent et confirment le phénomène de . Ainsi de 2013 à 2019, l’ITRA a enregistré 25 700 courses dans 195 pays ou régions autonomes différentes à travers le monde pour plus de 1,77 million de pratiquants, dont étaient des hommes et des femmes (ITRA, 2020b). En 2020, le trail-running continue de se développer mondialement et est devenu l'un des sports qui connaît la plus forte croissance au monde.. En 2026, en France, 12,4 millions de coureurs réguliers pratiquent le trail dont les trois quarts en montagne.
Terminologie vignette|Une traileuse engagée sur la Mrs. Robinson's Romp 5-10k (Kansas City, États-Unis).|alt=Coureurs sur un sentier forestier. Trail est le terme le plus courant en France, notamment dans le jargon des médias spécialisés, pour désigner globalement le sport de la course à pied de pleine nature. Ce terme est un anglicisme formé par la réduction à son premier élément de l'expression américaine , qui signifie littéralement « course à pied sur sentier » et qui désigne dans les pays anglophones la même pratique.Au Royaume-Uni et en Irlande, la discipline est désignée traditionnellement par mountain running ou fell running..
L'étymologie anglaise du mot trail. remonte à l'ancien français "trailler", qui signifie "traîner" ou "tirer". Ce verbe est lui-même dérivé du latin "tragula", qui signifie "petit harnais" ou "laisse". Au fil du temps, le sens du mot a évolué pour désigner une trace ou une piste laissée par quelque chose ou quelqu'un.
Un trail désigne aussi un événement (compétition) de ce sport, avec une définition et des règles variables selon les organisations sportives.. Dans le langage courant, « courir un trail », désigne généralement le fait de participer à une épreuve chronométrée, alors que « pratiquer le trail » fait référence au sport trail en général. Le pratiquant se nomme athlète, coureur ou traileur (au féminin, traileuse).
D'autres expressions françaises désignent parfois globalement ce sport ou loisir : notamment « course nature », souvent utilisée par les médias généralistes pour expliquer le trail auprès du grand public ; la « course en sentier » utilisée au Canada ; ou plus rarement la « course de pleine nature » recommandée par la commission française de terminologie. ou anciennement « course tout-terrain. ».
Quand le terrain est montagneux, les médias et pratiquants désignent très souvent ce sport par « course en montagne » (à distinguer de la course en montagne qui désigne aussi une sortie d'alpinisme). Une course en montagne est aussi un type de compétition distincte et réglementée, pouvant inclure des courses sur route (à l'inverse du trail) et un parcours comportant toujours un important dénivelé cumulé (côtes à monter ou descendre). Quand une compétition de trail est très longue (au moins ), elle est généralement désignée comme un ultra-trailLe terme « ultra-trail » est une marque déposée par les organisateurs de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc, mais il est couramment utilisé de manière générique pour qualifier les trails de très longue distance..
Pratiques distinctes Le trail se singularise, par ses spécificités, du cross-country, lequel se court également sur un terrain naturel. Les épreuves de cross-country sont courtes (trois à douze kilomètres) et le terrain balisé est large (au moins ) afin de favoriser les stratégies d'équipe et faciliter les dépassements. Les épreuves de cross-country sont fortement réglementées (par des fédérations nationales) pour le choix du parcours, les risques et les obstacles autorisés, la distance et les critères de compétition. À l'inverse, l'organisation de compétitions de trail est libre (parcours, inscriptions, règles) et les distances dépassent généralement dix kilomètres et peuvent dépasser cent kilomètres pour certains trails d'ultra-endurance.
Le trail diffère également du raid nature ; le parcours d'un raid peut être réalisé en plusieurs étapes (nuits de repos), nécessiter une gestion autonome du bivouac et comprend souvent une liberté de parcours ou une difficulté d'orientation. À l'inverse, dans une compétition de trail, le parcours est toujours réalisé sans étapes (pas d'arrêt du chronomètre), avec quelques points de ravitaillements ou repos mis en place par les organisateurs, sur un parcours balisé obligatoire. De même, le trail est différent de la course d'orientation, laquelle utilise des balises. Si un trail peut être couru sur la neige (voir trail blanc), il se différencie toutefois de la course en raquette. Le trail se distingue aussi de la course à obstacles, basée sur l'aménagement et le franchissement d'obstacles artificiels.
Histoire En tant que pratique sportive à part entière, le trail n'est codifié que depuis le milieu des années 1990, mais des compétitions de course à pied se déroulant en montagne ou dans le désert existent depuis des décennies. Le trail reste considéré comme
Courses britanniques en montagne vignette| Course du Ben Nevis (Écosse) en 1979.|alt= Trois coureurs grimpant dans un pierrier, les mains posées sur les cuisses. L'origine du trail est parfois rattachée à la tradition des courses en montagne organisées depuis plusieurs siècles dans les Îles Britanniques. La première course de montagne connue aurait été organisée par le roi Malcolm III d'Écosse au , avec l'ascension de la colline Craig Choinnich afin de recruter un messager royal.
À partir du , de nombreuses courses sur les collines et montagnes des îles britanniques sont rapportées dans les documents historiques : en Irlande, en Écosse, en Angleterre, etc. Des défis entre villageois ou entre professionnels de la montagne (bergers, guides). Ces courses, souvent organisées lors de fêtes locales, perdurent avec l'émergence du sport moderne et la course en montagne (ou fell running « course de colline ») devient un sport à part entière. Au fil des années, des structures se créent (à l'exemple de la Fell Running Association anglaise en 1970) pour fédérer les coureurs amateurs et leurs clubs. À partir de cette époque, les courses de collines ou montagnes deviennent de plus en plus nombreuses..
Ultra-marathons en pleine nature vignette|Coureurs de la WS100 en 2010.|alt=Trois coureurs portant des dossards, sur un large chemin, en pleine nature.
À partir des années 1970, la course hors-stade (hors des pistes et clubs d'athlétisme) attire de plus en plus de pratiquants à travers le monde. Les courses sur route se multiplient dans les villes et le loisir du jogging ou running devient un phénomène de société dans les pays anglo-saxons, encourageant l'entrainement sur longue distance, dans les parcs et en pleine nature.. Les ultra-marathons (distance supérieure à 42 km) se multiplient aux États-Unis, certains se courant sur les chemins de parcs naturels. En Europe naissent les premières courses en montagne à l'exemple de la célèbre Sierre-Zinal (1974) en Suisse..
L'un des premiers événements marquants est probablement l'exploit de Gordy Ainsleigh. qui boucle en 1977 les 100 milles () de la Western States Endurance Run (WS100), course d'ultra endurance américaine désormais célèbre. En 1986, est organisé au Maroc le premier Marathon des Sables sur une distance d'environ , avec seulement . Ils étaient plus de à prendre le départ en 2013 pour cette course devenue célèbre..
Historiquement, c'est la Fédération britannique d'athlétisme qui a défini pour la première fois en 1995 les compétitions de « » : toutes courses sur des sentiers pédestres ou des chemins ouverts au public mais interdits aux véhicules motorisés « History and heroes » sur rapidascent.com.au.. Un an plus tard, des coureurs du Colorado créent l' (ATRA) aux États-Unis. 1995 est aussi l'année de la création du premier trail en France, par Odile Baudrier et Gilles Bertrand, rédacteurs en chef du mensuel d'athlétisme VO2 Mag : la Grande Course des Templiers, tracée sur des sentiers muletiers reliant des villages en hauteur de la vallée de la Dourbie, et de dénivelé, avec les 25 premiers kilomètres en autosuffisance.
Démocratisation du trail en compétition