L'histoire de Taïwan remonte à la Préhistoire, vers 30000 (homme de Zuozhen). Il y a environ , la fonte des glaces sépare cette petite chaîne de montagnes du continent et en fait l'île de Taïwan.
Différents groupes proto-Austronésiens, de la culture de Hemudu en provenance de la baie de Hangzhou, ancêtres des actuels Aborigènes, s'y installent à partir de 4000 Ils assimilent et remplacent alors les anciennes populations du Pléistocène...
Des archives de la Chine ancienne indiquent que les Hans auraient eu connaissance de l'existence de Taïwan depuis l'époque des Trois Royaumes de Chine (); cependant, cette hypothèse est difficile à valider car les noms donnés aux îles au large de la Chine diffèrent d'une dynastie à l'autre, et aucun n'est directement raccordable à Taïwan.
En Europe, elle est d'abord remarquée par des marins portugais qui lui donnent le nom de Formose (formosa, « belle ») sous lequel elle sera connue en Occident jusqu'au . Taïwan est réellement confrontée à l'Occident au , lorsque les Hollandais colonisent une partie de l’île, christianisent une partie de la population aborigène et créent une écriture pour le siraya (langue aborigène qui était parlée dans la région de Tainan). Ils en seront chassés par Koxinga, un loyaliste Ming hostile à la dynastie Qing. En 1683, les Mandchous (dynastie Qing) prennent le contrôle de l'île et mettent fin au règne des Zheng. Après sa défaite face au Japon en 1895 lors de la première guerre sino-japonaise (1894-1895), la Chine signe le Traité de Shimonoseki par lequel elle doit céder Taïwan à l'empire du Japon. Cette colonisation s'accompagne d'une certaine ségrégation, mais également d'une japonisation-assimilation de la population, et de l'industrialisation de l'île. Lors de la défaite de 1945, le Japon remet Taïwan à l'ONU, qui en confie la stabilisation à la république de Chine, des troupes chinoises du Kuomintang viennent donc reprendre rapidement le contrôle de l'île, avec le soutien des États-Unis. En 1949-1950, les nationalistes du Kuomintang, à la suite de leur défaite dans la guerre civile chinoise (1927-1950), fuient l'Armée populaire de libération. Deux millions de Chinois du continent, en majorité des troupes, s'établissent sur l'île de Taïwan avec l'ambition de reprendre le continent au Parti communiste chinois. Sous l'impulsion de Tchang Kaï-chek, ils imposent l'état d'urgence et un régime de parti unique où le Kuomintang domine, et poursuivent l'industrialisation de l'île.
La démocratisation s'implante dans les années 1970 et progresse tandis que Taïwan rejoint bientôt le groupe des « pays développés ». Dans les années 1990, différents partis sont autorisés et des élections sont mises en place. Le débat politique se polarise autour de la question de l'indépendance.
Taïwan devient un géant économique après 1970 (1970-1990) et le tout premier des « quatre dragons » asiatiques, devant la Corée du Sud, Hong Kong et SingapourGeo de juin 2012 ..
Préhistoire
droite|150px|vignette|Homme de Zuozhen. Les plus vieux restes humains retrouvés sur l'île remontent à et constituent l'Homme de Zuozhen (左鎮人) venant de Kaohsiung. Cependant, les premiers habitants ne sont pas reliés génétiquement aux populations austronésiennes actuelles de l'île.
On trouve de nombreux sites archéologiques à Taïwan. La culture la plus ancienne sur l'île est celle de Changbin. C'est une culture de l'âge de pierre qui remonte à plus de et aurait duré jusqu'à il y a .
Les Austronésiens
Il y a ( ), arrive la population de la culture de Hemudu, originaire de la baie de Hangzhou, cultivateurs de millet et de riz. Apportant leur culture et les langues austronésiennes sur l'île, ils supplantent rapidement les peuples du Pléistocène et sont les ancêtres des actuels aborigènes taïwanais.
Selon la théorie dite Out of Taïwan ( «sortie de Taïwan» ), des groupes de Taïwan ont quitté l'île vers 2500 avant J.-C. et ont peuplé diverses régions de l'Asie du Sud-Est, où ils ont répandu les langues austronésiennes.
D’autres cultures ont également existé, comme la culture de Dapenkeng () qui est une culture du Néolithique et dont on trouve des traces dans le nord, dans le sud de l’île, ainsi que dans les îles Penghu (îles Pescadores). Elle est aussi appelée « culture de la poterie cordée », car les poteries trouvées portent des motifs cordés. Dans le bassin de Taipei on trouve les restes de la culture de Yuanshan (), de −5000 au début de l'ère chrétienne. Sur les squelettes retrouvés on constate que les gens de cette culture pratiquaient l’extraction dentaire, cette coutume était encore pratiquée par certains groupes aborigènes actuels au début du .
À la fin du Néolithique, deux cultures coexistent dans l'est de Taïwan : la culture de Beinan et la culture de Qilin ().
Ces deux cultures sont caractérisées par l'utilisation de dalle en pierre. La culture de Beinan (卑南鄉) utilise ces dalles pour en faire des cercueils, et la culture de Qilin (麒麟) en tant que mégalithes.
La coutume de l’extraction dentaire était aussi pratiquée au sein de cette population.
Les cultures de l'île de Taïwan n'entrent que tardivement à l’âge du fer. On retrouve plusieurs traces de différentes cultures de cette époque. . À la même époque on trouve également d’autres cultures de l’âge de fer, la culture de Fanziyuan au centre de l’île près de la côte, la culture Niaosong (鳥松) au Sud ou la culture Jingpu sur la côte Est.
Cependant, il est difficile d'établir des liens directs entre ces cultures et les groupes aborigènes actuels. Préhistoire de Taïwan, culture de Dapenkeng
Traces historiques (dès 222) Îles Pescadores (Penghu) : fréquentées par des Han du Sud du Fujian, dès 850 Des officiers de la dynastie Song sont installés en 1171. Le navigateur-explorateur chinois Wang Dayuan (1311-1350), visite les Penghu (pêche & commerce) et Taïwan. En 1560, le pirate (?-1580, Lim Toh Khiam, Vintoquián) est refoulé vers Taïwan. En 1574, le pirate Limahong (?-1575) trouve refuge à Taïwan.
Premiers contacts avec la Chine et établissement de communautés
vignette|225px|Répartition géographique des peuples autochtones taïwanais avant l'arrivée des premières communautés chinoises. vignette|droite|Statue de Chen Di dans le Xian de Lianjiang.
Les premières chroniques historiques chinoises font référence à des visites dans les « îles de l'Est », que certains historiens identifient à Taiwan. Des soldats du Wu, un des Trois Royaumes de la période éponyme de l'histoire de la Chine, auraient visité une île connue sous le nom de Yizhou au printemps 230. Certains érudits identifient cette île comme étant Taïwan, tandis que d'autres ne le font pas.. Le Livre des Sui contient un passage indiquant que l'empereur Yangdi de la dynastie Sui envoie trois expéditions vers un lieu appelé « Liuqiu » au début du . Le « Liuqiu » décrit dans le Livre des Sui produit peu de fer, n'a ni système d'écriture, ni fiscalité, ni code pénal et est gouverné par un roi. Les habitants utilisent des lames de pierre et pratiquent l'agriculture sur brûlis. Plus tard, le nom Liuqiu (dont les caractères sont lus « Ryukyu » en japonais) est utilisé pour faire référence au chapelet d'îles situé au nord-est de Taiwan, mais certains chercheurs pensent qu'il pouvait faire référence à Taïwan elle-même sous les Sui..
Les premières preuves concrètes de passage de Chinois à Taïwan datent de la dynastie Yuan (1271-1368). En 1292, l'empereur Kubilai Khan envoie des fonctionnaires au royaume de Ryūkyū pour exiger qu'il fasse allégeance aux Yuan. Mais, à la suite d'une erreur de navigation, les fonctionnaires se retrouvent à Taïwan tout en croyant être arrivé à Ryukyu. Après la mort de trois soldats, la délégation se retire immédiatement.. Une autre expédition est envoyée en 1297. Wang Dayuan visite Taiwan en 1349 et mentionne la présence de poteries Chuhou provenant de l'actuel Lishui, suggérant que des marchands chinois se sont déjà rendu sur l'île.
Au début du , un nombre croissant de pêcheurs, de commerçants et de pirates chinois visitent la partie sud-ouest de l'île. Certains marchands du Fujian connaissent suffisamment les peuples autochtones de Taiwan pour parler les Langues formosanes. Les habitants du Fujian se rapprochent de Taiwan au milieu du , pour pouvoir commercer avec le Japon tout en évitant les taxes et interdits édictés par les Ming. Les Chinois qui font du commerce en Asie du Sud-Est commencent également à suivre le « Trajet de la boussole de la mer de l'Est » (dongyang zhenlu) qui passe par le sud-ouest et le sud de Taïwan. Certains d'entre eux font du commerce avec les aborigènes taïwanais. Taïwan est alors appelé Xiaodong dao (« petite île orientale ») et Dahui guo (« le pays de Dahui »), une déformation de « Tayouan », une tribu qui vit alors sur un îlot située près de l'actuelle Tainan, qui est à l'origine du nom « Taïwan ». À la fin du , des Chinois du Fujian s'installent dans le sud-ouest de Taïwan. En 1593, les autorités Ming commencent à délivrer des licences permettant aux jonques chinoises de faire du commerce dans le nord de Taïwan, ce qui revient à reconnaitre et légaliser un commerce illégal préexistant.
Dans les premiers temps, les marchands chinois arrivent dans le nord de Taïwan et vendent du fer et des textiles aux peuples autochtones en échange de charbon, de soufre, d'or et de venaison. Plus tard, le sud-ouest de l'île devient la principale destination des mulets pêchés en mer de Chine. Certaines jonques de pêche campent sur les côtes de Taïwan et nombre d'entre elles commencent à faire du commerce avec les populations autochtones contre des produits issus des cerfs (peau, viande, cornes). Le commerce avec le sud-ouest de Taïwan est d'une importance mineure jusqu'après 1567, date à laquelle il est utilisé pour contourner l'interdiction du commerce sino-japonais. Les Chinois achètent alors des peaux de cerf aux aborigènes et les revendent aux Japonais, en réalisant des profits importants.
Chen Di visite Taïwan en 1603, lors d'une expédition contre les pirates Wakō... Les pirates sont vaincus et les membres de l'expédition chinoise rencontrent un chef indigène qui leur offre des cadeaux. Chen décrit ces événements dans un livre sur Taïwan connu sous le nom de Dongfanji (Lit : Un récit des barbares de l'Est). Il y décrit également les indigènes de Taïwan et leur mode de vie.
Lorsqu'un navire portugais passe au large du sud-ouest de Taïwan en 1596, plusieurs membres de son équipage qui y avaient fait naufrage en 1582 remarquent que les terres sont maintenant cultivées, vraisemblablement par des colons du Fujian. Lorsque les Néerlandais arrivent sur l'île en 1623, ils trouvent sur place environ et résidents chinois. Une petite minorité a apporté avec elle des plantes venant de chine et cultive des fruits et légumes du continent, telles que des pommes, des oranges, des bananes et des pastèques.. Selon certaines estimations, la population chinoise serait de répartis dans deux villages, dont l'un deviendra Tainan. Il y a également une population importante de Chinois vivant dans un village aborigène où les villageois parlent une langue créole intégrant de nombreux mots chinois.
La colonisation néerlandaise (1624-1662/1668) et espagnole (1626-1642)
Les premiers contacts avec les Européens ont lieu en 1542 lorsqu'un vaisseau portugais repère l'île et la surnomme Ilha Formosa, soit « belle île » en portugaisBrice Charton, La fin de la colonisation hollandaise par le pirate Koxinga dans Champs de Bataille, bimestriel de juillet 2013, ..
Les Portugais ne font aucune tentative de colonisation.
Seul le Japon s’intéresse à Taïwan à la fin du et au début . Toyotomi Hideyoshi premièrement en 1593, puis le Shogunat Tokugawa essaient par deux fois de mener des expéditions vers Taïwan, en 1609 et 1616 ; ces expéditions sont des échecs, dus à la résistance des populations aborigènes. La politique isolationniste met fin aux idées expansionnistes.