Le Renault D1 est un char léger d'accompagnement de l'infanterie étudié pour remplacer les Renault FT dans l'Armée française. Dépassé lorsque survient le second conflit mondial, il participe néanmoins à la bataille de France en et également à la campagne de Tunisie en 1942-1943.
C'est le premier blindé français à recevoir d'origine un équipement de radiotélégraphie.
Origine et développement
thumb|Prototype de char NC 1. Après avoir vainement tenté de moderniser son char FT et notamment d'améliorer sa vitesse, la société Renault se lance à partir de 1923 dans l'étude et la réalisation de deux prototypes de chars, les modèles NC1 et NC2 qui, pour des raisons de budget, rempruntent de nombreux éléments de leur prédécesseur. Testés dès 1925, le NC2 est tout de suite abandonné tandis que le NC1 fera l'objet d'une commande de 10 matériels de la part du Japon commercialisés sous le nom de char NC 27 et rebaptisé Otsu Gata Sensha () par les Japonais.
En 1926, le nouveau programme de char léger d'accompagnement de l'infanterie amène la société Renault à tester sur la plateforme de son NC 1 divers aménagements pour répondre aux nouveaux besoins : tourelle pour canon de 47 mm, accroissement de l'épaisseur du blindage et augmentation de l'habitabilité afin de recevoir le troisième homme d'équipage, l'opérateur radio. Renommé successivement NC 28 puis NC 3, il est finalement rebaptisé en 1929 char D1 ou char UT dans la nomenclature Renault.
Satisfait par ses performances, la France commande matériels en , livrés en 1931, puis supplémentaires dont les livraisons s'échelonnent de 1932 à 1935.
La conception du D1 sera reprise et améliorée sur son successeur, le char D2, qui prendra son service dans l'armée française à compter d'In Histoire de guerre n° 74, page 46.
Description Les dix premiers D1 sortent d'usine équipés de la tourelle version canon des chars FT. En 1932, ils seront dotés de la tourelle Schneider ST1 qui sera rapidement abandonnée et remplacée, à partir de 1936, par la ST2 équipée d'un canon de semi-automatique modèle 1934 et d'une mitrailleuse Reibel de . Pour sa défense rapprochée, le char dispose également d'une mitrailleuse de caisse n'offrant qu'un débattement latéral.
Le canon de modèle 1934 est dérivé du modèle 1885 marine : c'est une pièce de tirant l'obus de rupture modèle 1892 marine de à (chargé avec de la poudre noire), qui perce d'acier sous 30° d'incidence à . Il ne peut tirer l'obus de rupture modèle 1932, munition plus rapide et plus puissante, qui peut être tirée par le canon de SA modèle 1935 de trop encombrant pour la tourelle ST1..
Le char D1 est mu par un moteur essence Renault de à quatre cylindres, d'une cylindrée de (D 110 mm x 160 mm) capable de délivrer à . Équipé d'une boîte de vitesses à six rapports en marche avant et une marche arrièreIn revue GBM n° 100, page 30., il peut atteindre une vitesse maximale de et est capable de grimper des pentes de 50 à 60 %. Le D1 est également capable de franchir des tranchées à bords francs de de large.
Son blindage, qui pèse à lui seul , est constitué de plaques rivetées de d'épaisseur sur toutes les surfaces verticales et d'une dizaine de millimètres sur le dessus et le bas.
Particularité remarquable, le D1 est le premier char français équipé de postes de radiotélégraphie. La radiotélégraphie (utilisant le code morse) est préférée à la radiophonie car utilisé dans un environnement particulièrement bruyant et parasité. Le poste ER 52 est installé dans les chars subordonnés et l'ER 52 bis pour les chars de commandement : pour une masse de et avec une antenne unifilaire de , la portée théorique est de deux (ER 52) à trois (ER 52 bis) kilomètres. La gamme de transmission est différente de celles des autres modèles de chars, comme de celles de l'infanterie ou de l'artillerie, interdisant la communication radio interarme. La capacité des batteries du char est faible, obligeant à maintenir le moteur en marche pour rester à l'écoute de la radio.
Malgré sa modernité, le D1 n'est pas exempt de défauts dont le principal est le manque d'ergonomie de la tourelle qui oblige le chef de char à se hisser sur un tabouret pour observer à partir du clocheton alors qu'il doit s'accroupir pour utiliser l'armement. Il lui est également reproché son manque de fiabilité, sa sous-motorisation, handicapante en terrain varié, ainsi que son blindage devenu insuffisant du fait des progrès réalisés dans le domaine de la lutte anticharIn revue Truks and Tanks, hors série , page 53..
Utilisation opérationnelle vignette|Les chars D1 du défilent place Stanislas en 1936. À leur sortie d'usine les sont affectés aux , et RCC (régiments de chars de combat) dont ils constituent un bataillon. Suivant le règlement d'emploi de 1934, ils ne servent plus d'engins d'accompagnement de l'infanterie, mais comme chars de bataille (en attendant la production des D2 et surtout des B1), pour ouvrir la voie à l'infanterie toujours accompagnée de ses vieux FT (en attendant les H35, R35 et FCM36).. En , les bataillons de chars D1 rejoignent les 507, 508 et 510 RCC.
En 1937, devenus obsolètes (blindage trop léger et canon trop limité), les chars D1 sont envoyés au sud de la Tunisie pour renforcer la défense face aux Italiens et constituent trois bataillons de Les bataillons sont des BCC de type outre-mer constitués d'un état-major, d'une compagnie d'échelon et de 3 compagnies de combat. Ils comptent 516 h (21 officiers, 56 sous officiers et 439 hommes du rang), 45 chars et 140 véhicules divers., les , et BCC, rattachés au dépôt de Bizerte.
En , le BCC, regroupant en état de marche, retourne en France pour participer à la campagne de France. Le bataillon est affecté à la , pour renforcer la DIC, division affaiblie par les combats de mai. Ces deux unités sont engagées le contre le d'armée allemand ( : 8.PzD, 6. PzD et 20.ID mot.) autour de Suippes et de Souain (dans le département de la Marne) : les compagnies de chars sont engagés séparément en contre-attaque contre les blindés allemands (notamment des PzKpfw 38 (t)), mais le blindage des D1 ne résistent pas aux canons antichars allemands de .. Les derniers chars sont perdus lors de la retraite ordonnée le soir même ; le bataillon est finalement dissous le .
Après l'armistice, les deux autres bataillons sont transférés en Algérie et, à leur dissolution, les D1 sont ventilés au RCA à Oran (), au RCA à Tunis (), au RCA () à Alger et les à l'école de cavalerie d'Alger.
Les D1 du RCA s'opposent et affrontent les Américains lors de l'opération Torch en . Les chars survivants, ainsi que les chars des et RCA, combattent ensuite les troupes italo-allemandes en Tunisie au sein de la brigade légère mécanique (BLM).
Il semblerait, plus tard, que certaines tourelles de D1 soient utilisées dans certaines fortifications au Maroc. Aujourd'hui encore, une tourelle ST 2 de Char D1 est visible, sans son armement, dans l'ancien poste français d'Aïn Taforalt.
Dans la culture populaire
Jeux vidéo
Le char est jouable dans World of Tanks, classé comme un char léger français de rang II.
Voir aussi Articles connexes Liste des véhicules blindés Char D2
Liens externes Char Renault D1 sur le site chars-français Renault D1 sur le site ww2armor.jexiste
Sources et bibliographie . . . . Revue Trucks and Tanks, Hors série , pages 52, 66 et 67.
Notes et références
Catégorie:Char français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Char léger Catégorie:Véhicule des années 1930