Le musée de Picardie est un musée d'art et d'archéologie situé à Amiens, en France. Il regroupe de riches collections qui vont de la Préhistoire au , notamment en archéologie et en peinture. Il a reçu l'appellation « musée de France ».. Le musée a été classé monument historique en totalité par arrêté du 21 mai 2012https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00116077.

Historique Du cabinet de curiosité au musée Au début du , Étienne de Fay créa, à l'abbaye Saint-Jean-des-Prémontrés d'Amiens, un cabinet d'antiquités et de curiosités composé d'une collection d'objets hétéroclites parmi lesquels, seize tableaux du , une statue de la Vierge en albâtre du , un plat de Bernard Palissy, des pièces de numismatique, des céramiques, des instruments d'astronomie…

En 1786, le vicomte de BreteuilSecrétaire d'Etat à la Maison du roi de 1783 à 1788. adressa au roi une lettre demandant la création d'un musée à Amiens. La Révolution française mit provisoirement un terme à ce projet.

En 1802, 85 tableaux et gravures furent déposés à la Malmaison, pour former le « musée de la Bourse ». Au moment de la signature de la paix d'Amiens, l'État fit déposer à l'hôtel de ville d'Amiens une vingtaine de tableaux provenant du château de Versailles parmi lesquels, les quatre Chasses en pays exotiques de Carle van Loo et de François Boucher. Toutes ces œuvres furent laissées à Amiens après la signature du traité.

En 1828, fut inauguré le musée de la Salle de la Bourse, dont les collections étaient composées - pour l'essentiel - de statues à l'antique. Parallèlement, en 1835, fut fondée la Société des amis des arts du département de la Somme et en 1836 la Société d'archéologie de la Somme devenue, en 1839, la Société des antiquaires de Picardie qui, outre d'effectuer des recherches archéologiques et historiques, se donnait pour mission de créer un musée à AmiensRobert Richard, Le Musée de Picardie, Amiens, Société des antiquaires de Picardie, 1958 ..

Fondation du musée La Société des antiquaires de Picardie fut reconnue d'utilité publique le 8 juillet 1851. Grâce à son action militante, les objets d'art et d'archéologie récoltés depuis des décennies purent être désormais conservés et exposés dans un musée digne de ce nom. En 1852, elle fut autorisée par Napoléon III à organiser une loterieC'est en fait quatre grandes loteries qui furent organisées sous l'impulsion de Félix Bellator de Beaumont, député puis sénateur et Charles Dufour, avocat puis maire d'Amiens., l’autorisation d’organiser quatre vastes loteries pour financer la construction du musée. pour financer les travaux de construction du musée et l'État lui attribua la propriété du terrain de l'ancien arsenal d'Amiens en 1854.

Le « musée Napoléon » était né. En 1869, il fut cédé à la ville par la Société des antiquaires de Picardie et prit le nom de Musée de Picardie, en 1875Robert Richard, Le Musée de Picardie, Amiens, Société des antiquaires de Picardie, 1958 ..

Un bâtiment innovant

Le bâtiment actuel du musée a été construit entre 1855 et 1867 sur les plans de l'architecte Henri Parent qui prit modèle sur l'agrandissement contemporain du palais du Louvre de Napoléon III. Véritable palais, le bâtiment a été spécifiquement conçu - une véritable innovation à l'époque - pour être un musée accueillant les collections régionales d'antiquités et des œuvres d'art. C'est aussi un bâtiment à la gloire de la Picardie et ses hommes illustres. L'architecte Arthur Diet succéda à Henri Parent et conçut la décoration extérieure et intérieure du musée dans ses grandes lignes.

Le bâtiment est construit autour d'une cour centrale autour de laquelle se distribuent les différentes salles. L'aile de la façade principale est composée d'un pavillon central coiffé d'un dôme, de deux ailes terminées par deux pavillons d'angle en saillie.

Il est le premier bâtiment construit en France pour être spécifiquement un musée des Beaux-Arts et servit de modèle pour d'autres villes.

Une décoration extérieure et intérieure soignée Extérieur Une majestueuse grille d'entrée donne accès à la cour d'honneur devant le bâtiment. Deux bassins de part et d'autre de l'allée principale sont ornés d'une fontaine sous forme de griffon ailé, œuvres de Eugène-Louis Lequesne.

Sur les six médaillons de la façade ont été sculptés, par les frères Duthoit, les portraits des hommes ou femme illustres de la Picardie : Antoine Parmentier, Jean de La Fontaine, Robert de Luzarches, Dom Bouquet, Jeanne Hachette…

Eugène-Louis Lequesne est l'auteur de deux statues en pied, L’Industrie et La Sculpture encadrant le troisième niveau du pavillon central.

Intérieur Le vestibule donne accès aux salles d'archéologie au sous-sol, à la chapelle décorée par Cauchemont sur les dessins d'Arthur-Stanislas Diet, aux salles de sculptures, au grand salon qui accueille les peintures de grand et très grand formats et au grand escalier qui mène au premier étage.

La rotonde de l'Empereur ou salon du dôme, à l'étage, est la salle la plus richement décorée du musée. Le plafond est orné de peintures de Félix-Joseph Barrias représentant La France couronnant les gloires littéraires, artistiques, militaires et scientifiques de la Picardie : Jean de La Fontaine, Jean Racine, Jean-Baptiste Gresset pour la littérature ; Robert de Luzarches, Maurice-Quentin de La Tour, Jean-François Lesueur pour les arts ; Philippe de Beaumanoir, Charles du Cange, Jean-Baptiste Delambre pour les sciences ; Jeanne Hachette, Pierre l'Ermite, le maréchal Serrurier pour les gloires militaires. Les chapiteaux furent sculptés par les frères Duthoit, les huit victoires ailées sont dues à Eugène-Louis Lequesne.

De part et d'autre du dôme, la galerie est décorée de peintures murales marouflées de Pierre Puvis de Chavannes, complétées par un décor peint par Camille-Auguste Gastine et Charles Chauvin. Les peintures murales de Puvis de Chavannes, au nombre de quatorze, restaurées en 1987, comprennent six compositions principales dont : Concordia et Bellum (1861), Pro Patria Ludus (1862), Le Travail et le Repos (1863), Ave Picardia Nutrix (1865).

Les pavillons d'angles ont été décorés par les peintres Charles Borély, Charles Crauk, Auguste Ferragu et Le Tellier.

Sur le plafond peint du grand salon, les médaillons furent sculptés par Albert RozeXavier Bailly et Jean-Bernard Dupont (sous la direction de), Histoire d'une ville : Amiens, Amiens, SCEREN (CNDP-CRDP), 2013..

Le musée de Picardie dans sa totalité est protégé au titre des monuments historiques : classement par arrêté du 21 mai 2012.

Agrandissements du musée Des les années 1870 se pose la question de l'agrandissement des locaux afin d'exposer les nouvelles acquisitions du musée. L'architecte amiénois Émile Ricquier entreprend un agrandissement substantiel du musée. Les ailes latérales sont agrandies par la suppression des murs de façade donnant sur la cour intérieure et la construction de robustes colonnes en fonte pour soutenir l'édifice. La cour centrale est couverte pour donner naissance au grand salon actuel, inauguré en 1890.

En 1902, une maison de l'ancien marché de Lanselles, datant de 1609, est remontée dans le parc à l'arrière du muséeRobert Richard, Le Musée de Picardie, Amiens, Société des antiquaires de Picardie, 1958 . En 1929, le musée est agrandi par la construction du pavillon Maignan pour abriter les collections que le peintre Albert Maignan a léguées au musée, complétées par la donation de son épouse Louise Larivière.

À partir de 1981, des travaux de rénovation permettent d'installer les collections préhistoriques et antiques dans les anciennes caves à charbon du musée. Des décors peints d'origine sont rénovés dans certaines salles. En 1985, la rénovation intérieure inclut la mise en valeur des décors peints d’origine. En écho, la commande est passée en 1989 à Sol LeWitt d’un Wall drawing pour la rotonde ouest du rez-de-chaussée.

En 2011, un concours est organisé pour la rénovation du premier étage et de l'accès du public. Après une longue période d'études, les lauréates Catherine Frenak et Béatrice Jullien et l'architecte du patrimoine Jennifer Didelon mènent à bien le projet à partir de 2016, le musée subit d'importants travaux de rénovation, de restructuration et d'agrandissement. L'accès au musée ne se fait plus par la façade monumentale mais par le pavillon Maignan. La réouverture du musée a lieu le ..

Conservateurs et directeurs du musée

1873-1884 : Charles Borély ; 1885-1892 : Auguste Feragu ; 1893-1916 : Léon-Pierre Delambre ; 1920-1943 : Albert Roze ; 1944-1978 : Robert Richard ; 1979-1984 : Véronique Alémany ; 1984-1992 : Dominique Viéville ; 1992-1995 : 1995-2006 : Mathieu Pinette ; 2007-2016 : Sabine Cazenave ; 2016-2023 : Laure Dalon ; depuis 2023 : Pierre Stépanoff.

Collections Collections archéologiques Au regard des collections égyptiennes et grecques issues du legs du peintre Albert Maignan, l'essentiel des collections archéologiques, situées au sous-sol, est constitué d’artefacts mis au jour lors de fouilles archéologiques effectuées dans le département de la Somme.

Antiquités préhistoriques et protohistoriques vignette|170px|Bifaces de Saint-Acheul.

Les collections préhistoriques proviennent de fouilles effectuées à Amiens et dans le département de la Somme aux , :

Paléolithique : bifaces acheuléens (~ avant le présent) taillés à Abbeville, Cagny et dans le quartier Saint-Acheul d'Amiens (site préhistorique éponyme) ; Vénus de Renancourt (Gravettien, vers avant le présent) série de 15 statuettes découvertes depuis 2014 dans le quartier de Renancourt à Amiens, l'une d'elles mise au jour en juillet 2019 est la seule retrouvée entière.

vignette|100px|Vase de Belloy-sur-Somme. Néolithique : grand polissoir en grès provenant de Béhencourt ; Vase néolithique de Belloy-sur-Somme, en terre cuite (culture de Cerny, vers ) mis au jour à Belloy-sur-Somme ; hache bipenne (~ ) retrouvée à Renancourt objets funéraires de la sépulture mégalithique collective de La Chaussée-Tirancourt (Culture Seine-Oise-Marne entre 3400 et ) : fragments de petits vases, gaines de haches, herminette, poinçons, perles en cuivre... maquette d'habitation.

Âge du bronze : vignette|150px|Objets de l'âge du bronze bracelets, collier, couteau, épingles, faucille, hache à talon, lames d'épée, poignards, pointes de lance, rouelle, spirale, tintinnabulum.

Âge du fer : période de Hallstatt (~1200 - ~ 500) : haches à douille, bracelets, fibules, vignette|150px|Céramiques de l'âge du fer épingles, ornement de poitrail, applique, chaîne... période de La Tène (~ - seconde moitié du ) : reconstitution de l'ossuaire sacrificiel gaulois du sanctuaire de Ribemont-sur-Ancre (Somme) ; armes gauloises, fers de javelots, umbos de boucliers ; outillage gaulois mis au jour à Ribemont-sur-Ancre vases à fond plat et décor digité, vase à piédestal mis au jour à Allonville (Somme).

Antiquités égyptiennes Riche de environ, dont seulement , la collection égyptienne du musée de Picardie provient essentiellement du legs du peintre Albert Maignan et de dépôts de l'État provenant, entre autres, de la collection Campana, parmi lesquelles : vignette|120px|Statuette de Ptah-Sokar-Osiris Le sarcophage de Neskafâa, grand prêtre d'Amon (XXI dynastie, 1069-945 ), restauré en 2021 ; la momie de Setjaimengaou (XXV-XXVI dynasties), âgée de 40 ans environ au moment de sa mort, dans son cercueil (vers 664 ). Cette momie fut acquise en 1839 par la Société des antiquaires de Picardie ; le papyrus d'Amiens datant de la XX dynastie égyptienne relatant, en écriture hiératique, la comptabilité d'un domaine agricole dépendant du sanctuaire de Karnak, mis au jour lors des fouilles d'Abydos menées par Émile Amélineau ; des vases canopes ; des masques funéraires ; une statuette de Ptah-Sokar-Osiris de la période ptolémaïque ; des statuettes de divinités égyptiennes.

Antiquités grecques