David Friedrich Strauss, né à Ludwigsbourg, près de Stuttgart, le et mort à Ludwigsburg le , est un historien et théologien wurtembergeois.

Disciple de Hegel, il est à l'origine de la thèse sur le schisme entre « hégéliens de gauche » (parmi lesquels il se range lui-même) ou « jeunes hégéliens », et « hégéliens de droite » ou « vieux hégéliens », termes générationnels presque synonymes. Sur le plan théologique, l’hégélianisme l'a porté à voir dans les Évangiles une collection de mythes.

Biographie Après des études de théologie, pendant lesquelles il lit Hegel et Schleiermacher, il est répétiteur de philosophie au séminaire protestant de Tübingen de 1832 à 1835, là où Hegel, Schelling et Hölderlin avaient été élèves 45 ans auparavant.

Son premier ouvrage est (), paru en 1835 et traduit en français par Émile Littré entre 1839 (tome 1) et 1853 (tome 2). Ce livre a scandalisé son époque en montrant un Jésus historique et non divin et par sa vision des évangiles comme récit inconscient des premières communautés chrétiennes. . Après la publication de cet ouvrage, David Strauss fut révoqué et vécut désormais comme professeur de lycée et homme de lettres dans sa ville natale.

Sous l'influence de la philosophie hégélienne de l'histoire, Strauss est amené à replacer le message de Jésus dans la culture et la religiosité de son temps, qu'il oppose à la dogmatique des églises du .

Son travail historique sur le nouveau testament fait de lui l'un des pionniers de l'investigation historique sur Jésus. Les positions de Strauss ont été critiquées, entre autres, par Bruno Bauer dans sa (1840-1841) et dans (1874) : ces critiques portent, notamment, sur la priorité chronologique de Marc par rapport à Matthieu et à Luc, que Strauss contestera tout au long de sa vie en dépit des travaux décisifs de Christian Hermann Weisse ( paru en 1838) et de (,également paru en 1838) et sur la conscience messianique de Jésus au sujet de laquelle Bauer reste réservéAlbert Schweitzer, The Quest of historical Jesus : A critical study of Its Progress from Reimarus to Wrede, trad. de l'allemand par W. Montgomery, réed. Dover,2005 (1911), p. 140 s.

En 1837, Strauss répond aux critiques dans un livre . Puis, dans la troisième édition de l'ouvrage (1839), et dans les , il a fait des concessions importantes à ses critiques, qu'il retire dès la quatrième édition (1840). L'œuvre est traduite en anglais par George Eliot (avec une préface en latin par Strauss, 1846).

Il est nommé comme professeur à l'Université de Zurich en 1839, ce qui déclenche un conflit ouvert entre le gouvernement libéral du canton et la campagne conservatrice. Ce conflit aboutit à une tentative de coup d'État, le Zürichputsch.

En 1840 et l'année suivante, il édite son (2 volumes), dont le principe est que l'histoire des doctrines chrétiennes est leur désintégration. Avec ce livre, il retourne à la théologie, et deux ans plus tard (1864), il publie son Leben Jesu für das deutsche Volk ( en 1904) qui ne produit pas un effet comparable à celui de la première Vie. Les réponses à ce livre sont nombreuses ; Strauss leur répond dans son pamphlet Die Halben und die Ganzen (1865), dirigé particulièrement contre et Ernst Wilhelm Hengstenberg.

En 1865, son livre Der (traduction française Le Christ de la foi et le Jésus de l'Histoire) est une critique sévère des conférences posthumes de Schleiermacher qui venaient d'être éditées sous le titre La Vie de Jésus. L'expression est demeurée d'un usage classique, et passée dans le langage courant des exégètes du Nouveau Testament. Il suffit de voir le nombre de "Vies de Jésus" publiées dans le cadre de cette recherche dont la plus célèbre est probablement celle d'Ernest Renan.

En 1872, il publie L'Ancienne et la Nouvelle Foi, dont Nietzsche, dans la première des Considérations inactuelles, critique l'historicisme, hostile à la vie. Sa tombe se trouve dans l'.

Un disciple de Hegel Selon le philosophe et germaniste français Norbert Waszek, David Friedrich Strauss — Norbert Waszek, « Hégéliens », dans Dictionnaire du monde germanique , Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, — est à l'origine de la thèse d'un . En effet, : il les répartit alors , « une droite » où il range : K.F. Göschel (1781-1861), G.A. Gabler (1786-1863) et Bruno Bauer (1809-1882) et un « centre » représenté par Karl Rosenkranz (1805-1879). Bien que ce ne fût bien compris à l'époque par ses contemporains, celui-ci pour figurer une .

C'est à David Friedrich Strauss qu'on doit ce jeu de mots (en allemand), caractéristique de au lendemain du décès du philosophe en à Berlin :

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Joxe Azurmendi, « Renan-Strauss » in Historia, arraza, nazioa, Donostia : Elkar, 2014. : David Friedrich Strauß, father of unbelief, an intellectual biography. Oxford University Press, Oxford 2020, . (Hrsg.): Soirées de Grandval. 1996 (zu den Miniaturen). , Barbara Potthast (Hrsg.): David Friedrich Strauß als Schriftsteller. Winter, Heidelberg 2018 [Beihefte zum Euphorion 100], . Samuel Eck: David Friedrich Strauß. 1899. Heinrich Gelzer: Die Straussischen Zerwürfnisse in Zürich von 1839. Hamburg und Gotha 1843. Friedrich Wilhelm Graf : Kritik und Pseudo-Spekulation. David Friedrich Strauß als Dogmatiker im Kontext der positionellen Theologie seiner Zeit, München 1982. Karl Harräus: David Friedrich Strauß. 1901. Adolf Hausrath: D. F. Strauß und die Theologie seiner Zeit. 2 Bde., Heidelberg 1876–78.

Adolph Kohut : David Friedrich Strauß als Denker und Erzieher. Alfred Kröner, Leipzig 1908. Dietz Lange: Historischer Jesus oder mythischer Christus. Untersuchung zu dem Gegensatz zwischen Friedrich Schleiermacher und David Friedrich Strauß. 1975. Hugo Meyer: Die erdichtete Glyptothek. Der Weg des Spätaufklärers David Friedrich Strauß in die Münchner Emigration (herausgegeben von Michaela Fuchs), Wien 2019, . Friedrich Nietzsche : David Strauß der Bekenner und der Schriftsteller. (Erste Unzeitgemäße Betrachtung), 1873. Eduard Zeller: David Friedrich Strauß in seinem Leben und seinen Schriften. Bonn 1874.

Norbert Waszek, « Hégéliens », dans Dictionnaire du monde germanique , Dir: É. Décultot, M. Espagne et J. Le Rider, Paris, Bayard, 2007, Norbert Waszek, David Friedrich Strauss in 1848 – an analysis of his ‚theologicopolitical speeches, dans The 1848 Revolutions and European Political Thought, éd. par Douglas Moggach & Gareth Stedman Jones, Cambridge, CUP, 2018, p. 236-253. .

Articles connexes Ferdinand Christian Baur Hégélianisme Vieux hégéliens Jeunes hégéliens

Liens externes

La Vie de Jésus (), traduit par Émile Littré tome 1 sur Internet Archive, tome 2 sur Internet Archive David-Frédéric Strauss : la vie et l'oeuvre, par Albert Lévy (Fèlix Alcan, Paris, 1910) sur Internet Archive.

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