Beta Pegasi (β Peg / β Pegasi, ), également nommée Schéat, est une étoile variable de la constellation de Pégase. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, elle est située à environ de la Terre. Elle s'éloigne du Système solaire à une vitesse radiale de .
Nomenclature et histoire β Pegasi, latinisé , est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de .
En Mésopotamie Cette étoile est nommée tardivement, c'est-à-dire au cours de l millénaire avant notre ère ANŠU.KUR.RA = Sisû, « le Cheval », et donne son nom à une constellation comprenant les étoiles β, η, ι, λ et Johannes Koch, « Der Dalbanna-Sternenkatalog », in : Die Welt des Orients, Bd. XXXVI (1995), p. 61. (Ph).
Chez les Grecs et les Arabes
Héritière de ANŠE.KUR.RA = Sisû, « le Cheval » mésopotamien, comme cela est attesté chez Euctémon, la figure de l’`Ιππος grec prend une forme tout à fait différente de celle de son prédécesseur. La 3 étoile de la constellation est située, dans la Μαθηματική σύνταξις de Ptolémée ἐπι τοῦ δεξιοῦ ὥμου, « sur l’épaule droite », ce que ses traducteurs arabes rendent par على منكب الفرسᶜlā mankib al-faras(ar/de) Claudius Ptolemäus, Der Sternkatalog des Almagest. I. Die arabischen Übersetzungen, éd. par Paul Kunitzsch, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1986, pp. 287-288.. Mais elle apparaît sur l’astrolabe sous le nom منكب الفرس Mankib al-Faras, comme le signale ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī(ar/fr) Hans Karl Frederik Christian Schjellerup, Description des étoiles fixes composée au milieu du X siècle de notre ère par l'astronome persan Abd-al-Rahman Al-Sûfi. Traduction littérale de deux manuscrits arabes de la Bibliothèque royale de Copenhague et de la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg…, Saint-Pétersbourg : Eggers et Cie, 1874, repr. Fuat Sezgin, Islamic mathematics and Astronomy, vol. XXVI, Frankfurt am Main : Institut für Geschichte der arabisch-islamischen Wissenschaft an der Johann Wolfgang Goethe-Universität, 1997, p. 120 (fr.)..
En Europe et pour l'UAI
Mankib al Faras ou Menkib. Comme ce nom figure sur l’astrolabe, notamment chez Maslama al-MağrītīRoland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 202., il n’est pas étonnant de le retrouver dans les textes latins sur cet instrument dès l’an mil, notamment mentichel et feraz, chez Llobet deRoland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, pp. 190-191.. Richard Hinckley Allen transcrit ’Mankib al-Faras’, et relève le nom Mankib. Dans sa traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde (1665) transcrit ‘Menkib Alpháras’, ce qui est relevé sous la forme raccourcie Menkib par Richard Hinckley Allen (1899), et sert dans plusieurs catalogues du XX Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 203-204.Roland Laffitte, Héritages arabes... , pp. 190-191..
Scheat est toutefois le nom approuvé pour par l’Union astronomique internationale (UAI). C’est l’arabe الساق al-Sāq « la Jambe ». Ce nom résulte du déplacement erroné du nom de par Jean de Gemunden au XV siècle. Nous lisons en effet chez Jean de Londres (ca. 1246): Scheat .i. crus... in crure aquarij pour , et à la ligne suivante: belalferaz .i. humerus equi Paul Kunitzsch, « Typ VI », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, p. 43. . Après lui, Jean de Gemunden (ca. 1430) confond les deux lignes et écrit: Scheat alferam: cruz equi (de) Paul Kunitzsch, « Typ XVII », in : Typen von Sternverzeichnissen in astronomischen Handshriften des zehnten bis vierzehnten Jahrhunderts, Wiesbaden : Harrassowitz, 1966, p. 114. , nom que reprend Joseph Juste Scaliger sous la forme Seatalferas pour en chercher l’origine dans l’arabe ساعد الفرش brachium Equi Joseph-Juste Scaliger, Marci Minilii Astronomicon libri quinque, Lugduni Batavorum : s.Éd, Scaliger1600 (2nd éd.), p. 475.. On retrouve Seat Alpharas dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 19r., mais Tycho Brahe simplifie en Seat Pegasi ou Scheat tout court, ce que relève Richard Hinckley Allen à côté de nombreuses autres formesRoland Laffitte, Héritages arabes..., op. cit., pp. 190-191..
Propriétés Schéat est une étoile géante rouge de type spectral . Cette étoile évoluée en fin de vie est située sur la branche asymptotique des géantes (AGB) du diagramme de Hertzsprung-Russell. Elle se distingue parmi les étoiles brillantes par sa température de surface relativement basse (environ ) comparée à des étoiles comme le Soleil. Elle fait autour de 107 rayons solaires et possède une luminosité totale égale à fois celle du Soleil. C'est également une étoile variable semi-régulière avec une période de qui a été mise en évidence, et sa luminosité varie entre les magnitudes +2,31 à +2,74.
Références
Liens externes
Catégorie:Constellation de Pégase Catégorie:Étoile de type spectral MIII Catégorie:Étoile de type spectral MII Catégorie:Étoile variable semi-régulière Pegasi, Beta Pegasi, 53 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 217906 113881 8775 16769