99 Francs (parfois typographié 99 F) est un film français réalisé par Jan Kounen et sorti en 2007. Il s'agit de l'adaptation cinématographique du roman du même nom de Frédéric Beigbeder publié en 2000.
Synopsis En 2001, Octave Parango est un jeune concepteur-rédacteur dans une grande agence de communication parisienne, la Ross & Witchcraft. Publicitaire de talent, il est aussi cynique, égoïste et irresponsable et mène une vie de débauche, faisant notamment un usage immodéré de la cocaïne. Il est chargé avec son collègue de travail Charlie de mettre au point la campagne publicitaire d'un nouveau yaourt que va lancer sur le marché le groupe Madone. Lors de la réunion où Octave, Charlie et Jeff, responsable commercial, présentent leur publicité à Alfred Duler, cadre supérieur de Madone, celui-ci la rejette. Frustré de voir sa créativité censurée, Octave veut quitter son travail mais Marc Maronnier, son supérieur, lui rappelle tous les avantages qu'il perdrait en faisant cela.
Octave réussit à trouver son premier amour véritable en la personne de Sophie, une employée de l'agence, qu'il commence à draguer un peu lourdement, sans réussir à l'impressionner, mais lorsqu'il lui déclare qu'elle lui plaît vraiment et que personne ne lui a jamais plu jusqu'à présent, Sophie finit par succomber au charme d'Octave et tous les deux entament une liaison passionnée et pleine de sexe, mais quand Sophie annonce à Octave qu'elle est enceinte de lui, il réagit très mal et elle le quitte. À nouveau seul, il prend peu à peu conscience de ce qu'il a perdu et sombre à corps perdu dans les excès. Octave et Charlie mettent au point une nouvelle publicité pour Madone, très conventionnelle, et celle-ci est acceptée. Peu après, Octave fait une surdose lors d'une fête mais est sauvé in extremis. En sortant de sa cure de désintoxication, Il apprend le suicide de Marc, son supérieur. Lorsqu'il questionne les deux collègues venus le chercher sur Sophie, ils hésitent et l'un d'eux expose précipitamment qu'elle a démissionné pour partir au Canada. Octave ouvre alors les yeux sur le monde qui l'entoure et décide de se rebeller contre ce système, de venger Marc et de frapper un grand coup en sabotant la campagne publicitaire de Madone.
Sur le tournage du film publicitaire à Miami, Octave et Charlie se voient proposer le poste de leur supérieur décédé. Après le tournage officiel, avec la complicité de Tamara, la call-girl qu'il a fait engager comme comédienne, et du réalisateur, Octave tourne une version obscène et ironique du spot. Le soir venu, sous l'emprise de produits hallucinogènes avec Tamara et Charlie, il renverse plusieurs personnes en voiture. À son retour en France, Octave et Charlie fêtent leur promotion au sein de l'agence quand les parents de Sophie appellent Octave et lui apprennent qu'elle s'est suicidée avec Marc. La police arrive au même moment pour l'arrêter ; Octave décide d'écrire lui-même sa fin et fuit vers le sommet de l'immeuble, où est accrochée l'enseigne gigantesque qui luit dans la nuit à la gloire des campagnes de R&W. Malgré les exhortations de la police, Octave marche au bout de la passerelle surmontant l'enseigne et se jette du haut de l'immeuble, s'écrasant sur le toit de la Jaguar de Duler, qui quittait justement la Ross et invitait par téléphone Tamara à un dîner en privé.
Le générique de fin débute mais est interrompu par un message proposant une fin alternative aux spectateurs « faisant partie d'un panel test ». La séquence reprend au moment où Octave se réveille de son bad trip dans l'avion, il n'a renversé personne en voiture à Miami car Tamara a stoppé la voiture dans un tas de sable. Le plan d'Octave continue donc. À son retour à Paris, il contacte un activiste anti-publicité qui accepte de l'aider à commettre le sabotage de la campagne Madone. Lors de la grande première télévisée de la campagne publicitaire sur TF1, c'est la version d'Octave qui est diffusée. Duler qui dîne avec Tamara et Jeff au restaurant, Gagnant en famille chez lui sont effondrés. Dans le lounge d'aéroport où Octave contemple incognito la séquence, les réactions sont mitigées mais vives. Octave quitte la civilisation pour vivre dans une région tropicale totalement isolée. Après une adaptation difficile, il est aidé par les autochtones et y est rejoint par Sophie et leur enfant. La séquence représentant leurs retrouvailles est ensuite retouchée pour devenir l'image d'un grand panneau publicitaire, vantant les mérites d'une entreprise de pétrochimie avec le slogan « Bienvenue dans le meilleur des mondes ». Le panneau surplombe la ville et Octave l'observe avant de s'écraser au sol, terminant la scène d'introduction du film. Juste avant le générique de fin, un message rappelle que 10 % de l'argent consacré annuellement à la publicité suffirait à réduire de moitié la faim dans le monde.
Fiche technique
Titre original : 99 Francs Réalisation : Jan Kounen Scénario et dialogues : Nicolas et Bruno, avec l'aide de Jan Kounen, d'après le roman 99 Francs de Frédéric Beigbeder Musique originale : Jean-Jacques Hertz et François Roy Photographie : David Ungaro Montage : Anny Danché Décors : Michel Barthélémy Costumes : Chattoune Effets visuels numériques : Mac Guff (Paris) - Duboicolor (Paris) Production : Alain Goldman Sociétés de production : Légende Entreprises, avec la participation de Pathé, Arte France, Canal+, CinéCinéma, La Banque Postale Images et Cofimage 18 Budget : Pays de production : Langue originale : français Formats : couleur - 2,35:1 - - Panavision anamorphique - Kodak - - Cinemascope - son : Dolby Digital et DTS Genre : comédie dramatique, comédie dramatique et satirique Durée : 99 minutes Dates de sortie : France et Belgique : Canada :
Distribution Jean Dujardin : Octave Parango Jocelyn Quivrin : Charlie Patrick Mille : Jeff (Jean-François Marolles) Vahina Giocante : Sophie Élisa Tovati : Tamara Nicolas Marié : Alfred Duler Dominique Bettenfeld : Jean-Christian Gagnant Antoine Basler : Marc Maronnier Fosco Perinti : Giovanni Di Toro Cendrine Orcier : Fabienne Dan Herzberg : Steven Anita Blonde (non créditée) : l'actrice porno Arsène Mosca : le dealer Pascal Rocher : un paysagiste Niels Dubost (VF : Bernard Lanneau) : Père Groobad Aurélie Boquien (VF : ?) : Mère Groobad Mathis Jamet : Eric, l'enfant Groobad Frédéric Beigbeder : Badman / l'hôtesse de l'air dans l'avion Béruchet Jan Kounen (non crédité) : Pydjhaman Diouc Koma (non crédité) Chantal Baroin et Charlotte Marin : voix pub #1
Production Préproduction 99 Francs est l'adaptation du roman du même nom de Frédéric Beigbeder, publié en 2000 aux Éditions Grasset et vendu à plus de . Bien que celui-ci soit ensuite ressorti sous les titres de puis de , les producteurs du film ont préféré garder le titre original pour l'adaptation cinématographique. 99 Francs est la seconde adaptation du roman ; le comédien Gilbert Ponté en avait déjà fait une version théâtrale, en 2002 au théâtre Trévise de Paris, dans laquelle il jouait seul sur scène.
Alors qu'il était pressenti pour adapter lui-même son ouvrage sur grand écran et se donner le rôle principal du film, Frédéric Beigbeder se contente finalement d'un contrôle artistique sur le script, le choix du réalisateur et des acteurs, et d'une petite apparition clin d’œil au générique de 99 Francs. Ainsi, les noms d'Antoine de Caunes et de Mathieu Kassovitz ont d'abord été évoqués. Lorsque le projet d'adaptation du roman 99 Francs était entre les mains du premier, en 2003, Édouard Baer était pressenti pour incarner le personnage d'Octave Parango.
C'est finalement Jan Kounen, réalisateur ayant lui-même travaillé dans l'univers de la publicité, qui se charge de l'adaptation. C'est lors du tournage de Blueberry que le cinéaste Jan Kounen entend parler pour la première fois du projet 99 Francs. Lorsque le projet lui est confié, Kounen choisit pour ce rôle Jean Dujardin, idéal selon lui dans le sens où il est capable de jouer un personnage que l'on adore détester.
Tournage Le film marque ainsi la seconde collaboration de Jan Kounen et de l'actrice Vahina Giocante quatre ans après Blueberry. Le réalisateur Jan Kounen, tout comme dans Dobermann, interprète un petit rôle ; il apparait ici sous les traits de Pydjhaman, le nouvel ami d'Octave, ainsi que comme spectateur dans la salle de cinéma de son enfance. Lors du bad trip d'Octave au début du film, on reconnait par la déformation de son visage celui de Frédéric Beigbeder, qui fait également un caméo dans le rôle d'un invité de la fête où Octave fait une overdose et dans celui d'une hôtesse de l'air. Les scènes de réunion avec les dirigeants du groupe Madone ont été tournées au château de Ferrières alors que la fin du film a été tournée dans le décor naturel du parc national Canaima au Venezuela.
On peut également reconnaître dans le film l'avenue de France et la rue de Charenton, respectivement dans le 13 et le 12 arrondissements de Paris, qui ont été respectivement utilisées pour la scène de conduite sous emprise des drogues et pour la scène du restaurant avec les tests de grossesse.
Musique Bande originale
Musiques additionnelles
Claque moi le - Alain Féat et Alexis Place Malaise Thaï - Alain Féat et Alexis Place - Shigeru Umebayashi The Bricklayer's Beautiful Daughters - William Ackerman Heart Doppler - Alain Féat et Alexis Place Dam Tham - Denis Hokimian et Nadja Nguyen Rain sequence (from the Townshend Shuffle) - William Ackerman Christmas around - Christian Mesmin Suite pour orchestre de jazz nº 2 - Dmitri Chostakovitch Panshin Beka Winoni - air traditionnel (voir le film 8) Suite pour orchestre n°3 - Air sur la corde de sol - Johann Sebastian Bach Casse-noisette - Valse des fleurs - Piotr Ilitch Tchaïkovski Lovely Head - Goldfrapp Unbelievable - Monsieur Jo God Yu Tekem Laef Blong Mi - Hans Zimmer (extrait de de La Ligne rouge) Le Beau Danube bleu - Johann Strauss II Suites pour clavecin - Suite N°4 en ré mineur HWV 437 - Saraband con 2 variazioni - Georg Friedrich Haendel
Le célèbre de Shigeru Umebayashi est notamment réutilisé dans les musiques additionnelles de In the Mood for Love de Wong Kar-wai.
Accueil Accueil critique La critique française reste divisée sur ce film, qui obtient une moyenne de pour les critiques de la presse sur le site AlloCiné. Parmi les critiques positives, Éric Coubard, du magazine Brazil, évoque un film à ne pas rater, . Carlos Gomez, du Journal du dimanche met en avant qui . Pour Pierre Vavasseur, du Parisien, c'est . Jean-Luc Douin, du Monde, estime que c'est . Sophie Benamon, de L'Express, estime que et que Jean Dujardin est dans cette . Mathieu Carratier, de Première, évoque une .
Du côté des critiques mitigées, Héléna Villovitch, du magazine Elle, évoque un à la fois agaçant et drôle ; et Alain Spira, de Paris Match, un film drôle mais des personnages trop virtuels et caricaturaux.
Parmi les critiques négatives, Amélie Dubois, des Inrockuptibles, évoque ; Aurélien Ferenczi, de Télérama, une et une ; et la rédaction de Libération un .
Box-office Le film a réalisé entrées en Europe, dont en France, et a rapporté dans le monde entier.
Distinctions Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database et d'Allociné.
Récompenses Lumière du meilleur espoir masculin pour Jocelyn Quivrin en 2008. Étoiles d'or du cinéma français de la révélation masculine pour Jocelyn Quivrin en 2008. Prix Raimu de la comédie 2007 : Prix RAIMU du comédien pour Jean Dujardin Prix RAIMU de la mise en scène pour Jan Kounen De la page à l'image - Festival du film du Croisic 2007 : Prix Jeune Public de la Meilleure Adaptation pour Jan Kounen
Nominations et sélection César du meilleur espoir masculin pour Jocelyn Quivrin en 2008. Sélection au Festival COLCOA de Los Angeles 2011 Brutus du cinéma 2008 : Meilleur film Révélation de l'année pour Frédéric Beigbeder