Le parc de Sceaux, ensemble du domaine de Sceaux, est propriété du département des Hauts-de-Seine et son parc s'étend sur les territoires des communes de Sceaux et d'Antony.

Le parc fut dessiné par André Le Nôtre à la fin du à la demande de Colbert puis de son fils le marquis de Seignelay. À la Révolution, par les spéculations de la Bande NoireHistoire de France: depuis l'année 1825 jusqu'à l'avènement de Louis-Philippe, Volume 4, Jean-Gabriel-Maurice Rocques Montgaillard, 1839., le domaine est pillé, revendu à un exploitant agricole, Jean François Hippolyte Lecomte, et le château comme les cascades sont détruits. Un nouveau château est érigé à partir de 1856 par sa fille, Anne-Marie Lecomte-Stuart, mariée au duc de Trévise.

La superficie du parc est de : 121 sur la commune de Sceaux, 60 à Antony.

Le château de Sceaux accueille depuis 1937 les collections du musée de l'Île-de-France, renommé en 2013 musée du domaine départemental de Sceaux.

Histoire Le premier château de Sceaux Au , il y a à Sceaux un manoir : en 1470, le seigneur de Sceaux, Jean II Baillet (1400-1477), maître des requêtes ordinaires de l'hôtel du roi, y reçoit le roi Louis et la reine Charlotte de Savoie avec toute la Cour. Il avait réuni les trois fiefs formant la seigneurie de Sceaux : Ceaux-le-Petit, lEnffermerie de Saint-Germain-des-Près et Ceaux-le-Grand. Cette dernière terre lui venant de son père, Pierre Baillet, premier seigneur de Sceaux, qui l'avait achetée à Alix de Vaubouillon. La seigneurie resta dans cette famille jusqu'à la fin du , échouant finalement à trois sœurs Baillet : Renée, Isabeau et Charlotte, qui, en indivision, laissèrent le domaine à vau-l'eau. Louis Potier de Gesvres, époux de Charlotte, baron de Gesvres et conseiller du roi, racheta le domaine en 1597. La propriété couvrait (environ ). Il avait acheté en 1595 la seigneurie de Blérancourt. Son frère, Nicolas III Potier, avait épousé une autre des filles, Isabeau.

Au début du , les Potier de Gesvres, seigneurs de Sceaux depuis 1597, font construire un château de style ou . C'est une famille de bourgeois qui finiront par devenir ducs : et ensuite ducs de Gesvres. Sceaux est érigée en châtellenie en 1612 et en baronnie en 1619-1624 pour le fils cadet de Louis, Antoine Potier de Sceaux, greffier des ordres du Roi.

Le château de Colbert (1670-1683) thumb|gauche|Le château de Sceaux au temps de Colbert, vu depuis l'avenue d'entrée. Gravure d'Adam Pérelle.

En 1670, Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances de Louis , qui souhaite disposer d'un domaine près de Paris et non loin de Versailles, pour y établir sa maison de campagne, achète la terre de Sceaux aux trois héritiers de René Potier, marquis de Gesvres, . Il procède à d'importantes acquisitions foncières afin d'agrandir le domaine qu'il porte à une centaine d'hectares. Colbert fait agrandir l'édifice, qui avait été bâti après 1597, et dessiner un parc à la française par André Le Nôtre, agrémenté de statues commandées auprès de célèbres sculpteurs tels Antoine Coysevox et François Girardon. L'architecte n'est pas connu, mais compte tenu de la position éminente du commanditaire – qui s'était vu confier depuis 1664 la charge de Surintendant des Bâtiments du Roi – il ne fait guère de doute qu'il devait s'agir d'un des plus grands de cette époque, peut-être Antoine Le Pautre. Des recherches récentes ont permis de retrouver le nom des deux entrepreneurs : Maurice Gabriel et Jean Girard qui construisit le corps central du château de Saint-Cloud. Claude Perrault est intervenu pour l'édification de la chapelle qui se trouvait dans l'aile sud du château. Le château et ses intérieurs Le château comportait un corps central flanqué de deux pavillons et, en retour d'équerre, deux longues ailes en rez-de-chaussée terminées par deux pavillons. Celui de gauche, carré à l'extérieur mais circulaire à l'intérieur et sommé d'une coupole, renfermait la chapelle, décorée par Charles Le Brun.

La décoration extérieure et intérieure du château vit l'intervention d'excellents artistes comme François Girardon, Jean-Baptiste Tuby, les deux frères Gaspard et Balthazar Marsy, Jean-Baptiste Théodon. Le cabinet de travail de Colbert était orné de six bustes en marbre d'empereurs, d'impératrices et de sénateurs romains sur piedouche, et de douze médaillons en marbre blanc des Césars, dans des cadres ovales en bois doré ornés de festons. Dans la grande salle centrale du premier étage, on trouvait un buste d'Homère, ainsi qu'un groupe de lutteurs en marbre blanc. Ailleurs, deux sphinx de marbre rouge.

Le parti d'ensemble, déjà démodé à l'époque de la construction, trahissait le souci de Colbert de ne pas répéter l'erreur de Nicolas Fouquet à Vaux-le-Vicomte : bien que considérablement agrandi par rapport à la modeste demeure des Potier de Gesvres, le bâtiment devait donner le sentiment d'une implantation antérieure aux travaux du ministre.

Le rez-de-chaussée

Au rez-de-chaussée, au temps de Colbert, le vestibule était situé au centre du château. Il comportait un billard. On accédait à l'anti-cabinet situé au sud du vestibule. Il donnait accès à un passage avec la garderobe, puis tout au sud, dans l'angle, se trouvait le cabinet de travail de Colbert, donnant sur le jardin. La pièce était éclairée toute la journée, étant située au sud-ouest. De l'autre côté du vestibule se trouvait la salle à manger, pièce qui existe bien déjà au XVII siècle, contrairement à ce qui a pu être écrit. Une antichambre de la salle à manger voisinnait ensuite avec une chambre d'angle, au nord du corps central.

Une grande pièce, l'Orangerie, dite aussi la Galerie, donnait plein sud sur le parterre du même nom, et était d'une grande luminosité. Des tableaux d'après Raphaël et le Dominiquin trônaient sur la paroi nord, face aux fenêtres. Elle donnait accès à la chapelle du château, dont la coupole avait été peinte par Charles Le Brun.

Le premier étage

thumb|Restitution de la distribution du premier étage du château de Sceaux, à la mort de Colbert, 1683.

À l'étage, au temps de Colbert, la chambre du ministre était située juste au-dessus de son cabinet de travail, c'est-à-dire dans l'angle sud-ouest du corps central. Son antichambre était décorée de cuir de Cordoue sur fond noir. Il avait la vue sur le jardin au sud et à l'ouest sur le parterre du château. La chambre de Colbert était située non loin, juste de l'autre côté de la galerie haute, dans l'angle sud-est, donnant du côté du parterre de l'Orangerie. Son petit cabinet était situé juste dans l'angle.

Tout l'étage du côté du grand parterre était dédié aux pièces de réception et d'apparat. On trouvait après l'appartement de Colbert une grande chambre couverte de tapisseries de Bacchanales (peut-être d'après Jules Romain ?). La grande salle située au centre du premier étage servait de grande pièce de réception, en célébrant la Monarchie avec deux tableaux de Louis XIII et de Louis XIV, ainsi que de grands tableaux liés à la vie d'Alexandre. Ce cycle célébrait la Monarchie et sa gloire militaire, mais faisait pâle figure face à la magnifique galerie du château-vieux de Meudon que réalisera Louvois quelques années plus tard.

Mais la pièce la plus spectaculaire était sans doute la longue galerie haute, qui n'était pourtant pas fort large. Elle était décorée de tableaux des vues des maisons royales, ainsi que de copies de Raphaël, et de tableaux de fleurs et fruits, ainsi que de paysages. Surtout, 24 bustes d'empereurs et romaines scandaient les parois. Cette véritable galerie des sculptures répondait à la galerie des sculptures de Nicolas Fouquet à Saint-Mandé, dont Colbert avait volontairement détruit la carrière.

Les jardins du temps de Colbert (1670-1683)

Pour les jardins, Le Nôtre créa un axe nord-sud parallèle à la façade principale du château : sur plus d'un kilomètre. Il commençait du côté du village avec un bassin en demi-lune, puis suivait deux allées, une grande cascade et, en contrebas, le bassin dit de l’Octogone. D'est en ouest s'étageaient des terrasses à pans coupés. À l'est, le potager était dominé par le pavillon dit de l'Aurore. Le parc était orné de nombreuses statues dont le célèbre Hercule gaulois de Pierre Puget (1661 et 1662, Paris, musée du Louvre)Cette statue, d'abord élaborée pour Fouquet, est prise par Colbert qui la place dans le parc du château de Sceaux. Hercule est représenté assis sur la dépouille du lion de Némée et tient dans sa main les pommes d'or du jardin des Hespérides. Ces deux éléments évoquent deux des douze travaux d’Hercule.. La Grande Cascade, dont les eaux sortaient des urnes de deux statues de fleuves dues à Antoine Coysevox, faisait l'admiration des contemporains. L'entrée d'honneur, les écuries et le Pavillon de l'Aurore date de cette première période, Charles le Brun décorant la coupole du Pavillon en 1672. En 1675, Nicolas le Jongleur, fontainier méconnu, fut associé au paysagiste. Le domaine, comme Versailles, étant en manque d'eau, il créa plusieurs conduites à partir des communes environnantes. La première captait les eaux des Vaux-Robert près de Fontenay-aux-Roses. Mais en 1680, l'étang Colbert fut réalisé au Plessis-Piquet afin de recueillir les eaux pluviales. Pour éviter un mélange avec les eaux potables de Vaux-Robert, une nouvelle canalisation les amena au réservoir du Moulin. Une troisième conduite achemina les eaux de la seigneurie d'Aulnay. Ces eaux finissaient dans les grandes Cascades et le bassin de l'Octogone. En 1688, ce fut la construction du grand CanalJean Siaud, Ils ont donné l'eau à Versailles, 2012...

Les jardins du temps de Colbert étaient bien différents de ceux conservés de nos jours : le rôle du paysage dans le lointain avait beaucoup plus de place, on s'émerveillait de la vue champêtre, qui s'effacera au fur et à mesure par la hausse et la densité de la végétation ainsi que par la création du grand canal et des grandes allées du temps de Seignelay.

Les fêtes et réceptions thumb|gauche|Pavillon de l'Aurore à Sceaux. En , Colbert reçoit dans son château Monsieur, frère du roi, venu solliciter des subsides pour une fête qu'il projette de donner. En , la reine, le dauphin et la dauphine visitent à leur tour le domaine. En , le roi enfin vient à Sceaux. C'est pour Colbert un exercice difficile et à haut risque, dont il s'acquitte en parfait courtisan. Leurs Majestés visitent les appartements, dont elles remarquent « la merveilleuse propreté » avant d'entendre le prologue de l'opéra Hermione dans les jardins. Après le souper, l'on donne Phèdre de Racine dans la première orangerie, située dans l'aile droite du château. En sortant, est acclamé par la population de Sceaux réunie dans le jardin merveilleusement éclairé. Le souverain, enchanté, dira à son ministre qu'il ne s'est jamais si agréablement diverti, et le Mercure galant écrit de la fête « qu'elle fut somptueuse sans faste, et abondante en toutes choses sans qu'il y eût rien de superflu ».

En , Colbert invite tous les membres de l'Académie française. Après le déjeuner, Philippe Quinault donne lecture de son Poème de Sceaux dans le pavillon de l'Aurore tandis que Charles Perrault lit des stances très applaudies. Colbert ne resta à Sceaux que treize ans (1670-1683), son fils aîné poursuivra son œuvre pendant sept années, (1683-1690), la veuve de ce dernier continuera après sa disparition brutale.

Le château du marquis de Seignelay (1683-1690 / 1699) thumb|Orangerie du château de Sceaux, en 2017. thumb|Restitution du banquet de la fête de juillet 1685 au château de Sceaux, vision symétrique par Louis XIV ou le Grand Dauphin.