Jean-Victor Augagneur, dit Victor Augagneur, né le à LyonArchives municipales numérisées de l'état civil de Lyon, acte de naissance du arrondissement, enregistré le 18/5/1855, vue 86/229 (consulté le 30/03/2018). et mort le au Vésinet (actuelles Yvelines), est un médecin et homme politique français.
Conseiller municipal de Lyon à partir de 1890, maire de Lyon de 1900 à 1905 (avant Édouard Herriot), il est élu député du Rhône en 1904. En 1905, il est nommé gouverneur de Madagascar. De retour en métropole en 1910, il est de nouveau élu député du Rhône et occupe plusieurs postes ministériels de 1912 à 1915, notamment dans les gouvernements de René Viviani. Après la Première Guerre mondiale, il est nommé gouverneur de l'Afrique-Équatoriale française (1920-1923). Il est député du Rhône de 1928 à sa mort.
Biographie Origines familiales, formation et débuts professionnels
Originaire du Brionnais, il est le fils de Pierre-François Augagneur, jardinier puis régisseur à Lyon, lui-même petit-fils d'un menuisier de Saint-Laurent-en-Brionnais (Saône-et-Loire) et d'un jardinier et garde-champêtre de Vauban (Saône-et-Loire).
Victor Augagneur (son nom d'usage) n'est donc pas issu de la bourgeoisie lyonnaiseContrairement à ce qu'indique la biographie citée en référence..
Il fait ses études au séminaire de Semur-en-Brionnais, puis des études supérieures de médecine.
Carrière politique à Lyon (1890-1905) En 1890, il entre au conseil municipal de Lyon,
Il en est élu maire en 1900, après avoir battu son mentor, Antoine Gailleton, républicain plus conservateur. Il pratique une politique populaire avec trois priorités : hygiène, éducation, voirie.
En 1904, il est élu député de Lyon, membre du Parti républicain-socialiste et réélu maire.
En raison de son tempérament autoritaire, les satiristes du journal Guignol l’appellent « le roi Victor » ou « Victor ».
Gouverneur de Madagascar (1905-1910)
Il est nommé gouverneur général de Madagascar le , succédant à Joseph Gallieni.
Il quitte ses mandats municipal et législatif, laissant la mairie à un jeune radical-socialiste, Édouard Herriot.
Député du Rhône et plusieurs fois ministre (1910-1915) À son retour en 1910, il revient à la Chambre des députés en tant que député du Rhône.
Du au , il est ministre des Travaux publics et ministre des Postes et télégraphes dans le gouvernement Caillaux,
Du au , il est ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts dans le premier gouvernement Viviani (13 juin-26 août 1914).
Du au , au début de la Première Guerre mondiale, il ministre de la Marine dans les gouvernements Viviani I et II.
Après la chute de René Viviani, le ministre de la Marine du gouvernement Briand est l'amiral Lacaze.
Député du Rhône (1915-1919) À la Chambre des députés en 1916, face aux partisans de la méthode forte (notamment Justin Godart), il prend position contre l'utilisation de la méthode dite du « torpillage ». Il décrit cette méthode comme inhumaine et ne prenant pas en compte la souffrance des poilusJean-Yves Le Naour, Les Soldats de la honte, Éditions Perrin, 2011, page 200. Extrait du Journal Officiel (JO) séance du 20 octobre 1916, ..
Il se montre farouche opposant au droit de vote des femmes en 1919, craignant, en radical laïque convaincu, après la saignée de la Grande Guerre, leur nombre et leur conservatisme.
Il n'est pas réélu aux élections de 1919, élections au scrutin de liste, auquel il était d'ailleurs opposéBase Sycomore, Biographies..
Gouverneur de l'AEF (1920-1923) En 1920, il est nommé gouverneur de l'Afrique-équatoriale française.
C’est dans ce cadre qu’il signe le le décret de création de la ville de Pointe-Noire.
Roger Sargos (1888-1966), forestier colonial influent, émet de violentes critiques sur son passage en AEF, écrivant de lui : .
Dernières années (1924-1931), mort et funérailles
thumb|right|La tombe de Jean-Victor Augagneur au cimetière du Montparnasse.
Il ne se présente pas aux élections de 1924Base Sycomore., mais est réélu député du Rhône aux élections de 1928 et le reste jusqu'à sa mort.
Mort le 23 avril 1931 au Vésinet (alors situé dans le département de la Seine-et-Oise), il est inhumé au cimetière du Montparnasse ( division). Un éloge est prononcé par Fernand BouissonBase Sycomore., président de la Chambre des députés, le 5 mai.
Selon certaines sources, Victor Augagneur aurait appartenu à la franc-maçonnerie, loge « Droit et Justice » du Grand Orient de France à Paris.
Écrits Outre plusieurs articles scientifiques, Victor Augagneur est l'auteur d'un essai, Erreurs et brutalités coloniales, paru en 1927 (Paris, Éditions Montaigne)Ce texte a fait l'objet d'une réédition critique en 2010 (Paris, Les Nuits rouges, 254 p. )..
Hommages Quai Victor-Augagneur à Lyon, ainsi appelé depuis 1932 Lycée Victor-Augagneur à Pointe Noire en république du Congo Boulevard Augagneur à Tamatave (Madagascar) Collège d'enseignement général Augagneur à Tamatave, le long de ce boulevard Avenue Victor-Augagneur à Hell-Ville, dans l'île de Nosy Be (Madagascar)
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Catherine Pellissier, « Victor Augagneur », notice bio-bibliographique, dans Jean-Marie Mayeur et Xavier de Montclos (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, volume 6, Éditions Beauchesne, 1994, ) « Biographie de Victor Augagneur » sur le site galichon.com (consulté le ) Béghain P., Benoît B., Corneloup G., Thévenon B., Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Editions Stéphane Bachès, 2009. Valode P. et Guyot F., 7 maires de Lyon depuis 1900 Histoire et anecdotes, Lyon, Editions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, Victor Méric, « Victor Augagneur », Les Hommes du jour, n° 98, 4 décembre 1909. Portrait par Aristide Delannoy.
Liens externes
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