Louis Alfred Courmes est un peintre français né à Bormes-les-Mimosas le et mort à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee.

Biographie

Après ses études secondaires à Monaco, son père, officier de marine, l'encourage dans son envie d'être peintre.

Élève de Roger de La Fresnaye dont il sera le seul disciple, Alfred Courmes s'installe à Paris en 1925, et expose au Salon des indépendants et au Salon d'automne. Il réalise des toiles cubistes : Nature morte cubiste au pinceau, en 1921, peint des portraits comme celui de Peggy Guggenheim. Il s'installe à Ostende l'année suivante et fait la connaissance de Ensor, Constant Permeke, et Félix Labisse. Il s'imprègne en même temps de la peinture de Van Eyck, Hans Holbein, Dürer, Brueghel… en visitant les musées de Bruges, de Gand.

En 1929, il peint l'Homme blessé en hommage à Roger de La Fresnaye et expose au Salon des Tuileries Portrait de Mme Elvira de Hidalgo et Pêcheur à la raieRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, .

Cette confrontation entre le classicisme et cette vision surréaliste et expressionniste seront des références permanentes pour Courmes. Surnommé L'Ange du mauvais goût par ses détracteurs, il détourne souvent dans ses tableaux des thèmes mythologiques (Sphinge, Minotaure, Œdipe) ou chrétienne (Saint Sébastien, Saint Antoine, le Christ en croix) à des fins humoristiques ou à consonances sexuelles, parfois nettement homoérotiques. Il n'est pas rare que des objets modernes (bicyclettes, haltères) ou des vêtements contemporains (bas de soie, shorts, habits de marins) soient associés à des univers de l'Antiquité ou du Moyen Âge. Il emprunte également à l'imagerie des publicités de son temps (fillette et logo des Chocolats Menier, Bibendum de Michelin, paquets de lessive, étiquettes de Camembert) et à la photographie des journaux à sensations (meurtres sanglants, criminels, détachements de militaires) pour susciter des anachronismes cocasses ou blasphématoires. Les décors de ses tableaux sont très souvent liés au canal Saint-Martin, à la place du Colonel-Fabien ou à l'avenue Secrétan.

En 1930, résidant près de la Gare de l'Est, il exploite une salle de cinéma populaire, le Verdun-Palace. En 1936, il reçoit le prix Paul Guillaume (partagé avec Tal Coat) pour Saint Sébastien, un exemple typique de son style. Le tableau brocarde l'iconographie chrétienne traditionnelle en représentant le saint sous les traits d'un matelot et en utilisant des références à la publicité contemporaine : la fillette des Chocolats Menier tâte les parties génitales du saint attaché à un arbre, tout en lui plantant une flèche dans le flanc ; le tout est ceint par le cercle bleu d'une marque de Camembert qui livre des informations sur le peintre et sa toile. Ce succès lui permet d'obtenir une commande en 1937, Le Toucher pour le pavillon de la manufacture de Sèvres à l'Exposition internationale de Paris. En 1938, Albert Sarraut, ministre de l'Éducation nationale, lui propose la décoration murale de la salle à manger de l'ambassade de France à Ottawa au Canada et en compagnie d'autres artistes : cent vingt mètres carrés peints à la cire dont le thème sera la France heureuseCette fresque, badigeonnée par un fonctionnaire peu scrupuleux, sera restaurée entre 1981 et 1984 grâce à la clairvoyance de Messieurs Beliard et Cabouat, ambassadeurs de France et avec le soutien des affaires étrangères, en restituant au patrimoine national cette réalisation somptuaire du Front populaire (Christian Derouet, introduction au catalogue Alfred Courmes du musée de Roubaix en 1989)., qui lui demandera deux ans de travail et se terminera la veille de la Seconde Guerre mondialeExcédé par les lenteurs de l'administration française à compenser les pertes de changes dues à la situation financière d'alors, Courmes, qui devait à son logeur canadien plusieurs mois de loyer, résolu fin mars 1939 de s'installer « avec sa tribu » dans les locaux de la Légation. Source : Jean Fouace, « La décoration de l'ambassade de France à Ottawa », Bulletin de la Société de l'Histoire de l'art français, année 2005, Paris 2006, 349., elle est signée et datée du , 3 heures du matinJean Fouace, , ..

En 1946, il participe à l'Exposition surréaliste de Lille avec Magritte et son ami Clovis Trouille, à partir de 1957, il expose régulièrement au salon de mai et en 1971 lors de l'exposition Les Autres organisée par Yves Hamon à Bordeaux. Courmes est reconnu comme précurseur d'une génération de jeunes peintres qui exposent avec lui, à la Galerie nationale du Grand Palais en 1972 dans l'exposition 12 ans d'art contemporain, et reçoit le prix Panique. Il sera présent à l'exposition Mythologies Quotidiennes au musée d'art moderne de la ville de Paris en 1976, ainsi qu'à l'exposition Les Réalismes entre révolution et réaction 1919-1939 au Centre Georges-Pompidou. Il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1991, il vit et peint jusqu'à sa mort le .

Il est enterré à Châtillon-en-Diois.

Distinctions

Principales œuvres Étrangleur à la casquette rose, 1925 Portrait de Peggy Guggenheim, huile sur toile, 1926, Musée franco-américain du château de Blérancourt, Blérancourt Paysage de bord de mer, huile sur toile, 1927 L'Homme blessé, 1929 Saint Sébastien, huile sur toile, 1934, Centre Pompidou, Paris Saint Sébastien aux fléchettes, huile sur toile, 1934 Saint Sébastien et la Sainte famille, huile sur bois, 1935, collection des héritiers Saint Roch de Montpellier, huile sur toile sur contreplaqué, 1935/77, Musée de l'Hospice Saint-Roch, Issoudun Persée lui joue un air de flûte avant de la délivrer, Andromède, 1937 Le Toucher, huile sur toile marouflée sur bois, 1937, Centre Pompidou, Paris La France heureuse, fresque, salle à manger de l'ambassade de France, 1937-39, Ottawa Quai de Valmy, huile sur toile, 1948 Autoportrait du peintre dans son atelier à colonne (...), 1958 Le Cyclope n'avait qu'un œil mais c'était le bon, huile sur toile marouflée sur bois, 1960, FRAC de Franche-Comté, Besançon 45% B.A., huile sur toile, 1961 Oh ! combien tragique la plainte du roi Œdipe, huile sur toile, 1962 Non, non... et non, elle ne tolérera jamais qu'il fasse l'aéroplane, 1964 La Pneumatique Salutation angélique, huile sur toile marouflée sur bois, 1968, La Piscine, Roubaix L'intervention de l'armée est demandée, gouache sur toile, 1969, Musée d'Art moderne de Paris, Paris Judith danse devant Holopherne, huile sur toile, 1974 Saint-Sébastien à l'écluse Saint-Martin, huile sur toile, 1974 Escadron d'Amazones au repos, huile sur toile marouflée sur bois, 1976 La tentation de Saint-Antoine, huile sur toile, 1980 La Descente au sépulcre, huile sur toile, 1982 Les Deux Larrons, huile sur toile, 1982

Principales expositions 1965 : Biennale de São Paulo, Brésil 1977 : Rétrospective, Galerie Jean Briance, Paris 1979 : Rétrospective, musée de GrenobleAlfred Courmes : Exposition : Grenoble, musée de peinture, 16 mai au 20 août 1979. 1984 : Écriture dans la peinture, CNAC, Nice 1989 : Rétrospective, musée des Beaux-Arts de Poitiers 1989 : Rétrospective, musée Saint-Roch à Issoudun 1989 : Rétrospective, musée des Beaux-Arts de Roubaix 1989 : Rétrospective, Centre Georges-Pompidou, Paris 1998 : Réalistes des années 1920, Musée-Galerie de la Seita, Paris 2003 : Rétrospective, Musée Arts et Histoire, Bormes-les-Mimosas 2022 : Alfred Courmes, séduisant provocateur, Villa Théo, Le Lavandou 2022 : Du côté de chez Courmes, galerie Loevenbruck, Paris 2023 : Rétrospective, Espace Niemeyer, Paris 2023 : Rétrospective, musée de l'Ardenne, Charleville-Mézières

Monographies . Alfred Courmes, Musées de Roubaix, 1989, 106 p. Alfred Courmes, peintre d'histoires, sous la direction de Dominique Carré et Carole Maquet-Morelle, 2023, 255 p.

Archives

Notes et références

Liens externes

Blog personnel Décor La France Heureuse de l'ambassade de France à Ottawa

Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Peintre paysagiste français Catégorie:Peintre français de nu Catégorie:Peintre portraitiste français Catégorie:Peintre cubiste français Catégorie:Peintre français de nature morte Catégorie:Collagiste français Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1991 Catégorie:Naissance en mai 1898 Catégorie:Naissance à Bormes-les-Mimosas Catégorie:Décès en janvier 1993 Catégorie:Décès à 94 ans Catégorie:Décès dans le 10e arrondissement de Paris Catégorie:Famille Courmes