Le phare de la Canche également appelé phare du Touquet est situé, avenue des Phares, au dans le département du Pas-de-Calais et la région des Hauts-de-France.

Construction thumb|left|Le phare de la Canche avec la maison du gardien.

En 1946, Monsieur de Rouville, inspecteur général des Ponts et Chaussées, directeur du service des phares et balises, confie l’étude du projet à Louis Quételart, architecte local, en collaboration avec Briquel, ingénieur des Ponts et Chaussées, et Danel, ingénieur des travaux publics de l’État. Trois sites sont envisagés, à l'emplacement du phare sud, à la pointe nord de la Canche ou entre les deux phares détruits ; c'est cette troisième option qui est choisie. Les travaux sont exécutés par une entreprise de génie civil et de travaux publics de Lens sous la direction de Caridroit, ingénieur, le chantier ouvre le .

Le phare consiste en une tour octogonale de près de de haut, pour un poids total de ., construite au Journal municipal Le Touquet Magazine, mai 1998, , avec la particularité de se trouver à de la mer, près de l'estuaire de la Canche. La lanterne est accessible par comprenant les quatre marches extérieures, à l'intérieur se trouvent les en béton recouvert d'une plaque en pierre du Boulonnais, jusqu'à la chambre de service carrelée en céramique, suivies d'une volée de de même nature et des huit marches de l'échelle de la lanterne, cette lanterne possède toujours deux lampes de derrière des lentilles de Fresnel.

Ce monument est bâti en béton et en briquesJournal municipal Le Touquet Paris-Plage Info, septembre 2011, ., Louis Quételart étant mort l'année précédant la mise en service, les travaux sont achevés par son fils Pierre. Le fût octogonal à faces concaves est en briques de parement rouge orangé de Fouquereuil, le parement intérieur est fait de briques jaune orangé. Entre les parements intérieur et extérieur, ce sont des briques d'Attin. Le coût total de la construction du phare s'élève à .

Le phare est mis en service en mais les travaux ne sont définitivement achevés qu'en 1952.

La clôture des jardins est réalisée en 1956, par le cabinet Quételart, le portail d’entrée reproduit les bossages du soubassement du phare dans ses quatre piliers. vignette|left|redresse=0.6|La plaque sur un poteau du portail principal.

En 1992, le dernier gardien de phare, Jean-Jacques Chalm, s'en va. Le phare ne peut plus être visité depuis les inondations de 1993. Les visites sont de nouveau possibles depuis le .

Le phare est automatisé en 2001.

La tour est classée au titre des monuments historiques depuis le . Les bâtiments du phare comprenant l'ancien pavillon du gardien en chef et l'ancien bâtiment de service, avec son jardin, les piliers d'entrée et les bancs, en totalité sont inscrits depuis le .

Identifiant : ARLHS : FRA-209 - Amirauté : A1196 - NGA : 8832.

Histoire des phares au Touquet, à Paris-Plage et au Touquet-Paris-Plage Avant le phare de la Canche décrit ci-dessus, d’autres phares et sémaphores ont existé. Il faut rappeler que dans les environs de l’embouchure de la Canche dans les cinquante années qui ont précédé la construction des deux phares de 1852, on compte pas moins de .

Le premier phare vers 1801 Vers 1801, l’approche de l’embouchure est signalée par deux feux fixes (des fanaux) au bord du rivage à la pointe du touquet, côté sud de l'embouchure de la Canche, et à environ au nord-est des futurs phares. Ils sont construits en maçonnerie de de hauteur et entretenus par un seul gardien. Les feux sont deux sources lumineuses dues à une lampe à mèche circulaire, alimentée à l’huile de colza. Leur portée est de deux lieues (approximativement huit kilomètres).

À la même époque, un sémaphore et un petit phare à la pointe du Lornel, ou feu du Lornel, côté nord de l'embouchure de la Canche, complètent le dispositif. L'élévation du phare est de et la portée de deux lieues. Le sémaphore sera démoli en 1815..

Les deux phares de 1852 thumb|left|Les phares de la Canche et la maison du gardien en 1883 Il faut trois naufrages dans les années 1842 et 1843, relayés par la presse, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la dangerosité de l’endroit et qu’ils décident en 1845 de la construction des phares. L’administration rachète un terrain à Alphonse Daloz. Les travaux sont dirigés par Louis Pigault de Beaupré, ingénieur des ponts et chaussées, secondé par , conducteur. Les dépenses s’élèvent à .

Une étude de l’ingénieur en chef Reynaud montre l’aspect qu’auront les phares. Les travaux débutent en 1845, au lieu-dit Molière Godin, c’est un rectangle comprenant un phare à chaque extrémité et la maison du maître de phare au milieu.

Le premier phare est nommé phare nord, le deuxième phare sud, ils sont distants de et sont identiques. Leurs orientations nord-sud permet aux navires d’éviter de tomber dans les courants générés par le banc de sable de la Bassure de Baas. Pour leur construction, comme il n’existe aucun chemin d’accès, les matériaux sont amenés par la mer, une estacade est construite à cet effet, celle-ci se trouve dans le prolongement du chemin des Hénons (aujourd'hui avenue du Dix-huit juin).

Les phares sont deux colonnes blanches de de mètres à pans coupés de section hexagonale. l’épaisseur est de à la base et de en haut. Le soubassement, environ de la hauteur d’un étage, est en marbre de Belgique. Le reste est en briques réfractaires enduite de peinture. Le tronc se rétrécit jusqu’à la lanterne autour de laquelle on trouve le balcon soutenu par de petites arcades. Il y a dont 228 en marbre, le dernier escalier conduit à la salle de la lanterne, voûte et soubassement en cuivre. Le foyer lumineux se trouve exactement à au-dessus du niveau de la mer. Ce sont des feux fixes dotés de becs à mèches multiples qui fonctionnent à l’huile de colza, puis, vers 1875, on utilise de l’huile minérale (pétrole). Ces feux ont une portée de en mer. Ils sont allumés pour la première fois le .

thumb|left|Le tramway sur le CGC (actuelle avenue de Picardie), à hauteur des deux phares. thumb|L'avenue des Phares. Ils passent à l’électricité le , celle-ci est fournie par et magnéto-électriques de Méritens, situés en dehors de l'enclos des phares. Ils restent à feux fixes blancs avec une portée de en mer.

Le le service des phares décide de transformer le phare sud en feux éclair et d’éteindre le phare nord, pendant les travaux, c’est le phare sud qui est éteint du au .

Le phare sud émet des éclats blancs groupés par deux toutes les dix secondes au rythme suivant, éclat , éclipse sept secondes et , éclat , éclipse deux secondes et , pour un tour complet en . Le tout est obtenu par deux lampes de . On remarque la même année que le phare nord réfléchit la lumière du phare sud et risque de tromper les navigateurs, il est décidé de le peindre en noir mat.

En 1922, le service des phares décide de rattacher la source lumineuse au secteur électrique urbain.

Pendant la période de la Seconde Guerre mondiale, les phares sont éteints en . En 1940, M. Danel, ingénieur des ponts et chaussées maritimes, obtient des autorités allemandes l'autorisation de démonter les appareils, ils seront mis en sécurité à Paris. Ces appareils seront installés de nouveau dans le phare actuel lors de sa construction.

Le les troupes allemandes font sauter les deux phares.

En , sur l’initiative du maire, le docteur Jules Pouget, trois projecteurs}, visibles à dix milles, sont installés en haut du beffroi de l’hôtel de ville du Touquet-Paris-Plage, ils sont allumés le lundi à .

Le phare dans les armoiries du Touquet-Paris-Plage vignette|upright=0.6|Armoiries de la ville . On note, dans les armoiries du Touquet-Paris-Plage composées en 1894 par le Comte Robert de Guyencourt héraldiste renommé, sur la partie gauche, la présence d'un dessin de phare, première construction de la future station balnéaire, celui-ci est décrit dans le texte officiel et original des armoiries de la manière suivante “... au phare d'argent enflammé d'or posé sur une dune de sinople émergeant d'une mer d'argent...”, le phare est également présent dans une partie de la devise qui figure sur le blason et qui est “Fiat Lux, Fiat Urbs” ce qui signifie “que la lumière soit (celle du phare), que la ville soit”.

Les sémaphores Le premier sémaphore vignette|upright=0.6|Le premier sémaphore. (situation approximative)

Le premier sémaphore est construit en 1839 et doté d'un télégraphe. Il est établi à proximité de la baie de Canche sur une butte que l'on peut situer à l'est du boulevard d'Artois et approximativement au milieu de ce boulevard. Au fil des ans il a vu se former des dunes qui empêchent une bonne réception des signaux en haute mer.

L'inspecteur en chef des sémaphores se rend à Paris-Plage en 1889 et après des études approfondies, on conclut au déplacement. En 1892, un échange de terrains a lieu entre l'État et Daloz qui possède un terrain de de grande valeur en bordure de mer. L'État lui donne un terrain d'un hectare en compensation. Un nouveau sémaphore va donc être reconstruit, identique au premier, par M. Roy entrepreneur à Étaples.

Pendant quelque temps, il n'y a plus de poste sémaphorique et le bureau télégraphique est transporté dans un chalet de la rue de Londres, sous la direction de M. Osmont chef guetteur.

À noter à ce propos que le bureau télégraphique se trouve maintenant au milieu des habitations ; l'administration continue néanmoins à percevoir cinquante centimes de supplément, comme-ci celui-ci se trouvait à l'ancien emplacement. Pour justifier ce supplément, les télégrammes continuèrent de porter comme adresse « pointe du Touquet » et non Paris-Plage, ce qui était beaucoup plus lucratif pour l'administration !.

Le second sémaphore

vignette|upright=0.6|Le second sémaphore . Il est situé sur le boulevard de la Mer (Docteur Jules-Pouget aujourd'hui), entre la rue Dorothée et l'avenue de l’Atlantique, dans le prolongement, vers l'ouest, de la rue du Sémaphore.

Le nouveau sémaphore ouvre en 1893. On peut lire dans Paris-Plage du mois d'août de cette même année : .

En 1897, le personnel des sémaphores fait partie intégrante de la Marine.

En 1903, le journal Paris-Plage fait ces commentaires : .

Tous les navires de l'État qui passent au large parlementent avec le sémaphore, de façon à habituer, dès le temps de paix, les guetteurs au service de guerre.

La même année, en septembre, le mât du sémaphore est brisé par un ouragan.

Au fil des années, les sémaphores sont modernisés : en 1913, ils sont dotés de la TSF.

Pendant la Première Guerre mondiale, les sémaphores surveillent le littoral.

Une circulaire du précise l'abandon des mâts qui ne seront plus utilisés. Le sémaphore est désarmé.

En 1934, selon le souhait de la municipalité, on construit un muret en façade, identique aux murets voisins. La même année un projet de surélévation reste sans suite. En 1938, le projet refait surface : les travaux durent un an et coûtent . Le sémaphore est remis en service le avec un nouvel équipement : un téléphone public. En septembre, les sémaphores reprennent leur rôle de poste de surveillance et d'information… pas pour très longtemps. La guerre est là de nouveau : le sémaphore est évacué par la marine française le au matin ; le les Allemands y déjeunent. Ils équipent le sémaphore de deux canons Lahitolle de .

En 1958, le service télégraphie est fermé et les sémaphores sont désormais chargés de la surveillance de l'espace maritime, aérien et terrestre (civil et militaire), en participant en particulier à la sécurité de la navigation et à la sauvegarde de la vie humaine dans la zone côtière.