vignette|Dispositif d'aide au suicide utilisé à quatre reprises en Australie entre 1995 et 1997. L'aide au suicide, ou suicide assisté, est l'acte de fournir un environnement et des moyens nécessaires à une personne pour qu'elle mette elle-même fin à sa vie. Certains pays de culture occidentale ont légalisé certaines formes d'aide au suicide, dans un cadre médicalisé et réglementé. La position médicale inverse possible est l'acharnement thérapeutique.

Définition L'aide au suicide est différente de l'euthanasie.. C'est la personne elle-même qui déclenche ce qui va aboutir à sa mort et non un tiersVoir l'Encyclopédie sur l'inaptitude et la protection des personnes inaptes du Curateur public du Québec..

Il faut distinguer l'aide au suicide du refus par le patient de réanimationRefus de soins aux urgences : Quel cadre légal ?.

Il convient de distinguer, suivant les motivations et le cadre dans lequel ils se déroulent, « l'aide au suicide simple » du « suicide médicalement assisté ». Ce dernier a pour but d'aider des patients à mettre eux-mêmes un terme à leur vie à cause de souffrances jugées intolérables..

Le terme de suicide possédant une connotation fortement péjorative, il est fréquent que d'autres termes soient employés tels que : « aide à mourir », « aide à la fin de vie », « mourir dans la dignité »

L'aide au suicide ou le suicide assisté se produit lorsqu'un individu qui souhaite se donner la mort demande et obtient l'assistance d'un autre individu pour mettre fin à ses jours. L'aide au suicide est le fait d'

L'aide au suicide est à distinguer de l'euthanasie qui est appliquée sur des personnes (ou animaux) en fin de vie.

L'aide au suicide fait l'objet de débats éthiques dans la plupart des pays d'Europe ou d'Amérique du Nord. Le suicide assisté est un sujet controversé politiquement et moralement. Il fait l'objet de poursuites judiciaires dans la plupart des pays du monde.

Terminologie Aide au suicide et suicide assisté L'aide au suicide., ou suicide assisté, est composé des étapes suivantes : la fourniture par le corps médical d'une potion (ou autre) destinée à induire la mort dans des conditions très strictes ; l'auto-administration (si celle-ci est possible) reste sous contrôle du ou des médecins veillant ainsi au bon déroulement de la procédure ; dans le cas où le patient ne peut procéder lui-même à l'absorption du produit, le médecin veille à ce que la procédure soit respectée ; en cas de complications, le médecin intervient pour prendre les mesures nécessaires à l'accomplissement de la procédure. C'est la raison pour laquelle au terme de « suicide assisté », il est préférable d'employer « suicide médicalement assisté » et ainsi pouvoir différencier : un suicide simple, sans aucun contrôle ; un suicide assisté, sous contrôle d'un ou plusieurs tiers (famille ou amis) ; un suicide médicalement assisté, en présence d'un médecin comme décrit ci-dessus.

Suicidisme Aux États-Unis (et pour les États-Unis), en s'inspirant de concepts tels que le racisme et le sexisme, Alexandre Baril, professeur en travail social et chercheur en études queer, trans et du handicap de même qu’en suicidologie critique, propose le néologisme « suicidisme » pour conceptualiser l'oppression exercée envers les personnes suicidaires..... Plus précisément, le suicidisme se réfère à

Cette forme d'oppression spécifique se conjugue avec d’autres oppressions (p. ex., sanisme, capacitisme, hétérosexisme, cissexisme, etc.) et se manifeste par une violence épistémique, une silenciation, voire même une autosilenciation, par lesquelles les personnes suicidaires sont non seulement disqualifiées comme « connaisseures légitimes » de leurs propres réalités, mais apprennent à cacher leurs idéations suicidaires et à régurgiter le discours préventionniste dominantBaril, 2023, 2025..

Selon Baril, reconnaître l'« oppression suicidiste » vécue par les personnes suicidaires permet de renouveler les stratégies d'intervention et d'être à l'écoute de leurs voix et besoinsAlexandre Baril. “The Somatechnologies of Canada's Medical Assistance in Dying Law: LGBTQ Discourses on Suicide and the Injunction to Live,” Special Issue: Sexuality in Canada, Somatechnics, 7(2), 2017, ..

En effet, ce que Baril dénomme la « contrainte à la vie» (compulsory aliveness) représente la composante normative du système suicidiste, « opérant par le biais d’une série d’injonctions sociales, politiques et morales, comme l’injonction à la vie et à la futurité » (Baril, 2025, 191). Autrement dit, cette contrainte impose une volonté de vivre qui se manifeste à travers les lois, les attitudes et les stratégies d'intervention, qui vont tous pathologiser le désir de mourir chez les personnes suicidaires, le considérant comme étant anormal et inconcevable. On retrouve particulièrement la contrainte à la vie, et donc le suicidisme, dans le système de la santé et des services sociaux, où le maintien de la vie, parfois de façon acharnée, est une valeur fondamentale pour plusieurs professionnels.

Selon Baril, le « script préventionniste» et donc l'ensemble de la logique dans les discours, et les pratiques axées sur la prévention du suicide est non seulement prédominant mais il aboutit aux morts par suicide plutôt qu’il ne les prévient. il amène les services sociaux et d'intervention à adopter une approche non compatissante à l'égard des personnes suicidaires. À titre d'exemple, quand les personnes suicidaires appellent à l'aide et expriment leurs idéations suicidaires, elles sont souvent confrontées à des traitements jugés inhumains tels que des interventions policières violentes, des hospitalisations ou interventions forcées, la perte de leur emploi et l'administration de médicaments contre leur gré.

Par ailleurs, il convient de noter que la confidentialité des appels aux lignes d'écoute est souvent compromise par le traçage et l'intervention non consensuelle de la police, entraînant des révélations et des conséquences sociales négatives (Wipond, 2020, Baril, 2023, 2025). L'intervention policière, souvent sans formation adéquate en gestion de crise de ce type, augmente le risque de violence, notamment pour les personnes suicidaires déjà marginaliséesTrans Lifeline (2020). Why No Non-Consensual Active Rescue ?. Beyond survival : Strategies and stories from the transformative justice movement, 135-140.. Ces pratiques violentes et omniprésentes dans la société suicidiste engendrent une peur qui pousse les personnes suicidaires à s'auto-censurer, à ne pas demander d'aide, craignant l'incarcération, la violence et la perte de leurs droits.

Baril et d'autre chercheurs comme Emily Krebs., invitent ainsi à reconnaître l'oppression suicidiste vécue par les personnes suicidaires pour renouveler les stratégies d'intervention et d'être à l'écoute de leurs voix et besoins. C'est en écoutant et en visibilisant les perspectives des personnes suicidaires que l'on peut combattre le suicidisme, et éveiller un « mouvement anti-suicidiste» qui permet la création d'espaces dans lesquels le désir de mourir et la suicidalité peuvent être abordés librement et ouvertement.

Approche suicide-affirmative Aux États-Unis (et pour les États-Unis ), dans son ouvrage Défaire le suicidisme : une approche queer, trans et crip au suicide (assisté) et son équivalent anglais (Undoing Suicidism: A Trans, Queer, Crip Approach to Rethinking (Assisted) Suicide), Baril propose de remplacer le modèle actuel d'intervention préventive et curative par un nouveau modèle d'intervention qu'il appelle le « modèle queercrip» du suicide assisté, qui repose sur une approche affirmative du suicide. Cette approche est centrée sur les principes d'anti-oppression, de solidarité, de compassion, d'autonomie corporelle, d'autodétermination et de réduction des méfaits, et propose la création d'espaces ou de stratégies d'intervention qui permettent aux personnes suicidaires de réfléchir ouvertement à leur suicidalité et d'envisager les options (continuer à vivre ou mettre fin à leurs jours) qui s'offrent à elles. Cela ne signifie pas que les personnes sont poussées à se suicider, mais plutôt qu'au lieu d'essayer de « guérir » les personnes de leur suicidalité, nous devrions les accompagner dans leur réflexion sur leur désir de mourir ou non. Selon Baril, une approche suicide-affirmative ouvrirait ainsi des dialogues qui font actuellement défaut en raison de la logique curative et préventive qui prévaut. Il s'agit d'une approche centrée sur les réalités (y compris les réalités oppressives) des personnes suicidaires, qui déplace l'attention de la sauvegarde des vies vers la prise en compte des conditions de vie des personnes suicidaires. Ultimement, Baril affirme qu'une telle approche pourrait sauver davantage de vies en répondant véritablement aux besoins des personnes suicidaires et en légitimant leurs voix et leurs perspectives.

Souffrance insupportable La « souffrance insupportable » est un critère essentiel pour le suicide médicalement assisté aux Pays-Bas. Ce critère n'est pas défini dans la loi et peut se référer à des vécus allant de la douleur physique à des formes de souffrance psychologique. Une étude réalisée en 2010 auprès de médecins généralistes néerlandais a constaté une forte concordance entre la classification de la souffrance d'un patient comme « insupportable » et la volonté d'accéder à une demande d'euthanasie. La plupart des médecins ne sont enclins à classer la souffrance d'un patient comme « insupportable » que lorsque la souffrance est directement liée à une douleur ou à des symptômes physiques réels et non traitables. Le jugement des médecins sur la souffrance varie fortement dans les cas où les symptômes physiques sont absents et où le patient souffre d'une combinaison de perte fonctionnelle irréversible et de types de souffrance « existentielle ». Bien que certains médecins (17 %) s'en tiennent à l'idée que les symptômes physiques sont une condition nécessaire à une « souffrance insupportable », une majorité est prête à faire occasionnellement une exception. Le moment et le cas où un médecin fera une telle exception sont très imprévisibles..

Pour Frances Norwood, beaucoup de facteurs, tels que la nature et la durée de la relation médecin-patient, peuvent influencer l'application du critère de la souffrance..

Notions proches La notion de suicide assisté est à différencier de l'euthanasie, cette dernière désignant une mort induite par un tiers, un médecin ou un collège de médecins, que ce soit par action ou par omissionPierre-Jean Ruff, 2013. L'euthanasie: comment respecte-t-on le mieux la vie? Théolib, 116 pp. .. Le terme euthanasie est utilisé lorsque le patient est atteint de maladie incurable et est en phase de soins palliatifs, tandis que le suicide assisté concerne des patients qui souffrent mais ne sont pas en phase terminale.

Il faut également distinguer le suicide assisté de l'incitation au suicide : le suicide assisté exige en principe la manifestation claire et libre de la volonté de mourir du patient.

C'est pourquoi, dans les pays où la justice reconnaît le suicide médicalement assisté et/ou l'euthanasie, l'existence d'un testament (ou déclaration de fin de vie) rédigé de la main de la personne concernée est primordiale. D'une part exigé par le ministère public comme préalable à toute action de ce type, il dégage d'autre part du moindre doute le corps médical et la famille quant à la position du testataire (ou « déclarant ») sur le sujet dans le cas où celui-ci serait dans l'incapacité de faire connaître son opinion (coma, altérations psychologiques, paralysie…). En l'absence d'un tel document, un simple échange épistolaire entre un tiers et le patient peut parfois être retenu.

Le débat sur l'euthanasie rejoint celui de la pratique de soins palliatifs, qui est mise en œuvre pour traiter les douleurs et souffrances des malades en phase terminale.