, né le à Kyoto et mort le à Fujisawa, est un réalisateur japonais. Plusieurs de ses films font scandale au Japon ou en Europe, par leur aspect politique (Nuit et brouillard au Japon, Furyo) ou transgressif (L'Empire des sens).
Biographie Jeunesse Nagisa Ōshima passe sa jeunesse à Kyoto, auprès de sa sœur cadette et de sa mère, qui les élève seule après le décès de son époux en 1938Nagisa Ōshima, le briseur de tabous, Le Figaro, 15 janvier 2013.. Accepté à l'université de Kyoto, il en sort diplômé en droit et politique en 1954. Cette même année il décide de se consacrer au cinéma après avoir assisté à une projection du film Le jardin des femmes de Keisuke Kinoshita. Il est reçu au concours d'assistant de réalisation aux studios de la Shōchiku d' jusqu'en 1959, auprès notamment, de Masaki Kobayashi, Hideo Ōba ou encore Yoshitarō Nomura. Il publie durant cette période des critiques cinématographiques qu'il axe sur la « nouvelle vague » franco-polonaise, la revue des assistants de la Shōchiku publie également onze scénarios originaux signés de sa main.
vignette|gauche|redresse|Nagisa Ōshima vers 1960. Toujours en 1959, soutenu par la compagnie, il tourne son premier film, Une ville d'amour et d'espoir ou le Garçon vendeur de colombes. Deux autres lui succèdent immédiatement : Contes cruels de la jeunesse (qui sort en salle au moment où des étudiants et des travailleurs encerclent la Diète pour protester contre la ratification du traité de sécurité américano-japonais) et l'Enterrement du soleil (1960).
Grâce à un style et des sujets qui amènent un vent de fraîcheur et de renouveau, ces films lui permettent de s'inscrire comme chef de file de la « nouvelle vague » (terme qu'il trouve ridicule) de la Shōchiku avec Masahiro Shinoda et Yoshishige Yoshida. En 1960, son film Nuit et brouillard au Japon fait scandale en traitant du renouvellement du traité américano-japonais, de 1960 de ses nombreux impacts politiques et des événements violents qui en découlèrent. Tourné presque à l'insu de la compagnie, celle-ci le retirera de l'affiche après quatre jours. C'est à la suite de ces événements qu'Ōshima quittera la compagnie pour se lancer dans la production indépendante et dans des activités littéraires variées. En 1961 ses premières productions personnelles démarrent avec le Piège / une Bête à nourrir d'après l'œuvre éponyme de Kenzaburō ŌeDictionnaire du cinéma, Jean-Loup Passek, Larousse, 2006 p.582..
L'Empire des sens À la fin de l'été 1972, en rentrant du Festival de Venise, Nagisa Ōshima fait étape à Paris où le producteur Anatole Dauman lui propose de financer la réalisation d'un film érotiqueŌshima. Écrits 1956-1978. Éditions Gallimard.. Sitôt rentré au Japon, Nagisa Ōshima commence la préparation du tournage de Corrida de l'amour (qui prendra en France pour titre L'Empire des sens) racontant l'histoire véridique d'une prostituée nommée Sada Abe. À sa sortie, en 1976, le film fait scandale et est censuré par les autorités japonaises. Mais grâce à Anatole Dauman, il est présenté au Festival de Cannes 1976, lors de la Quinzaine des réalisateurs ; puis est distribué dans le monde entier où il obtient un très grand succès. Pourtant, en , la police perquisitionne dans les locaux de la maison d'édition San'ichi shobo et au domicile du cinéaste. Le livre L'Empire des Sens, comprenant le scénario du film et plusieurs photos de plateau, est saisi. L'éditeur Takemura Ajime et Nagisa Ōshima, accusés d'obscénité en vertu de l'article 175 du code pénal japonais, sont poursuivis par le Parquet. En , après de procédures et , les deux accusés sont finalement relaxés.
Fin de vie et mort En 1999, l'année de sortie de son dernier film, Tabou (Gohatto), Nagisa Ōshima affirme mettre fin à sa carrière pour cause de paralysieNagisa Ōshima, de L'Empire des sens à Tabou, Le Figaro, 15 janvier 2013.. Hospitalisé en 2012, il meurt d'une infection pulmonaire dans la banlieue de Tokyo, à l'hôpital de Fujisawa, le Décès d'Ōshima, réalisateur de l'Empire des sens.. Son corps est incinéré.
Il laisse dans son sillage une œuvre de quelque 50 courts-métrages, longs-métrages et téléfilms.
Filmographie Cinéma Courts et moyens métrages 1959 : Les Soleils de demain : titre français du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (6 minutes) 1964 : Première aventure d'un petit enfant : titre français du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (60 minutes) 1964 : Me voici, Bellett : titre français du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (27 minutes) 1965 : Le Journal de Yunbogi : titre français du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (30 minutes)
Longs métrages 1959 : 1960 : 1960 : 1960 : 1961 : 1962 : 1965 : 1966 : 1967 : 1967 : 1967 : 1968 : 1968 : 1969 : 1969 : 1970 : 1971 : 1972 : 1976 : 1978 : 1983 : 1986 : 1999 :
Télévision 1962 : (documentaire) 1963 : (documentaire) 1964 : (documentaire) 1964 : 1964 : (documentaire) 1964 : 1964 : Gimei shojo (documentaire) 1964 : (documentaire) 1964 : (documentaire) 1964 : Dawn of Asia : titre de la série lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (série historique de 13 épisodes) 1965 : (documentaire) 1968 : (documentaire) 1972 : (documentaire) 1972 : Joy! Bangla : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1972 : The Village of the Blind Musicians : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1973 : The Father of Bangladesh : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1975 : The Battle of Tsushima : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1976 : The Life of Mao : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1976 : (documentaire) 1976 : Graves at Sea : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1976 : The Island of the Final Battle : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1977 : (documentaire) 1977 : (documentaire) 1991 : Kyoto for My Mother's Place : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire) 1994 : Cent ans de cinéma japonais : titre français du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au (documentaire)
Interviews filmées 1993 : : Nagisa Ōshima interviewe Hideo ŌbaMy Life in Cinema : Hideo Oba : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au 1996 : : Nagisa Ōshima interviewe Akira KurosawaMy Life in Cinema : Akira Kurosawa : titre du film lors de sa projection à la Cinémathèque française - rétrospective Nagisa Ōshima du au
Apparitions comme acteur 1976 : de Kinji Fukasaku : Muramoto
Distinctions
Décorations 2000 : récipiendaire de la médaille au ruban pourpre 2001 : récipiendaire de l'ordre des Arts et des Lettres
Récompenses 1960 : prix du nouveau réalisateur de la Directors Guild of Japan pour Contes cruels de la jeunesse 1961 : prix Blue Ribbon du meilleur nouveau réalisateur pour Contes cruels de la jeunesse, L’Enterrement du soleil et Nuit et brouillard au Japon 1969 : prix Kinema Junpō du meilleur scénario pour La Pendaison 1972 : prix Kinema Junpō du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour La Cérémonie 1972 : prix Mainichi du meilleur scénario pour La Cérémonie 1976 : Sutherland Trophy pour L'Empire des sens au festival du film de Londres 1976 : prix spécial du jury pour L'Empire des sens au festival international du film de Chicago 1978 : prix de la mise en scène pour L'Empire de la passion au festival de Cannes 1984 : prix Kinema Junpō du meilleur film (choix des lecteurs) pour Furyo 1984 : prix Mainichi du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour Furyo 2000 : prix Blue Ribbon du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Tabou
Nominations et sélections 1971 : Gold Hugo du meilleur film pour La Cérémonie au festival international du film de Chicago 1972 : sélection à la Mostra de Venise pour Une petite sœur pour l’été. 1978 : en compétition pour la Palme d'or avec L'Empire de la passion au festival de Cannes 1979 : prix du meilleur réalisateur pour L'Empire de la passion aux Japan Academy Prize 1983 : en compétition pour la Palme d'or avec Furyo au festival de Cannes 1984 : prix du meilleur réalisateur pour Furyo aux Japan Academy Prize 1986 : en compétition pour la Palme d'or avec Max mon amour au festival de Cannes 2000 : en compétition pour la Palme d'or avec Tabou au festival de Cannes 2000 : prix du meilleur film, du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour Tabou aux Japan Academy Prize
Postérité Le prix Ōshima Depuis 2020, le prix Ōshima est décerné dans le cadre du , il vise à récompenser de jeunes et nouveaux talents qui ouvrent la voie à l'avenir du cinéma japonais. Le tout premier prix Ōshima est décerné à la réalisatrice Kaori Oda.
Rétrospectives Le festival des trois continents programme une rétrospective de 17 films de Nagisa Ōshima lors de son édition 2007 ; Le festival international du film de Saint-Sébastien programme une rétrospective de 23 films de Nagisa Ōshima du 20 au lors de sa édition ; La Cinémathèque française consacre une vaste rétrospective de 27 films ainsi que de 27 films réalisés pour la télévision de Nagisa Ōshima du au .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Nagisa Ōshima, Écrits 1956-1978. Dissolution et jaillissement, trad. du japonais par Jean-Paul Le Pape, Paris, Gallimard, coll. « Cahiers du cinéma », 1980, 368 p. Louis Danvers et Charles Tatum, Jr, Nagisa Ōshima, Paris, Cahiers du cinéma, coll. « Auteurs », 1986, 253 p.
Articles connexes Cinéma japonais Nouvelle Vague japonaise
Liens externes
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