thumb|Une tranche de « thon rouge ». L'expression « thon rouge » désigne la chair de plusieurs grosses espèces de thons (genre Thunnus), caractérisés par la couleur rouge de leurs muscles centraux. Deux des espèces concernées sont effectivement menacées d'extinction par la surpêche.
Espèces
: Le thon rouge du NordAussi appelé thon rouge de l'Atlantique, ou simplement thon rouge. : Thunnus thynnus (classé en préoccupation mineure en 2021.) Le thon rouge du Sud : Thunnus maccoyii (classé en danger en 2021https://www.iucnredlist.org/species/21858/170082633 ) Le thon rouge du Pacifique : Thunnus orientalis (classé quasi menacée en 2021https://www.iucnredlist.org/species/170341/170087840)
En France, seules les deux premières sont reconnues par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes ..
Chaque espèce forme un « stock halieutique » indépendant. En 2006, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a montré que la capacité de pêche de thons rouges en Méditerranée dépasse largement la capacité de production de la ressource<ref>Le thon rouge, une espèce surexploitée, dossier de presse sur l'exploitation excessive du thon rouge par l'IFREMER, 2006 </ref>.
Reproduction Maturité sexuelle : pour le thon de l’Atlantique Est, pour celui de l’Atlantique Ouest. La femelle pond une fois tous les deux ou trois ans. Les grands thons rouges européens reviennent chaque année sur les mêmes zones de reproduction en mer Méditerranée autour des Baléares, au large de Majorque et du canal de Sicile. Après copulation, la femelle pond des millions d’œufs en juin alors que la température de l’eau varie entre 22 et . Un jeune né en juin atteint et pèse en octobre.
Un aliment
thumb|Thon rouge au marché aux poissons de Tsukiji, Japon
La chair rouge est très prisée par le marché japonais, pour la confection de sushi et sashimi, notamment la partie ventrale, le thon gras. 80 Trade : Statistics (Fisheries), Commission européenne à 90 %Charles Clover, Surpêche, l'océan en voie d'épuisement, 2008 de la production est destinée au Japon. .
Leur chair extra tendre en fait un mets de choix, coûteux comparé aux autres espèces de thons. En France, la vente d'autres espèces de thons à la place des thons rouges reconnus (Thunnus thynnus et Thunnuus maccoyii) est punie de deux ans d'emprisonnement et de d'amende. Une confusion volontaire existe aussi auprès de certains restaurants qui vendent des préparations au thon saumuré coloré en rouge (injection d'un colorant alimentaire lors de leur transformation industrielle) et non du thon frais..
Santé
En raison de sa position dans le réseau trophique, le thon est une des espèces commercialisées qui accumule le plus de mercure, et de plus en plus (sous forme de méthylmercure essentiellement) et de composés organiques polluants solubles dans le gras ou la chair M. M. Storelli, R. Giacominelli Stuffler, G. O. Marcotrigiano, « Résidus de méthylmercure et de mercure total dans le thon de la Méditerranée », Food Additives and Contaminants, Vol. 8 18, 2002, p. 715-720. Selon les analyses de l'Ifremer, le mercure total varie de 0,84 à poids/poids (moyenne ) chez le thon germon et de 0,16 à (moyenne ) chez le thon rouge.
Dans 78,6 % des thons germon et dans 61,1 % des thons rouges, le mercure total excède la teneur maximale fixée par la Décision de la Commission européenne ( sur poids humide). Chez ces deux espèces, le mercure est essentiellement sous la forme méthylée (la plus toxique, et présente dans la chair et non dans le gras), avec des pourcentages 77 à 100 % (moyenne 91,3 %) de mercure méthylé par rapport au mercure total chez le thon germon et de 75 à 100 % (moyenne 91 %) chez le thon rouge. La quantité de mercure ingérée hebdomadairement pour un consommateur moyen dépasse largement le seuil d'Ingestion Hebdomadaire Tolérable Provisoire (IHTP) établie pour les deux espèces par l'OMS. Ce mercure est particulièrement dangereux pour les femmes enceintes et, plus exactement, pour leur fœtus ou embryon qui y sont très sensibles. .
Pêche et surpêche
Les captures autorisées sont établies par des négociations entre les États parmi les commissions internationales chargées de la conservation des espèces de thons. Ces commissions sont des organisations intergouvernementales : Commission for the conservation of the Southern Bluefin Tuna (CCSBT) : commission pour la conservation du Thon rouge du sud, Commission des thons de l'océan Indien (CTOI), Interamerican Tropical Tuna Commission (IATTC) : commission interaméricaine sur les thonidés tropicaux (Pacifique est), Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (ICCAT ou CICTA). Malgré ces quotas, les stocks de thon rouge du Nord sont en fort déclin depuis 20 ans.
Stock de thons rouge du Sud thumb|Captures de thons rouges du Sud depuis 1952 en tonnes. La tendance reflète la baisse des stocks.
L'espèce de thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii) est pêchée dans les trois océans, dans l'hémisphère sud. Les prises autorisées s'élèvent à par an. Cela concerne surtout les pêcheries japonaises et australiennes Total Allowable Catch, CCSBT (Commission pour la conservation du Thon rouge du sud).
À la fin des années 1980, les stocks de Thon rouge du Sud, dans lesquels les Japonais puisaient, se sont effondrés. La pression de pêche a alors été reportée vers le thon rouge de l'Atlantique, surtout pêché en Méditerranée où il vient se reproduire. Ces deux "stock" semblent mieux se porter (de 2009 à 2017) grâce à une politique de quota visant à ne pas le surexploiter, mais la mode du sushi-sashimi alimente une pression sur l'espèce (son prix moyen au milieu des années 2010 était de 20 à 40€/kg et il dépasse parfois les 100€/kg). Une filière mixte nouvelle dite embouche consiste à le pêcher vivant à la senne (filet), puis à l'engraisser en cage flottante remorquée et ancrée près de la côteFRB (2018) La régulation de la pêche européenne a-t-elle sauvé le thon rouge ?, par Jean-Marc Fromentin ; IFREMER, UMR MARBEC (IRD, Ifremer, Université de Montpellier, CNRS), CS30171, 34203 Sète, France, janvier . À la suite de ces améliorations les quotas ont été relevés pour cette espèce.
L'association Bloom, créée en 2005 par Claire Nouvian, est entièrement dévouée à l'Océan. Elle affiche pour mission de créer un pacte durable entre l'Homme et la Mer. Son objectif est de protéger l'océan et les espèces vivantes qu'il abrite, tout en favorisant les emplois durables dans la pêche et l'aquaculture. Cette association a eu un impact significatif sur les nouvelles règlementations de la pêche du thon.
Stock de thons rouge du Nord
On estime que des ressources de thon rouge du Nord (Thunnus thynnus, aussi appelé thon rouge de l'Atlantique ou de Méditerranée) ont disparu des années 1950 à 2010.
Le maximum historique a été estimé entre un million et dix millions de tonnes, ce qui fixe le seuil des à environ pour un classement en annexe I du CITES..
À partir de la seconde moitié du xxe siècle, les techniques nouvelles de pêche au thon rouge ont permis aux petits bateaux d'attraper ces géants et aux pêcheurs de trouver une nouvelle source de revenus lors du passage annuel de ces bancs de thons.
Atlantique Ouest
Le déclin du stock de l’atlantique ouest est de entre 1970 et 2007Données sur l’état des populations du thon rouge de l’atlantique (Thunnus thynnus), Fondation Prince Albert II de Monaco .
En 2006, les quotas de prises de l'Atlantique ouest, pêché dans le Golfe du Mexique, étaient d'environ . Selon l’International Consortium for Investigative Journalists, le marché noir du thon rouge de l'Atlantique occidental pesait plus de quatre milliards de dollars entre 1998 et 2007Le thon, objet d'un marché noir où la France n'a pas le beau rôle, AFP sur Google News, le 7 novembre 2010.
En 2011 et 2012, le quota était de , il est maintenu à ce niveau en 2013Recommandation supplémentaire de l’ICCAT concernant le programme de rétablissement du thon rouge de l’atlantique ouest, CICTA, mars 2010 .
Atlantique Est et Méditerranée
thumb|Évolutions des captures de thons rouges de l'Atlantique est et de Méditerranée depuis 1950
Le thon rouge de l'Atlantique et de Méditerranée sont les plus pêchés, .
Les captures autorisées sont : en 2006 : ., en 2007 : , en 2008 : , en 2009 : Recommandation de l’ICCAT pour amender la recommandation de l’ICCAT visant à l’établissement d’un programme pluriannuel de rétablissement pour le thon rouge de l’Atlantique Est et de la Méditerranée, CICTA, mai 2008 , en 2010 : Recommandation de l’ICCAT pour amender la Recommandation 08-05 visant à l’établissement d’un programme pluriannuel de rétablissement pour le thon rouge de l’atlantique est et de la méditerranée, CICTA, juin 2009 , en 2011 : Recommandation de l’ICCAT pour amender la recommandation de l’ICCAT visant à l’établissement d’un programme pluriannuel de rétablissement pour le thon rouge de l’atlantique est et de la méditerranée, CICTA, avril 2010 , en 2012 : , en 2013 : Céline Serrat, « Thon rouge: consensus pour une légère hausse des quotas en 2013 et 2014 », AFP sur Google News, le 19 novembre 2012, en 2014 : , en 2015 : .
Le quota de thon rouge (Thunnus thynnus) alloué à la France pour la zone océan Atlantique à l'est de la longitude 45° Ouest et Méditerranée est de pour l'année 2020. Il est réparti dans les proportions suivantes : tonnes du quota français sont réparties entre les navires immatriculés en mer Méditerranée selon les modalités décrites à l'article 3 ; 603 tonnes du quota français sont réparties entre les navires immatriculés en Atlantique selon les modalités décrites à l'article 4 ; 60 tonnes du quota français sont réparties de façon collective entre les navires immatriculés en mer Méditerranée et en Atlantique dans le cadre de la pêche de loisir..
Tous ces chiffres sont à mettre en perspective avec : Les captures réalisées dans le passé : d'après la FAO elles n'ont jamais dépassé par an.. Le potentiel naturel du thon rouge en Atlantique Est et Méditerranée est de par an« 8.5 BFT – THON ROUGE DE L’ATLANTIQUE », Rapport ICCAT 2010-2011, International Commission for the Conservation of Atlantic Tunas . Or, le très faible niveau de la biomasse de géniteur, qui ne dépasse pas aujourd'hui Brian R. MacKenzie, Henrik Mosegaard et Andrew A. Rosenberg, « Impending collapse of bluefin tuna in the northeast Atlantic and Mediterranean », Conservation Letters 2 (2009) 25–34, Universitat Politècnica de Catalunya contre le triple au début des années 1950, ne permet absolument pas de soutenir un tel effort de pêche : les quotas actuels, aussi limités soient-ils, ne garantissent pas une reconstitution rapide et certaine du stock. Les scientifiques de l'ICCAT estiment à seulement 60 % la probabilité de rétablir le rendement maximum de la pêcherie en 2022RECOMMANDATION DE L’ICCAT POUR AMENDER LA RECOMMANDATION DE L’ICCAT VISANT À L’ÉTABLISSEMENT D’UN PROGRAMME PLURIANNUEL DE RÉTABLISSEMENT POUR LE THON ROUGE DE L’ATLANTIQUE EST ET DE LA MÉDITERRANÉE, International Commission for the Conservation of Atlantic Tunas, mars 2012 .
Les captures déclarées n'ont officiellement jamais dépassé le potentiel de rendement et les quotas n'ont pas permis de rétablir le stock. Plusieurs éléments expliquent cette situation :