Arnaud Louis de Vogüé, né le à (France) et mort à Cosne Cours sur Loire (Nièvre) le , est un homme d'affaires français. Il est président de Saint-Gobain entre 1952 et 1970 ; il est aussi maire du village de Boulleret. Sous le nom de guerre de , il est un résistant français.
Biographie Milieu social Le vicomte puis comte Arnaud de Vogüé est un riche héritier, issu d'une vieille famille aristocratique (Famille de Vogüé), très intégrée au monde des affaires français depuis le . Il est le fils de Robert de Vogüé, président des conseils d'administration des compagnies d'assurances L'Urbaine, vice-président de Saint-Gobain et membre du conseil de surveillance de Schneider et Cie, et de Lucie Sommier, riche héritière d'Alfred Sommier..
Il fait ses études secondaires au lycée Janson-de-Sailly, puis à la Sorbonne, dont il sort licencié ès lettres.
En 1929, il épouse Solange de Mun. (1908-1999), fille de Fernand de Mun, maire de Pornic.
Le résistant Mobilisé en 1939-40, il participe à la Bataille de Dunkerque en 1940. Il se retire ensuite dans le domaine familial de Boulleret.
Il s'engage fin 1943 dans la Résistance. En avril 1944, il devient le commandant des Forces françaises de l'intérieur pour le Cher-NordLa libération du département du Cher, Archives de Jean de Vogüé (frère d'Arnaud, résistant également ), déposées aux Archives nationales, et il réussit à fédérer diverses formations de la résistance. C'est le cas par exemple des FFI, du RI ou des FTP. Le chef des FTP (Julien Girault dit commandant Maxime) disparaîtra dans des conditions restées non élucidées (tué dans un bois près de Saint-Germain-du-Puy). Dans un article paru dans le Berry Républicain, une ancienne résistante, la sœur du capitaine Daniel, lui attribuera plus tard ce meurtre.
Son frère, Jean de Vogüé, est un des dirigeants du COMAC, organe dirigeant les Forces françaises de l'intérieur.
Il donne l'ordre d'abattre Roger Thévenot, le chef départemental de la Milice française pour le Cher-Nord. Il est exécuté à Bourges, le , à coups de revolver rue Calvin à 3 heures de l’après-midi en pleine villehttps://www.leberry.fr/bourges-18000/loisirs/maquis-liberation-des-photos-inedites-du-cher-exposees-a-bourges_14526804/. Roger Thévenot avait entre autres apporté son aide à Joseph Lécussan, Pierre Paoli et Erich Hasse lors du sauvage Massacre des puits de Guerry. C'est l'un des plus gros crime de guerre de l'année 1944 avec le Massacre de Tulle et le Massacre d'Oradour-sur-Glane.
Le au matin, près de Menetou-Salon, le colonel Colomb est prévenu que l’armée allemande a quitté Bourges. Il donne l’ordre de faire converger vers Bourges les maquisards massés à Menetou mais aussi à Ivoy-le-Pré, aidés par des hommes du régiment de chasseurs parachutistes. Ils sont rejoints par les FTPF du colonel Hubert. La prise de Bourges fut relativement facile : quelques escarmouches opposent aux alentours de la ville les résistants et quelques soldats allemands, qui finissent par se rendre. Le soir du , le Colonel Colomb fait placarder sur les murs de la ville, un texte destiné aux Berruyers :
Il y a 60 ans la Libération de Bourges - PCF Bourges parti communiste français
Après guerre, il est le fondateur de l'hebdomadaire La Voix du Sancerrois. Par la suite, il reste engagé dans l'action locale: il est maire de Boulleret durant 50 ans. Colonel de réserve, il préside l’amicale des FFI du Cher-NordHommage des anciens FFI du Cher-Nord, 30 septembre 1988, Amicale FFI Cher-Nord.
L'homme d'affaires
Dans les années 1930, Arnaud de Vogüé se lance avec l'appui de sa famille dans les affaires en Indochine, espérant profiter du boom du caoutchouc. Il séjourne à plusieurs reprises en Extrême-Orient, en Indochine et en Malaisie notamment. Il préside ou administre plusieurs firmes : administrateur de la Société agricole de Suzannah (1931)., administrateur-délégué de la Société des plantations d'An-Loc, dont son père est le président du conseil d'administration., administrateur en 1935 de la Société des plantations de Long-Thanh, liée à la Banque d'IndochineIbid., 19 octobre 1935. Absorbée par la société indochinoise de plantations d'hévéas, administrateur de la Bienhoa industrielle et forestièreIbid., 15 août 1936, Ibid., 7 aoüt 1937, administrateur-délégué de la Société indochinoise de plantations d'hévéas, présidée par son père (entré à son conseil en ) depuis 1921Ibid., 8 août 1936, Ibidem, Ibid., 26 juin 1937. Elle est liée à la banque d'Indochine., administrateur-délégué de la Société des caoutchoucs de Kompong-Thom (1936)., président du conseil d'administration de la Compagnie du commerce et de navigation d'Extrême-Orient (1937) Ibid., 25 décembre 1937, Ibid., 10 décembre 1938.
Après un nouveau séjour en Indochine au sortir de la guerre, il entre en 1947 au conseil d'administration de Saint-Gobain. Sa famille est actionnaire de la société depuis le et certains de ses membres ont siégé à son conseil: son grand-père, Melchior de Vogüé à partir de 1893, qui l'a présidé de 1901 à 1916, et son père, Robert de Vogüé, vice-président de 1928 à 1936. Succédant à Pierre Hély d'Oissel, il préside cette firme entre 1952 et 1970.
La fin de son mandat de président est marquée par la première Offre publique d'achat (en fait une OPE lancée en Conversion d'actions Saint-Gobain en obligations BSN: Le Nouvel Observateur, 30 décembre 1968, "La bataille de Saint-Gobain") médiatisée en FranceLe Nouvel observateur, interview croisée d'A. de Vogüé et d'A. Riboud, 20 janvier 1969, Ibidem: "une" du magazine, intitulée, "Saint-Gobain: le face à face des PDG": l'entreprise d'Antoine Riboud, Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN), a voulu acheter un tiers du capital de Saint-Gobain, sans succèsBSN contre Saint-Gobain, Éditions et publications premières, 1969, La finance d'entreprise pour les nuls, 2016, franceinfo.fr, "Quand Saint-Gobain résista à Antoine Riboud (1969)", 9 juin 2015. Arnaud de Vogüé a su mobiliser ses réseaux pour contrer l'offensive et s'assurer l'aide de Marcel Bleustein-Blanchet de Publicis pour améliorer son image et celle de sa société. . En 1969-70, Saint-Gobain fusionne toutefois avec Pont-à-Mousson, à l'initiative du P-DG de cette firme, juste avant le retrait d'Arnaud de Vogüé, qui de fait se trouve être le dernier des représentants des grandes familles à avoir présidé Saint-Gobain.
Il a été administrateur d'autres firmes, comme Paribas ; il démissionne de son conseil d'administration lorsque cette banque épaule Riboud dans sa tentative d'OPALe Monde, janvier 1969, "M. de Vogüé démissionne de la Banque de Paris et des Pays-Bas". Il a présidé la Commerciale et navale d'Extrême-Orient, et a été administrateur de la Société nouvelle des sucreries réunies, de Lebaudy et Sommier, de la Norvégienne de l'azote. .
Arnaud de Vogüé est entré au comité de direction du Centre de recherches des chefs d'entreprise (CRC), lié au CNPF, en ; il préside ce cercle de réflexion patronal de 1958 à 1963Cf. la page Jacques Warnier. Paul Huvelin, futur président du CNPF en 1966, lui succède en 1963.. Il siège un temps au conseil d'administration, comme vice-président, du Centre international de prospective, fondé en 1957 par Gaston BergerProspective, cahier , PUF, 1960, Prospective, PUF, , avril 1959. Aux côtés de patrons comme Marcel Demonque ou Georges Villiers ( président du CNPF ), d'universitaires et de hauts-fonctionnaires comme François Bloch-Lainé., ainsi qu'au conseil d’administration du comité français de la Ligue européenne de coopération économique (LECE) dans les années 1960La LECE, 1946-1966, et à celui de l’Institut catholique de Paris à partir de 1959Nouvelles de l’Institut catholique de Paris, , juin-septembre 1959, . Il est aussi président de la société anonyme publiant la vénérable Revue des deux Mondes, de sa constitution en 1965 à 1969Historique de la revue sur son site, Journal de l'année, Larousse, 1970.
Décoration
à titre militaire (décret du 12 décembre 1958) ; chevalier à titre militaire en 1946.
Hommage
Avenue Arnaud-de-Vogüé à Bourges.
Voir aussi Bibliographie et sources . . . Présentation d'Arnaud de Vogüé sur le site de Saint-Gobain
Pages connexes Famille de Vogüé
Liens externes
Notes et références
Arnaud Catégorie:Homme d'affaires français Catégorie:Industriel français du XXe siècle Catégorie:Personnalité liée à une organisation patronale Catégorie:Résistant français Catégorie:Personnalité liée au Cher Catégorie:Naissance en juin 1904 Catégorie:Décès en septembre 1988 Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Décès à Cosne-Cours-sur-Loire Catégorie:Noble français du XXe siècle Catégorie:Militaire français de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Officier de réserve Catégorie:Élève du lycée Janson-de-Sailly Catégorie:Naissance dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Officier de la Légion d'honneur promu en 1958 Catégorie:Membre de l'Organisation civile et militaire