thumb|right|Flamme de guerre de la marine belge
La Marine (en néerlandais Marine) est l'une des cinq forces constituant les Forces armées belges. Avant de retrouver son nom d'origine, le , elle se nommait Composante marine (en néerlandais Marinecomponent).
Son commandant est depuis le , l'Amiral de division Tanguy Botman.
La Belgique n'a pas, durant son histoire, toujours ressenti le besoin – ou n'a pas désiré se donner les moyens – d'entretenir une marine de guerre. Ainsi est-elle, durant la seconde moitié du jusqu'à la Première Guerre mondiale et dans l'entre-deux-guerres, dépourvue de marine militaire. Après avoir pris, durant la guerre froide, des dimensions importantes du point de vue du nombre de navires, la force navale belge – au sens strict – se réduit aujourd'hui à deux frégates, cinq chasseurs de mines, deux patrouilleurs. D'autres bâtiments, n'ayant pas de vocation militaire, font partie de la marine, à l'image du deuxième Belgica, un navire océanographique.
Histoire Marine Royale (1831-1862) right|thumb|250px|Une des premières canonnières de la Marine Royale thumb|Navires belges et français sur le Rio Nunez, près de Boké (Guinée), en 1849. Lors de la révolution belge, en , les troupes néerlandaises sont repoussées vers la frontière actuelle entre la Belgique et les Pays-Bas, mais parviennent à tenir les bastions d'Anvers et de Maastricht. Les troupes de Guillaume I décident d'entraver les activités commerciales de la Belgique en bloquant avec une escadre l'embouchure de l'Escaut.
Le , le Congrès adopte le budget des dépenses pour le premier semestre de l'année 1831. L'article 11 alloue florins « à la marine ». Or, comme le fait remarquer le congressiste Alexandre de Robaulx, la Belgique ne dispose ni de marins ni de bâtiments ; la somme est de surcroît insuffisante pour en acheter. Charles de Brouckère, administrateur général des finances du gouvernement provisoire, assure qu'il n'est nullement question de se munir de navires de guerre. La somme est destinée à payer la prime de 18 florins par tonneau que réclament, conformément à la loi, les armateurs ayant lancé des navires de plus de 500 tonneaux. Plus loin dans les débats, un autre congressiste, Joseph Lebeau, demande qui sera responsable des florins. Charles de Brouckère répond qu'il n'a pas encore été décidé dans quelles attributions la marine serait placée. Jean Osy, congressiste, suggère qu'on fasse avec cette somme construire des canonnières, et que la marine soit provisoirement rattachée au département de la guerre. L'article est voté sans plus de précisions..
Dès , des critiques envers la marine sont émises au Congrès. Lors des discussions portant sur les budgets alloués aux ministères pour le troisième trimestre de l'année en cours, Lucien Jottrand dénonce une mauvaise gestion financière de la marine. Selon lui, les canonnières construites à Boom ont été payées près de deux fois trop cher et sont si fragiles que les marins eux-mêmes s'en sont plaints..
La Marine Royale naît effectivement quand deux brigantins, portant les noms de Congrès et de Les Quatre Journées ainsi que quatre canonnières sont construites afin de remédier au blocus. L'armée française du maréchal Étienne Maurice Gérard, qui s'empare en 1832 de la citadelle d'Anvers (prise par Guillaume I lors de la campagne des Dix-Jours), la restitue à la Belgique (). Les huit canonnières abandonnées par les Néerlandais sur l'Escaut sont, après réparation, mises en service dans la Marine Royale, qui se met alors à s'occuper de missions de garde-pêche, de contrôle des eaux territoriales et de répression des fraudes.
À partir de 1834, la Marine Royale fournit des membres d'équipage à des armateurs ou arme elle-même des navires afin de restaurer le trafic maritime belge et les relations commerciales avec les colonies. Par exemple, en 1835, la Marine arme le trois-mâts Le Robuste ; voguant vers l'Égypte, il fait naufrage sur la côte algérienne. La même année, le cutter L'Éclair est armé par la Marine, et effectue une campagne marchande en Algérie. En 1836, des marins militaires sont embarqués sur deux navires marchands : le trois-mâts Le Météore (vers Malte et Alger) et le brick La Caroline (vers le Brésil). En 1840, le gouvernement fait l'acquisition de la goélette Louise-Marie et du brick Duc de Brabant en 1845. La Marine Royale, avec ses nouveaux navires, encouragée par le roi Léopold I, soutient le commerce maritime et la politique d'expansion coloniale.
Jusqu'en 1838-1839, toute la flotte est stationnée sur l'Escaut. Par la suite, une partie en est envoyée à Ostende. À cette occasion, on prend conscience du danger que représente la navigation en haute mer à bord des canonnières construites en 1831 : elles sont résolument trop mal conçues.
Lorsque la ligne Ostende-Douvres est inaugurée, les premières malles sont confiées à la Marine royale.
Alors que, depuis plusieurs années, les députés votent de mauvaise grâce le budget de la marine militaire , ladite marine militaire disparaît de fait en 1862, alors qu'elle n'existe plus que sous la forme d'un brick et de personnel, la plupart des navires arborant son pavillon servant en réalité au transport des lettres et de passagers entre Ostende et Douvres. Depuis des années, le scepticisme relativement à l'utilité d'une marine militaire belge avait gagné les rangs de l'armée ; à partir des années 1850, le très influent Henri Alexis Brialmont avait notamment, dans les pages du Journal de l'armée belge, multiplié les articles contre le maintien de la Marine royale. Aussi, le budget du Ministère des Affaires étrangères pour l'année 1862 est amendé par le ministre Charles Rogier lui-même, de sorte que les crédits alloués à la marine militaire sont reportés aux crédits du « matériel pour divers services ». Dès lors, un député demande lors du vote du budget, le , que soit supprimé l'intitulé « marine militaire ». Plusieurs autres proposent de parler de « marine de l'État », formule qui est adoptée.
Marine d'État (1862-1914) En 1862, le gouvernement belge renonce à avoir une marine militaire et la remplace par une Marine Marchande d'État. L'ex Marine Royale devient alors Marine d'État. De nombreux voiliers anciens sont remplacés peu à peu par des navires à vapeur. Pour la protection de l'estuaire de l'Escaut, la Belgique fait construire en 1864 un torpilleur à vapeur, à coque de fer, la Torpille ainsi qu'une annexe, à fond plat, pour le transport des torpilles. Le service de garde-pêche est assuré par le trois-mâts barque Mathilde loué par l'État. Le service international de la pêcherie est assuré par le trois-mâts barque Ville d'Ostende et l'aviso mixte Ville d'Anvers. De 1884 à 1888, la Compagnie des Mariniers assure la formation des Officiers de la marine à bord du Ville d'Anvers. Peu à peu, la flotte belge se renforce par l'arrivée de nouveaux vapeurs à aubes puis à hélice.
Pendant la Première Guerre mondiale, les navires de la compagnie seront transformés en transports de troupes ou transports de blessés. Une partie des marins belges est affectée à la 6e Escadrille Française de Calais.
Corps de Torpilleurs et Marins (1917-1927) Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, la Belgique n'a pas de marine. Le gouvernement doit improviser face aux attaques de navires marchands par des bâtiments allemands et au minage des eaux côtières. À Gravelines, un Dépôt des Equipages est créé en 1917. Les marins belges servent à bord des dragueurs de mines français de la , basée à Calais. Le Dépôt fournit aussi des militaires qualifiés pour s'occuper de l'artillerie, qu'on place sur les navires marchands. En 1918, le traité de Versailles attribue à la Belgique une partie des navires saisis par les Alliés. En 1919, le Dépôt est rebaptisé Corps de Torpilleurs et Marins et reçoit 15 torpilleurs de Classe A de la Kaiserliche Marine et 20 vedettes de mer (poseurs et dragueurs de mines) qui sont regroupés à Bruges, où un croiseur protégé français, le D'Entrecasteaux sert de base flottante. Une flottille du Rhin est créée pour surveiller le fleuve de Cologne jusqu'à la frontière néerlandaise.
Malgré cette réorganisation, la marine est à nouveau démantelée en 1927, cette fois pour des raisons budgétaires.
Corps de Marine (1939-1940) Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, la Belgique est de nouveau dépourvue de marine. Le Corps de Marine. est créé en 1939 afin de rassembler au plus vite le matériel et le personnel. Le Corps de Marine s'occupe entre autres de sécuriser les eaux côtières où dérivent de nombreuses mines flottantes. Malgré des moyens limités, le Corps de Marine neutralise plus de 250 mines en un an.
En , le Corps de Marine participe à l'évacuation de la Belgique lors de l'exode et de la ville de Dunkerque, en France. Ensuite, il participe aux opérations de la marine française jusqu'au , date à laquelle les navires belges sont internés en Espagne. Seul le P16 parvient à s'échapper. Il rejoint l'Angleterre où il devient le patrouilleur HMS Kernot.
Section belge de la Royal Navy (1940-1945) 220px|thumb|right|Recrues belges à leur arrivée au centre de formation HMS Royal Arthur (Skegness, Lincolnshire) De nombreux marins du Corps de Marine, ainsi que des pêcheurs belges et des marins de la marine marchande rejoignent l'Angleterre pour se mettre au service de la lutte contre l'Axe. Dès , une section belge de la Royal Navy (RNSB) est créée à l'initiative du lieutenant de la marine d'État Victor Billet. Cette section arme : deux corvettes : le et le , trois patrouilleurs: le , l'Electra et le Kernot, ainsi que de la de dragueurs de mines MMS.
Les deux corvettes prennent part, jusqu'en , aux convois de l'Atlantique. Elles sont présentes dès le premier jour du débarquement en Normandie. La rejoint Ostende en , pour commencer le dragage des passes navigables de le côte belge afin de préparer le débarquement de l'île de Walcheren. Elle s'occupe ensuite du déminage de l'Escaut, avant d'entrer le à Anvers à la tête du premier convoi de ravitaillement.
Force navale (1946-2002) 220px|thumb|right|En juillet 1949, la Force navale fit l'acquisition de 6 Algerines ( dragueurs de mines-escorteurs) de la classe du HMS Mutine représenté ici Les marins belges qui, pour une grande part, n'ont pas servi que dans la section belge de la Royal Navy (ils ont été embarqués sur tous les types de bateaux de la Royal Navy), en rentrant en Belgique, participent à la création d'une marine de guerre nationale. Le pays ayant retrouvé sa souveraineté, il doit se charger du déminage et du balisage de ses eaux territoriales. Il faut également démagnétiser les navires marchands qui pénètrent dans les ports belges. De plus, les missions qui, avant la guerre, étaient assurées par l'Administration de la Marine (marine d'État), reprennent leur importance : garde-pêche, surveillance côtière, sauvetage en mer et répression des fraudes. Le , un arrêté royal, signé par le prince Charles, régent, forme la « Force Navale » avec ce qui constituait la section belge de la Royal Navy. Le Royaume-Uni offre les navires à la Belgique, ainsi que les équipes techniques. Ils deviennent l'ossature principale de la Force Navale.
La mission de cette marine est restée inchangée jusqu'à aujourd'hui : « Mettre à la disposition de la Nation les moyens navals nécessaires pour contribuer, en tout temps, à la sauvegarde de ses valeurs essentielles et à la défense des intérêts vitaux du pays et de ses alliés ».
La Force Navale commence par armer les navires reçus des alliés de la Belgique, où ceux récupérés sur l'Allemagne, par exemple le TNA Kamina qui servira entre autres à transporter le bataillon des volontaires lors de la guerre de Corée ou les troupes belges vers le Congo. Il sera plus tard reconverti en navire de soutien logistique et en navire-école.