Corbais (en wallon Côrbåy, en néerlandais Korbeek) est une section de la commune belge de Mont-Saint-Guibert située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Corbais est arrosée par le Ry de Corbais, affluent de l'Orne.
Toponymie Plusieurs hypothèses coexistent sur l'origine du nom de Corbais.
En latin, depuis le Moyen-Âge, le village s'appelle "Corbacum". Il sera déformé d'années en années pour donner le wallon : "Corbaye" localement. Le latin restant la langue de l'administration, le nom Corbacum subsistera dans les registres et cartes pendant tout le Moyen-Âge et le début des Temps Modernes jusqu'à ce que le français s'impose comme nouvelle langue d'administration. Le nom Corbaye sera transformé en Corbais par les autorités pour sonner plus français. Cependant l'appelation wallonne restera en usage en grande majorité parmi la population du village et de la région jusqu'au milieu du XXeme siècle.
L'hypothèse avancée par des linguistes indiquerait que Corbacum en latin viendrait d'une déformation du germanique "Kort-beek" qui signifie: court ruisseau, le suffixe -beek est en effet fort présent en Flandre et à Bruxelles. Ou bien kork-beek (ruisseau bordé de chênes), ce qui n'est pas impossible car à l'antiquité les terres du brabant wallon n'étaient pas du tout aussi défrichées qu'aujourd'hui. Une tribu germanique aurait pu s'installer là ou simplement nommer le lieu qui sera ensuite habité par des gallo-romains
Une autre hypothèse indiquerait une parenté avec le village voisin Corroy le Grand, du latin -coryletum désignant un bois de coudriers ou de noisetiers, Le nom des deux villages viendraient de là car se trouvant à l'époque dans le même bois de noisetiers et comme Corbais se trouve plus au sud que Corroy, le suffixe -bas, typique des langues d'oil se serait rajouté au préfixe -Cor, diminutif de -Coryletum. Selon cette hypothèse, Corbais viendrait donc de Cor-bas, càd le bas du bois de noisetiers. Le suffixe -bacum en latin serait une analogie topographique ou une assimilation phonétique Géographie Le village de Corbais se trouve sur le plateau brabançon, région naturelle du milieu de la Belgique, caractérisée par des bas-plateaux sablo-limoneux très fertiles, un relief plat ou vallonné et une forte tradition agricole. Démographie En 1374, on compte à Corbais 43 ménages. Vers 1436, durant l'époque du chevalier Griffon du Bois, il n'y a plus qu'une trentaine de foyers
Selon les registres paroissiaux, entre 1650 et 1670, la moyenne des baptêmes est de sept par an. Ce qui donnerait une population d'environ d'approximativement 200 à 250 habitants.
Les registres de l'état civil remontent à 1648 pour les mariages, à 1650 pour les naissances et à 1654 pour les décès. On comptait à Corbais en 1666,"180 communiants".
À la fin du XVIIe siècle, époque de guerres et de troubles, le nombre d'enfants baptisé par an tombe à cinq. Un recensement de 1686 ne signale à Corbais outre les fermes, une trentaine de maisons de manouvriers.
Les registres de l'état civil remontent à 1648 pour les mariages, à 1650 pour les naissances et à 1654 pour les décès. On comptait à Corbais en 1666,180 communiants.
En 1709, sont recensés 129 habitants.
La visite d'église de 1732 rapporte qu'il y a à Corbais: "120 communiants qui satisfont au devoir pascal".
En 1754, le recensement fait par l'ordonnance de Marie-Thérèse d'Autriche, Impératrice du Saint-Empire Germanique et Duchesse de Brabant, et exécuté par Charles-Alexandre de Lorraine, son beau-frère, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens, donne tous les noms et prénoms des habitants de Corbais, qui ne dépassent alors pas 250 âmes et occupant une cinquantaine de maisons.
En 1784, via les registres paroissiaux, il y'avait à Corbais 52 couples mariés, 9 veufs et 14 veuves, 56 jeunes gens, 50 jeunes filles et 88 enfants. Au total 321 personnes.
En l'an VIII de la révolution (1799), le recensement fait par les français indique seulement 224 habitants, suite aux troubles et atrocités commises par les troupes révolutionnaires.
En 1808, le calme retrouvé suite au Concordat de 1801, on compte plus de 400 habitants.
Sources:INS, Rem:1831 jusqu'en 1970=recensements, 1976= nombre d'habitants au 31 décembre
Histoire Moyen-Âge Les premières traces de la mention de Corbais datent de l'an 948. Le village est alors propriété de l'Abbaye de Gembloux
Vers la fin du XIIe siècle, un donjon d'une vingtaine de mètres est érigé, très probablement à côté du manoir des seigneurs de Corbais disparu depuis des temps indéterminés et qui se trouvait entre cette tour et la Ferme dite du seigneur. Elle est apparentée à la tour d'Alvaux, située entre Hévillers et Nil, et la tour de Bierbais localisée à Hévillers. Elle s'effondra partiellement en 1848. gauche|vignette|279x279px|La tour, de nos jours. Tout au long de cette époque médiévale, cette solide structure fortifiée remplissait une fonction vitale : elle servait de refuge protecteur pour la famille seigneuriale et pour l'ensemble des villageois de Corbais en cas d'attaque ou de pillage. En effet, le duché de Brabant et le comté de Namur étaient en ce temps là en proie à de violents affrontements.
Des documents attestent qu'une église digne de ce nom existait déjà à Corbais en 1230.
Chevaliers
Grâce à des chartes médiévales, des chevaliers corbaisiens sont connus:
Menson, chevalier de Corbais, compta parmi ses vassaux René de Bodrisart, qui, en 1210, en prenant la croix et en se préparant à partir pour l'Orient, céda pour cinq ans l'usufruit d'un pré à Herman, maître de Beaasart et représentant de l'abbaye d'Aulne.
En 1246, sire Lambert, chevalier de Corbais, déclara n'avoir ni droit de garde, ni aucun autre droit, sur un quart du moulin dit de Beaumont, à Tourinnes.
En 1267, le lendemain de la Saint-Philippe et Saint-Jacques, le chevalier Weric de Corbais et sa femme Gudule, cédèrent tous leurs biens à l'abbaye de la Ramée et promirent de libérer ce monastère d'une redevance annuelle de 21 muids d'épeautre, qui était dûe à Hélène le Blankedame. Puis, par le même accord, la communauté donna les biens précités au chevalier et à sa femme pour les tenir d'elle à titre héréditaire.
Le chevalier Robert de Corbais et son frère Jean Corvillain de Corbais de Blondeau figurent parmi les vassaux des sires de Walhain, en 1380. Le premier combattit à Bastweiler et y subit des pertes qui furent estimées à 465 moutons, comme le constate une quittance munie d'un sceau aux armes de Walhain, chargées d'une bande.
En 1403-1404, Griffon du Bois, en 1412 et dans les années suivantes, Godefroid du Bois étaient au nombre des seigneurs particuliers de Corbais.
En 1366, des habitants de Corbais ont engagé eux-mêmes un homme chargé de protéger leurs biens. Ils lui ont fait prêter serment, mais ils n’avaient pas demandé l’autorisation du maire de Mont-Saint-Guibert. Le sénéchal de Brabant les a donc punis d’une amende. Voici leurs noms et ce qu'ils durent payer: Collin dou Puich de Correbays, 25 moutons, Frankart dou Tige de Corbays, 50 moutons, Jean Conet, 20 moutons, Henri, son frère, 20 moutons, Arnoul le Barbieur, 15 moutons, Marion Des Chaus, 5 moutons.
En 1431, Pierre le Mulman et quatre autres habitants de Corbais ont libéré de force un homme qui venait d’être arrêté à Corbais par un sergent du bailli du Brabant. Ils estimaient que le sergent n’avait pas le droit de l’arrêter, car selon eux, Corbais se trouvait à cet endroit sous l’autorité du seigneur de Walhain. Le bailli leur répondit que, même s’ils avaient raison sur le fond et que l’arrestation était effectivement injustifiée, ils n’avaient pas le droit de s’opposer par la force à son sergent. Cependant, à la demande du seigneur de Dongelberg et de Jean de Woude, seigneur de Walhain, les cinq hommes furent autorisés à régler l'affaire en payant une amende de 16 griffons, soit 2 livres et 14 sous de gros.
En 1492, on ne compte plus que 23 foyers à Corbais. Le Brabant connaît au XVe siècle des guerres, des crises politiques et militaires, des réquisitions et des destructions, auxquelles s'ajoutent des crises agricoles et démographiques.
Et Corbais n'est pas simplement un village agricole isolé, il se trouve dans un territoire seigneurial, avec des voies de communication et des intérêts militaires locaux. La tour de Corbais, devenue propriété du chevalier Griffon du Bois au début du XVe siècle, avait précisément une fonction de refuge pour la population en cas d'attaque. Il faut toutefois être très prudent dans l'interprétation des chiffres. Le dénombrement de 1374 porte notamment sur les adultes imposables, tandis que les dénombrements de la période bourguignonne utilisent les foyers/maisons comme unité fiscale. Les historiens soulignent explicitement que les comparaisons directes sont difficiles Temps Modernes et Ancien Régime vignette|199x199px|Carte de Corbais en 1742 dessinée par Edmond Bourguignon en 1910. Lors des guerres de la ligue d'Augsbourg contre le Roi de France Louis XIV, en 1691, les troupes des puissances coalisées contre la France campèrent dans les plaines entre Corbais et Chaumont-Gistoux, souscommandement du Roi d'Angleterre Guillaume III. Les troupes anglaises ont alors entièrement fourragé le village de Corbais. En 1693, l'armée de France toujours campées dans ces campagnes fourragea et ravagea le villagevignette|176x176px|Corbais sur la carte de Villaret vers 1748. Les proportions, distances et formes ne sont pas totalement exactes. Elle n'a d'ailleurs jamais été terminée.En 1773, suite à plusieurs effondrements et rénovations, l'évêque interdit l'entrée dans l'église pour la sécurité. Une nouvelle est alors construite, c'est d'ailleurs à cette période que les hommes du comte de Ferraris passent dans le village pour y étudier la géographie en vue de réaliser la célèbre carte. L'église de Corbais y est donc représentée en cours de construction.gauche|vignette|280x280px|Corbais sur la carte de Ferraris (1770-1778).
En 1784, suite à un siècle de paix relative et de prospérité pour le Duché de Brabant, on monte à 314 habitants 1 prêtre, 54 hommes, 62 femmes, 54 garçons et 50 filles âgés de plus de 12 ans, 47 garçons et 46 filles âgés de moins de 12 ans.
Période révolutionnaire À partir de 1787, c'est la révolution brabançonne contre Joseph II. Contrairement aux Français, la révolution de Brabant est conservatrice et catholique. Elle mène à la création des Etats-Belgiques-Unis, qui seront néanmoins récupéré rapidement par l'Autriche.
En 1794, l'armée autrichienne perd la bataille de Fleurus contre la première république révolutionnaire française. La France annexa donc les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège via le vote de la Convention du 9 vendéminaire an IV (octobre 1795). Les provinces furent créées. Le Brabant se scinda et devint les départements de la Dyle, des Deux-Nèthes et des Bouches du Rhin. Corbais se trouva dans le département de la Dyle et dans le canton de Nil-Saint-Martin.
Selon les travaux de l'abbé Ploegaerts, curé de Corbais, la domination française était une véritable tyrannie pour les populations des campagnes. Le directoire étant profondément anticlérical, les persécutions religieuses se firent ressentir rapidement. L'église fût immédiatement pillée et fermée, les croix furent brisées, 3 des 4 cloches de l'église furent descendues et fondues, le mobilier fût saisi et vendu tout comme les fermes seigneuriales. Les chapelles ont été profanées (les statues ont pu être sauvées et cachées à temps). Les prêtres refusant de prêter serment au serment de haine à la royauté furent menacés de mort ou de déportation, ils dûrent célébrer la messe en secret. Le presbytère fût saisi et vendu