Hubert Gough est un militaire britannique issu d'une famille aristocrate, né le à Gurteen et décédé à Londres le . Il prend une part décisive dans la seconde guerre des Boers, en entrant le premier dans Ladysmith libérée et commande les Britanniques à la bataille de Bloedrivier Poort. Il participe également à la Première Guerre mondiale en dirigeant une brigade, la puis le d'armée jusqu'à commander la britannique de 1916 à 1918.

Famille Hubert Gough est né le à Gurteen dans le comté de Waterford en Irlande, il est l'ainé d'une famille aristocrate anglo-irlandaise. Son père Sir Charles John Stanley Gough, son oncle le général Sir Hugh Henry Gough et son frère brigadier-général John Edmund Gough sont militaires et chose rarissime tous titulaires de la croix de Victoria.

Sa mère Harriette Anastasia de la Poer est la fille de John William Poer, de la Poer, de Gurteen, comté de Waterford, ancien député pour le comté de Waterford.

Début de carrière Gough étudie au collège d'Eton. Élève peu doué en latin, il excelle en sport comme le football ou le rugby. Après son départ d'Eton, il intègre l'Académie royale militaire de Sandhurst en 1888. Il rejoint le Lanciers le et promu capitaine le , il participe à la campagne de Tirah en 1897-1898.

Le , Gough épouse Margaret Louisa Nora Lewes (connue comme « Daisy ») à un âge exceptionnellement précoce pour un officier en service.

Seconde guerre des Boers Gough commence ses études au Staff College de Camberley, le . Il ne termine pas son cursus, il est envoyé en Afrique du Sud le et nommé commandant d'un régiment composite d'infanterie à cheval le . Gough est connu pour avoir commandé une colonne de secours pendant le siège de Ladysmith. Sa rencontre avec George Stuart White a été saluée et commentée. Il est promu lieutenant-colonel breveté en , cependant cette promotion ne peut pas entrer en vigueur tant que Gough ne devient pas major dans son régiment d'origine. Le , il dirige le régiment Composite, après une reconnaissance insuffisante, il décide d'attaquer avec son seul régiment un objectif supposé faiblement défendu près du gué de Bloedrivier. Sa troupe est en grande partie capturée par des forces boers non détectées lors de la reconnaissance. Après s'être échappé Gough, Kitchener (le commandant en chef) souhaite lui exprimer sa « profonde sympathie » pour son action. Sa réputation n'est cependant pas entachée par cette défaite, sa fougue le distingue des autres officiers britanniques défaits lors de la seconde guerre des Boers. Le régiment composite est renforcé pour le rétablir à son plein effectif, en novembre Gough est blessé à la main droite et au bras, il perd également le bout d'un doigt. Il est rapatrié et retrouve son grade de capitaine.

Période Edwardienne Gough est nommé instructeur au Staff College sous la direction de Henry Rawlinson du jusqu'en 1906. Les autres instructeurs comprennent ses futurs collègues Richard Haking, , Thompson Capper et . Il est ensuite promu colonel breveté le et lieutenant-colonel à titre définitif le . Il est nommé commandant du de lanciers (Queen's Lancers) le .

Il est ensuite promu colonel à titre définitif le et nommé officier général commandant de la de cavalerie comprenant entre autres le de lanciers au Curragh le .

L'incident de Curragh Gough a écrit plus tard « toutes nos relations étaient anti Home rules ». Le Home Rule irlandais doit entrer en vigueur en 1914, le Cabinet envisage une certaine forme de répression militaire contre les Volontaires d'Ulster qui refusent l'application du Home Rule. Gough est l'un des officiers qui menacent de démissionner dans l'incident de Curragh.

L'incident Dans la matinée du , Arthur Paget (commandant en chef des troupes d'Irlande) convoque ses officiers supérieurs au quartier-général de Dublin. D'après les propos rapportés par Gough dans ses mémoires de soldat, Paget annonce que « les opérations actives doivent commencer contre l'Ulster ». Il déclare que « les officiers qui vivent en Ulster sont autorisés à « disparaître » pendant la durée des opérations, mais que les autres officiers qui refusent de servir contre l'Ulster seront licenciés plutôt qu'être autorisé à démissionner ». Gough qui a un lien de parenté avec l'Ulster, mais n'y vivant pas, ne peut s'attendre à aucun traitement de faveur de la part de son « vieil ami au ministère de la Guerre ». Le, French, Paget et Ewart conviennent d'exclure de l'opération les officiers ayant des « liens familiaux directs » avec l'Ulster. En offrant à ses officiers un ultimatum, Paget agit bêtement et les braquent. La majorité des officiers aurait obéi simplement aux ordres. Paget conclut la réunion en ordonnant à ses officiers de parler à leurs subordonnés et d'envoyer ensuite leur rapport. Le major-général Sir Charles Fergusson, commandant de la d'infanterie, avertit Gough et l'un des brigadiers d'infanterie que l'armée doit agir ensemble et que lui-même devait obéir aux ordres. Gough indique pour sa part qu'il ne participera pas aux opérations en Ulster, il va discuter avec les officiers du de Lanciers (l'un des régiments sous son commandement) et envoie également un télégramme à son frère Johnnie, chef d'état-major de Haig à Aldershot. Gough n'assiste pas à la deuxième réunion dans l'après-midi au cours de laquelle Paget indique que le but réel de la manœuvre est d'intimider l'Ulster plutôt que de combattre.

Richard Holmes affirme que Gough aurait dû faire comme Fergusson : assurer ses officiers de ses propres sympathies unionistes, mais les inciter à obéir aux ordres. Ce soir du , Paget informe le ministère de la Guerre par télégramme que 57 officiers ont opté pour le licenciement (en fait il y a 61 officiers, y compris Gough). Gough est suspendu de ses fonctions, il est convoqué avec deux des colonels de sa brigade au ministère de la Guerre pour s'expliquer.

Le texte Peccant Gough envoie un télégramme au vieux field-maréchal Roberts (qui peut influencer le roi et qui a discuté avec John French le (CIGS) par téléphone). Ce télégramme peut être une demande de conseils, mais il a pu aussi inciter Roberts à intervenir davantage. Roberts apprend lors d'une entrevue avec Seely que Paget a outrepassé ses instructions (en parlant d'« opérations actives » contre l'Ulster et en donnant aux officiers la possibilité de discuter les ordres et la possibilité de démissionner), il envoie une note à ce sujet à Hubert Gough. Avec ces nouvelles, Gough, accompagné de son frère qui a ouvert la note par erreur, confirme à dans la matinée du dimanche qu'il aurait obéi à un ordre direct pour agir contre l'Ulster. French menace de démissionner si Gough n'est pas rétabli dans son commandement.

Le lors d'une autre réunion au ministère de la Guerre, Gough exige une garantie écrite de French et de Ewart que l'armée ne serait pas utilisée contre l'Ulster. Cette demande est peut-être suggérée par le major-général Henry Wilson qui a proposé des conditions similaires à JEB Seely le Secrétaire d'État à la Guerre. Lors d'une autre réunion, Seely accepte la suggestion de French de rédiger un document écrit du Conseil de l'Armée pour convaincre les officiers de Gough. Le Cabinet approuve un texte qui indique que le Conseil de l'Armée est convaincu que l'incident est un malentendu et que c'était « le devoir de tous les soldats d'obéir aux ordres légitimes ». Seely rajoute deux paragraphes au document qui précise que le gouvernement a le droit d'utiliser les « forces de la Couronne » en Irlande ou ailleurs, mais que le gouvernement n'a pas l'intention de recourir à la force « pour écraser l'opposition à la Home Rule ».

Au cours d'une nouvelle réunion après 16 heures, Gough, sur les conseils d'Henry Wilson également présent, insiste sur l'ajout d'un nouveau paragraphe précisant que l'armée ne serait pas utilisée pour appliquer les Home Rules en Ulster. French approuve le texte par écrit. Quand le Premier ministre HH Asquith apprend l'existence du document, il exige que Gough abandonne le document ce que ce dernier refuse de faire. Asquith rejette publiquement le « texte peccant » le . À la suite de cette affaire, French et Seely doivent démissionner de leurs fonctions.

Première Guerre mondiale vignette|Hubert Gough et le roi des belges ,Albert 1er ,sur le Front de l’ouest

Début du conflit Commandant de brigade et de division de cavalerie Au début de la guerre en , Gough prend la tête de la de cavalerie. Le , Il est nommé commandant de la de cavalerie. Il dira plus tard qu'il a fait son « apprentissage en Inde et au cours de la guerre des Boers », mais que lors de la première bataille d'Ypres où il se distingue, « Les Allemands lui apportent son premier vrai test ». Le chef d'état-major Philip Howell écrit à sa femme le que Gough à cette époque était « comme un chat sur des briques chaudes » et qu'il aimait « se battre avec tout le monde plus gradé que lui autant qu'avec les Boches ».

Il est promu major-général le . Le , Haig fait des demandes répétées pour que Gough soit attaché à son corps d'armée dans le cas où les troupes britanniques percent le front lors de la bataille de Neuve-Chapelle en mars.

Commandant de division d'infanterie Gough refuse un commandement dans l'expédition de Salonique. Le , il est promu officier général commandant de la , après la blessure de son ancien commandant . La division fait partie du de Rawlinson qui fait partie de la britannique de Haig. Haig dans son journal du indique avoir prévenu Gough le jour de sa nomination des agissements de Rawlinson. Ce dernier a tenté de faire porter la responsabilité du peu de résultats de la bataille de Neuve-Chapelle et de limoger Joey Davies le commandant d'une division. Davies et son état-major ne font plus confiance à Rawlinson. Il est possible que la nomination de Gough à la tête de la ait servi à contrebalancer l'influence de Rawlinson dont Haig se méfie.

Gough commande la à la bataille de la crête d'Aubers en . Haig de nature timide, choisit Gough pour son esprit et sa personnalité ouverte. Dans une certaine mesure, il remplace le frère de Haig, Johnnie, comme le confident de Haig.

Commandant du d'armée Il est nommé à la tête de et promu lieutenant-général à titre temporaire le . Haig indique dans son journal le que Gough et l'officier d'artillerie Noel Birch planifient la bataille de Loos de façon « active et énergique ». Le , Gough écrit que « cette attaque, par sa soudaineté et la taille de la force employée vise à capturer la seconde ligne de l'ennemi, à savoir : Hulluch - Staelie - Haisnes, dans une ruée ». À Loos, il gère les ordres de bataille à un tel niveau que le major-général commandant de la écossaise précise que les ordres viennent de Gough et qu'il s'en « dissocie ». Le major-général , commandant de la rappelle en 1927 que servir sous les ordres de Gough à Loos était comme « un horrible cauchemar » et n'avait pas « voulu servir à nouveau sous les ordres de Gough».

Gough est l'un des officiers supérieurs qui entretiennent une correspondance directe avec le roi pour le tenir informé des développements militaires. Après la bataille de Loos, French est sur la sellette comme commandant du BEF. Gough s'entretient le avec Lord Haldane et avec le roi le et charge French. Haig est d'accord avec Gough, lors de sa visite à Londres le il discute avec Milner du « fonctionnement défectueux de la machine militaire en France ». Peu de temps après, French est contraint de démissionner de son poste de commandant en chef.