L’économie du Cambodge connait une progression rapide depuis le milieu des années 1990. Mais malgré cette croissance, le royaume reste dans la catégorie des pays les moins avancés, le revenu par habitant restant encore très bas comparé à ses principaux voisins.
D’autre part, l’écart entre riches et pauvres a tendance à se creuser depuis le début des années 2000. En outre, des zones économiques spéciales ont été créées à partir de 2006 afin d’y attirer les investisseurs étrangers. Mais, bien que le Cambodge ait signé en une circulaire sur le respect du droit du travail, les grèves sont nombreuses dans les usines, les revendications portant principalement sur les rémunérations, les durées de travail ou les licenciements jugés abusifs. Enfin, la croissance, même forte, n’est pas en mesure d’absorber les quelque qui abordent chaque année le marché du travail.
Situation économique
Le Cambodge était en 2015 la puissance économique mondiale relativement au PIB (sur ) .
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D'autre part, l’adhésion du Cambodge à l’organisation mondiale du commerce le l’a contraint à adopter un certain nombre de lois pour garantir la libre concurrence et encadrer les investissements, mais ces textes ne s’appliquent pas aux commerces locaux pour qui ils sont trop complexes et coûteux. Ils préfèrent continuer à utiliser les pratiques traditionnelles d’inspiration chinoise ; la tontine reste ainsi le moyen le plus courant d’obtenir un crédit, les tractations avec les fonctionnaires celui de fixer l’impôt et la contrainte physique la voie de règlement des litiges. Seules les entreprises étrangères sont dûment enregistrées, payent les impôts prévus par les textes ou règlent leurs différends devant la justice. Mais cela ne les empêche pas pour autant de devoir composer avec la corruption qui gangrène l'ensemble du pays et s’ils décidaient de ne pas soudoyer quelques officiels, ils auraient peu de chance de voir leur projet aboutir.
Les vagues de sécheresses et d'inondations poussent des dizaines de milliers de petits paysans, souvent très endettés, à venir chercher du travail dans les usines. Ces fabriques font travailler « une main-d'œuvre d'adultes et d'enfants », relèvent en des chercheurs de l'Université de Londres, dénonçant « une forme d'esclavage moderne ». Selon l'association des droits de l'homme Licadho : « la très grande majorité des ouvriers sont emprisonnés dans la servitude pour dettes et au vu de ce qu'ils gagnent, les ouvriers sont souvent incapables de rembourser et leur dette grossit au fur et à mesure des années. » En outre, certains patrons sont violents avec leurs salariés. Certains, suffisamment riches pour corrompre la police et les autorités locales, n'ont pas à craindre de représailles judiciaires.
Au Cambodge, la durée hebdomadaire de travail légale est de et le travail des enfants de moins de est interdit. Cependant, du fait du manque de contrôle et de syndicats indépendants, les semaines de travail des ouvriers dépassent fréquemment les par semaine et des enfants de moins de sont amenés à travailler. Les grèves sont parfois sévèrement réprimées : en , du textile grévistes sont licenciés et en 2013, d’une usine sous-traitante de Nike avaient subi le même sort. Des responsables syndicaux sont aussi emprisonnés..
La monnaie
L’unité monétaire du Cambodge est le riel, géré par la banque nationale du Cambodge. Début 2016 le taux de change était de pour un euro (= 1.08 Dollar américain). L’économie du Cambodge est fortement « dollarisée », cette monnaie étant acceptée partout.
Le riel est normalement divisé en (équivalent de nos centimes), mais du fait de sa faible valeur, cette subdivision est devenue obsolète et la circulation des monnaies métalliques a cessé depuis longtemps.
La dernière série de billet émise en 2001 comporte des valeurs de : 50, 100, 500, , , , et .
Les secteurs d'activité
Le secteur primaire
Le secteur primaire regroupe l’agriculture, la pêche, l’exploitation forestière et l’exploitation minière. Au Cambodge, le poids de ce secteur dans l’économie reste important malgré l’augmentation du secteur tertiaire à la suite de l’arrivée du tourisme etc.
. L’influence de cette activité, bien qu’en baisse (elle ne représentait plus que le quart du PIB en 2011) demeure prépondérante.
Économie rurale
L’économie rurale est la principale productrice de produits alimentaires. Elle assure des matières premières pour l’industrie légère et agroalimentaire. Au Cambodge une grande partie de sa production en ce qui concerne le riz, le soja… est destinée à la consommation par les habitants du pays. Une autre partie, comme le caoutchouc tiré de l’hévéa et une partie des récoltes de maïs, est destinée aux exportations, ce qui veut dire qu’elle joue un rôle important dans les échanges des pays. Bien sûr pour avoir une bonne économie rurale le pays doit s’appuyer sur des facteurs de développement dépendant eux-mêmes de : facteurs naturels : sols, reliefs… (Plus bas un exemple avec le lac de Tonlé Sap) facteurs socio-économiques : appartenance des terres (état, privée…), mode de production… techniques agricoles : mécanisation, utilisation de produits chimiques (engrais, produits de traitements…), irrigation…
Dégradation des sols induite par l’homme (Indice GLASOD de la FAO) au Cambodge Cet indice prend en compte plusieurs facteurs : érosion due à l’eau, au vent, dégradation chimique et physique. Au Cambodge les principales causes de la dégradation des sols sont la monoculture (riz, maïs, hévéa…), une déforestation qui a longtemps été intensive, un usage excessif d’engrais et pesticide sur les cultures, mauvaise gestion de l’eau…
Les différentes cultures
La culture du maïs En termes de tonnage le maïs est la quatrième production du pays, une grande partie sert à nourrir la population du pays et à alimenter l’élevage de bovins, volailles… Toutefois en quantité le maïs représente la deuxième exportation du pays. Cette culture qui d’année en année s’intensifie utilise de plus en plus de produits chimiques, fait de plus en plus place à la déforestation et emmenant, comme il est montré , une dégradation des sols.
vignette|Le repiquage du riz La riziculture Première culture au Cambodge, en 2005 la production était de . À cause de la raréfaction et de la crise mondiale autour de cette ressource, le Cambodge avait arrêté ses exportations. Mais depuis le premier , le Premier ministre de l’époque du pays, Hun Sen, a décidé de re-autoriser l’exportation de cette céréale permettant aux paysans de trouver de nouveaux débouchés pour leurs récoltes, et faisant ainsi que le Cambodge « remplisse ses obligations internationales en aidant d’autres pays». Pour exemple la semaine du le Cambodge avait déjà exporté plus de de riz au Sénégal.
L’hévéaculture vignette|Le latex se récolte en faisant ce que l’on appelle une saignée. On pratique une incision de l'écorce du tronc afin de sectionner les vaisseaux laticifères. (cf tableau ). .
Ainsi en 1969 pour une surface totale plantée de , plus de de caoutchouc étaient recueillies. Au milieu des années 2000, plus de sont utilisés pour cultiver l’hévéa pour une production de . Cette filière a beaucoup souffert de la guerre et de l’instabilité politique jusqu’en 1993, et le pays mise beaucoup sur la reconquête de ce secteur. Pour cela il est aidé par plusieurs pays, notamment par la France via l’AFD (Agence Française de Développement : établissement public français sous la tutelle du ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi et du ministère des affaires étrangères) qui a mis en place des projets de coopération avec les petits planteurs, de formation de pépiniériste…
Malgré tout, la production souffre de l’âge des hévéas.
De plus, la production de caoutchouc naturel avec la monoculture d'hévéa est une importante cause de destruction environnementale : déforestation, utilisation de pesticides..., particulièrement au CambodgeComment le marché du pneu met en danger la faune et la flore du Cambodge, Gavroche Thaïlande n°248, page 67, traduction d'un article de Zsombor Peter du The Cambodia Daily par Aliénor Simon d'Alterasia.org, juin 2015. et en Asie du Sud-Est ; c'est pourquoi un accord européen interdit depuis l'importation de produits issus de la déforestation incluant le cacao, le café, le soja, l'huile de palme, le bois, la viande bovine et aussi le caoutchouc (il est prévu de rajouter éventuellement dans deux ans le maïs).
Pêche
La pêche tient un rôle important dans l’économie du Cambodge, elle emploie près de ( dans le secteur primaire, c.a.d pêcheurs et aquaculteurs. Et dans le secondaire, c’est-à-dire dans la transformation du poisson, les poissonniers, exportateur…). En 2004 toujours, la production était de de poissons et l’exportation représentait (soit ). Malgré une ZEE (Zone économique exclusive, : la zone rouge) importante le Cambodge tire surtout profit du Lac Tonlé Sap pour la pêche. Le Cambodge est le quatrième producteur mondial de poisson d'eau douce.
Le lac Tonlé Sap : Un facteur économique des plus importants
vignette|La vie des habitants du Tonlé Sap dépend du lac vignette|Village flottant sur le lac Tonlé Sap Le Tonlé Sap est le plus grand lac d’eau douce de l’Asie du Sud-Est. La vie dans cette région dépend beaucoup de celui-ci et des saisons, en effet lors de la saison sèche le lac a une superficie de pour une profondeur moyenne de . Les sédiments déposés par les crues précédentes laisse une terre propice à l’agriculture et plus particulièrement pour le riz.
Lors des crues dues à la mousson et à la fonte des glaces himalayennes, le Tonlé Sap atteint une superficie de pour une profondeur moyenne de ; le volume du lac serait ainsi multiplié . Pendant cette période les terres agricoles étant recouvertes, une grande partie de la population s’adonne à la pêche.
La pêche Jusqu’en 1995 la situation sur le lac Tonlé Sap était assez instable, les parcelles de pêche étaient gardées par des milices armées défendant chacun leurs parts du gâteau. La surpêche qui au fil des années menaça les espèces de poissons et la vie des habitants qui avaient de moins en moins de nourriture furent un déclic pour les autorités cambodgiennes. Il faut savoir que ce lac représente plus de 60 % des produits de la pêche (eau douce et salée) du pays et fait vivre (sur un plan économique comme, nutritif) près de de personnes repartis dans cinq districts au bord du lac, d’où un enjeu économique très important.
La population bordant le lac est parmi les communautés les plus pauvres du Cambodge, officiellement 38 % de cette population vit sous le seuil de pauvreté (US/jour), mais la réalité approche des 50 % et peut monter jusqu’à 80 % dans certains villages (certaines parties de Siem Reap et de Kampong Chhnang).
Depuis 1995 la FAO et le gouvernement belge ont mis en place un programme en collaboration avec le Ministère cambodgien de l’agriculture, de la foresterie et des pêches visant à avoir une bonne gestion des ressources naturelles dans la région du Tonlé Sap en donnant un rôle actif au village de pêcheurs et en sensibilisant à une gestion durable du lac et de ses ressources.
De nos jours l’aquaculture fait aussi partie de la vie du lac, et a permis de diversifier les espèces présentes dans ce secteur, on y trouve ainsi des poissons comme channidae (alias « têtes de serpent » de son nom usuel), de nombreuses espèces de poissons-chats, des tilapias du Nil
Sylviculture
La forêt constitue la première ressource naturelle du Cambodge mais le pays a beaucoup de mal à lutter contre le déboisement sauvage ainsi que les concessions accordées de manière opaque et qui n’apportent que de médiocres revenus à l’État. Sous la pression des donateurs internationaux, des moratoires sont régulièrement adoptés par le gouvernement, comme en , mais dès que l’attention des organisations se porte sur d’autres dossiers, les trafics reprennent.
Exploitation pétrolière