La Croix-Avranchin est une ancienne commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de habitantsPopulation municipale ., devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Saint-James.

Géographie La commune est traversée par deux cours d'eau : le Loison, un affluent du Couesnon de et le ruisseau du Hamel, qui y prend sa source.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes vicum Cructs en 1037 et 1047., Crux en 1040 et 1046, et Vicus Crucis sans date.

Le toponyme serait une dédicace à la Sainte Croix..

Le locatif Avranchin apparait au .

Un gentilé non officiel est Chouan, surnom resté aux habitants de cette commune en raison de que renforça .

Histoire La Croix-Avranchin est un carrefour deux fois millénaire, un lieu de passage très fréquenté depuis la protohistoire.

Si l'on en croit la tradition, la commune serait la première localité évangélisée de l'Avranchin. La première croix à y être plantée aurait été dressée à l'endroit où s'élève actuellement la croix de l'ancien cimetière. Un premier oratoire aurait été fondé à proximité dont il ne reste nul vestige..

Les origines À l'âge du bronze, un noyau de peuplement assez important se dessine dans la région de Saint-James. Avec l'arrivée des Celtes dans le Sud-Manche et de la tribu des Abrincates, les défrichements des forêts s'intensifient et la campagne se forme..

Le village s'implante à l'intersection de deux voies gauloises : l'une, allant des bords du Beuvron aux bords du Couesnon ; l'autre, venant d'Avranches pour se diriger vers Rennes.

À l'époque gallo-romaine Au cours du , les voies deviennent romaines : la voie est-ouest, voie de hauteur qui part de Domfront pour entrer dans la Manche par Saint-Cyr-du-Bailleul traverse le bourg par l'ancienne localité des Nicolières ; la voie nord-sud, qui suit l'actuel tracé de la à partir de Pontaubault, traverse le bourg par l'ancienne localité de Mouraine..

Ces voies faisaient sans doute l'objet d'une surveillance militaire, entrainant l'attribution de domaines agricoles à des colons anciens soldats, l'implantation de villae le long des routes et le développement du commerce et de l'artisanat dans le bourg, sur le tertre occupé actuellement par l'église.

Témoin de cette époque, une monnaie d'or à l'effigie de Domitien a été découverte près du bourg.

Au Moyen Âge Selon la tradition, La Croix-Avranchin aurait été la première paroisse à être évangélisée, ce que corroboreraient d'une part, son implantation, et, d'autre part, la dédicace de son église à la sainte Trinité, l'une des plus anciennes dans l'Avranchin. ..

Dans son étude sur le régime domanial du , Lucien Musset émet l'hypothèse que cette grande paroisse succéderait à un domaine carolingien, Charlemagne ayant favorisé la constitution de grandes exploitations agricoles à l'époque franquecité par Levalet..

Au début du , la paroisse de La Croix eut à souffrir de la guerre entre les Bretons et les Normands lors d'une bataille qui se déroula en 1029 sur la route de Pontorson près du lieu-dit le Vaucel, dans la plaine des Tombettes. Le récit de cette bataille se trouve narré dans le Roman de Rou de Robert Wace qui consacre une centaine de vers à ce violent combat. Les Bretons furent défaits et après la bataille, une grande tombe fut creusée , d'où le nom donné à ce champ qui figurait dans le cadastre jusqu'au remembrement foncier.

Parmi les combattants normands victorieux figurait le seigneur Adelhelm. Pour le récompenser de sa bravoure, le duc lui donna le village de La Croix. Le chevalier en fit don en 1037 à l'abbaye du Mont-Saint-Michel. Quelques années plus tard, une partie du domaine fut transférée au prieuré de Saint-James dépendant de l'abbaye de Fleury. Un Adelelmus était à la conquête de l'Angleterre avec Guillaume le Conquérant et figure dans le Domesday Book.

À partir du , le bourg bénéficie du passage de milliers de pèlerins se rendant au Mont-Saint-Michel et les anciennes voies romaines deviennent les chemins montois.

Pendant la guerre de Cent Ans, La Croix-Avranchin, à l'instar des autres paroisses de l'Avranchin, se trouve dans la tourmente et du fait de sa situation dans une région frontalière, elle souffre des combats pour la Succession de Bretagne et pour la légitimité française.

Sous l'Ancien Régime Au , elle connaît les guerres de Religion, les Montgomery de Ducey et de Pontorson adoptant la Réforme..

Au , elle traverse une époque troublée, marquée par les luttes de la Fronde et la révolte des Nu-pieds.

Au , l'église de la Sainte-Trinité fait l'objet d'embellissements. En 1703, un maître-autel y est placé, de même que les retables de sainte Marguerite et de la Vierge ainsi que les statues en bois de saint Étienne et de saint Laurent. En 1717, l'église reçoit les statues de saint Nicolas et de saint Éloi. En 1742 intervient la construction de la sacristie..

C'est en 1722 qu'est fondée la première école privée des filles, à l'instigation du curé Gabriel Méance, resté à la tête de la paroisse. Cette école paroissiale est confiée aux Sœurs du Carmel d'Avranches dont la sœur Trouvé enseignera à La Croix, de 1759 à 1824. L'école privée des garçons, gratuite pour les pauvres, est fondée plus tard par le curé Michel Lebas qui officia de 1743 à 1764.

L'année 1768, marquée par des pluies incessantes et des tempêtes, est une année noire pour La Croix comme pour tout l'Avranchin, et la disette est générale.

À la Révolution

Lors de la Chouannerie, six volontaires nationaux furent égorgés de nuit au lieu-dit du Chatelier, en dehors des combats qui opposèrent chouans et républicains en septembre et en . Une dernière lutte meurtrière eut lieu le au lieu-dit du Pirot.

Le doyenné rural de La Croix, qui comprenait des trois cantons de Ducey, Saint-James et Pontorson, est supprimé. À partir de 1790, la commune fait partie du canton de Saint-James.

Le curé, Joseph Gauthier, s'exile en Angleterre en 1791 et c'est un simple clerc, Jacques Nicolle, ordonné prêtre clandestinement à Paris, qui revient exercer son ministère en cachette. Surpris par les patriotes au lieu-dit de La Basse, il est emprisonné au Mont puis libéré et deviendra vicaire de La Croix. Le curé constitutionnel, Crespin Lepetit, officie de 1791 à 1793. Il quitte par la suite la soutane et se marie en 1821.

Un prêtre clandestin, l'abbé Guillaume Davy, né à La Croix, revenu d'exil de 1795 à 1799, est traduit devant les tribunaux révolutionnaires et emprisonné au Mont-Saint-Michel où il mourut.

Au Sous la monarchie de Juillet, en 1845, une tribune est construite dans l'église pour contenir les enfants pendant les offices et les séparer des fidèles. En 1846, le conseil municipal de la commune crée une route qui conduit par Mouraine aux moulins situés le long du Beuvron afin, notamment, de faciliter le transport de la , c'est-à-dire de la cendre récupérée lors des lessives, qui servait à amender les sols pour la culture du sarrasin. En 1847 est construit un nouveau presbytère.

Sous le Second Empire, l'église reçoit une horloge en 1864 et la commune se dote d'une bibliothèque en 1865. En , une pétition, signée par , est adressée à afin d'obtenir le prolongement de la ligne de chemin de fer de Fougères par Saint-James jusqu'au Mont-Saint-Michel.

Sous la Troisième République, en 1892, une foire est créée à La Croix-Avranchin, dont la date est fixée au premier samedi qui précède la fête de la Trinité.

Au En 1933, la commune reçoit l'électricité. Mais elle ne sera installée dans les écoles, l'église et le presbytère qu'en .

Sous le régime de Vichy, elle se dote d'une cantine scolaire et d'un terrain de sports en 1941.

La Croix-Avranchin est épargnée pendant le second conflit mondial et elle figure sur la liste des communes non sinistrées par actes de guerre.. Elle n'a donc pas bénéficié en 1946 des dommages de guerre. En 1950, le facteur André Bédouin, grand mutilé de guerre, reçoit la Légion d'honneur.

En 1971, les cloches sont électrifiées et le presbytère restauré. Un nouveau cimetière est créé après la fermeture de l'enclos paroissial en 1975. Le nouveau lieu d'inhumation est bénit le par le curé Bernard Labbé.

Le est créé le syndicat intercommunal des écoles de Vergoncey et La Croix-Avranchin.

Au Fin 2014, après plusieurs mois de travaux et de fermeture de l'église, a été inaugurée la restauration du retable du maître autel de la Trinité..

Depuis 2015, l'école de la commune est labellisée E3D (école en démarche de développement durable). Dans ce cadre, les enfants sont amenés à réaliser des actions éco-citoyennes. Ainsi, pendant l'hiver 2016, les élèves ont aidé à la reconstruction d'une haie dans le champ d'un agriculteur de la commune.. Les projets sont présentés à chaque conseil d'école.

Le , la commune nouvelle a inauguré l'espace croixéen, réhabilitation de la salle polyvalente qui avait été construite à la fin des années 1970 et rénovée une première fois au début des ..

En , l'horloge du clocher de l'église est réparée par les ouvriers de la fonderie Cornille-Havard de Villedieu-les-Poêles..

Politique et administration vignette|La mairie annexe. Liste des maires

Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et trois adjoints..

Liste des maires délégués

Population et société Démographie

La Croix-Avranchin a compté jusqu'à en 1846.

Sports L'Espérance vaillante de La Croix-Avranchin (football).

Économie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Église Sainte-Trinité Église Sainte-Trinité des , , remaniée, avec quelques traces du , et cadran solaire.

Au , l'église fut donnée au chapitre d'Avranches par Richard de Beaufou. De cet édifice, il resterait quelques pierres de granite dans le mur nord du chœur ainsi qu'un contrefort.

De l'église du subsistent la tour et ses infrastructures, de même que la croisée d'ogives intérieure.

La nef, le chœur et la sacristie datent du .

Les anciens fonts baptismaux en granite de l'époque romane ont été placés à l'extérieur de l'église, sur le côté sud de la nef lors de leur remplacement au par des fonts à cuve ovale en marbre noir veiné de blanc et rose, fermée par un couvercle en cuivre doré, sommé d'un globe et d'une croix latine. Ces objets ont été inscrits au titre des monuments historiques, respectivement le et le .. L'église abrite également un maître-autel et autels latéraux (), un bénitier (), un tableau de la Trinité (), cinq statues du maître-sculpteur Philippe Colin, un christ en croix (), une verrière () de R. Desjardins, Charles Lorin et Bordereau.

La croix cimétériale, dite croix des Villiers, dont le dé est gravé du blason de ces seigneurs (trois losanges dont deux en chef et un en pointe), date du . En ruine à la Révolution, elle fut relevée en 1806 puis restaurée en 1836..

Ancienne chapelle de la Boussardière Il existait au lieu-dit La Boussardière une chapelle érigée en 1653 sous le vocable de Notre-Dame de Pitié qui fut détruite en 1813. De ce lieu de culte, il subsiste une statuette en bois peint de la Vierge de Crucifixion qui se trouve dans une niche du mur nord de la nef de l'église paroissiale..

Mémorial du pays de la Croix