Georges Fenech, né le à Sousse (Tunisie), est un magistrat et homme politique français, membre du RPR, de l'UMP puis des Républicains.

Magistrat en Rhône-Alpes puis à Bobigny, il préside l'Association professionnelle des magistrats (APM) de 1996 à 1998 et dirige la Miviludes de 2008 à 2012. Il est député de la circonscription du Rhône de 2002 à 2008 sous les couleurs de l'UMP et est réélu en 2012. Depuis 2017, il est consultant pour la chaîne télévisée CNews.

Biographie Enfance et jeunesse Son père, Fortuné Fenech, d'origine maltaise, gérait avec son frère Édouard une exploitation agricole de d'oliviers dans la région de Mahdia en Tunisie. Georges naît à Sousse le ..

En 1963, la famille est rapatriée en France et elle achète à Givors un bar-restaurant. Son père devient par la suite ouvrier aux Câbles de Lyon à Gerland (Lyon). Sa mère, Marie-Anne Stalio (1935-2010), était une Italienne de Tunis. Elle a été chanteuse à LyonInterview sur Lyon People. Georges a deux sœurs et une demi-sœur. Il est exempté de service national comme soutien de famille.

Vie privée Georges Fenech est le cousin de l'homme politique Roger Fenech.

Il a trois enfants avec sa première femme, puis un quatrième avec sa deuxième femme Christine Goguet, de qui il divorce en 2011.

Il a été le compagnon de la personnalité mondaine et télévisuelle Hermine de Clermont-Tonnerre, morte accidentellement en .

Georges Fenech rencontre l'avocate Amélie Leperre-Dimeglio et la demande en mariage cinq jours plus tard. Ils se marient à la mairie du XVIe arrondissement de Paris, le Europe1

Magistrat Georges Fenech étudie aux lycées Ponsard à Vienne et Parc Chabrières à Oullins.

Il obtient une maîtrise de droit à la faculté de droit de Lyon (université Jean-Moulin), puis est admis à l'École nationale de la magistrature (ENM) en .

Son premier poste est au parquet du TGI de Vienne (Isère) à partir de 1980, puis à Pointe-à-Pitre de 1982 à 1984. Il est nommé juge d'instruction à Lyon en 1984, avant d'être élevé au grade de premier juge d'instruction en 1994 toujours à Lyon. En 1992, Georges Fenech rend une ordonnance de non-lieu dans le cadre de l'assassinat du juge François Renaud.. Il instruit des affaires sensibles comme le financement illégal de la Fédération socialiste du Rhône à l'origine de la loi d'amnistie de 1988. Il instruit également le premier grand procès impliquant la scientologie à Lyon en 1994.. Cette enquête aboutit à un procès en 1996, au terme duquel plusieurs de ses dirigeants ont fait l'objet de condamnations.. Il se spécialise dans la lutte contre le trafic de stupéfiants et la délinquance des mineurs, et également dans les dossiers d'accidents médicaux.

Après avoir été brièvement procureur adjoint au TGI de Bourg-en-Bresse de 1994 à 1995, Fenech est ensuite nommé substitut général près la cour d'appel de Lyon, où il est chargé jusqu'en 2001 des affaires criminelles devant la cour d'assises. Il est nommé vice-procureur près le TGI de Bobigny en 2002 quelques jours avant d'être élu député du Rhône. Il quitte la magistrature de 2002 à 2008, pour se consacrer à son mandat de député, date à laquelle son élection à la députation est invalidée par le Conseil constitutionnel qui le condamne à une peine d'un an d'inéligibilité. Il est alors réintégré à sa demande en qualité de président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Réélu député en 2012, il quitte la mission interministérielle et son état de magistrat.

Activité syndicale Georges Fenech a été président de l'Association professionnelle des magistrats (APM) de 1996 à 1998, syndicat de magistrats classé à l'extrême droiteDominique Simonnot, « APM: retour de la droite judiciaire extrême. L'association se dote d'un nouveau bureau. », Libération, liberation.fr, 19 décembre 1998.. En 1998, il démissionne de l'APM à la suite de propos injurieux et antisémites envers leur collègue Albert LevyCatherine Coroller, « Fenech, nouveau pourfendeur des sectes à la personnalité controversée », liberation.fr, 25 septembre 2008. tenus par l'ancien président du syndicat Alain Terrail dans la revue de l'APM dont Georges Fenech est le responsable.

Poursuivi à ce titre devant le tribunal correctionnel, Georges Fenech est reconnu responsable en sa qualité de directeur de la revue le , mais dispensé de peineChronologie d’une procédure sans fin…, LDH Toulon, 13 octobre 2004.. À la suite de cette démission, il crée un nouveau syndicat, le Syndicat indépendant des magistrats.

En marge de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, il est également mis en examen le pour recel d'abus de biens sociaux, à la suite du versement en 1997 à l'APM de francs () par la société Brenco« Les hommes de l'Angolagate », Le Monde du 12 janvier 2001.. Il est relaxé le « Angolagate: relaxe de Georges Fenech » Le Figaro, 27 octobre 2009..

Activités d'enseignement De 1985 à 1994, Georges Fenech a également été maître de conférences à l'Institut d'études judiciaires de la faculté de droit Jean-Moulin à Lyon et à l'institut d'administration des entreprises (IAE), ainsi qu'au centre de formation professionnelle des avocats à Lyon et à la faculté de médecine de Lyon (cours de médecine légale).

Député du Rhône (2002-2008) Georges Fenech est élu député le 16 juin 2002 dans la du Rhône sous les couleurs de l'UMP, parti au sein duquel il exerce des fonctions de conseiller politique.

Georges Fenech participe à partir de à la commission d'enquête parlementaire concernant l'affaire d'Outreau. Il préside en 2006 la Commission d'enquête sur les sectes et les mineurs dont le rapport public, remis le , préconise 50 propositions afin de protéger « l'enfance en danger ». En 2005, Georges Fenech est chargé par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin d'une mission d'étude sur le bracelet électronique mobile afin de renforcer la lutte contre la récidive. À son initiative est créé à l'Assemblée nationale le groupe d'études sur les sans-abri, dont il prend la présidence. Il est nommé rapporteur pour avis de la loi sur le droit au logement opposable.

Au cours de son mandat, Georges Fenech est membre de la commission des Lois constitutionnelles, de la Législation et de l'Administration générale de la République, juge suppléant de la cour de Justice de la République, secrétaire de l'Assemblée parlementaire de la francophonie et membre du groupe d'études sur la question du Tibet.

Georges Fenech est réélu député le dans sa circonscription du Rhône. Il est alors désigné rapporteur auprès de la ministre de la Justice, Rachida Dati, de la loi sur la rétention de sûreté, qui autorise à maintenir les grands criminels dans des établissements médico-socio-judiciaires tant qu'ils sont estimés toujours dangereux, bien qu'ayant purgé leur peine.

Invalidation de son élection de 2007 par le Conseil constitutionnel En , son élection de est invalidée et il est sanctionné d'un an d'inéligibilité par le Conseil constitutionnel, en raison d'infractions au droit électoral liées à ses comptes de campagne. En effet, une dépense de , soit 8,17 % des dépenses engagées et 7,60 % du plafond légal, avait été payée directement par une militante UMP, en lieu et place de son mandataire financier..

Le Conseil constitutionnel a toutefois précisé, aux termes d'un communiqué de presse du , que ces dépenses de campagne avaient bien été déclarées dans le compte de campagne de Georges Fenech, puisque si elles n'avaient pas été réglées directement par le mandataire financier, elles avaient néanmoins été ensuite remboursées par lui. Le Conseil constitutionnel ajoutait qu'il n'y avait donc pas d'atteinte à la sincérité de son compte, mais que cette irrégularité formelle emporte automatiquement l'inéligibilité en application des termes des articles et du code électoralCommuniqué de presse du 27 mars 2008, Conseil Consstitutionnel..

S’estimant victime d’une procédure discriminante, Georges Fenech en appelle au président de la République Nicolas Sarkozy et au président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, dénonçant ., mais en vain, les décisions du Conseil constitutionnel n'étant susceptibles d'aucun recours, conformément au alinéa de l'article 62 de la Constitution.

À la suite de cette invalidation, le Parlement a modifié la loi sur le financement des partis politiques pour retenir la notion de « bonne foi », afin d'éviter les sanctions automatiques sans prise en compte de l'honnêteté et de la sincérité des candidats.

Président de la Miviludes Le , Georges Fenech est réintégré dans la magistrature. Il est nommé premier substitut auprès de l'administration centrale du ministère de la Justice. Il y est mis à la disposition des services du Premier ministre François Fillon, qui lui a confié une mission d'évaluation des dispositifs judiciaires de lutte contre les sectes« L'ex-député Fenech, magistrat », Le Figaro, 28 août 2008..

Le , Georges Fenech est nommé président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) par décret du président de la République Nicolas Sarkozy« Georges Fenech nommé président de la Miviludes », L'Express, 23 septembre 2008.. Il est considéré comme un partisan de la « ligne dure » de la lutte anti-sectes dans la continuité de ses prédécesseurs Jean-Michel Roulet et Alain Vivien, ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères de François MitterrandLa lutte anti-sectes est confiée à un partisan de la "ligne dure", Le Monde, 24 septembre 2008.. Il est reconduit à ce poste en N. S., « Georges Fenech reconduit à la tête de la Miviludes », La Croix, 20 septembre 2011. puis est remplacé par Serge Blisko en 2012..

Sous sa présidence, cette mission interministérielle crée la Cellule d’assistance et d’intervention en matière de dérives sectaires (CAIMADES) et accroît ses actions en direction des mineurs et du monde professionnel« Georges Fenech quitte la présidence de la Miviludes », LyonCapitale.fr, 3 août 2012.. En qualité de président, il est condamné à d'amende avec sursis le par la du tribunal correctionnel de Paris pour diffamation contre l'association Tradition, famille et propriété (TFP), visée comme organisme à caractère sectaire dans le rapport d'activités annuel de la Miviludes« Le président de la Miviludes Georges Fenech condamné », paristribune.info.. La cour d'appel de Paris déboute l'association TFP le . Mais la Cour de cassation a cassé cet arrêt le et renvoyé l'affaire devant la même cour d'appel autrement composéeCour de cassation, criminelle, chambre criminelle, 16 septembre 2014, 13-85.061..

Le , la Cour d'appel de Caen condamne Georges Fenech pour atteinte à la présomption d'innocence à l'encontre d'une association de l'Église de Scientologie. Ses propos avaient été, selon la cour d'appel, exposés sans réserve ni précaution quant à la matérialité des faits et la source de ses informations, alors qu'il avait évoqué une affaire judiciaire en cours.

En , il accepte l'invitation qui lui est faite par Marlène Schiappa de faire partie du nouveau conseil d'orientation de la Miviludes.

Député du Rhône (2012-2017) En juin 2012, il est de nouveau élu député de la du Rhône avec 65,02 % des voix, loin devant le député sortant Raymond Durand qui était son suppléant en 2007Dans le Rhône, un suppléant s'accroche à son siège, Le Figaro, 6 juin 2012..

Georges Fenech est à nouveau membre de la commission des lois. Il est nommé président du Groupe d'étude sur les sectes à l'Assemblée nationale, membre de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales et de la commission d'enquête sur le rôle des renseignements français dans l'affaire Mohammed Merah. Il est également vice-président des groupes d'amitié avec Malte et l'Arabie saoudite.