Jacques d’Orléans (Jacques Jean Yaroslaw Marie d’Orléans)Extrait sans filiation - Service de l'état civil du ministère des Affaires étrangères et du Développement international : « Extrait d'acte de naissance 720 de Jacques, Jean, Yaroslaw, Marie d'Orléans. Le 25 juin 1941 à 9 heures 30 minutes est né à Rabat (Maroc) Jacques, Jean, Yaroslaw, Marie d'Orléans, du sexe masculin, deuxième jumeau. », né le à Rabat, est un membre de la maison d’Orléans portant, depuis 1968, le titre de courtoisie de duc d'Orléans.

Ingénieur agronome de formation, photographe, il a notamment été directeurPhilippe de Montjouvent, op. cit., .de la revue Connaissance des arts et conseiller à la présidenceLes Echos : site officiel, 26 janvier 1993 de la société Ricard (1993-2005).

Famille Jacques d'Orléans est le quatrième fils et le huitième enfant d’Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France, et de son épouse Isabelle d'Orléans et Bragance (1911-2003), princesse du Brésil.

Outre ses neuf autres frères et sœurs, Jacques a un frère jumeau Michel d’Orléans (1941), comte d’Évreux qui est son aîné mais qui, à la suite de son mariage, a été placé après lui dans l'ordre de succession par son père feu le comte de ParisBottin Mondain (Société du Bottin mondain, Paris. Toutes les éditions de 1968 à 2008)., ordre confirmé par son frère Henri comte de Paris« » rangea la branche du prince Jacques avant celle du prince Michel (pourtant son jumeau aîné) dans l'ordre de succession. Il est vrai que juristes et médecins ont beaucoup débattu, jadis, de l'application du droit d'aînesse aux frères jumeaux. Parfois, on privilégia le premier né, mais plus souvent, suivant la coutume populaire, la jurisprudence (ou « Ancien Droit ») pencha pour le second, réputé le premier conçu, selon la doctrine catholique de la conception marquant le début de la vie humaine..

Le , Jacques d'Orléans épouse, à Ansouis, dans le Vaucluse, Gersende de Sabran-Pontevès (1942), fille de FoulquesFoulques de Sabran-Pontevès est également connu sous d'autres prénoms mais c'est celui-ci que lui donne Philippe de Montjouvent. de Sabran-Pontevès (1908-1973), duc de Sabran, et de Roselyne Manca-Amat de Vallombrosa (1910-1988)« Le Mariage de Jacques de France et de Gersende de Sabran-Pontevès » dans Point de Vue - Images du Monde , 8 août 1969.. Pianiste, Gersende est, par sa mère, la petite-fille d'un musicien célèbre, le comte Amédée de Vallombrosa (1880-1968)Jean-Pierre Thiollet, 88 notes pour piano solo, Neva Éditions, 2015, . Elle descend également du maréchal Lannes par son quatrième fils, le général Gustave Olivier Lannes de Montebello.

De cette union naissent trois enfants : 1. Diane d'Orléans (née en 1970 [filleule de sa tante Diane d'Orléans, née en 1940]), qui épouse Alexis, vicomte de Noailles<ref>Né Alexis, Marie de Noailles de Mouchy de Poix, d'après un extrait sans filiation délivré par la mairie du de Paris et qui dit : « Mairie de Paris - Extrait d'acte de mariage - Année 2004 - Acte 221 - Le 6 septembre 2004 a été célébré en notre commune à Paris septième arrondissement, le mariage d'Alexis, Marie de Noailles de Mouchy de Poix, né le 5 septembre 1952 à Paris seizième arrondissement, et de Diane, Marie, Thérèse, Agathe, Hélène, Isabelle, Laure, Roselyne d'Orléans, née le 24 juin 1970 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). »</ref> (1952-2014), second fils de Philippe de Noailles (1922-2011), duc de Mouchy, prince-duc de Poix, et de Diane de Castellane (1927-2010), petite-fille de Boniface de Castellane (1867-1932). D'où trois filles : Céline de Noailles de Mouchy de Poix (née en 2005), Léontine de Noailles de Mouchy de Poix (née en 2006), Victoire de Noailles de Mouchy de Poix (née en 2008) ; 2. Charles-Louis d'Orléans (né en 1972), duc de Chartres (), qui épouse Ileana Mános (1970), arrière-petite-fille de Konstantínos Mános et petite-nièce de la princesse Aspasía de Grèce (1896-1972), épouse du roi (1893-1920). D'où cinq enfants : Philippe d'Orléans (né en 1998), Louise d'Orléans (née en 1999), Hélène d'Orléans (née en 2001), Constantin d'Orléans (né en 2003), Isabelle d'Orléans (née en 2005) ; 3. Foulques d'Orléans (né en 1974), comte d’Eu () et duc d'Aumale ().

Biographie Enfance et adolescence Le Jacques et Michel d’Orléans voient le jour à l'hôpital Lyautey à Rabat, au Maroc français, alors que leur père est encore interdit de séjour en métropole par la Loi d'exil de 1886. Ondoyés le jour de leur naissance, les jumeaux sont baptisés le dans la cathédrale Saint-Pierre de Rabat par le père franciscain Louis-Amédée Lefèvre, futur archevêque de Rabat. Jacques est le filleul des paysans de FrancePhilippe de Montjouvent, Le comte de Paris et sa descendance, Éditions du Chaney, Paris, 1998, ..

Après cinq années dans le protectorat, les Orléans partent, en , au Portugal, où ils s’installent à la Quinta do Anjinho, à SintraJacques d’Orléans, Les Ténébreuses affaires du comte de Paris, Albin Michel, Paris, 1999, .. Terrorisés par leur père, ceux que leurs partisans appellent les « Enfants de France » n’en sont pas moins turbulents et, parfois même, violents. Un jour, Jacques casse ainsi accidentellement le bras de sa sœur Diane en se jetant volontairement d'une échelleJacques d’Orléans, op. cit., ..

Consterné et dépassé par l’attitude de sa progéniture, le « comte de Paris » finit par éloigner plusieurs de ses enfants du foyer familial. De septembre 1952 à , Michel et Jacques sont ainsi envoyés dans des pensionnats français, d’où ils finissent toujours par être renvoyés, avant d’être séparés à la rentrée scolaire 1954 puis confiés ensemble à un précepteur particulier en 1956Jacques d’Orléans, op. cit. .. Cependant, les enfants finissent par revenir au Portugal lorsqu’est ouvert le lycée français Charles-Lepierre de Lisbonne, à la rentrée 1956Jacques d’Orléans, op. cit., .. C’est donc dans ce pays que les jumeaux d’Orléans passent leur baccalauréat, en 1960. Mais alors que Michel obtient son diplôme du premier coup, son frère Jacques est recalé, ce qui ne manque pas de lui valoir les foudres du « comte de Paris ». En représailles, le jeune homme se voit alors interdire de continuer de pratiquer l'équitation, sa passion, et de se diriger vers une carrière de cavalierJacques d’Orléans, op. cit., ..

De ces années, Jacques d’Orléans conçoit une haine farouche de son père, qui se traduit par un violent désir de vengeance et une nécessité impérieuse de s'éloigner du prétendant orléanisteIl décrit ainsi ses sentiments pour son père : « Enfant, je bouillonais de haine contre papa ». Jacques d'Orléans, op. cit., .. Le prince en viendra même à assister à un événement donné par le prince Alphonse de Bourbon, duc d'Anjou et de Cadix, prétendant légitimiste au trône de France, le 16 avril 1988, au pavillon d'ArmenonvilleFeuille d'Information Légitimiste, 57, juillet 1988, 1. à Paris.

Carrière militaire Après avoir repassé son baccalauréat à l'École alsacienne de Paris, Jacques d'Orléans s’engage dans l’Armée française en 1961. Il fait ses classes à Fort-de-l’Eau (aujourd'hui Bordj el Kiffan), en Algérie, puis entre à l’École d’officiers de cavalerie de SaumurJacques d'Orléans, op. cit., .. En , il obtient ses galons de sous-lieutenant et reçoit sa première affectation : il rejoint le de spahis et prend le commandement d’une unité de reconnaissance en semi-chenillé, sur la frontière tunisienneJacques d'Orléans, op. cit., ..

En Algérie, il renaîtDans l'un de ses livres, il écrit ainsi : « Je suis né à moi-même dans ce pays, l'Algérie ». Jacques d'Orléans, op. cit., .. Responsable d'une quarantaine d'hommes, pour la plupart âgés de dix-neuf à vingt ans, il prend conscience de la futilité de son besoin de vengeance, né de sa relation douloureuse avec son père. Mais il n'en perd pas pour autant son désir de reconnaissance et c'est avec fierté qu'il se place dans la continuité de son frère François, mort au champ d'honneur dans la colonie nord-africaine en 1960Jacques d'Orléans, op. cit., ..

À l'époque, Jacques d'Orléans est un fervent partisan de l'Algérie française. Il l'est d'ailleurs tellement que son père le soupçonne, un temps, d'être l'auteur de l'attentat de l'OAS qui touche la résidence du « comte de Paris » et de sa famille, à Louveciennes, le . Il faut dire que l'événement se produit lors d'une permission chez ses parents et que celui-ci n'a pas manqué de montrer son refus de l'indépendance algérienne dès son retour en métropoleJacques d'Orléans, op. cit., ..

Jacques d'Orléans rentre finalement en Europe en 1962, après que l’Algérie a obtenu son indépendance. Il est alors envoyé en garnison en Allemagne, à Friedrichshafen, et y reste jusqu'en 1965, année où il est lieutenant au d'Afrique jusqu'en 1968. Il retrouve ensuite la vie civile.

Carrière civile et vie privée En août 1968, Jacques d'Orléans fait la connaissance de sa future épouse, Gersende de Sabran-Pontevès. Rapidement, les deux jeunes gens se fiancent et leur mariage se déroule dès l'année suivanteLa robe de mariage de Gersende, dessinée par le couturier Yves Saint Laurent, est aujourd'hui exposée au Musée de la Mode (Musée Galliera), à Paris. Philippe de Montjouvent, op. cit., .. Pour une fois, le « comte de Paris » est ravi. Rendu furieux par l'union de Michel avec Béatrice d'Orléans, une jeune fille au passé familial sombre, il est en revanche très satisfait de l'alliance du frère jumeau de celui-ci. Après avoir uni plusieurs de ses aînés à des membres du gotha européen, le prétendant orléaniste juge en effet très opportun de marier ses cadets à des représentants de la haute noblesse françaisePhilippe de Montjouvent, op. cit., .. Le « comte de Paris » profite donc des épousailles de Jacques pour lui conférer le titre de courtoisie de duc d'Orléans, qui aurait dû passer à Michel, qui est son frère aînéEn fait, la collation est annoncée le mais réalisée seulement le . Philippe de Montjouvent, op. cit., ..

Pendant près de cinq ans, il vit à Sintra, au Portugal, où il s'occupe des terres que possède sa famille. Marchant toujours sur les traces de son frère, François, il suit en parallèle des cours d'agronomie en Suisse et obtient un diplôme d'ingénieur agronome à l'école de Grange-VernayPhilippe de Montjouvent, op. cit., ..

Jacques d'Orléans se lance ensuite dans les relations publiques de la société financière Mage et Pujos. Puis en 1976, il devient, directeur de la publication et gérant de la revue Connaissance des arts. En , le duc d'Orléans retourne dans les relations publiques, s'occupe de la promotion du Comité Colbert et de grandes marques françaises à l'étranger ce qui l'amène à effectuer de nombreux voyages dans le monde entier.

Enfin, à partir de 1993, il intègre la société Pernod Ricard, où il travaille comme conseiller à la présidence jusqu'en 2005. Pendant toutes ces années, son épouse, Gersende de Sabran-Pontevès se consacre à la musiqueSon épouse donne de nombreux récitals dans le monde entier et enregistre même un disque consacré à l'œuvre de Mozart. et à l'éducation de ses enfantsPhilippe de Montjouvent, op. cit., ..

« Les conjurés d'Amboise » Dans les années 1990, Jacques d'Orléans entre progressivement dans la plus complète opposition avec son père. Avec quatre de ses frères et sœurs (Isabelle, Hélène, Diane et Michel), il fait partie de ceux que la famille d'Orléans appelle ironiquement « les conjurés d'Amboise »Jacques d'Orléans, op. cit., ..

Du au , le duc d'Orléans et les autres « conjurés » tentent, sans succès, de s'opposer à la vente des souvenirs familiaux de la Quinta do Anjinho organisée par le comte de Paris chez Sotheby's, à MonacoJacques d'Orléans, op. cit., ... Puis, en 1997, les mêmes « conjurés » parviennent à contrecarrer les projets de leur père qui souhaite modifier son contrat matrimonial afin de pouvoir avoir accès à la fortune de la comtesse de ParisJacques d'Orléans, op. cit., ..