Les Jeux olympiques d'hiver de 2010, officiellement connus comme les olympiques d'hiver, ont lieu à Vancouver au Canada du au . Vancouver obtient les Jeux lors de sa troisième candidature en s'imposant face aux villes de PyeongChang en Corée du Sud et Salzbourg en Autriche. C'est la troisième fois qu'une ville canadienne organise les Jeux olympiques après Montréal en été 1976 et Calgary en hiver 1988. Le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) est chargé de l'organisation des Jeux, en partenariat avec les premières nations Lil'wat, Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh, hôtes de ces Jeux. Tous les sites des compétitions se situent dans la province de Colombie-Britannique, principalement à Vancouver et Whistler.

Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils se mesurent dans quinze disciplines qui regroupent un total de officielles, soit deux de plus qu'en 2006. Le skicross fait son entrée au programme olympique, tandis que cinq pays envoient pour la première fois une délégation aux Jeux d'hiver : la Colombie, le Ghana, les îles Caïmans, le Pakistan et le Pérou. Ils présentent la particularité de se dérouler en deux endroits principaux séparés de (Vancouver d'un côté, la station de ski de Whistler de l'autre) et d'avoir par conséquent deux populations olympiques séparées qui ne sont pas amenées à se rencontrer en dehors des cérémonies d'ouverture et de clôture.

Les Jeux sont marqués par le décès accidentel du lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili survenu quelques heures avant la cérémonie d'ouverture. Les athlètes canadiens réalisent une performance remarquable : ils remportent olympiques, ce qui constitue un nouveau record pour une nation aux Jeux d'hiver. L'athlète la plus médaillée de ces Jeux est la fondeuse norvégienne Marit Bjørgen, qui remporte cinq médailles en cinq épreuves disputées, dont trois en or. Avec une médaille en or et une en argent, le biathlète Ole Einar Bjørndalen porte son total olympique à onze médailles, ce qui en fait le deuxième athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux d'hiver derrière son compatriote Bjørn Dæhlie. En saut à ski, le Suisse Simon Ammann gagne les deux concours sur le tremplin du parc olympique de Whistler, huit ans après avoir réalisé la même performance aux Jeux olympiques de Salt Lake City.

Sélection de la ville hôte

L'idée d'une candidature de Vancouver pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver apparaît pour la première fois lors des Jeux de 1960 à Squaw Valley, où le représentant canadien du Comité international olympique (CIO) Sidney Dawes évoque la possibilité d'organiser des Jeux en Colombie-Britannique si un site est trouvé à proximité de Vancouver.. Peu après, l'Association de développement olympique de Garibaldi (Garibaldi Olympic Development Association, GODA) est créée afin de préparer une candidature visant à accueillir les Jeux d'hiver dans la région du Mont Garibaldi, dans laquelle se situe la localité de Whistler. En 1961, la GODA envisage de se porter candidate pour recevoir les Jeux d'hiver de 1968, mais le Comité olympique canadien (COC) lui préfère les villes de Calgary et Banff, dans l'Alberta, pour défendre les chances du pays. Cette candidature échoue finalement, et c'est à Grenoble que se tiennent les Jeux de 1968..

Un programme de développement de la région de Whistler et du Mont Garibaldi est alors lancé pour accueillir les Jeux de 1972. Il comprend notamment la construction d'infrastructures routières ainsi que le développement du réseau électrique et de l'eau potable, encore absent dans cette région.. Mais une nouvelle fois, c'est la station de Banff qui est choisie pour représenter le Canada dans le processus de sélection de la ville hôte de ces Jeux, qui sont attribués à Sapporo, au Japon. En 1968, la GODA est finalement choisie par le comité olympique canadien dans le but de porter une candidature commune avec la ville de Vancouver pour l'organisation des Jeux de 1976. Les chances de cette candidature s'amenuisent lorsque Montréal est élue pour accueillir les Jeux d'été, le CIO ne se montrant plus favorable à ce que la même année, un pays organise à la fois les Jeux d'été et les Jeux d'hiver. La candidature de Vancouver-Garibaldi est ainsi éliminée dès le premier tour du vote.. Vancouver est à nouveau candidate pour les Jeux de 1980, mais se retire au dernier moment... Pour ceux de 1988, Calgary est préférée à Vancouver.. Calgary remporte d'ailleurs les élections et devient ainsi la première ville canadienne à accueillir les Jeux olympiques d'hiver..

Soutenue par des associations commerciales et des personnalités politiques locales, une nouvelle candidature de Vancouver et Whistler est déposée pour accueillir les Jeux d'hiver de 2010. Les villes de Calgary et de Québec sont elles aussi candidates, mais en , le Comité olympique canadien choisit Vancouver-Whistler comme candidat canadien auprès du CIO pour la tenue des Jeux de 2010.. Sept autres villes sont également candidates : Andorre-la-Vieille en Andorre, Berne en Suisse, Harbin en Chine, Jaca en Espagne, PyeongChang en Corée du Sud, Salzbourg en Autriche et Sarajevo en Bosnie-Herzégovine. Le , le CIO annonce que les villes de Pyeongchang, Salzbourg, Berne et Vancouver sont désignées comme finalistes, après examen des dossiers des villes requérantes.. Berne retire sa candidature à l'automne 2002 après un plébiscite au cours duquel la population locale s'exprime contre l'organisation des Jeux.. Le , pendant la session du CIO à Prague, en République tchèque, les Jeux olympiques d'hiver de 2010 sont attribués à Vancouver, alors peuplée de , qui devance PyeongChang par contre 53 au deuxième tour. .. Pour la première fois dans l'histoire olympique, les Jeux d'hiver sont organisés à proximité du bord de mer, ce que met en avant le dossier de candidature de la ville avec le slogan « Les Jeux entre mer et ciel »...

Organisation Comité d'organisation

Le « Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver » (COVAN) est créé le , près de trois mois après l'annonce de la sélection de la ville. L'homme d'affaires canadien Jack Poole, instigateur de la candidature de Vancouver, en est le président, tandis que John Furlong, un ancien sportif de haut niveau qui a notamment été champion de squash du Canada en 1986., est nommé directeur général. En , Jack Poole meurt d'un cancer au lendemain de la cérémonie d'allumage de la flamme à Olympie. Dès lors, John Furlong assure seul la direction du COVAN.. Il devient le porte-parole des Jeux de Vancouver sur la scène internationale et est nommé « personnalité sportive la plus influente au Canada » en 2009 par le quotidien The Globe and Mail. Cinq vice-présidents sont également nommés. : Cathy Priestner Allinger, médaillée d'argent en patinage de vitesse aux Jeux d'hiver de 1972, Dan Doyle, sous-ministre des Transports de la Colombie-Britannique, Terry Wright, organisateur d'événements comme les Jeux du Commonwealth de 1994 ou les Jeux panaméricains de 1999., Dave Cobb, directeur financier des Canucks de Vancouver. et Dave Guscott, sous-ministre des communications et secrétaire associé du cabinet du gouvernement de l'Ontario..

Le COVAN s'assure l'accord et le soutien des populations autochtones canadiennes qui revendiquent les terres sur lesquelles se déroulent certaines compétitions. En , les peuples Lil'wat, Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh constituent la « Société des quatre Premières Nations hôtes » dans le but de mettre en valeur leur histoire et leurs coutumes tout au long de l'organisation des Jeux. Tewanee Joseph, membre de la nation Squamish, est placé à la tête de cette société qui obtient un siège dans le conseil d'administration chargé de superviser le COVAN..

Le comité d'organisation définit plusieurs buts afin de réaliser des « Jeux pour tout le Canada » : édifier un Canada plus fort, exalter l'âme de la nation et inspirer le monde entier grâce à l'organisation et à la tenue de Jeux qui laisseront un héritage durable.. Le COVAN a rassemblé une équipe de plus de , parmi lesquelles on compte , et , surnommés les « manteaux bleus » en raison de leur tenue..

Après la pandémie de Grippe A de 2009, les autorités locales craignent que l'afflux de milliers de touristes pendant les Jeux fasse de Vancouver un foyer actif de la maladie.. Un représentant de l'Organisation mondiale de la santé est envoyé sur place pour surveiller les foyers potentiels tandis que le COVAN encourage les membres de son équipe à se faire vacciner.. Les responsables de la santé en Colombie-Britannique augmentent le stock de médicaments antiviraux disponibles dans la province, alors que la vaccination des athlètes relève des comités olympiques de chaque pays..

Aspects économiques La construction des installations olympiques coûte un total de de dollars canadiens. L'État canadien et la province de Colombie-Britannique dépensent chacun de dollars canadiens, la somme supplémentaire étant principalement reçue sous forme de dons en nature.. L'investissement pour la ville de Whistler s'élève à de dollars canadiens, dont huit pour la construction du village olympique, financé en partie par la mise en place d'une taxe hôtelière dès 2003.. L'anneau olympique de Richmond coûte de dollars canadiens, l'aménagement du Parc olympique de Whistler et la construction de la piste du Centre des sports de glisse de Whistler . Une modernisation des installations de Whistler Creekside, accueillant les épreuves de ski alpin, est engagée à hauteur de de dollars. Le centre de ski de Cypress Mountain, construit en 1976, subit quelques travaux d'aménagements pour y accueillir les spectateurs, pour un montant de de dollars canadiens..

Le comité d'organisation finance les frais d'exploitation liés aux Jeux de Vancouver, qui s'élèvent à environ de dollars canadiens ( d'euros), soit près de trois fois moins que les Jeux de Turin en 2006. Le coût total des Jeux se rapproche néanmoins de de dollars canadiens si l'on prend en compte les multiples investissements durables liés à la modernisation des infrastructures et les dépenses consacrées à la sécurité. Les droits de retransmission télévisée rapportent et le marketing .

Au cours de ces Jeux assistent aux épreuves, un record dans l'histoire des Jeux d'hiver, avec environ de plus que lors du précédent record à Salt Lake City en 2002.. Ce nombre total de spectateurs représente une vente de 97 % des billets émis par le comité d'organisation. Le montant des recettes liées à la vente des billets s'élève à de dollars canadiens..

Marketing vignette|Cérémonie de dévoilement d'Ilanaaq, l'emblème des jeux, le 23 avril 2005 L'emblème des Jeux olympiques d'hiver de 2010 est inspiré de l'inukshuk, une sculpture de pierres utilisée comme point de repère par les Inuits dans les territoires nordiques glacés du Canada. Sélectionné par un jury international parmi , il est baptisé Ilanaaq, mot inuit qui signifie « ami ». L'emblème est composé de cinq formes de pierres aux couleurs des anneaux olympiques et symbolise l'espoir, l'amitié et l'accueil chaleureux.. Il reprend la forme de l'inukshuk érigé pour l'exposition spécialisée de 1986 et installé au cœur du Stanley Park de Vancouver. Le comité d'organisation adopte la devise « With glowing hearts/Des plus brillants exploits », mots tirés de l'hymne national canadien Ô Canada. Le président du Comité international paralympique (IPC) sir Philip Craven dévoile la signification de cette devise en évoquant et la De même, une identité visuelle propre aux Jeux de Vancouver est conçue en s'inspirant des couleurs caractéristiques de la région, teintes de bleu et de vert. Les bannières, la signalisation des sites ou les uniformes des bénévoles reprennent cette identité visuelle.