thumb|Squat RHINO avec la célèbre corne rouge
RHINO, acronyme de « Retour des Habitants dans les Immeubles Non Occupés », est le nom de l'un des plus célèbres squats de Genève (Suisse).
Emblématique du mouvement squat qui s'est développé à Genève dans les années 1980, sur fond de grave pénurie de logements et d'une spéculation immobilière galopante« La fin du squat emblématique de Genève », swissinfo, 24 juillet 2007, il occupe de 1988 à 2007 les immeubles situés au numéro 24 du boulevard des Philosophes et 12 et 14 du boulevard de la Tour, à quelques centaines de mètres du bâtiment principal de l'université de Genève. Il était identifiable par une gigantesque corne de rhinocéros rouge accrochée à sa façade le .
Histoire En , une association homonyme est fondée pour loger ses membres de « façon communautaire et économique » et promouvoir le bail associatif qui implique une participation active des habitants à la gestion de leur habitatChronologie partielle du projet RHINO. L'occupation de l'immeuble en était réservée qu'aux membres de l'association, qui pour empêcher toute dérive et les indésirables (dealers de drogue, marginaux, simples profiteurs etc) posèrent un digicode à l'entrée. On ignore également si les membres de ce collectif ont versé un loyer "juste" aux propriétaire de l'immeuble ou s'ils l'ont occupé gratuitement. Elle occupe les immeubles vides en . En 1990, un projet prévoyant la destruction d'une partie des bâtiments et des loyers élevés est rejeté par les autorités. En 1994, un autre projet échoue à la suite d'un recours de l'ASLOCA pour des loyers considérés comme trop élevés. En février et mai 1997, la ville puis le canton refusent de racheter les immeubles. Le , le département des travaux publics octroie une autorisation de construire, un bonus à la rénovation et une subvention pour un nouveau projet des propriétaires grâce auxquels les loyers nominaux resteraient modérés. L'association dépose une pétition pour dénoncer un projet « à caractère finalement spéculatif ». Des rencontres entre les représentants de l'association et les propriétaires pour proposer à RHINO de racheter les immeubles échouent en . En 2003, la ville passée à gauche tente d'acquérir les immeubles mais les propriétaires refusent.
L'association lance en une initiative populaire cantonaleTexte de l'initiative 132 « Pour la réalisation du projet RHINO en Ville de Genève » sur le site de l'État de Genève qui aboutit officiellement le avec signatures. Cette initiative, qui demande l'expropriation des immeubles et leur mise à disposition de l'association RHINO afin de créer une coopérative, est invalidée par le Grand Conseil ainsi que par le Tribunal fédéral dans un arrêt publié le ATF 133 III 593 .
L'association est dissoute sur une décision du Tribunal fédéral le à la suite d'une procédure judiciaire initiée par les propriétaires des immeubles et visant à démontrer que l'association poursuit des buts illicites. La Cour de justice du canton de Genève avait déjà prononcé la dissolution de cette association le , confirmant ainsi un précédent jugement du Tribunal cantonal de première instance. La fortune de l'association, , est confisquée par la justice et la gestion du squat RHINO est donc reprise par le « collectif Rhino », l'identité des membres de ce collectif n'a apparemment pas été publiée.
Le , le squat est évacué par la police genevoise sur ordre du procureur général de Genève Daniel Zappelli. Le quotidien La Tribune de Genève publie le une interview du rapporteur spécial de l'ONU sur le logement qui s'inquiète de la manière dont l'expulsion du squat a été réalisée« La manière dont l'évacuation de Rhino s'est effectuée me préoccupe » selon Millon Kothari interviewé par Jean-Yves Clémenzo dans La Tribune de Genève du 27 juillet 2007..
Le les squatteurs gagnent leur procès contre la Suisse devant la Cour européenne des droits de l'homme. La dissolution de l'association Rhino est jugée contraire à la liberté d'association protégée par l'article 11 de la Convention européenne des droits de l'hommeVictoire des squatteurs RHINO devant la Cour de Strasbourg. En , 5 ex-habitants de Rhino gagnent un procès de 15 ans intenté par le propriétaire, leur réclamant 14 millions de francs .
Disparue depuis l'évacuation du squat, la corne rouge de Rhino réapparait en 2025 dans un jardin de Chêne-Bougeries.
Le Bistr'ok et la Cave 12 RHINO abritait un restaurant peu onéreux, le Bistr'ok, ouvert à midi et le soir. Le squat a également accueilli occasionnellement diverses manifestations qu'elles soient musicales ou cinématographiques Musiques actuelles à Genève (p. 3), ainsi qu'une salle de concerts : la Cave 12. Cette dernière programmait régulièrement des types de musiques dites « expérimentales » Musiques actuelles à Genève (p. 1)Lire Homme en cave, interview de Fernando Sixto, programmateur de la Cave 12 dans Le Temps du 17 juillet 2007 tous genres confondus : électrique, acoustique, improvisée, composée, électronique, etc. La programmation de cette salle a été subventionnée par le département des affaires culturelles de la ville de Genève à hauteur de francs suisses par année entre 2003 et 2007 Subventions ponctuelles du département des affaires culturelles (p. IV-18).
À la suite de l'évacuation de RHINO, les programmateurs ont trouvé provisoirement asile au sein d'autres structures culturelles, comme l'AMR ou L'UsineRoderic Mounir, « La Cave 12 sans domicile fixe », Le Courrier, 24 juillet 2007.
Notes et références
Liens externes Site de la Cave 12 « La vie en squat », Viva, TSR, 31 janvier 1993 « Pas de café, pas de télé, pas de sexe », film de Romed Wyder, en grande partie tourné à Rhino en 1998
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