La zoothérapie (ou thérapie assistée par l’animal) désigne un ensemble de méthodes thérapeutiques non conventionnelles qui utilisent la proximité d'un animal domestique ou de compagnie, auprès d'un humain souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux pour réduire le stress ou les conséquences d'un traitement médical ou des problèmes post-opératoires. Le terme de zoothérapie regroupe deux concepts distincts : la Thérapie Assistée par l’Animal (TAA) et l’Activité Assistée par l’Animal (AAA). Lorsqu'elle utilise le cheval, il s'agit d'hippothérapie, d'équithérapie ou de thérapie avec le cheval selon l'approche proposée. Elle peut également se pratiquer avec d'autres animaux comme le chien (cynothérapie), le lapin, le chat, le dauphin (delphinothérapie), l'alpaga...

Plusieurs études tendent à confirmer les effets bénéfiques de la présence d’animaux auprès de différentes populations de tout âge et sur des troubles variés, tels que des troubles mentaux : autisme, démence, Alzheimer, anxiété, stress post-traumatique, etc. Toutefois un certain nombre d'études ont fait l'objet de critiques concernant leur manque de rigueur méthodologique pour prouver objectivement une efficacité comparée à l'effet placebo ou à une plus grande socialisation.

Histoire Au des animaux assistent les handicapés à Gheel en BelgiqueLivia Nocerini, La therapie assistée par l'animal, dossier publié dans , pages 28-32, juillet 2003.. En 1792, William Tuke fonde le York Retreat dans le Yorkshire en Angleterre, à cette époque les malades mentaux sont traités très durement, ils sont enchaînés, enfermés, battus. En leur proposant de s’occuper d’animaux il va s’apercevoir qu’ils peuvent se concentrer et se responsabiliser. Après la Première Guerre mondiale, le de New York utilise des chiens comme aide à la thérapie pour aider des soldats traumatisés. Toutefois, ce sont les infirmières qui ont implanté la pratique en milieu thérapeutique. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d'animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété [cette section demande à être étoffée].

C’est le psychiatre américain Boris Levinson qui va véritablement découvrir les possibilités du chien dans la thérapie en 1953. Cela va se faire par hasard grâce à son chien Jingles. Levinson reçoit un matin un appel émanant de parents désespérés car leur enfant autiste doit être interné dans un institut spécialisé. Il accepte de les recevoir et oublie que son chien est resté dans son cabinet (d’ordinaire celui-ci lui est interdit). Dès que le couple entre, Jingles se dirige vers l’enfant, le renifle, le lèche et alors là c’est un miracle, l’enfant complètement replié sur lui-même refusant toute communication avec le monde extérieur va se mettre à parler avec le chien, il demandera même à revenir pour le revoir. C’est ainsi qu’est né la (psychothérapie facilitée par l’animal). D’autres thérapeutes comme Friedmann, Katcher, Lynch, Thomas vont mettre en évidence les effets de l’animal sur la santé : le simple fait de caresser fait baisser la tension artérielle. Le Serpell de Cambridge a démontré que l’animal familier permet de vivre plus vieux et en meilleure santé avec chez les personnes âgées, une diminution des fractures du col du fémur. Voelker va prouver que l’animal suscite des réactions psycho-affectives positives et motive les personnes handicapées physiques, par exemple en le soignant. Il résulte une amélioration des capacités psychomotrices et un soutien psychologique. Des expériences d’introduction de chiens dans les prisons aux États-Unis ont eu comme résultat des détenus plus calmes, avec moins de dépression et d’agressivité.

Dans le monde Suisse En Suisse, depuis 1989, Pascal Bianchi, psychologue et zoothérapeute a dirigé plusieurs études sur les bienfaits, les troubles liés à la maladie d'Alzheimer et la répercussion favorable de l'animal pour les patients en soins palliatifs. Les résultats tendent à démontrer les effets physiologiques que provoque les petits animaux sont tout aussi important que ce que nous pouvons constater avec le chien. La formation en Suisse se déroule sur quatre ans avec des phases pratique et théorique.

Québec Dès les années 1990, il y a du mouvement au Québec en zoothérapie. Quelques acteurs font figurent de pionniers : l'Institut Canadien de zoothérapie (Montréal), l'Institut de zoothérapie du Québec (Québec, 1993), le Symposium de zoothérapie de l'hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine, Zoothérapie Québec, le module de thérapie assistée par l'animal de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (TAPA) ainsi que celui de l'hôpital Douglas. Le Québec voit aussi naître (et se dissoudre) le Groupe d’intervention et de recherche sur la relation humain-animal (GIRRHA). L'année 2001 est l'année de fondation de l'Association québécoise de zoothérapie, une association ayant pour objet de regrouper et soutenir les principaux acteurs de la zoothérapie au Québec dans l'exercice de leur métier. Dissoute en 2010, ses dernières années furent marquées par le démarrage de la Corporation des zoothérapeutes du Québec. (2006). La mission de la CZQ est de rassembler les professionnels pour faire connaître et reconnaître la zoothérapie en tant que profession exerçant avec un animal partenaire d'intervention en zoothérapie (APIZ). Tous les membres de la CZQ ont suivi une formation professionnelle en zoothérapie et exercent dans le respect du code de déontologie de la CZQ.. Toujours dans les années 2000, la Fédération d’équitation thérapeutique québécoise sera aussi créée. De plus, plusieurs programmes de formation privés se développent : formation en équitation thérapeutique à l’ITA de La Pocatière (programme autofinancé), École internationale de zoothérapie à Montréal, Zoothérapie Québec, Institut de zoothérapie du Québec à Québec, Amis-maux à Québec, Programme de formation professionnel en zoothérapie, Centre professionnel de zoothérapie, et Centre Humanimal.

Les curriculum de formation sont multiples et le nombre d'heures dispensées, variable. Le Québec connaît aussi alors l'essor de la pratique privée en zoothérapie ainsi qu'un intérêt grandissant du public. Ce n'est toutefois qu'en 2006 que le premier programme ayant une reconnaissance ministérielle (Ministère de l'éducation, du sport et du loisir) verra le jour au Québec. Il s'agit de l'Attestation d'études collégiales: Stratégies d’intervention en zoothérapie, offerte conjointement par le Cégep et l'ITA de La Pocatière. En 2010, l'AEC déménage son action vers la région de St-Hyacinthe. Les nouvelles cohortes s'y déroulent depuis. L'année 2013 démarre avec une autre première innovante : une nouvelle AEC en zoothérapie bâtie sur mesure à la réalité d'une seule discipline : l'éducation spécialisée. Toujours offerte par le Cégep de La Pocatière, cette formation permet le maillage étroit entre la technique d'éducation spécialisée et l'intervention assistée/facilitée par l'animal . Adaptation : Emmanuelle Fournier Chouinard (2010) AEC stratégies d'intervention en zoothérapie, Informations relatives à la fonction de travail 351-ZA0-LP.. La première formation est créée en 2001 par Arielle Berghman, zoothérapeute.. Son concept d'enseignement de la zoothérapie en trois volets. : psychologie humaine-animale-zoothérapie, est reprise depuis dans la plupart des écoles de formation.C'est également la première clinicienne à utiliser l'identité individuelle de l'animal en corrélation directe avec la problématique du patient. La Corporation des Zoothérapeutes du Québec reste aujourd'hui le plus ancien et le plus grand regroupement de zoothérapeutes professionnels indépendants à travers le Québec et les provinces avoisinantes. À ce jour, seul l'AEC de La Pocatière, l'AEC de Saint-Hyacinthe, ainsi que le programme Synergie plumes et poils sont reconnues par la CZQ.

France En France, l'usage de la notion de zoothérapie est restée longtemps extrêmement controversée. Le débat vif engagé sur la notion de entre soignant et non soignant a conduit les professionnels à lui préférer les notions de médiation animale ou d'activités associant l'animal.. Se servir du concept de A.A.A. permet de différencier avec plus de précisions les objectifs de la rencontre entre l'homme et l'animal. : Les AAA sont associées à une intentionnalité, celle d’associer l’animal à un projet professionnel et/ou une compétence spécifique qu’il soit éducatif (AAA-E), social (AAA-S), thérapeutique (AAA-T) ou de recherche (AAA-R)Définition de l’AFIRAC : http://www.afirac.org et du GRETFA. Ce débat a conduit à un paradoxe : la zoothérapie pratiquée au Canada correspond en France aux Activités Associant l'Animal à visée thérapeutique. Mais en France, la zoothérapie correspond souvent à des Activités Associant l'Animal dont l'objectif serait thérapeutiqueComparaison des définitions de la FITRAM, AFIRAC et celles de Zoothérapie sur passeportsante.net.

Depuis , l'EAPAC (Éthologie Appliquée aux Animaux de Compagnie) est accrédité par l'État pour délivrer le diplôme de Comportementaliste-Médiateur pour Animaux de CompagnieArrêté du 27 novembre 2012 portant enregistrement au Répertoire National des Certifications Professionnelles par le ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, chargé de la formation professionnelle et de l’apprentissage.http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=18042. Auparavant la formation initiale de l'intervenant n'était pas une spécialisation reconnue officiellement.

L'association française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie (AFIRAC - une association appartenant à l'industrie des fabricants d'animaux) a été créée en 1976 avec pour objectif d'étudier le phénomène social que constitue la cohabitation entre l'animal familier et l'homme et de répondre aux questions suscitées par cette vie en commun. Elle a été présidée par le docteur vétérinaire Ange Condoret, le Professeur Hubert Montagner chercheur à l'Inserm, et depuis 2001, le docteur Didier Vernay, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand. La Fédération internationale de thérapie et de relation d’aide par la médiation. réunit des professionnels et des associations de la santé en vue de proposer une assistance par la médiation notamment animale aux personnes en mal être au sens large. La Fédération vise à garantir la qualité de ce type de thérapie au niveau européen et a été reconnu en tant qu'ONGI au sein du Conseil de l'Europe en 2007. Elle est à ce jour le seul organisme à avoir obtenu une reconnaissance supra étatique.

Belgique

Animaux sollicités Cheval et qui induisent des formations différentes : Équithérapie : Soin psychique médiatisé par le cheval. Thérapie avec le cheval (TAC) L’hippothérapie constitue une forme de physiothérapie qui tire profit des mouvements du cheval au pas..

Chien

vignette|Un jeune en entraînement Le chien n'incarne pas le rôle de thérapeute, mais simplement celui de médiateur afin de participer au mieux-être des individus. Dans les hôpitaux, la chaleur de sa fourrure, sa présence affectueuse, son contact physique vont aider le thérapeute à améliorer l’état physique des malades en améliorant leur état moral. Dans les maisons de retraite, il rassure par sa spontanéité et sa sincérité, il sécurise, il permet de communiquer avec les autres, il permet de renouer avec la vie et d’avoir un but, il redonne confiance en soi, et comble le vide.