Un pow-wow est un rassemblement d'Autochtones d'Amérique. Il s'agissait traditionnellement d'un événement de célébration afin de se rassembler, et pour chacun de se rapprocher du noyau de la communauté et d’échanger en famille et entre amis annuellement après des longues périodes d'absences ou lors de célébration d'exploits guerriers. Aujourd'hui, il existe un véritable « circuit » des pow-wow qui sont devenus des manifestations festives et une occasion pour les Autochtones de faire vivre leur héritage culturel. Le pow-wow représente une fête de la rencontre et est toujours vu par les Autochtones comme un moment privilégié pour se rapprocher de la communauté. Histoire vignette|upright=1.3|Pow-wow omaha, 1983. Étymologie Le mot « pow-wow » est un dérivé du mot pau wau ou pauau, qui désigne un guide spirituel, une personne-médecine ou un rassemblement de meneurs spirituels dans la langue algonquienne. Les Américains d'origine européenne ont cru que ce mot représentait tout rassemblement autochtone. et ils ont déformée sa prononciation en pow-wow. Finalement, apprenant la langue anglaise, les Natifs américains ont eux aussi commencé à utiliser ce terme, avec sa nouvelle prononciation et son nouveau sens..

Origine Plusieurs sources indiquent que les pow-wow prennent racine dans une cérémonie religieuse des Pawnees, et qu'elle était pratiquée il y a au moins 2 siècles. Les guerriers se réunissaient pour danser et célébrer leurs exploits et leur bonne fortune. Cette coutume aurait été reprise par la nation des Omahas, et se serait ensuite répandue aux autres nations natives américaines des grandes plaines. D'autres sources affirment que les pow-wow prennent leur origine dans une cérémonie faite par la Société de Guerriers appelée Grass Dancers.

Les premiers pow-wow modernes sont apparus il y a environ un siècle dans les réserves amérindiennes du Nord-Ouest des États-Unis et de l'Ouest canadien.

Répression des danses autochtones au Canada et aux États-Unis Les danses autochtones étaient mal perçues par les non-autochtones, qui y voyaient des danses de guerre. De plus, il était évident que ces cérémonies et ces danses jouaient un rôle majeur dans l'identité et la culture des Premières Nations, et qu'elles rendaient leur assimilation plus difficile, c'est pourquoi elles ont été la cible de répression par les gouvernements américains et canadiens.. Les dirigeants des églises chrétiennes, quant à eux, s'opposaient avec force à toutes croyances religieuses traditionnelles et à leurs manifestations, telles les cérémonies et les danses.

Répression au Canada Au Canada, les danses traditionnelles autochtones furent réprimées par le gouvernement pendant des décennies. L'amendement de 1880 apporté à la Loi sur les Indiens interdisait aux Natifs américains d'organiser, de participer ou même d'assister à une cérémonie traditionnelle appelée Potlatch ou à une danse appelée Tamanawas, sous peine d'incarcération.. L'amendement de 1895 apporté à la même loi étendait cette interdiction pour y inclure, entre autres, toute danse, cérémonie ou festival natif américain durant lesquels les participants pouvaient recevoir des dons (tradition du « give away »).

vignette|gauche|alt=Pow-wow en 1900|Hommes et femmes Nez-Percés et Umatillas, réunis pour un pow-wow en 1900.

À la suite de cet amendement et des répressions sévères qui en ont résulté, des leaders autochtones ont tenté de négocier avec le gouvernement canadien pour obtenir le droit de danser, promettant entre autres que les danses n'impliqueraient pas de cérémonie de dons, et qu'elles seraient écourtées pour se conformer aux jours traditionnels de repos des non-autochtones, soit les fins de semaine.

C'est ainsi que les danses ont repris sur les réserves, et comme cela attirait les touristes, les organisateurs de différentes foires et expositions ont encouragé la tenue de pow-wow lors de leurs événements, offrant des rations de nourriture ou de l'argent aux Amérindiens participants et à ceux qui exposaient des tipis.. Ils organisaient des compétitions de danses et offraient des prix pour les plus belles regalia traditionnelles.

Ces changements ont permis de préserver des traditions, comme l'artisanat autochtone, la confection de vêtements en peau et le travail de perlage, et ont introduit la présence de compétitions dans les pow-wow. De nombreuses expositions au Canada ont ainsi encouragé les danses autochtones jusqu'à ce qu'un autre amendement soit apporté à la Loi sur les Indiens en 1914, interdisant cette fois les danses ou le port des vêtements de danse traditionnels en dehors des réserves sous peine de sanctions criminelles. Finalement, lors de l'amendement de 1925, le gouvernement canadien a interdit les pow-wow, la Danse du Soleil et la cérémonie de la tente à sudation..

Mais pendant ces années, et en dépit de ces menaces, des Amérindiens continuaient à pratiquer leurs danses en secret, et ont pu ainsi garder la tradition vivante.

Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs vétérans de guerre canadiens d'origine amérindienne ont demandé des changements dans la loi, notamment la liberté de religion et le droit de pratiquer leurs cérémonies et leurs danses traditionnelles. De plus, l'opinion de la population canadienne en général concernant les autochtones avait changé. En 1951, une refonte en profondeur de la Loi sur les Indiens fut faite, et parmi les changements qu'elle comportait, elle permit aux autochtones de tenir des pow-wow et des cérémonies en toute légalité au Canada.

Répression aux États-Unis Le gouvernement américain a interdit les danses amérindiennes de 1880 à 1934.

Festivals culturels vignette|Danseurs de Grass Dance lors d'un pow-wow à Seattle en 2010. Alors qu'il s'agissait à l'origine d'une manifestation guerrière ou spirituelle, les pow-wow ont pris une tournure festive et culturelle. Les pow-wow modernes sont généralement « intertribaux », c'est-à-dire que tout le monde peut participer. Ils sont aussi l'occasion d'organiser des concours de danse ou des foires pour l'artisanat traditionnel. Il semblerait que les pow-wow soient devenus l'un des principaux moyens de l'expression de l'identité amérindienne et de la sauvegarde de leurs cultures. Organisés tout d'abord dans les réserves, les pow-wow se sont multipliés et on en trouve par exemple dans les universités.

À Window Rock, en Arizona, le pow-wow de la fête de la nation navajo réunit chaque année des Indiens venus de tout le pays. Un jeune Cree, en costume traditionnel de parade, tient le drapeau des États-Unis comme pour revendiquer également son appartenance à l'Union.

La mairie d'Ornans, en Franche-Comté Le Pow-Wow - Site de l'association Four Winds., en France, avec l'aide de l'Association Four Winds, organise tous les deux ans un pow-wow. Une cinquantaine d'amérindiens de différentes nations (Navajo, Lakota, Apache, Arapahoe, Seneca, Algonquins, etc.) font alors le déplacement pour célébrer leur pow-wow sur d'autres terres que les leurs. Cet événement unique en Europe a eu lieu pour la première fois en 1998 à Lausanne (Suisse). Depuis il a lieu en France. Appelé Danse avec la Loue, ce pow-wow établit un véritable pont entre deux cultures, deux histoires, avec un seul objectif : partager.

Organisation vignette|gauche|alt=Pow-wow en 2002|Pow-wow aux États-Unis, en 2002. Lieu : Les pow-wow peuvent se dérouler à l'intérieur, dans un gymnase par exemple, comme en plein air. Bien qu'il y ait des différences d'un site à un autre, on retrouve habituellement un cercle central où se déroulent les danses, appelé aréna de danse. Un espace particulier est réservé au comité organisateur, au directeur d'aréna, au maître de cérémonie et aux groupes de chanteurs. Des sièges pour les danseurs et leurs familles sont normalement situés à un endroit distinct du lieu où peuvent s'installer les visiteurs. Finalement, autour de ces espaces, des vendeurs d'artisanat et de nourriture s'installent pour vendre leurs produits. Comité organisateur : L’évènement est organisé par un comité qui doit planifier et organiser les aspects importants du pow-wow plusieurs mois à l'avance. Directeur d'aréna : Il est responsable du pow-wow. Il s'assure que les danseurs soient présents lors de leurs danses respectives, et que les chanteurs sachent quelle sorte de chants performer. Il est responsable des cérémonies particulières qui peuvent avoir lieu pendant le pow-wow, par exemple lorsqu'une plume d'aigle tombe par terre. Finalement, il s'assure que l'aréna de danse et les espaces réservés soient respectés par les visiteurs. Maître de cérémonie : Souvent appelé « MC », il parle au micro en s'adressant à tous et assure ainsi la cohésion à l'évènement. Il garde le public et les participants au courant de ce qui se passe, en annonçant les danses à venir ou en expliquant les traditions. Il est celui qui effectue les tirages et les compétitions spéciales. Les maîtres de cérémonie sont réputés pour leur humour et leurs appels à stimuler la foule ou les danseurs ..

Déroulement d'un pow-wow Le déroulement d'un pow-wow obéit à des règles strictes et à une étiquette.

vignette|alt=Grande Entrée|Porteurs de drapeaux et de staffs lors de la Grande Entrée au Lake Superior Chippewa Pow Wow sur la Réserve Indienne Grand Portage en 2009. Un pow-wow commence par une cérémonie appelée la Grande Entrée, qui consiste en un défilé d'ouverture. Au son des chants et des tambours, les porteurs de staff (bâton orné représentant une tradition) ouvrent la grande entrée et sont suivis par les porteurs de drapeaux, les vétérans, les head dancers (meneurs de danse), et finalement tous les danseurs qui participeront au pow-wow. Une fois tous les danseurs présents dans le cercle de danse, les chanteurs exécutent deux chants d'honneur, soit un pour honorer les drapeaux, et l'autre pour honorer les vétérans. La Grande Entrée est clôturée par une prière faite par un aîné ..

Plusieurs styles de danses se succèdent, les invités étant invités à participer à l'occasion de danses spécifiques, dites intertribales.

Il y a deux sortes de pow-wow : les pow-wow de compétition, et les pow-wow traditionnels. Dans un pow-wow de compétition, les meilleurs groupes de chant et les meilleurs danseurs sont sélectionnés par des juges et se méritent un prix en argent. Afin d'attirer l'attention des juges, les danseurs ont tendance à porter des regalia plus flamboyants. Les pow-wow traditionnels ne comportent pas de compétition, et mettent plus l'accent sur les cérémonies, les anciennes traditions et l'aspect spirituel..

Il est déconseillé d'utiliser le mot « costume » pour décrire les vêtements portés par les danseurs de pow-wow. Ce mot déplaît aux danseurs car il rappelle trop le fait « d'être costumé », et cette référence est offensante, car le danseur n'est pas en train de jouer un rôle, il est en train d'honorer qui il est. Le terme généralement utilisé pour les vêtements portés par les danseurs de pow-wow est regalia.. Ces vêtements sont uniques, souvent confectionnés par le danseur ou sa famille, et ils revêtent une importance et une symbolique particulière, en plus d'un aspect sacré. Pour respecter l'étiquette des pow-wow, il faut se garder de les toucher sans la permission des participants.

Les danses Les danses de compétition ou d'exhibition sont classées en catégorie selon le style de danse et l'âge des danseurs. Bien qu'il existe de nombreux styles de danse, les plus répandus à travers l'Amérique du Nord sont les suivants:

Les danses d'hommes vignette|gauche|alt=Danseurs traditionnels|Danseurs traditionnels au Last Chance Community Pow Wow, en 2007, à Helena au Montana.