Il n'existe pas de recensement officiel en matière de religion en Algérie. Il est estimé que l'islam est la religion de 98 % des Algériens. L'article 2 de la Constitution algérienne en fait la religion de l'État définie conformément à la référence religieuse algérienne. Le droit à la liberté de conscience et d'opinion sont inscrits dans la constitution algériennePrêtre en Algérie:40 ans dans la maison de l'Autre, Bernard Janicot, KARTHALA Éditions, Jan 1, 2010 - 200 pages, .Religion et droit dans les pays arabes, Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, Presses Univ de Bordeaux, Jan 8, 2009 - 592 pages, . qui ne mentionne pas la liberté religieuse. Cependant, d'autres lois garantissent aux non-musulmans de pratiquer leurs rites religieux, dans les limites de certaines réglementations et une loi de 2006 interdit le prosélytisme - visant des musulmans et ayant pour but leur conversion à un autre culte - et la pratique d'autres cultes en dehors des édifices religieux autorisés.

Vue d'ensemble D'après le World Factbook de la CIA, l'islam est la religion de 99 % des Algériens , une autre source l'estime à 98 %.

D'après une étude réalisée en 2020 par le Pew Research Center, la répartition globale des religions en Algérie est la suivante Religious Composition by Country, 2010-2020 : Islam : 98,4 % Sans religion : 1,3 % Autres : 0,3 %

Histoire récente L'islam algérien, en particulier la variété réformiste nationaliste défendue par Abdelhamid Ben Badis et son groupe des oulémas musulmans algériens, a fortement influencé idéologiquement le FLNMohammed Harbi, « Le FLN, mirage et réalité des origines à la prise du pouvoir (1945-1962) (compte rendu) », Gérard Chaliand, Politique étrangère, 1981, volume 46, numéro 1, pp. 231 – 232.. Le mouvement rejetait absolument l'athéisme et n'était pas ouvertement laïque, contrairement à la perception largement répandue à l'ouest. Ainsi, pendant la guerre d'indépendance, l'islam fut peut-être l'idéologie mobilisatrice la plus importante du parti.

Pourtant, après l'indépendance, le parti unique, dans la pratique, admettra une interprétation moderniste de l'islam, soutenant la transformation sociale de la société algérienne et fonctionnera par le biais d'institutions laïques. Aux termes de l'article 4 de la constitution algérienne de 1963, suspendue en 1965, l’Islam était bien défini comme « la religion de l’Etat », mais était relégué dans la pratique au rôle de facteur de légitimation pour le parti-régime. Cela était particulièrement le cas sous la présidence du colonel Houari Boumédiène (1965-1978), mais même alors, l'islam était considérée comme la religion d'État et comme une partie cruciale de l'identité algérienne, et Boumédiène était lui-même fier de sa formation coranique. Son prédécesseur Ahmed Ben Bella (1962-1965) avait été plus attaché à la composante islamique du régime, bien que toujours considérée davantage comme un nationalisme arabe qu'un activisme islamique.

Le successeur de Boumédiène, le colonel Chadli Bendjedid (1979-1992) voulut atténuer l'aspect socialiste du mouvement, et au cours de la seconde moitié des années 1980, il réintroduisit une législation religieuse conservatrice dans une tentative d'apaiser l'opposition croissante des islamistes. Pendant et après la guerre civile algérienne des années 1990, la position du FLN est restée identique : proclamant l'islam algérien comme une influence principale, tout en faisant valoir simultanément que cette influence doit être exprimée comme une foi progressiste et moderne, même si le parti reste globalement en ligne avec les mœurs sociales conservatrices de la population algérienne. Il a fermement condamné les enseignements religieux radicaux fondamentalistes du Front islamique du salut (FIS) et d'autres groupes islamistes, tout en soutenant l'inclusion de partis islamistes non violents dans le système politique et en collaborant avec eux.

Depuis les années 1990, la tendance à l'islamisation de la société et au recul de la sécularisation se poursuit. En 2013, un décret élargit les fonctions de la mosquée qui « n’est plus uniquement un lieu de culte religieux, mais également « une institution religieuse et sociale qui assure une mission de service public. Il lui est donné pour objectif de promouvoir les valeurs de la religion musulmane » (art.2). Ses fonctions sont élargies « dans la vie spirituelle, éducative, scientifique, culturelle et sociale de la vie de la Oumma. » (art.4). L'article 9 qui réglemente la fonction sociale de la mosquée, précise que celle-ci « consiste notamment : au règlement des différends entre les citoyens ; au développement du sens civique, de l’esprit citoyen et de la solidarité sociale », texte en contradiction avec la Constitution algérienneYazid Haddar, En Algérie, une islamisation rampante, nouvelobs.com, 5 janvier 2014. En ce qui concerne l'éducation notamment dans le préscolaire, de plus en plus de familles confient leurs enfants (entre 4 et 5 ans) « aux imams, sans aucune pédagogie d’enseignement, ni de connaissances sur la psychologie de l’enfant, ni un environnement propice pour une scolarisation adéquate ».

Alors même que les islamistes jouent un rôle moindre sur la scène politique algérienne, le salafisme quiétiste progresse au sein de la société, avec le consentement du pouvoir. Ainsi, en 2017, une source au sein du ministère des Affaires religieuses indiquait au quotidien El Watan qu'un tiers des imams de la République sont salafistes. Pour Haoues Seniguer, « l’État algérien joue le jeu du conservatisme religieux et s’en satisfait du moment que ce salafisme quiétiste n’est pas contestataire du point de vue politique »Leïla Mignot avec Bastien Massa, Que reste-t-il de l’islam politique en Algérie ?, lorientlejour.com, 14 mars 2019.

En , le président Abdelmadjid Tebboune a accordé la nationalité algérienne à Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger.

Selon un rapport de la Commission des États-Unis sur la liberté religieuse internationale (Uscirf) d', le gouvernement algérien ». Aussi au début de l'année 2025, les États-Unis ont placé l’Algérie, sur une liste de surveillance spéciale pour de .. Alors que le ministre des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, a affirmé que « la liberté de culte est garantie dans le respect de la loi » lors d'une rencontre en présence de l'archevêque d'Alger, ainsi que de l’ambassadrice des États-Unis à Alger.

En , lors d'un voyage dans quatre pays africains, le pape Léon XIV devient le premier souverain pontife de l'histoire à visiter l'Algérie ; sa visite se conclut dans la ville d'Annaba, ancienne Hippone dont saint Augustin fut l'évêque au IV siècle.

Religion et État Droit

La constitution algérienne prévoit la liberté de croyance et d’opinion. Elle déclare l’islam comme religion d’État, et comme d'autres constitutions récentes des pays arabes, elle ne fait pas mention de la liberté religieuseDroit et religion en pays arabe, op.0 cit., . Mais d'autres lois et règlements disposent que les non musulmans sont libres de pratiquer leurs rites religieux, à condition que cela se fasse en conformité avec les lois et dans le respect de l’ordre public et de la moralité. L’ordonnance n° 06-03 du fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulman.

Toutefois, le , le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, suscite l'étonnement en déclarant, en tant que président du HCI, qu', qualifiant les non-musulmans de qu'il convient d'« L’Algérien ne peut être que musulman », selon Ghlamallah, site observalgerie, 6 mai 2021..

École L'école algérienne est obligatoire pour tous les citoyens et cela inclut « l'éducation islamique » (primaire et collège) et la « charia » (au lycée). La loi interdit la diffusion de messages religieux prônant la haine ou prêchant la violence. L'enseignement islamique en école publique a pour objectif de donner aux jeunes gens une base de connaissances religieuses musulmanes.

Loi contre le prosélytisme non-musulman

Le parlement d’Algérie a adopté le lundi une loi prévoyant des peines de prison pour toute tentative de « convertir un musulman à une autre religion ». Auparavant elle avait été approuvée le par l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse).

Elle prévoit des peines de 2 à 5 ans de prison et une amende de à de dinars ( à euros environ) contre toute personne qui « incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion ».

La loi prévoit des sanctions similaires contre toute personne qui « fabrique, entrepose, ou distribue des documents imprimés ou métrages audio-visuels ou tout autre support ou moyen, qui visent à ébranler la foi musulmane ».

Poursuites, condamnations et censure pour motifs religieux De à , on dénombre plusieurs interpellationsAlgérie : Un individu arrêté pour atteinte à l’islam sur les réseaux sociaux, site observalgerie.com, 5 mai 2021. et au moins cinq condamnations pour motifs religieux à de la prison, à KhenchelaYacine Mebarki Condamné à un an de prison, site liberte-algerie.com, 25 novembre 2020., à BoumerdèsLe jeune Mourad Mecheri condamné à 2 ans de prison pour offense à l'islam, site liberte-algerie.com, 1er décembre 2020., à Tizi OuzouQuatre ahmadites condamnés et 27 autres relaxés, site liberte-algerie.com, 22 décembre 2020., à Sétif: trois ans de prison pour l’auteur de «mèmes» moquant le pouvoir et l’islam sur le ParisienHirak : Walid Kechida quitte la prison sur El Watan et à BéjaïaKabylie : Un chrétien orthodoxe condamné à de la prison ferme à Bejaïa, site observalgerie.com, 13 mars 2021. et deux poursuites judiciaires, dont l'une concerne l’universitaire et islamologue Saïd Djabelkhir, condamné le à trois ans de prison pour . Sa condamnation suscite une vague d'indignationAlgérie : Un étudiant de 19 ans poursuivi pour atteinte au prophète de l’islam, site observalgerie.com, 27 mars 2021.L’islamologue Saïd Djabelkhir condamné à 3 ans de prison, site observalageri.com, 22 avril 2021.Condamnation de Saïd Djabelkhir : Vague d’indignation et élan de solidarité, site observalgerie.com, 22 avril 2021.

Jugée en appel, la militante Amira Bouraoui est condamnée le à deux ans de prison pour Amira Bouraoui condamnée à la prison ferme et une forte amende, site tsa-algerie.com, 4 mai 2021..

En Kabylie, les personnes qui s'affranchissent de la pratique religieuse durant le ramadanEn Algérie, un déjeuner "contre l’islamisation" en plein ramadan, lemonde.fr, 4 août 2013 subissent la répression du gouvernementSihem Khazi-Tani,Algérie: ramadan par la force en Kabylie, lexpress.fr, 10 juin 2017 et peuvent être condamnés à des amendes ou à de la prison ferme en vertu d'une disposition spéciale du code pénal algérien, l'article 144 bis 2, « qui prévoit des sanctions en cas d’offenses envers le Prophète ou les préceptes de l’islam »C. Dubruelh, Ramadan : ce que risquent les « déjeûneurs » au Maghreb, jeuneafrique.com, 8 août 2011En Algérie, les non-jeûneurs risquent jusqu’à 5 ans de prison ferme, site observalgerie.com, 18 avril 2021.

La censure en Algérie s'opère dans le domaine de la littérature notamment pour des motifs religieux. Ainsi, lors de la en 2010 du salon international du livre d'Alger (SILA), Rachid Hadj-Nacer, directeur du livre et de la lecture publique au ministère de la Culture, indique que sont interdits car ces ouvrages auraient un lien avec la religion.. En , Les Derniers jours de Muhammad de l'universitaire tunisienne Hela Ouardi est interdit à la vente par les autorités de Béjaïa, où les censeurs considèrent qu'il est ..

Islam thumb|Mosquée de l'Émir Abdelkader à Constantine.

D'après le World Factbook de la CIA, l'islam est la religion de 99 % des Algériens, une autre source l'estime à 98 %. L'État algérien en a fait la religion d'État.