Le de chasseurs alpins, surnommé le « 7 », est une unité d'infanterie de l'armée française spécialisée dans le combat en montagne. Basé à Bourg-Saint-Maurice, puis à Varces-Allières-et-Risset, il fait partie de la d'infanterie de montagne.

Historique Création et premières campagnes Le « 7 » fait partie des dix premiers bataillons de chasseurs à pied créés en 1840. au camp d'Helfaut, près de Saint-Omer, par Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils du roi . Lors des premières années de son existence, le bataillon est basé successivement à Saint-Omer, Strasbourg, Besançon, Metz, Paris et Aix-en-Provence.

En 1842, comme tous les autres bataillons, il prend l'appellation de « bataillon de chasseurs d'Orléans » en hommage à son créateur mort accidentellement. Cette dénomination est abandonnée en 1848 à la suite du retour de la République en France, le terme « d'Orléans » étant jugé trop royaliste.

En 1850, le régiment est en garnison à Paris, son dépôt est à Douai.

En 1851, le bataillon se rend à Rome où il séjourne dix-huit mois en renforcement du corps expéditionnaire de la Méditerranée que Louis-Napoléon Bonaparte avait envoyé en 1849 en protection du pape menacé par les débuts du Risorgimento.

De 1853 à 1855, il participe à la campagne d'Algérie. À l'issue de ses combats en Algérie, le « 7 » n'a pas l'occasion de rentrer immédiatement en France. Il est en effet envoyé en Crimée de 1855 à 1856. Il participe alors à la bataille de Sébastopol et gagne la première décoration de son fanion.

De retour en France, le bataillon stationne à Vincennes puis retourne à Strasbourg et Besançon.

En 1862, il est appelé à faire campagne au Mexique où il combat pendant cinq ans. Les hauts faits d'armes de ses vingt premières années lui valent les paroles actuelles de son refrain :

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vignette|gauche|Le à Antibes, photographié par Jules David en 1902 vignette|gauche|L'embarquement du pour le Maroc vu par Le Petit Journal. À l'issue de son séjour en Amérique centrale, le bataillon s'installe à Toulouse puis rejoint à nouveau Vincennes. C'est là qu'en 1870, il est mobilisé pour la guerre de 1870 au cours de laquelle il s'illustre lors des batailles de Borny-Colombey et de Saint-Privat ainsi que pendant le siège de Metz. De 1871 à 1881, dans les garnisons de Marseille, d'Ajaccio et de Digne-les-Bains, le « 7 » connaît une période d'accalmie avant de participer à la conquête de la Tunisie. En 1888, il est l'un des douze bataillons choisis pour se spécialiser dans le combat en montagne. Il prend alors l'appellation de « alpin de chasseurs à pied »Loi du , Journal Officiel de la République Française.. Il passe ses premières années d'alpin dans les garnisons de Nice et Antibes d'où il rejoint chaque été les terrains de manœuvre en montagne à la marche.

En 1913, le « 7 » prend part à la campagne du Maroc au cours de laquelle il a l'occasion de combattre sous les ordres du général Lyautey. À son retour en France, le bataillon s'installe à Draguignan, dans le département du Var.

Première Guerre mondiale Affecté au d'armée, le est envoyé en Alsace où il connait ses premiers combats entre le col du Bonhomme et le col de Saales. Il libère la ville de Sainte-Marie-aux-Mines. À la fin de l'année 1914, il est engagé dans la course à la mer et se retrouve dans la Somme puis en Belgique à Poperinghe et à Ypres. De retour dans les Vosges de à , il s'illustre lors de la prise de l'Hartmannswillerkopf puis lors du combat de l'Hilsenfirst où la « fait Sidi-Brahim » sous le commandement du capitaine Manhès et enfin dans la bataille du Linge. Dans le courant de l'année 1916, les « bataillons alpins de chasseurs à pied » deviennent « bataillons de chasseurs alpins ». D' à , le « 7 » participe à la bataille de la Somme puis à celle du Chemin des Dames. L'hiver 1917-1918 se déroule sur le front italien où le bataillon renforce l'armée italienne contre l'Empire austro-hongrois. Après un bref retour en Belgique au printemps, il combat en Champagne puis est de l'offensive finale à partir du mois d' jusqu'au où il apprend la nouvelle de l'armistice dans le village d'Étrœungt dans le département du Nord. Au prix d'environ sur la totalité de la guerre, le « 7 » dans son ensemble et certaines compagnies en particulier reçoivent six citations à l'ordre de l'armée, une à l'ordre du corps d'armée, trois à l'ordre de la division et une à l'ordre de la brigade. Ses actions valent au bataillon d'être décoré de la croix de guerre 1914-1918 et de recevoir le droit de porter la fourragère aux couleurs de cette même croix.

Entre-deux-guerres vignette|Chasseurs du lors d'une course à ski à Pontarlier le . Après la guerre, le bataillon est envoyé en Rhénanie où il stationne pendant un an avant de partir en Haute-Silésie jusqu'en 1922. À son retour de Pologne, le lieu de sa garnison devient Albertville dans le département de la Savoie où il reste seulement cinq mois. En effet, en 1923, il fait partie des troupes envoyées par la France pour occuper la Rhur en représailles des retards de paiement des indemnités de guerre imposées à l'Allemagne par le traité de Versailles. Le « 7 » revient à Albertville en pour dix-neuf mois. En , une révolte en Tunisie provoque l'envoi de troupes dont le bataillon fait partie. Il reste sur place jusqu'en de la même année, date à laquelle il « repose ses valises » à Albertville, cette fois pour longtemps. En effet, après de nombreuses années de campagnes et de combats, le bataillon va enfin profiter d'une longue période d'accalmie. Reprenant contact avec la montagne, il s'instruit sur les nouveaux matériels, techniques et savoir-faire apparus depuis et participe chaque année à de grandes manœuvres régionales.

Seconde Guerre mondiale vignette|redresse=1.0|Le commandant Soutiras. Au printemps 1939, le bataillon prépare la défense de son secteur face à une éventuelle invasion italienne. Mais lorsque survient la déclaration de guerre il est envoyé en Alsace où il connaît la drôle de guerre. Mais au mois de , au sein de la d'infanterie alpine, il doit faire face à l'invasion allemande. Déployé le long de l'Aisne, le « 7 » est chargé d'y protéger les points de passage. Le , les Allemands déclenchent la bataille de l'Ailette. Faisant partie des éléments chargés de la contre-attaque, le bataillon se déplace à Pinon. Mais l'attaque de la Wehrmacht est terrible et le bataillon est encerclé et subit de lourdes pertes. Comme sur l'Hilsenfirt en 1916, plusieurs compagnies « font Sidi-Brahim ». Le commandant Soutiras, chef de corps, parvient à faire décrocher ses hommes et à organiser un repli quelques kilomètres en arrière. Mais ils sont rattrapés et à nouveau encerclés. Après de nouveaux combats, les quelques survivants sont capturés. Le commandant Soutiras est tué en tentant de s'évader. Le général Strauß, commandant les troupes allemandes, est impressionné par le comportement des chasseurs alpins au combat et rend les honneurs militaires aux survivants. Cependant, la section d'éclaireurs-skieurs du bataillon qui est restée dans les Alpes continue à se battre. Elle est chargée d'empêcher le passage des Italiens au niveau du col de la Seigne. Aux côtés de sections d'éclaireurs-skieurs, d'autres bataillons de chasseurs et des bataillons alpins de forteresse, elle parvient à repousser les avances ennemies jusqu'à la fin du mois de juin. Après l'armistice, malgré l'arrivée d'hommes en provenance des et alpins de forteresse récemment dissous, le « 7 » ne compte plus assez d'effectif et disparaît à son tour.

Dès la fin des combats de 1940, la résistance commence à s'organiser. Dans le Beaufortain et en Tarentaise des anciens du , des et et d'autres bataillons alpins s'organisent en maquis. Les adjudants-chefs Goetz et Bonvin, survivants de Pinon prennent en charge le secteur de Tarentaise, pendant que le lieutenant Bulle, ancien des bataillons de forteresse et commandant la du « 7 » au moment de l'armistice, se charge du secteur du Beaufortain. Après d'importants parachutages à La Plagne et sur le col des Saisies, les deux maquis fusionnent et réalisent la libération de la Tarentaise et d'Albertville. Prenant l'appellation de « bataillon Bulle », l'unité entreprend la conquête du col du Petit-Saint-Bernard. En , le de chasseurs alpins est officiellement recréé sur la base du « bataillon Bulle ». Au printemps, après d'importants combats sur les abords du Petit-Saint-Bernard en compagnie du , le « 7 » parvient à s'emparer du col et à occuper le Val d'Aoste. Le , le bataillon se réinstalle en vainqueur dans son ancienne garnison d'Albertville mais se prépare déjà à son prochain départ.

En septembre il est envoyé en Autriche qui, à l'instar de l'Allemagne est divisée en zones d'occupation américaine, française, britannique et soviétique. Peu après, le est à nouveau dissous avant de renaître en 1948. Quelques semaines avant la cérémonie de reconstitution du bataillon, les hommes de sa section d'éclaireurs-skieurs avaient terminé à l'épreuve de patrouille militaire (ancêtre du biathlon) aux Jeux olympiques d'hiver de 1948 à Saint-Moritz. Pendant presque dix ans, les hommes du bataillon profitent du calme de leur séjour autrichien pour se perfectionner aux techniques alpines. En , le bataillon retrouve les lieux qu'il avait libérés quelques années auparavant. Il s'installe en effet à Bourg-Saint-Maurice, dans un quartier qui a pris le nom d'une de ses figures emblématiques : le « quartier Bulle ». Mais une fois encore le répit est de courte durée. Deux ans après son installation, une nouvelle guerre le rattrape.

Guerre d'Algérie Dès le mois de , des éléments du participent à la guerre d'Algérie. En effet, une compagnie est envoyée en renfort du . C'est en que le bataillon au complet débarque en Kabylie. Présent pendant tout le reste du conflit, le « 7 » est chargé de pacifier son secteur par des actions militaires directes sur les éléments de la rébellion mais aussi en encadrant les villages ralliés aux français. Il participe donc à la construction d'infrastructures (routes, écoles, puits), à l'éducation et à la santé de la population algérienne. Certains combats se montrent cependant intenses et au cours de cette période, le bataillon perd deux de ses figures emblématiques : l'adjudant-chef Gibello, chef de la section d'éclaireurs-skieurs et ancien de la libération de la Tarentaise, et surtout le sous-lieutenant François d'Orléans. Descendant du créateur des chasseurs à pied, il perpétuait la tradition des hommes de sa famille de faire son service militaire au sein d'un « bataillon de chasseurs d'Orléans ». Les accords d'Évian, le , marquent la fin de la guerre mais le bataillon doit constituer une unité de la force locale (, à la suite du cessez-le-feu du en Algérie, le crée, comme régiments, les de la Force Locale (Accords d'Evian du ). Le forme une unité de la Force locale de l'ordre Algérienne, la , composés de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

Ce régiment doit attendre encore quelques mois avant de rentrer en France. Le , il arrive à Bourg-Saint Maurice et retrouve les murs du quartier Bulle pour longtemps.

De 1962 à nos jours