Zeta Ursae Majoris (en abrégé ; en français ), également nommée Mizar, est une étoile multiple de la constellation de la Grande Ourse et est la seconde étoile à partir de la fin du Chariot. Sa magnitude apparente combinée est de 2,03. Elle est située à environ de la Terre.
Nomenclature, histoire et mythologie Mizar est le nom de l'étoile à présent approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI). Il provient de l’arabe مراقّ الدبّ الأكبر Marāqq al-Dubb al-Akbar (« le Bas-ventre du Grand Ours »), qui s’inscrit dans le cadre de la représentation grecque reprise par les astronomes arabes au Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 180.. Arriver de ce nom à Mizar résulte de la combinaison de deux phénomènes. Le premier est une explication erronée du philologue Joseph Juste Scaliger (1579) qui voit de façon curieuse dans le terme mirac utilisé par Gérard de Crémone pour décrire la situation de cette étoileGérard de Crémone, Almagestum Cl. Ptolemei Pheludiensis Alexandrini astronomorum principis…, Venise : ex. Officina Petri Liechtenstein, 1515, fol. 78r., l’arabe مئزار mi’zar, « vêtement »Joseph-Juste Scaliger, Marci Minilii Astronomicon libri quinque, Lugduni Batavorum : s.Éd, Scaliger1600 (2nd éd.), p. 473., ce qui est repris comme un autre nom de , à côté deMirach dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 12r. . Le second est le déplacement injustifié de ce nom vers par Johann Elert Bode dans son Uranographia (1801) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. VI.. C’est après lui que ce nom pour passe dans les catalogues du et, relevé par Richard Hinckley Allen Richard Hinckley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, pp. 440-441., il finit par s’imposer au détriment des autres formesPaul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 186-187.Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 439..
Dans le ciel mésopotamien, cette étoile était appelée zarû (« le timon »), comme des nombreux emblèmes de Marduk Hermann Hunger & David Pingree, MUL.APIN, An Astronomical Compendium in Cuneiform [Archiv für Orientforschung (AfO), Beiheft n° 24, 1989].. Cette étoile fait partie de la figure de MAR.GÍD.DA, avec le nom de Ṣumbu (« le Chariot »), reprise par les Grecs sous le nom dἍμαξα, « le Chariot ».
Description et caractéristiques visuelles thumb|gauche|Mizar (A / B) en bas et Alcor en haut. Zeta Ursae Majoris possède une magnitude apparente de +2,27 et est de type A1 V.
Avec une bonne vue, on peut apercevoir un faible compagnon juste à l'est, appelé Alcor ou . Alcor a une magnitude de +3,99 et un type spectral A5 V. Les deux sont souvent appelées le cheval et le cavalier, et la capacité de voir la seconde est un test traditionnel d'acuité visuelle. Les deux étoiles sont distantes de plus d'un quart d'année-lumière et bien que leurs mouvements propres montrent qu'elles se déplacent ensemble, on ne sait toujours pas si elles forment un vrai système binaire, et non une binaire optique comme on le pense actuellement.
D'autres composantes furent découvertes avec l'apparition du télescope et de la spectroscopie ; étant une belle cible visuelle facilement séparable, Mizar fut la première binaire télescopique découverte, très probablement par Benedetto Castelli qui demanda à Galilée en 1617 de l'observer. Galilée produisit alors un rapport détaillé sur l'étoile double. Plus tard, vers 1650, Riccioli écrivit que Mizar paraissait double. L'étoile secondaire, , possède une magnitude de +4,0 et un type spectral A7, et est située à de la primaire ; elles mettent des milliers d'années pour orbiter l'une autour de l'autre. fut ensuite la première binaire spectroscopique découverte par Pickering en 1889. Les deux composantes sont toutes deux environ 35 fois plus brillantes que le Soleil, et tournent l'une autour de l'autre en environ . On découvrit plus tard que était également une binaire spectroscopique. En 1996 les composantes du système binaire furent visualisées en très haute résolution au Navy Precision Optical Interferometer par synthèse d'ouverture.
Le télescope spatial TESS a mis en évidence que est une étoile à battements de cœur avec une période de , qui est égale à sa période orbitale. Dans la courbe de lumière, le battement de cœur est restreint à la phase 0,45-0,55 et elle montre des oscillations induites par effet de marée.
Localisation L'ensemble du système de cinq étoiles est situé à environ 78 années-lumière de la Terre. Les composantes sont toutes membres du courant d'étoiles de la Grande Ourse, un groupe d'étoiles fortement dispersées partageant une origine commune, comme le montre leur mouvement propre. Les autres étoiles du Chariot, excepté Dubhé et Alkaïd, appartiennent également à ce groupe.
Images et représentations
Liens externes et . . .
Notes et références
Catégorie:Constellation de la Grande Ourse Catégorie:Système quadruple Catégorie:Binaire spectroscopique Catégorie:Étoile de type spectral AV Catégorie:Courant de la Grande Ourse Catégorie:Étoile Am Catégorie:Étoile Ap Catégorie:Étoile à battements de cœur Ursae Majoris, Zeta Ursae Majoris, 79 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 3783/4 116656/7 065378 5054/5