Circinellu, pseudonyme de Domenico Leca, né à Guagno en 1709 et mort à Serra di Fiumorbo en 1771, est un prêtre catholique et une figure du patriotisme du clergé insulaire durant les guerres d'indépendance de la Corse.

Biographie Domenico Leca, dit CircinelluSon pseudonyme peut provenir de la couleur de ses cheveux roux., fait ses études à l'université de Gênes puis à l'université papale de RomeSa maison s’appelle a casa romanaghja en référence aux années passées à Rome.. Après son ordination il devient prêtre à Guagno, dans la piève de Sorroinsù. Selon la tradition, il est grand de taille et a les cheveux rouxThierry Ottaviani, La Corse des écrivains, Éditions Alexandrines, 2014.Circinellu aura bientôt sa statue à Guagno, Corse-Matin, 27 juillet 2016.. Il vit avec sa sœur Anghjula-Maria Leca, surnommée Ritondella, qui a perdu son mari et trois enfants à la guerre.

Fidèle partisan de Pascal PaoliAntoine-Marie Graziani, Pascal Paoli, père de la patrie corse, Éditions Tallandier, 2017. et de l'indépendance de l'île, il est une figure mythique de la résistance de la CorsePierre Lepidi, Héros de la révolution de Corse (1729-1769), Éditions Albiana, 2008.Paul Arrighi, La vie quotidienne en Corse au , Éditions Hachette, 1970.. Il est le représentant personnel de Paoli dans les pièves de Sorroinsù et SorroingiùÉtienne Leca, Les lunettes de Colomba, Éditions La Marge, 1990.. Il termine habituellement ses sermons par « Paoli è libertà »Antoine-Baptiste Filippi, La Corse, terre de droit : essai sur le libéralisme latin et la révolution philosophique corse (1729-1804), Éditions Mimesis, Milan, 2020.. En 1769, il est un chef charismatiqueAnge-Toussaint Pietrera, Imaginaires nationaux et mythes fondateurs ; la construction des multiples socles identitaires de la Corse française à la geste nationaliste, Université Pascal Paoli, 2015. qui participe à la bataille de Ponte-Novo avec soixante hommes de Guagno et ses environs ; ils s'en sortent tous. Après la défaite de Ponte-Novo et la fin de l'indépendance de la Corse, il exhorte Jacques Abbatucci de prendre les armes contre l'occupant.

Il galvanise ses troupes et organise la résistance ; ils sont appelés les montagnards du TretorrePetru Antoni, Par forza o par amore : da Pax Rumana à Ponte Novu, Éditions Albiana, 2007.Présentation de Guagno sur le site de l'office de tourisme intercommunal Ouest Corsica.. Lors d'une grand-messe à Guagno, il prête serment sur son autel de ne pas déposer les armes tant que la patrie reste occupéeJean-Pierre Poli, 1769-1789 : vingt ans de résistance corse, Éditions Alain Piazzola, 2019.Sur son autel il jure « Paoli è Libertà » et refuse de se soumettre aux Français (« i tradimentosi »). . Invité par Marbeuf à négocier, il déclare : « ne pouvoir prêter fidélité à la France sans se parjurer car il a déjà prêté serment sur les évangiles de rester fidèle à sa patrie »Michel Casta, La religion dans les constructions identitaires en Corse (-), L'identité entre ineffable et effroyable, Éditions Armand Colin, 2011.. Sa tête est mise à prix et ses biens sont dévastés, il prend le maquis pour éviter au village les représailles des troupes françaises qui brûlent cependant son église.

Pour que la répression ne s'abatte sur les siens et sa région, il se déplace dans le Fiumorbo où il poursuit la résistance avec ses hommes. C'est là que Mirabeau le rencontreMirabeau, alors jeune sous-lieutenant de vingt ans, parvient à lui rendre visite dans son camp retranché du Fiumorbo. et le trouve « fort brave et fort intelligent », « homme de cœur et d'esprit »Jacques Simon Timotei, Personnages célèbres : Gabriel-Honoré Riquetti, comte de Pierre Buffière, dit Mirabeau (1749-1791), Site Corsica Mea, 2007.Dans une de ses Lettres à Sophie, Mirabeau écrit avoir rencontré le « légendaire curé de Guagno, Circinellu », dans une cabane du Fiumorbo.. Homme honorable et honnêteAbbé de Germanes, Histoire des révolutions de Corse, Éditions Hérissant, 1776., jamais il n'attaque les détachements français, mais il sait se défendre avec énergieFrancesco Ottavio Renucci, Storia di Corsica, Éditions Fabiani, 1833.François J. Casta, Le diocèse d'Ajaccio, Histoire des diocèses de France, Éditions Beauchesne, 1974.. « Défendre la patrie et mourir libre (sostenere a patria e morir liberi) », affirme-t-il, « la force ne devant jamais priver le droit »Simon Grimaldi, La Corse et le monde, histoire chronologique comparée de 1769 à 1914, Éditions Édisud, 1997..

Il est retrouvé mort en 1771 par des bergers dans une grotte au-dessus du hameau d'Ania (commune de Serra-di-Fiumorbo) avec, selon la légende, un crucifix dans une main et un poignard dans l'autreGiuseppe Ottaviano Nobili-Savelli, Vir Nemoris, Circinellu ou l'homme du bois sacré, Centre d'études Salvatore-Viale, Éditions Albiana, 2008.. Pour les uns, il est mort de privations et de faim, mais pour les autres, il a été empoisonné. Dès sa disparition, U Circinellu devient une figure notable ; admiré par Lucien Bonaparte, il incarne la résistance face à l'étrangerMarie Courtemanche, Napoléon et le sacré : une vie spirituelle, une politique religieuse, Éditions du Cerf, 2019.. A grotta di Circinellu existe toujours, symbole du patriotisme du clergé insulaire durant les guerres d'indépendance de la Corse. Au , il est considéré comme un « grand homme de l'histoire insulaire »Thierry Ottaviani et Philippe Lorin, Les Corses qui ont fait la Corse, Éditions Maïa, 2019..

Hommages Une plaque commémorative est apposée sur sa maison natale de Guagno en 1935Corsica antica e moderna, Rivista del pensiero Corso, Numero 3, Livorno, 1936.Pascal Marchetti, La corsophonie : un idiome à la mer, Éditions Albatros, 1989.. Un monument, œuvre en granite du sculpteur Anthony Bargone, lui est dédié devant la casa comuna de Guagno en 2016Circinellu : une statue pour l'éternité, In Piazza Magazine, numéro 178, 28 septembre 2016.Le monument à Circinellu, œuvre en granite du sculpteur Anthony Bargone, est inauguré le 3 décembre 2016 à Guagno ; il est l'aboutissement d'un projet porté par l'association Pà u ricordu di Circinellu.. Deux chansons lui sont consacrées : Canzona di Circinellu écrite par Maistrale en 1935 et enregistrée par le groupe I Voci di a Gravona en 1980, Circinellu écrite par Francis Pinelli en 1975 et enregistrée par Antoine Ciosi en 1975 puis par le groupe I Chjami Aghjalesi en 2007. La nouvelle historique en langue italienne Il curato di Guagno est écrite par Giovan Vito GrimaldiGiovan Vito Grimaldi (1804-1863) est un écrivain corse qui a été médecin et enseignant. en 1844Giovan Vito Grimaldi, Il curato di Guagno, Éditions Crescini, 1844.Niccolo Tommaseo, Lettres de Pasquale Paoli, Éditions Albiana, 2020.. La pièce de théâtre en langue corse Circinellu, drame en deux actes, est écrite par Bartulumeu DoloviciBartulumeu Dolovici (1915-2009) est un poète corse ayant participé au mouvement de pensée des années du Riacquistu. à la fin du La pièce de théâtre Circinellu de Bartulumeu Dolovici sur le site de la Médiathèque culturelle de la Corse et des Corses..

Voir aussi

Bibliographie . . . .

Liens externes Sa fiche sur le site Cronica di A CORSICA

Notes

Références

Catégorie:Personnalité liée à la Corse Catégorie:Nationaliste corse Catégorie:Guerres d'indépendance corse Catégorie:Naissance en 1709 Catégorie:Décès en 1771