La Fondation Barnes (en anglais, The Barnes Foundation) est un musée et une institution éducative qui promeut l'appréciation de l'art et de l'horticulture. Initialement située à Merion, le musée a été déplacé en 2012 dans un nouveau bâtiment situé à 2025 Benjamin Franklin Parkway à Philadelphie, en PennsylvanieSylvain Cypel, Mr Barnes, trahi et sauvé in 'Le Monde du 26 mai 2012.. L'arboretum de la Fondation Barnes est resté à Merion, où il a été proposé qu'il soit maintenu dans le cadre d'un accord d'affiliation éducative à long terme avec l'université Saint-Joseph de Philadelphie.

La Fondation Barnes a été fondée en 1922 par Albert Barnes, qui a fait fortune en co-développant l'Argyrol, un composé d'argent antiseptique utilisé pour lutter contre la gonorrhée et les inflammations des yeux, des oreilles, du nez et de la gorge. Il vendit son entreprise, la AC Barnes Company, quelques mois seulement avant le krach de 1929.

Aujourd'hui, la fondation possède plus de objets, dont plus de 900 peintures, dont la valeur est estimée à environ 25 milliards de dollars. Il s'agit principalement d'œuvres de maîtres impressionnistes, postimpressionnistes et modernistes, mais la collection comprend également de nombreuses autres peintures d'artistes européens et américains de premier plan, ainsi que de l'art africain, des antiquités de Chine, d'Égypte et de Grèce, et de l'art amérindien.

Dans les années 1990, la dégradation des finances de la Fondation a conduit ses dirigeants à prendre diverses mesures controversées, notamment en envoyant des œuvres d'art en tournée mondiale et en proposant de déplacer la collection à Philadelphie. Après de nombreux recours judiciaires, le nouveau bâtiment Barnes a ouvert ses portes sur Benjamin Franklin Parkway le . L'actuel président et directeur exécutif de la fondation, Thomas « Thom » Collins, a été nommé le .

Histoire

Albert Barnes

vignette|redresse|Carl van Vechten, Albert Barnes en 1937, Library of Congress. vignette|redresse|Matisse, panneau central de La Danse de Merion, 1932-1933. Albert C. Barnes commence à collectionner des œuvres d'art dès 1902, mais devient un collectionneur sérieux en 1912. Il est d'abord assisté par le peintre William James Glackens, un ancien camarade de classe de la Central High School de Philadelphie. Lors d'un voyage d'achat d'art à Paris, Barnes visite Gertrude et Leo Stein à qui il achète ses deux premiers tableaux d'Henri Matisse. Dans les années 1920, il se familiarise avec le travail d'autres artistes modernes tels que Pablo Picasso, Amedeo Modigliani et Giorgio De Chirico par l'intermédiaire de son marchand d'art parisien Paul Guillaume.

Le , il reçoit une charte du Commonwealth de Pennsylvanie établissant la Fondation Barnes en tant qu'institution éducative destinée à la promotion de l'appréciation des beaux-arts et de l'arboriculture. Il achète une propriété à Merion, au 50 Lapsley Lane, auprès du vétéran de la guerre de Sécession et horticulteur, le capitaine Joseph Lapsley Wilson, qui y a fondé un arboretum vers 1880. Il charge l'architecte Paul Philippe Cret de concevoir un complexe de bâtiments, comprenant une galerie, un bâtiment administratif et un bâtiment de services"Historical Note," Directors of the Arboretum, Joseph Lapsley Wilson, The Barnes Foundation Archives, 2012.. La Fondation Barnes ouvre officiellement ses portes le .

Le bâtiment principal présente plusieurs bas-reliefs cubistes inhabituels commandés par Barnes au sculpteur Chaim Jacob Lipchitz. Des éléments d'art africain décorent le fer forgé extérieur et des carreaux, créés par Enfield Pottery and Tile Works, le portique avant du bâtiment. Barnes construit sa maison à côté de la galerie, qui sert aujourd'hui de bâtiment administratif à la Fondation. Son épouse, Laura Leggett Barnes, crée l'Arboretum de la Fondation Barnes et son programme d'éducation horticole en 1940.

Après avoir rencontré Matisse aux États-Unis, Barnes lui commande La Danse de Merion, réalisé en 1932-1933, un triptyque de sur 15 qui est placé au-dessus des fenêtres palladiennes dans l'espace principal de la galerie.

Programmes d'éducation artistique En 1908, Barnes organise son entreprise, la AC Barnes Company, sous forme de coopérative, consacrant deux heures de la journée de travail à des séminaires pour ses ouvriers. Ils lisent les philosophes William James, George Santayana et John Dewey. Barnes apporte également une partie de sa collection d'art au laboratoire pour que les employés puissent l'examiner et en discuter. Ce type d’expérience directe avec l’art est inspiré par la philosophie de l'éducation de John Dewey et plante la graine qui, finalement, donne naissance à la Fondation Barnes. Les deux hommes se sont rencontrés lors d'un séminaire à l'université Columbia en 1917, sont devenus des amis proches et collaborent pendant plus de trois décennies.

Inspiré par sa collaboration avec John Dewey, Barnes conçoit sa fondation comme une école plutôt qu'un musée. Comme lui, il croit que l’apprentissage doit être expérientiel. Les cours de base comprennent l'observation d'œuvres d'art originales, la participation à des discussions de groupes, la lecture d'articles sur la philosophie et les traditions de l'art, ainsi qu'un examen objectif de l'utilisation de la lumière, de la ligne, de la couleur et de l'espace par les artistes. Barnes pense que les étudiants apprendront non seulement l'art à partir de ces observations, mais qu'ils développeront également leurs propres capacités de réflexion critique, leur permettant de devenir des membres plus productifs d'une société démocratique.

Les premiers programmes d’éducation de la Fondation Barnes sont enseignés en partenariat avec l’université de Pennsylvanie et l’université Columbia. Les cours à Penn sont d'abord dispensés par Laurence Buermeyer (1889–1970), titulaire d'un doctorat en philosophie de l'université de Princeton, puis par Thomas Munro (1897–1974), professeur de philosophie et l'un des étudiants de Dewey. Chacun d'eux a occupé le poste de directeur adjoint de l'éducation, tandis que Dewey a occupé le poste largement honorifique de directeur de l'éducation de la Fondation.

vignette|Barnes Foundation, Merion. Violette de Mazia (1896–1988) est une autre collaboratrice, née à Paris et ayant fait ses études en Belgique et en Angleterre. Embauchée en 1925 pour enseigner le français au personnel de la Fondation, elle devient une proche associée de Barnes, enseignante et co-auteur de quatre publications de la Fondation. Après la mort d'Albert Barnes, elle devient administratrice et directrice de l'éducation du département des arts, continuant à exprimer la philosophie de Barnes dans son enseignement. La Fondation Violette de Mazia est créée après sa mort ; en 2011, la Fondation Barnes conclut un accord avec elle pour permettre aux étudiants de la Fondation de Mazia d'accéder à la collection pour l'éducation artistique après son déménagement à Parkway. En 2015, la Fondation Violette de Mazia cesse ses activités et est absorbée par la Fondation Barnes.

Albert Barnes définit des conditions de fonctionnement détaillées dans un acte de fiducie qui devra être honoré à perpétuité après sa mort. Il s'agit notamment de limiter l'admission du public à deux jours par semaine, afin que l'école puisse utiliser la collection d'art principalement pour les études des étudiants, et d'interdire le prêt d'œuvres de la collection, les reproductions en couleur des œuvres, la visite de la collection et la présentation d'expositions itinérantes d'autres œuvres d'art.

Henri Matisse aurait salué l'école comme le seul endroit sain en Amérique pour voir de l'art.

Ère post-Barnes

Après une décennie de contestations judiciaires, le public est autorisé à accéder régulièrement à la collection en 1961. L'accès du public est élargi à deux jours et demi par semaine, avec une limite de 500 visiteurs par semaine ; les réservations sont obligatoires par téléphone au moins deux semaines à l'avance. Harold J. Weigand, rédacteur en chef du Philadelphia Inquirer, avec le consentement du procureur général de Pennsylvanie, mais pas directement en son nom, avait déposée une plainte antérieurement pour obtenir l'accès, mais sans succès

Crise financière En 1992, Richard H. Glanton, président de la fondation, déclare que le musée a besoin d’importantes réparations pour moderniser ses systèmes mécaniques, assurer l’entretien et la préservation des œuvres d’art et améliorer la sécurité. La société de Philadelphie, J.S. Cornell & Son, est choisie comme entrepreneur. Afin de réunir l’argent, Glanton décide de rompre certains termes de l'acte de fiducie. De 1993 à 1995, 83 des peintures impressionnistes et post-impressionnistes de la collection sont envoyées dans le monde entier, attirant de nombreux amateurs dans de nombreuses villes, dont Washington D.C., Fort Worth au Texas, Paris, Tokyo, Toronto et Philadelphie au Philadelphia Museum of Art.

Les revenus tirés de la tournée des tableaux ne suffisent pas encore à assurer le financement. À l’automne 1998, Glanton et sa collègue Niara Sudarkasa se poursuivent mutuellement en justice. L’université Lincoln, qui, selon le contrat de la Fondation Barnes, contrôle quatre des cinq sièges du conseil d’administration, lance une enquête sur les finances de la Fondation. Le conseil d’administration de la Fondation estime qu’une enquête semblable est justifiée pour les activités menées par Glanton pendant son mandat en tant que président. En 1998, le conseil d’administration entreprend un audit judiciaire menée par Deloitte, qui est publié après deux ans d'enquête et qui critique les dépenses et la gestion de Glanton.

En 1998, Kimberly Camp est embauchée comme PDG de la fondation, première professionnelle de l'administration de musées à diriger le Barnes. Au cours de ses sept années de mandat, elle redresse la fondation en difficulté et fournit le soutien nécessaire à la pétition visant à déplacer Barnes à Philadelphie.

Projet de déplacement vignette|La Fondation Barnes à Philadelphie Le , la fondation annonce qu'elle demandera au Montgomery County Orphans' Court (qui supervise ses activités) d'autoriser le déplacement de la collection d'art à Philadelphie (qui offre un site sur Benjamin Franklin Parkway) et de tripler le nombre de administrateurs à 15. L'acte de fiducie de la fondation stipule toutefois que les tableaux de la collection doivent être conservés « exactement là où ils se trouvent ».

La fondation fait valoir qu'elle doit élargir le conseil d'administration de cinq membres (dont quatre sont des personnes nommées par l'université Lincoln) à 15 pour augmenter la collecte de fonds. Pour la même raison, il est nécessaire de déplacer la galerie de Merion vers un site du Center City de Philadelphie afin d'avoir un meilleur accès au public. Dans son mémoire au tribunal, la fondation déclare que les donateurs sont réticents à engager des ressources financières régulières en faveur de la galerie, à moins que celle-ci ne devienne plus accessible au public.

Le , après une bataille juridique de deux ans, qui inclut un examen de la situation financière de la fondation, le juge Stanley Ott décide que la fondation peut déménager. Trois fondations caritatives, The Pew Charitable Trusts, la Lenfest Foundation et la Annenberg Foundation, acceptent d'aider la Fondation Barnes à lever 150 millions de dollars pour un nouveau bâtiment et une dotation, à condition que le déménagement soit approuvé.