thumb|upright=1.2|Le siège de l'UpM.
L’Union pour la Méditerranée (UpM ; , UfM ; en Al-Ittiḥād min ajl al-Mutawassaṭ) est une organisation intergouvernementale rassemblant quarante-deux pays d’Europe et du bassin méditerranéen : les vingt-sept États membres de l’Union européenne et quinze pays méditerranéens partenaires d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Europe du Sud-Est. Son secrétariat général se situe à Barcelone.
L'UpM est fondée le , lors du Sommet de Paris pour la Méditerranée. L'organisation est destinée à renforcer le Partenariat euro-méditerranéen (Euromed) mis en place en 1995 sous le nom de Processus de Barcelone.
L’organisation a pour but de promouvoir la stabilité et l’intégration à travers la région méditerranéenne. L’UpM est un forum permettant de débattre des questions stratégiques régionales et s'appuyant sur les principes de la co-appropriation, de la codécision et de la coresponsabilité partagée entre les deux rives de la Méditerranée. Son objectif principal. consiste à augmenter l’intégration Nord-Sud et Sud-Sud dans la région méditerranéenne afin de soutenir le développement socio-économique des pays et d’assurer la stabilité dans la région. Par le biais de ses actions, l’institution se concentre sur deux piliers fondamentaux : favoriser le développement humain et promouvoir le développement durable.
Pour cela, elle identifie et accompagne des projets d'intérêt régional à géométries variables, auxquels elle attribue son label par décision consensuelle des quarante-trois pays. Ces projets et initiatives sont axés sur six secteurs d’activité mandatés par les États membres de l’UpM : « Développement des entreprises », « Enseignement supérieur et recherche », « Affaires civiles et sociales », « Énergie et action pour le climat », « Transport et développement urbain », « Eau et environnement ».
Historique Contexte historique Processus de Barcelone thumb|upright=0.8|Le président français Jacques Chirac, l'un des fondateurs du Processus de Barcelone.
Lancé, à l'initiative du président français Jacques Chirac, à la suite de la déclaration de Barcelone — déclaration adoptée lors de la conférence ministérielle euro-méditerranéenne qui s'est tenue du 27 au — le processus de Barcelone établit un partenariat euro-méditerranéen dans les domaines de la sécurité, du développement et de la culture entre l'Union européenne et dix autres États riverains de la mer Méditerranée.. : l'Algérie, l'Égypte, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie et l'Autorité palestinienne ; la Libye et l'Irak ont eux le statut d'observateurs.
Ces États profitant d'intérêts communs ainsi qu'un long passé d'échanges mutuels, le Processus de Barcelone définit notamment un programme de travail conjoint destiné à construire ensemble un espace de paix, de sécurité et de prospérité partagée — respectant notamment la déclaration universelle des droits de l'homme — mais également à développer les ressources humaines, à améliorer la compréhension entre les cultures et à favoriser les échanges entre les sociétés civiles au moyen d'une zone de libre-échange.
En 2005, ces objectifs ont été réaffirmés lors du sommet de Barcelone tout en s'attardant sur des enjeux concernant l'immigration et la lutte contre le terrorisme, domaines devenus prioritaires du partenariat. Le sommet a également été l'occasion de souligner les réussites du partenariat, mais également les « importantes » limites du Processus de Barcelone.
L'apparition du concept Le , à quelques semaines du sommet marquant les dix ans d'existence du processus de Barcelone, Jacques Graindorge, président de l'association Finances Méditerranée censée aider au développement des pays du pourtour méditerranéen, Panagiotis Roumenotis, ancien ministre des Finances de la Grèce et président de l'association Calame (Centre d'analyse et de liaison des acteurs de la Méditerranée), et Jean-Louis Guigou, ancien directeur de la Datar et président de l'Institut de prospective du Calame, prennent acte de l'enlisement du partenariat et lancent un appel pour une Communauté du monde méditerranéen.. Nicolas Sarkozy lance, lors de sa campagne présidentielle, l'idée d'une union méditerranéenne.
Si pendant le conflit Israël-Liban de l'été 2006, cette idée refait surface chez des universitaires et des intellectuels français pour amener Israël et pays arabes à coopérer dans un cadre international sur des sujets consensuels, c'est le ministre français Nicolas Sarkozy — alors seulement candidat à l'élection présidentielle —, conscient des limites du partenariat, qui émet l'idée, lors d'un meeting à Toulon le , de créer une union méditerranéenne visant à donner un nouveau souffle au partenariat ; ce projet a pour but à la fois d'établir une dynamique politique hors Union européenne et d'offrir une alternative sérieuse à l'adhésion de la Turquie dans l'UE..
La Tunisie accepte le projet dès l’été 2007 et l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali soutient les démarches de Nicolas Sarkozy tout en rappelant, lors de la visite d’État de ce dernier en Tunisie en , sa volonté d’Nicolas Sarkozy vante à Tunis l’Union pour la Méditerranée, Le Figaro, Paris, 29 avril 2008.. Les chefs d’entreprise tunisiens voient cette union comme un .
Lors de la visite d’État au Maroc du président français en , le roi Mohammed déclare dans son discours de Marrakech : . L’ambassadeur marocain à Paris, Fathallah Sijilmassi, est alors assez actif dans la promotion du projet.
L'ex-président égyptien Mohammed Hosni Moubarak est aussi favorable au projet. Les milieux intellectuels et universitaires égyptiens se montrent intéressés, tel le professeur de sciences politiques Mona Makram-Ebeid qui dans Al-Ahram Hebdo soutient fermement la coopération méditerranéenne et considère que l’Égypte pourrait aux côtés de la FranceLa création de la zone de libre-échange devrait être une priorité, Al-Ahram Hebdo, Le Caire, 20 octobre 2007..
Dans son discours de Tanger., le , Nicolas Sarkozy invite tous les dirigeants des pays riverains de la Méditerranée à participer « sur un pied d'égalité » à une conférence au sommet à Paris en — à l'aube de la présidence française de l'Union européenne — qui doit marquer la naissance politique de cette union. Le projet français préconise la coopération entre les pays des deux rives sur des domaines consensuels comme l'eau, l'environnement, l'énergie ou encore les transports. Israël est invité à y prendre part, tandis qu'en France, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur appelle à la création d'un véritable "plan Marshall" pour la Méditerranée, afin ..
En , le président grec Károlos Papoúlias, qui effectue une visite d’État en France, affirme son approbation et son soutien au projet d’Union méditerranéenne. , selon le service de presse de l’Élysée.
À Rome lors d’un sommet entre José Luis Rodríguez Zapatero, Romano Prodi et Nicolas Sarkozy le , est lancé un appel en faveur de la coopération méditerranéenne en continuité avec les dispositifs existantsLe Monde, Paris, 22 décembre 2007.. Selon l’appel de Rome, le projet intéresserait en premier lieu 25 pays, les 22 ayant un littoral méditerranéen ainsi que le Portugal, la Jordanie et la Mauritanie, tous trois déjà très impliqués dans divers processus euro-méditerranéens.
En , Alfred Mignot, éditeur-fondateur de Vox Latina critique ce nouveau projet a minima, paneuropéen mettant en avant le potentiel élevé d'inertie résultant du nombre élevé d'États désormais concernés.. le , il fera volte-face et signera sur le site du journal La Tribune un article intitulé "Pourquoi et comment l'Union pour la Méditerranée sera plus forte que jamais".. En , le journal Le Monde parle d’une La fin du gaullisme ?, Le Monde, Paris, 5 mai 2008.. En parallèle, l'Algérie a, notamment par la voix de son ministre des Affaires étrangères, demandé des « clarifications et des précisions » quant à la présence et au rôle d'Israël dans cette Union, craignant ouvertement que le nouveau cadre ne serve de prétexte à une « normalisation rampante » des relations avec l'État hébreu. Informées par la presse, les autorités algériennes ont aussi mal pris le fait que la coprésidence reviendrait à l'Égypte, le siège du secrétariat à la Tunisie et le secrétariat général à un Marocain.. Début , lors d'une visite à Alger, la ministre française de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a démenti ces informations.
D'intenses négociations entre États sont alors amorcées. Elles prennent fin avec le compromis trouvé au Conseil de l'Union européenne les 13 et .
Fondation L’UpM est officiellement créée le à Paris, lors de la signature de la Déclaration commune du Sommet de Paris pour la Méditerranée. dans laquelle elle est d’abord dénommée « Processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée »..
Les chefs d'État et de gouvernement de 43 pays – les 27 états membres de l’Union européenne et 16 États du sud et de l’est de la Méditerranée – participent à ce sommet, à l’invitation de la présidence du Conseil de l’Union européenne, alors assurée par la République française dirigée par Nicolas Sarkozy. Y assistent également les dirigeants officiels de l'Union européenne, du Parlement européen, de l'Organisation des Nations unies, du Conseil de coopération des États arabes du Golfe, de la Ligue des États arabes, de l'Union africaine, de l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la conférence islamique, de la Banque africaine de développement, de la Banque européenne d'investissement, de la Banque mondiale, de l'Alliance des civilisations et de la fondation Anna Lindh. Cette journée sera plus tard « épinglée » par la Cour des comptes dans un rapport faisant remarquer son prix élevé (16,6 millions d'euros).. Près de 600 journalistes. de la presse internationale y assistent.
Le sommet marque un succès diplomatique pour la France., notamment en offrant un cadre favorisant la paix au Proche-Orient. La présence au sein de la même enceinte des chefs d'État ou de gouvernement d'Israël, de la Syrie, du Liban et de l'Autorité palestinienne marque en effet une volonté de dialogue pour résoudre les conflits au Proche-Orient. Le , le président syrien Bachar el-Assad et le président libanais Michel Sleiman annoncent chacun au palais de l'Élysée leur intention de normaliser leur relation diplomatique en ouvrant une représentation diplomatique respectivement à Beyrouth et à Damas..
Les 43 pays présents y réaffirment les objectifs de paix, de stabilité et de sécurités énoncés en 1995 et réaffirment le processus de Barcelone en signant une déclaration commune.
2008-2011 : les débuts La nouvelle institution se concentre sur 6 initiatives clé : la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes maritimes et terrestres, la protection civile pour répondre aux catastrophes naturelles, l'enseignement supérieur et la recherche (avec une université euro-méditerranéenne), les énergies alternatives et une prenant la forme d'un soutien aux petites et moyennes entreprises (PME)..
L'organisation est renommée « Union pour la Méditerranée » lors de la première réunion des ministres des Affaires étrangères des 43 pays, qui se déroule à Marseille les 3 et . Cette réunion se conclut par une nouvelle déclaration commune, qui vient compléter celle de Paris en définissant notamment l'architecture institutionnelle et les principes de fonctionnement de l'UpM. La conférence est un succès politique, les pays arabes ayant accepté qu'Israël bénéficie d'un siège d'un secrétaire général adjoint, grâce notamment à l'accord de la Syrie.