Le Creusot est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.
Elle est le siège de la communauté urbaine Creusot-Montceau. Chef-lieu de deux cantons (Le Creusot-1 et Le Creusot-2). En 2023 la commune compte , l'agglomération et l'aire urbaine . Elle est la troisième ville du département derrière Chalon-sur-Saône et Mâcon, la préfecture départementale.
La commune est située au cœur d'un important bassin houiller exploité dès le Moyen Âge, puis de façon industrielle à partir du et ce jusqu'en 2000, permettant l'essor de l'industrie sidérurgique et mécanique dans la région.
L'économie du Creusot est aujourd'hui dominée par les techniques de pointe dans le domaine des aciers spéciaux (ArcelorMittal Industeel), de l'énergie (Framatome, Baker Hughes, Siag), des transports (Alstom, Safran-Snecma)
Géographie Localisation
Le Creusot est une ville de Saône-et-Loire, au sud de la Bourgogne-Franche-Comté. La région environnante est marquée par l'élevage (avec un paysage de bocage très présent) mais également par la viticulture puisque les célèbres cépages bourguignons s'épanouissent à quelque au nord et à l'est du Creusot. On peut aussi noter la proximité du massif du Morvan, notamment du mont Beuvray.
La commune est uniquement traversée par des ruisseaux qui se rejoignent dans l'étang de Torcy Neuf pour donner naissance à la rivière Bourbince. L'un de ces ruisseaux, en grande partie recouvert au fil de l'industrialisation et de l'urbanisation de la ville, part de la plaine dite des RiauxAndré Dessertenne, « Les charbonnières du Creusot », in Images de S&L, , mars 2007. (ruisseau en provençal, toponyme qui désigne aussi un quartier de Marseille). Plusieurs autres étangs ou lacs artificiels (étang du Breuil, étang de Brandon et lac de Montaubry) contribuent à l'alimentation du bief de partage et du canal du Centre.
Le Creusot comprend les quartiers suivants : le Guide (ou Cœur de Ville), le Centre (ou Saint-Laurent), les Riaux, les Pompiers, les Alouettes, la Chaume, la Croix du Lôt, les Jeannins, les Vernizeaux, Montcoy (partagé avec Le Breuil), la Marolle, les Combes, les Soches, Saint-Charles, la Charmille, les Prés, Saint-Eugène, la Croix-Menée, Chanliau, les Abattoirs, les Rapines, le Tennis, la Mouillelongue, les Groisons (partagé avec Montcenis), Saint-Henri, les Quatre-Chemins, la Villedieu, la Barre de Villedieu, la Molette (ou la Sablière) et la Couronne.
vignette|Vue aérienne de la plaine des Riaux.
Communes limitrophes
Géologie et relief La commune repose sur le bassin houiller de Blanzy daté du Stéphanien (daté entre - et - millions d'années)..
Approvisionnement en eau Dès leur arrivée au Creusot en 1837, les Schneider (voir chapitre Histoire) comprennent que l'approvisionnement en eau est insuffisant pour la ville et son usine, et tout aussi important que la disponibilité en charbon et en minerai de fer. La ville et son usine se développant rapidement, les besoins en eau ne cessent d'augmenter et les réservoirs existants ne peuvent les satisfaire .. La mise en œuvre de solutions suit plusieurs étapes :
1861 : augmentation des réserves en eau : étang de la Forge agrandi, pompes puisant l'eau en profondeur, aqueduc collecteur pour les eaux pluviales ; 1862 : dérivation et captation des eaux du ruisseau de Saint-Sernin-du-Bois, pour le château de la Verrerie, par une conduite de dérivation et un tunnel souterrain de Henri Chazelle, P. Marchand et H. Petit, Imp. Presse jurassienne, 1936, . ; 1875 : dérivation et captation des eaux du ruisseau du Rançon, nécessitant également une conduite de dérivation et un tunnel souterrain de . La conduite aboutit au réservoir du château de la Verrerie, où les eaux du Rançon se mélangent à celles de Saint-SerninHenri Chazelle, P. Marchand et H. Petit, Imp. Presse jurassienne, 1936, . ; 1914 : création ou agrandissement de réservoirs sur le plateau d'Antully (étangs du Martinet et de la Noue), travaux de percement d'un tunnel d'une longueur de et pose d'une nouvelle conduiteHenri Chazelle, P. Marchand et H. Petit, Imp. Presse jurassienne, 1936, ..
Électrification de la ville Par un accord, en date du , avec Schneider et Cie (voir chapitre Histoire), l'éclairage de la ville est assuré par becs de gaz (gaz issu des hauts fourneaux et de la cokerie). L'allumage des becs est assuré par des personnes choisies de chaque quartier.
En 1905, une pétition demande le remplacement de l'éclairage des rues au gaz par des lampadaires électriques. Schneider et Cie s'y oppose, car ses groupes turbo-alternateurs produisent à peine assez de courant pour alimenter les besoins des usines, et d'autre part le gaz issu des hauts fourneaux et de la cokerie ne serait plus alors utilisé. Ce n'est qu'après 1943 que Schneider et Cie crée la « Société provinciale d'électricité », entreprise commerciale permettant d'acquérir de l'électricité depuis des stations hydrauliques extérieures, lorsque les turbo-alternateurs des usines sont en incapacité.
La station électrique du « Pont Jeanne Rose », construite à l'origine en 1916 pour alimenter l'usine Schneider de Montchanin, participe toujours à l'alimentation de la région.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Symphorien-de-Marmagne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Le Creusot est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine du CreusotUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant six communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l'agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine du Creusot comprend une ville-centre et cinq communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Creusot, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (63,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (60,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (45 %), forêts (17,4 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (15,7 %), prairies (11,4 %), zones agricoles hétérogènes (5,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (2,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports La ville est desservie par deux gares : la gare du Creusot proprement dite est desservie par les TER Bourgogne, et la gare Le Creusot-TGV desservie par des TGV. Ces deux gares sont distantes de quelques kilomètres, mais le projet de voie ferrée Centre Europe Atlantique prévoit la connexion de ces deux réseaux ferroviaires avec la création d'un arrêt des TER au sein de la gare TGV..
La ville est proche de l'autoroute puisque la route nationale 80 relie la commune à l'A6 en . À proximité, la Route Centre Europe Atlantique (RCEA) est un itinéraire en 2x2 voies, très fréquenté car majoritairement gratuit, qui traverse la France d'est en ouest.
Le Creusot dispose d'un réseau de transport en commun par bus assuré par une entreprise de la CUCM, MonRézo.
Récemment, la ville se dote de voies cyclables grâce au schéma directeur de la CUCM
Environnement Les industries lourdes ayant été converties à des normes de pollutions récentes et les principaux axes routiers nationaux évitant la ville, la qualité de l'air y est reconnue comme bonne..
Toponymie Son nom provient du gaulois « croso » qui veut dire creux, petit vallon. Donc il indique que le hameau originel s'est construit dans une dépression de terrain. Un hameau est cité sous le nom de « Crosot » en 1253 (voir chapitre Histoire).
Histoire
L'histoire du Creusot, souvent qualifiée de « ville-usine », est étroitement liée à son développement industriel.
Depuis 1973, la ville abrite un écomusée : l'écomusée du Creusot-Montceau et dispose par ailleurs d'une société savante, l'Académie François-Bourdon, fondée en par un groupe d’anciens salariés de Creusot-Loire désireux de sauvegarder les archives industrielles et la collection d’objets de Schneider et Cie et de Creusot-Loire. Ce centre d'archives industrielles œuvre à la découverte du patrimoine industriel de la ville, retraçant l'histoire industrielle des Schneider par le biais de conférences et de publications (parmi lesquelles le Bulletin de l'Académie François Bourdon, publication annuelle dont le n° 25 date de ).
Le Crozot (Crosot), un hameau du bailliage de Montcenis La plus ancienne référence connue remonte à 1253, avec un acte sur parchemin, par lequel Henry de Monestoy cède au duc Hugues IV de Bourgogne, , pour le prix de 40 livres dijonnaises. Dans le vallon du Peu, voisinent les hameaux de la Charbonnières, du Crosot et des Nouillots, relevant de la paroisse du Breuil. C'est un pays de collines, de ruisseaux et d'étangs connu de tout temps pour ses affleurements de « pierre noire » (charbon de terre ou houille) que quelques familles de métayers « jardinaient » pour leurs besoins personnels..