vignette|Au centre de la rotonde du musée Guimet. vignette|Photographie prise à Kyoto par Michel-Ange Seretti le 27 septembre 2014, lors d'une performance gestuelle de Marie-Ange Guilleminot.

Marie-Ange Guilleminot est une plasticienne, sculptrice, vidéaste, performeuse née à Saint-Germain-en-Laye en 1960. Elle vit et travaille à Paris.

Présente sur la scène artistique internationale, elle participe aussi à plusieurs expositions notables en France : notamment avec Le Paravent au Centre d'arts plastiques contemporains de Bordeaux (1998) redéployé (2018) sous forme rétrospective au Centre d'art contemporain Les Tanneries, puis en dans la Cour de l'or à La Monnaie de Paris, et pour « Jour de fête » en 2000 au centre Georges Pompidou à Paris où sont montrées, en 2009-2010, plusieurs pièces importantes, appartenant aux collections du musée, lors de l'exposition elles@centrepompidou.

Son travail tourne autour des notions de « faire » et de « transformation » liées à son propre corps. Il se présente sous forme d'œuvres, d'objets ou de sculptures d'usage, de films ou de livres d'artiste qui témoignent de ses performances. L’œuvre de Guilleminot est présente dans plusieurs musées, saluée à la Biennale de Venise en 1997 où elle obtient la mention d'honneur pour son installation Le Salon de transformation.

Engagée dans le développement sur la durée d'une œuvre personnelle impliquant le collectif, depuis 1997 (date à laquelle Marie-Ange Guilleminot a eu l'idée de fonder La Boîte, association sans but lucratif) pour offrir au livre d'artiste un nouveau lieu de diffusion, elle a multiplié les "ouvertures" de La Boîte dans sa concession municipale parmi les Bouquinistes de Paris qui composent le paysage sur les quais de la Seine. Elle y accueille aussi bien : certaines figures emblématiques de l'art contemporain que de jeunes artistes ou étudiants d'écoles d'art.

La vocation de ce lieu consacré à l'art et la finalité d'un tel regard porté sur le commerce du livre d'artiste se situe dans la marée surabondante des livres d'occasion, parmi les cadenas et tant d'autres souvenirs de Paris redevables au made in China. Pourtant, là réside une approche originelle et originale liée à l'architecture du livre conçu par un artiste. C'est avec le souci du miroir et de la transparence, mais aussi grâce à sa démarche artistique, que Marie-Ange Guilleminot projette l'espace physique de ses propres boîtes dans la sphère urbaine agitée par le tourisme planétaire.

Cette œuvre ouverte sur l'étroite fenêtre d'un vaste monde, pas encore tout à fait dévasté, apparaît sous la forme de véritables sculptures banalisées puis inattendues, aujourd'hui ouvertes comme des "fenêtres avec vue" sur le fleuve et son flux de Bateau-mouche, sur le Grand Louvre, le Pont des Arts, l'Institut de France, face à la statue de Condorcet sur le Quai de Conti. Ces symboles aux titres singuliers illustrent l'apparence d'un paradoxe dans l'approche esthétique plurielle de cette artiste décrite très tôt comme "hors-norme" par la critique.

Jeunesse et formation

Marie-Ange Guilleminot est née en 1960 à Saint-Germain-en-Laye.. Elle sort diplômée de la Villa Arson en 1985. Elle débute alors sa carrière où se mélangent la performance gestuelle, dans le droit fil de l'esthétique relationnelle, et la sculpture ou l'installation.

Elle voyage à travers le monde pour participer à différentes expositions, performances, ateliers ou résidences et obtient une première acquisition importante aux États-Unis en 1996, pour les collections du musée d'art de Philadelphie.

Son travail d'artiste la met en relation avec une centaine d'artisans. Quelques exemples sont à trouver dans le domaine du textile :

Kimono mémoire de Hiroshima (1995-2005), œuvres en peinture sur soie nées au Japon suivant les conseils de Kunihiko Moriguchi, trésor national vivant japonais ; Touchez-Voir (2013-2016), 40 pièces réalisées pour Palais Galliera avec des broderies d'Ollivier Henry, des coupes de Carmen Mateos ou Claudine Lachaud, Caraco ; La Garde-Robe (2015), 40 autres pièces issues d'une commande artistique privée du groupe Première Vision, montrée en 2016 lors des Salons au Carreau du Temple et à Paris-Villepinte.

Depuis 1995, sa formation artistique se renforce tout au long d’une période continue de voyages. Elle est nourrie par des rencontres, en soutien, ou suivies et complétées par l’écriture de textes de critique ou d’esthétique, voire littéraires ou poétiques. Consacrées à l’approche initiale de l’artiste, ces contributions en épousent les contours proustiens, voire la mallarméenne « notion » comme celles de : Ariella Azoulay, Anne Bonnin & Vanessa Desclaux, Marie-Laure Bernadac, Éric Dégoutte, Sophie Duplaix, Catherine Francblin, Philippe Forest, Pascal Gautrand, Pierre Giquel, Catherine Grenier, Nathalie Guiot, Dominique Haim, Elisabeth Horth & Benjamin Zurstrassen, Mary Jane Jacob, Yves Jammet, Pierre Leguillon, Alexandre Mare & Stéphane Boudin-Lestienne, Anne Moeglin-Delcroix, Camille Morineau, Eva Prouteau, Harald Szeeman, Guy Tortosa, Nadine Gomez.

Carrière

Après de nombreuses expositions au cours des vingt premières années d'activité artistique, l'artiste a choisi de se consacrer à des projets articulés à partir d'expériences se combinant en une synthèse de ses thèmes de prédilection. Quelques présentations choisies laissent deviner cette orientation et rendent compte de cette évolution progressive ou de rencontres plus décisives :

2001 : son exposition personnelle présentée au musée des Beaux-Arts et de la Dentelle de Calais fait suite à sa résidence à l'Atelier Calder de Saché. Ce séjour dans la Loire lui a permis de créer la pièce Oursin, 1999 qui sera plus tard déployée dans la Salle des Chevaux de Marly au Louvre (puis filmée par le cinéaste Gilles Coudert) grâce à l'invitation de Marie-Laure Bernadac, conservatrice générale du patrimoine, lors de l'exposition et des performances liées à l'événement « Contrepoint. L’art contemporain au Louvre » en 2004-2005. 2012 : installation au musée Guimet du Salon blanc de transformation, 1999Les références biographiques et documentaires sont issues du site officiel de l'artiste correspond à une activation dont la mise en œuvre fait intervenir plusieurs jeunes artistes plasticien interprétant le motif subtil d'une transmission, également objet d'une performance filmée. 2013 : son exposition personnelle au musée de la Manufacture de Sèvres, cité de la céramique articule pour la première fois de façon institutionnelle les multiples dialogues de l'artiste avec des artisans au savoir faire d'exception, révèle le processus d'élaboration des œuvres réalisées à la Manufacture, et capte performances et travaux d'ateliers. Ces derniers documents vidéo (non encore montés) demeurent les matériaux d'un nouveau projet artistique en construction. 2019 : dans la lignée des "grandes maisons habitées par l'artiste" (à commencer par la maison du Vésinet de Jeanne Lanvin que son grand-père, créateur de tissus, a possédé jusqu'à la fin de sa vie) puis les invitations artistiques à Villa Savoye, Le Corbusier, et à Villa Noailles, Mallet-Stevens, c'est durant près de quatre mois au musée Horta à Bruxelles que Marie-Ange Guilleminot se projette dans la conivence avec une maison vécue ou à vivre... celle de l'architecte Victor Horta, dont le goût pour le Japon scelle l'aliance spontanée par affinités électives celles du raffinement extrême, mais aussi celle d'où part la rencontre avec les mondes où se concrétisent, encore plus, le dessein de construire dans une sorte d'aboutissement des forces concourantes à l'œuvre. Elle s'y engage avec ferveur comme ultime référence à La Maison de Vie à venir. Cette création, en cours depuis 2013, fait écho à une pièce emblématique de l'artiste: Le Chapeau-Vie imaginé en 1995 comme une sorte de "maison transportable avec soi" (et bien plus...) dont de nombreuses vidéo-performatives ont décrit la vocation, le mode de vie et l'existence.

Œuvres vidéo

Un choix étoffé des vidéos-performances suivi d’un débat public: « In Vivo » Un itinéraire de performances de Marie-Ange Guilleminot sur une invitation de Sophie Duplaix & Cristina Agostinelli, Centre Pompidou, Paris () Mes poupées, 1993. 32 min Les Galipettes, 1994. 2 min 18 s (en boucle) avec une installation Jouer du chapeau, 1994. 6 min 02 s La Démonstration du Chapeau-Vie, 1995{ La Démonstration du Chapeau-Vie à Brooklyn, 1994. 9 min 43 s La Démonstration du Chapeau-Vie à Jérusalem, 1995. 7 min La Démonstration du Chapeau-Vie à Ramat Gan, 1995. 9 min 22 s La Démonstration du Chapeau-Vie au musée, 1995. 4 min 48 s La Démonstration du Chapeau-Vie à Venise, 1995. 7 min 16 s Nuits blanches, 1995. 10 min Émotion contenue (visage), 1995. 4 min avec une installation. Émotion contenue (évanouissement), 1995. 2 min La Démonstration du Chapeau-Vie dans les airs, 1996. 5 min 24 s Himitsu, La Démonstration secrète du Chapeau-Vie à Tokyo, 1996. 6 min 58 s La Démonstration du Chapeau-Vie à Münster , 1996. 10 min Cauris™, collant-sac à dos, sac à dos-collant, 1996. 15 min Cauris™ au supermarché, Venise, 1997 * Dialogue, 1999, (12 vidéos), durée variable 30/60 min Hiroshima Art Document 98, 1998. 20 min * Fold, October 31st, 1999. 150 min Oursin, 2001. Ø12m. Atelier Calder, Saché.  30 minutes. Tourné par Guillaume Blanc en complicité et à la demande de l'artiste * Le Paravent, Oursin et Les Vêtements blancs d’Hiroshima, 2003. CAC, Cincinnati (OH) États-Unis * Mouvement, lecture simultanée à huit mains et deux voix, 2013. 57 minutes. Laps, 2013 (en cours de montage, prises réalisées avec Julien Crépieux) Washitsu, 2016, montage de l’architecture, filmée avec Armande Chollat-Namy Le Chant du Crayon, 2019, Vivre la Maison Horta, Musée, Bruxelles, avec Armande Chollat-Namy (en cours) Marie-Ange Guilleminot. Sculptures de gestes pour un jardin – création pour La Petite Escalère, (projet)

Art urbain / Commande publique

2009 : Le Livre de Seuil. Intégration de l’art dans les bâtiments publics, réflexion sur l’école et commande d’une œuvre faisant l’objet d’une formulation spécifique, établie de concert entre la cellule artistique et les directions d’écoles. Projet réalisé pour l’école Sint-Ursula à Laken avec l’architecte Tom Thys, Vlaams Bouwmeester, Bruxelles, Belgique. 2004-2005 : Le Lieu de mémoire accompagné du Livre infini. Commande publique réalisée avec le concours de la DRAC Île-de-France en hommage aux anciens combattants et aux victimes des trois guerres. Ce dispositif évolutif implique les jeunes générations : chaque année à travers une nouvelle rencontre choisie, les écoliers se donnent le relais pour concevoir avec un artiste contemporain, différent, le prolongement, sans fin, de ce grand livre d’artiste, dès lors sans cesse renaissant… À partir de cet événement perpétuel, les acteurs du lieu de mémoire s’engagent dans le processus de ces cérémonies commémoratives instaurées, avec la possibilité de mieux en comprendre la portée. Marie-Ange Guilleminot: « J’ai conçu et réalisé l’interactivité de cet espace spatiotemporel dans la ville en lui consacrant un cycle complet de développement, architecturé par mes soins, afin d’y respecter les divers intervenants présents dans ce cadre, pour Magny-les-Hameaux. » Document édité et site web : pour visualiser le jardin créé et la symbolique associée à travers l’usage du nombre d’or, la plantation de l’arbre Gingko Biloba. Premier tracé le Musée de Saint-Quentin-en-Yvelines à Magny-les-Hameaux, France. 2014-2015 : La Mar(g)elle. Création d’une œuvre itinérante destinée à porter la mémoire et la proposition d'une valorisation du patrimoine culturel artistique. À l'issue d'une résidence de l'artiste, en , sur l'invitation de Sophie Brossais, l'objet multifonctionnel de cette commande a été présenté comme aboutissement au sein de l'exposition personnelle de Marie-Ange Guilleminot: Destine-moi une Maison ( - ) au Centre d’art La Chapelle Jeanne d’Arc, Thouars, France.