La belote (ou belotte : la graphie belotte est mentionnée par le TLFi.) est un jeu de cartes arrivé en France vers 1914 se jouant à quatre avec un jeu de 32 cartes, des déclinaisons existent pour 2 ainsi que 3 joueurs. Les joueurs sont répartis en équipes de deux joueurs, les membres d'une même équipe se faisant face et ayant à leur droite et à leur gauche chacun des joueurs adverses. C'est un jeu à contrat, dans le sens où l'une des deux équipes s'engage à faire plus de points que l'adversaire, et dont l'échec est pénalisé. Il s'apparente au jass, qui se joue avec 36 cartes, et est très proche du klaverjassen néerlandais. Il existe plusieurs versions, notamment la contrée ou encore la coinche, la belote de comptoir.
Historique thumb|Annonce d'un championnat de belotte (sic) animé par des vedettes du music-hall dans la salle du Globe à Paris en décembre 1932. Selon le Larousse du (1928-1933), la belote serait apparue en 1914.. Cela est confirmé par l’ancien commissaire de police Louis Carpin, dans La belotte : traité complet du jeu de belotte à deux, à trois ou à quatre joueursParis : imprimerie Léon Maus, s.d. [vers 1920/23].. À propos de l’« Origine du Jeu de la Belotte », l’auteur écrit (p. 3) qu’« …on ne le joue guère, en France et notamment à Paris, que depuis une dizaine d'années ; c'est surtout depuis la guerre, principalement depuis 1915, qu'il s'est répandu dans les cafés et, plus tard, dans les cercles et salons. »
Pourtant, le journaliste et romancier Jacques RobertiDates inconnues, natif d’Orléans, actif entre les deux guerres. publie dans Candide, n° 397, , un article intitulé « Vie et mort de la belotte », où il raconte avoir « eu la bonne fortune de dénicher dans un marché aux puces un document historique : la Règle officielle et générale de la Belotte », qu’il décrit comme « un petit manuel de vingt-huit pages, édité en 1906 par M. Berl ».
Ce témoignage pourrait paraître suspect si un autre auteur, le maître d'échecs Georges Renaud, indépendamment, n’en avait fait état aussi dans son livre La belote (Monaco, 1945)Georges Renaud, La belote : la déclaration, la conduite du coup, la règle, le vocabulaire, nombreux exemples pratiques, Monaco : Le Triboulet, 1945 (Nouvelle Académie des Jeux). Voir p. 6.. Si aucun exemplaire de ce petit livre n'a pu être retrouvé, ces deux témoignages permettent de penser qu'il a bien existé.
Enfin, Émile Chautard, dans La vie étrange de l'argot (Paris, 1931), affirme de son côté sous le mot « Belotte (1906), jeu » (p. 40-41) : « Nous avons vu jouer la belote [ici, avec un seul t] pour la première fois en 1906, à Montmartre où se réunissaient des Roumains (romanichels) et des Bulgares. »
Il faut donc bien admettre que la belotte était déjà là vers 1900.
Le nom du jeu, attesté à partir de 1915. et dont l'orthographe hésite très longtemps entre les formes « belote » et « belotte », est d'origine inconnue, son hypothétique invention par un certain M. Belot ne pouvant pas être prouvéeTrésor le la langue française, article « belote ». et relève clairement de l’étymologie populaire.
Un des premiers auteurs de règle, Eugène Soullier, écrit en 1921Eugène Soullier, Historique et règle du jeu de la belotte française, Paris : Hénin Aîné, 1921 (avant-propos daté « Paris, Juin 1921 »), p. 3. : « La Belotte est une transformation du Smoosjass hollandais et flamand et du Glabuasse [sic pour “klabberjass”] hongrois dont le cinquante (4e) est le maximum de l'annonce. Ils avaient pris leur titre par le Valet d'Atout. La Belotte (mariage d'atout), qui se dit Bailé [belje], a pris le sien par le mariage ». On trouve en effet en Europe centrale plusieurs jeux affinitaires de la belote où le mariage d’atout – la belote – est nommé bella en yiddish. Bella est aussi parfois le nom du jeu dans la communauté juive originaire d’Europe centrale. Ce terme vient probablement du néerlandais belle-bruid (mariage d’atout), lui-même… du français belle qu’on trouve parfois aux dans certains jeux de cartes pour désigner une carte forte.
Les rares attestations datant de la première guerre mondiale sont parisiennes. Les premières règles sont éditées par les Éditions Albin Michel vers 1920 sous la forme de fascicules vendus par correspondanceUn poilu de 12 ans n° 112, 1919-1920..
La belote se répand très rapidement dans la première moitié des années 1920, et commence à accéder à une certaine notoriété médiatique au milieu de cette décennie. Dans un article du journal La Presse intitulé « Le nouveau jeu : Hymne à la belote » (), Serge Veber écrit : .
Diffusion France Depuis 1999, plusieurs associations ont été déclarées sous la dénomination « Fédération française de belote » : une association située à Dax, déclarée à la sous-préfecture de Dax le Journal officiel des associations du 24 avril 1999 ; une association située à Bastia, déclarée à la préfecture de la Haute-Corse le Journal officiel des associations du 16 décembre 2000 ; une association située à Paris, déclarée à la préfecture de police le Journal officiel des associations du 2 mai 2010 ; une association située à Nice, déclarée à la préfecture des Alpes-Maritimes le Journal officiel des associations du 18 avril 2015. Site officiel : http://www.ffbelote.org ; mais le site n'est plus remis à jouer depuis 2016.;
Un Championnat de France de belote existe depuis 2006Au championnat de France de belote à Paris, les joueurs guadeloupéens ont remporté leur seconde victoire dans cette compétition 92,6 Tropiques FM, 15 juin 2011.
Italie La belote est largement répandue en Vallée d'Aoste, Piémont et Ligurie.
Reste du monde Algérie : Belote coinche. Bulgarie : Bridge-Belote (Бридж-белот) Grèce : Vida (Βίδα) Chypre : Pilotta (Πιλόττα) Croatie : Bela Macédoine du Nord : Бељот Arménie : Bazaar Belote Arabie saoudite : Baloot. Russie : Belote (Белот)Белот. Tunisie : Belote Moldavie : Belote Madagascar, Tsiroanomandidy : Belote Mauritanie : Bilette Maroc : bellote (joué surtout à Fès) Sagonte : bolot (joué avec Jeu de cartes espagnol).
Popularité Selon les données recueillies sur une des plateformes en ligne les plus visitées de Belote (VIP Belote), les pays où l'on joue le plus sontJeu de Belote:
France Belgique Algérie Canada Grèce Allemagne Bulgarie Croatie Chypre États-Unis
Règles du jeu Ordre des cartes Les cartes suivent un ordre hiérarchique descendant qui dépend de leur couleur selon qu'elle est atout ou non :
90px|As de cœur90px|Dix de cœur|lien=Special:FilePath/11_of_hearts_-_David_Bellot.svg90px|Roi de cœur90px|Dame de cœur90px|Valet de cœur90px|Neuf de cœur90px|Huit de cœur90px|Sept de cœur Ordre des cartes hors atout
90px|Valet de cœur90px|Neuf de cœur90px|As de cœur90px|Dix de cœur90px|Roi de cœur90px|Dame de cœur90px|Huit de cœur90px|Sept de cœur Ordre des cartes en atout
Dans le cadre des annonces, les cartes suivent un ordre hiérarchique descendant naturel : 90px|As de cœur90px|Roi de cœur90px|Dame de cœur90px|Valet de cœur90px|Dix de cœur90px|Neuf de cœur90px|Huit de cœur90px|Sept de cœur Ordre des cartes pour les annonces
Valeur des cartes Une fois les 8 levées du jeu de la carte effectuées, un joueur de chaque équipe additionne les points correspondant aux cartes des plis faits par son équipe. Si celle-ci a fait le dernier pli, il rajoute 10 points au total obtenu. Il s'agit de la règle du « dix de der » – der est le diminutif de dernière levée.
Le total des points du jeu est de 162, en comptant le « dix de der ». Si la somme des deux totaux obtenus est différente de ce nombre, on doit procéder à un nouveau décompte des points.
Hors atout : L'as vaut 11 points Le dix vaut 10 points Le roi vaut 4 points La dame vaut 3 points Le valet vaut 2 points Le neuf, le huit, le sept valent chacun 0 point
À l'atout : Le valet vaut 20 points ; Le neuf vaut 14 points ; il est appelé le « quatorze » Les autres cartes ont la même valeur que hors atout. + Valeur des cartes Carte A 10 R D V 9 8 7 Valeur (Non Atout) 11 10 4 3 2 0 0 0 Valeur (Atout) 11 10 4 3 20 14 0 0
Mélange des cartes
En principe on ne mélange les cartes qu'en début de partie. Ensuite les cartes ne sont jamais mélangées mais seulement coupées par le joueur de gauche à la fin de chaque tour afin de "casser partiellement les plis", tout en permettant au cours du jeu une certaine mémorisation des plis de la donne précédente. Néanmoins, les variantes où le jeu de cartes est légèrement brassé avant chaque distribution (uniquement par le donneur) ajoutent une part de hasard au jeu qui favorise les "risquettes". Concernant les règles dites "officielles" : Auparavant le mélange était optionnel dans les règles officielles de la belote classique. Cependant, pour des raisons de tricheries faciles pour les manipulateurs de cartes, le mélange est désormais obligatoire dans les règles officielles de la belote classique, ainsi que la coupe qui s'ensuit par le joueur à gauche du donneur. En principe, le jeu est toujours coupé par le joueur de gauche à la fin de chaque tour, afin de "casser" partiellement ces plis.
Le mélange obligatoire des cartes n'appartient pas à la tradition populaire de la belote. Il a été mis en avant dans des règles dites officielles (toutes de sources récentes très largement postérieures à l'usage du jeu et qui ne peuvent s'approprier une officialisation du jeu, celui-ci étant dans le domaine public), essentiellement pour des raisons pragmatiques anti-triche dans les concours de belote, mais aussi pour des raisons pratiques de distribution aléatoire sur les jeux en ligne.
Le mélange des cartes n'est donc pas habituel et encore moins obligatoire dans le jeu traditionnel. Il convient donc comme souvent à la belote de s'accorder sur les règles avant de débuter une partie.
La donne La distribution des cartes, communément appelée donne s'effectue le plus souvent dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (comme le tarot), mais certains utilisent le sens des aiguilles d'une montre (comme la manille et beaucoup d'autres jeux). Le joueur situé à gauche du donneur doit effectuer la coupe du jeu : il sépare le jeu en deux tas, chacun devant contenir au moins quatre cartes (nombre de cartes d'un pli).
Lors du premier coup de la partie, un joueur est désigné au hasard pour effectuer la première donne. Pour cela, chacun des quatre joueurs tire une carte dans le paquet, et celui qui obtient la plus petite donneDans la tradition française des jeux de cartes, le tirage de la plus petite carte désigne le donneur s'il est désavantageux de l'être. Dans le cas contraire ce serait le joueur qui obtient la plus forte carte qui donnerait. – cette procédure est appelée « la plus petite fait », le verbe faire étant ici synonyme de donner ou distribuer. Le donneur du coup suivant sera le joueur situé à droite du donneur précédent.
Après avoir regroupé le jeu en inversant l'ordre de coupe, le donneur distribue les cartes en commençant par son voisin de droite, de la manière suivante : trois cartes (situées sur le dessus du tas) sont distribuées face cachée à chaque joueur puis deux cartes supplémentaires leur sont distribuées de la même manière (ou l’inverse 2 puis 3). Dans la version annemassienne, il est possible d'alterner 3 cartes puis 2 cartes dans le même tour de donne.
Le contrat La prise de contrat peut comporter deux tours :
Après la première phase de distribution, le donneur retourne la carte du dessus du tas non encore distribuée. La couleur de la carte ainsi retournée est proposée comme contrat d'atout aux joueurs : chaque joueur, dans le sens de la distribution en commençant par la droite du donneur, accepte ou non l'atout. S'il n'en veut pas il dit : « je passe » ou « une ». Le premier joueur qui accepte l'atout dit « je prends », récupère la carte retournée. On procède alors à une deuxième phase de la distribution : les joueurs reçoivent 3 nouvelles cartes, sauf celui qui a accepté le contrat, qui n'en reçoit que 2.