Ama Mazama est également connue sous le nom de Marie-Josée Cérol. Native de la Guadeloupe, née le , elle est docteure en linguistique (Sorbonne Nouvelle, 1987), et enseigne au Department of African American Studies de la Temple University (États-Unis). Selon Stella Vincenot, elle serait « la plus fervente et la plus célèbre partisane de l'afrocentricité aux AntillesStella Vincenot, in ouvrage collectif Afrocentrismes, l'histoire des Africains entre Égypte et Afrique, éd. Karthala, 2000, ». Ama Mazama a publié des ouvrages et articles fondés en afrocentricité ; courant épistémologique dont elle est l'une des rares auteurs francophones féminins. Ama Mazama est aussi mambo, c'est-à-dire prêtresse vaudou, initiée en Haïti.
Œuvre Dans ses premières publications, Ama Mazama a particulièrement insisté sur la description du créole guadeloupéenCf. Marie-Josée Cérol, Une introduction au créole guadeloupéen, éd. Jasor, Pointe-à-Pitre, 1991 et sur ses caractéristiques communes avec plusieurs langues négro-africainesCf. Ama Mazama, Langue et identité en Guadeloupe : une perspective afrocentrique, éd. Jasor, Point-à-Pitre, 1997 ; notamment celles du bassin du Congo. Elle a également pris une part importante dans la controverse entre créolité et afrocentricté, étant plutôt favorable à un ancrage africain de la culture guadeloupéenne et à des rapprochements entre les Antilles (entendues comme diaspora africaine) et l'AfriqueCf. Ama Mazama, Critique afrocentrique de « l'Eloge de la Créolité », in Penser la Créolité, sous la direction de Maryse Condé et Madeleine Cottenet-Hage, éd. Karthala, 1995. Similitudes entre créole guadeloupéen et langues africaines Le propos d'Ama Mazama vise, d'après l'auteur, à réhabiliter ou réévaluer les influences linguistiques africaines dans la formation de la langue guadeloupéenne. Selon elle, les populations afrodescendantes de la Guadeloupe seraient originaires d'Afrique centraleCf. Langue et identité…, op cit, : Au , les trois études consacrées à la question de l'origine ethnique des Africains (Vanony-Fish 1985 ; Schnakenbourg 1973 et Debien & al. 1963) arrivèrent à la même conclusion : les « Congos » représentaient, numériquement parlant la première ou la seconde composante africaine. Les Bantu étaient également présents tout au long du (Fallope 1983, ) pour une part plus importante que dans d'autres colonies françaises. Ceci, parce que les colons guadeloupéens s'approvisionnaient en esclaves nègres, de manière significative, également auprès de négriers anglais et surtout hollandais. De plus, après l'abolition de la traite négrière, la plupart des « engagés » africains provenaient d'Afrique centrale. En sorte que les influences des langues bantoues seraient plus prégnantes dans le créole guadeloupéen que, par exemple, dans celui de la Martinique.
Postposition des déterminants nominaux
« le vase » guadeloupéen : pot-la wolof : ndap-la « mon fils » guadeloupéen : fis-an-mwen kimbundu : mono-a-mi « cette personne » guadeloupéen : moun-lasa kimbundu muntu yo
Marqueurs d'aspect et de temps préposés au prédicat
« je travaille » guadeloupéen : an ka travay kimbundu : Eme nga mubanga « il travaille » guadeloupéen : I ka travay kimbundu : Eye wa mubanga « ils travaillent » guadeloupéen : Yo ka travay kimbundu : Ene a mubanga
Idéophones
Négation, désaccord guadeloupéen : awa (interjection) kikongo : awa (interjection ou adverbe) kimbundu : awa (interjection)
guadeloupéen : bita-bita (« simultanément », « ensemble ») , kikongo : bita-bita (« pêle-mêle »).
Morphèmes grammaticaux
« lequel » guadeloupéen : ki kikongo : nki « Qu'est-ce que ? », « qui est-ce qui ? » guadeloupéen : ka kikongo : ka « pour », « donner » guadeloupéen : ba kimbundu : ba
Lexique
« myriapode » guadeloupéen : kongoliyo kikongo : nkongolo chauve-souris guadeloupéen : gyenbo/genbo (« chauve-souris ») kikongo : ngembo ( « roussette ») banane guadeloupéen : poto (sorte de banane) kikongo : mboto (« banane verte ») « poitrine » guadeloupéen : makout kimbundu : makutu
guadeloupéen : makrélé (« moucharder ») ; kikongo : makela (« calomnie »)Cf. Langues et identités… op. cit. Tous les exemples ci-dessus sont extraits des pages 39 à 45.
« derrière » (fesses) guadeloupéen : bonda kikongo : mbunda kimbundu : mbunda (aussi « anus ») « organes sexuels féminins » guadeloupéen : founfoun kikongo : funi/funu « vagin » guadeloupéen : kokot (aussi « clitoris ») kikongo : kokodi
guadeloupéen : kòk/kal (« pénis ») ; kikongo : koko (« pénis »), bakala (« mâle »).
Selon Ama Mazama, suivant en cela Cf. Mervyn Alleyne, Roots of Jamaican culture, éd. Ann Arbor, Karoma, 1988, Ama Mazama, 1997, op cit .
Notes et références
Bibliographie Marie-Josée Cérol, Une introduction au créole guadeloupéen, éd. Jasor, Pointe-à-Pitre, 1991 ; Ama Mazama, Langue et identité en Guadeloupe : une perspective afrocentrique, éd. Jasor, Point-à-Pitre, 1997 ; Ama Mazama, L'impératif afrocentrique, éd. Ménaibuc, Paris, 2003 ; Ama Mazama, Kwanzaa ou la Célébration du Génie Africain, éd. Ménaibuc, 2006.
Articles Ama Mazama, « Critique afrocentrique de l'Éloge de la Créolité », in Maryse Condé et Madeleine Cottenet-Hage (direction), Penser la Créolité, éd. Karthala, 1995.
Articles connexes Afrocentricité Afrocentrisme
Liens externes
Curriculum vitæ d'Ama Mazama sur le site de la Temple University.
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