Le Rayon fantastique est une collection française de romans de science-fiction, codirigée par les éditions Gallimard et Hachette, créée en janvier 1951 et disparue en février 1964. __FORCETOC__ Historique de la collection thumb|250px|Quelques ouvrages du Rayon Fantastique. Mythique pour les amateurs, cette collection a symbolisé un renouveau de la science-fiction dans les années 1950 en initiant une nouvelle passion du public en faveur du genre. Elle fit connaître en France les grands auteurs américains de « l'âge d'or » : Edmond Hamilton, Theodore Sturgeon, A. E. van Vogt, Isaac Asimov, Robert A. Heinlein, Arthur C. Clarke, Clifford D. Simak

Dans un second temps, cette collection eut également le grand mérite de lancer une nouvelle génération d'auteurs français : Francis Carsac, Daniel Drode, Philippe Curval, Gérard Klein, Michel Jeury (sous le pseudonyme d'Albert Higon), Françoise d'Eaubonne, Pierre Barbet, Nathalie et Charles Henneberg.

Cette collection a une double origine, la première commence chez Gallimard, le lorsque l'écrivain martiniquais Michel Pilotin (1906-1972)Christophe Claro, « Pilotin, charmeur de volcan : Lowry Story (et autres continents) », in: Le Clavier cannibale, 22 février 2017. reçoit le feu vert pour la création d’une série de science-fiction au sein de cette maison. Entre 1950 et 1951, Michel Pilotin prépare sa collection en achetant les droits de traductions de livres américains et en sollicitant des auteurs francophones.

Du côté de Hachette, cette collection, déjà nommée Le Rayon Fantastique, eut pour origine un article paru en 1950 dans le Figaro, intitulé « La science-fiction remplacera-t-elle le roman policier ? » qui résultait de la rencontre d'un journaliste avec un fan, Georges H. Gallet. Cet article incita les éditions Hachette à confier à Gallet la direction d'une nouvelle collection consacrée à ce nouveau genre.

Pour éviter toute concurrence, les deux maisons conviennent d’une collection commune, d’autant plus que Gallimard est encore diffusée par le groupe Hachette qui gère également la fabrication et la vente des éditions en poche (jusqu’en 1970).

Pierre-André Gruénais (1919-1993), directeur du département de littérature générale à la Librairie Hachette, fut associé à la direction de cette collection..

Sous cette direction bicéphale, Gallet pour Hachette et Pilotin (sous le nom de Stephen Spriel) pour Gallimard, la collection édite son premier titre en , Assassinat des États-Unis de Will Jenkins (mieux connu sous le pseudonyme de Murray Leinster).

Publications

Numérotation En raison de la double direction de la collection, la numérotation des ouvrages a été parfois très approximative, rendant ainsi complexe, et donc amusante, la tâche des collectionneurs. Ainsi : Il y eut 124 numéros mais seulement ; Les 66 premiers titres ne comportaient pas de numéros ; Le n° 73 (Druso de Friedrich Freksa) n'en comporte pas non plus, mais s'intercale entre deux titres numérotés ; À partir du n° 81, le nombre est en principe séparé du titre au dos du livre par un trait horizontal (mais quelques publications postérieures ne respectent pas cette disposition) ; Cinq titres comportent un double numéro ; Le numéro 111 n'existe pas et le numéro 110 a été attribué deux fois (c'est La Machine suprême de John W. Campbell qui détient légitimement ce numéro comme étant le premier publié).

Cependant, une liste « officielle » de déjà parus est publiée à la fin de certains des ouvrages.

Lieu d'impression À partir du n° 81 (La Terre endormie par Arcadius), pour des raisons économiques, les ouvrages furent imprimés en alternance en France et en Pologne (imprimerie Ars Polona de Varsovie). À partir du n° 97 (Griada par A. Kolpakov), ils le furent exclusivement en Pologne, jusqu'à la fin de la collection.

Couvertures Les couvertures de la collection évoluent avec le temps. D'abord non illustrées, elles font ensuite alterner réalisme et stylisation, selon les artistes (Jean Delpech, Troy, René Caillé, Georges Pichard, Jean Latappy, Lucien Lepiez et beaucoup d'anonymes). Puis, avec l'arrivée de Jean-Claude Forest en 1958, qui assurera près de la moitié de toutes les illustrations de couverture, elles hésitent entre stylisation et abstraction totale. D'autre part se succèdent différentes maquettes de présentation : les séries “noire”, puis “marron” ou “rouge”, et enfin la plus caractéristique, associée aux illustrations de Forest, la série “blanche” (ou “crème”), selon la couleur du fond employé.

Les six premiers numéros ont une couverture identique, sans illustration : fond noir, ruban verdâtre serpentant de haut en bas, titre en lettres blanches sur un polygone irrégulier rouge. N° 7-15 : illustrations anonymes, très “années 1950” (n° 13 : signature présente mais illisible). N° 16-19 : couvertures de Jean Delpech, peintre, graveur et illustrateur. N° 20, 23, 24 : couvertures de Troy. N° 21, 22, 26-28, 31, 33, 46 : couvertures de René Caillé, dessinateur qui se spécialisera entre autres dans les pin-ups et les dessins d'humour gaulois. N° 25, 29-30, 32, 34-39, 42-44, 52, 54-56, 58, 60, 61, 89Le style de l'illustration de couverture de ce numéro suggérerait Jean Latappy. : couvertures anonymes (pas de signature visible). N° 40 : signature difficilement lisible (NESSO ?). N° 41 : même remarque (NEJAO ou MEJAO ?). N° 45 : signature illisible, commençant par Nef… ou Nes… (?); cf. n° 40, 41. N° 53, 59, 73 : couvertures de Georges Pichard, auteur de bandes dessinées qui se spécialisera dans l'érotisme. À partir du n° 57 (L'Adieu aux astres de Serge Martel, 1958), la quasi-totalité des illustrations est due à Jean-Claude Forest (voir les quelques exceptions ci-dessus ou ci-dessous). N° 91, 95-96, 98, 101-102, 104, 106 : couvertures de Jean Latappy, illustrateur. N° 93 : illustration de Lucien Lepiez, dont on retrouve la signature sur différentes couvertures de Fiction. À partir du n° 118 (Métro pour l'enfer de Vladimir Volkoff, 1963), et jusqu'au terme de la collection (n° 124, Rêve de feu de Françoise d'Eaubonne, 1964), la présentation des illustrations de couverture adopte la forme d'un écran de cinéma ou de télévision (cadre noir, fond blanc).

Liste des titres

1951 Assassinat des États-Unis, par Will Jenkins (The Murder of the USA, 1945) Les Rois des étoiles, par Edmond Hamilton (The Star Kings, 1947) , par Lyon Sprague de Camp et Peter Schuyler Miller (Genus Homo, 1941) Les Demi-Dieux, par Alfred Gordon Bennet (The Demigods, 1939) Les Corsaires du vide, par James Morgan Walsh (Vandals of the Void, 1931) , par John Beynon (Stowaway to Mars, 1936)

1952 Le Triangle à quatre côtés, par William F. Temple (Four-Sided Triangle, 1949) Cristal qui songe, par Theodore Sturgeon (The Dreaming Jewels, 1950) Le Choc des mondes, par et Philip Wylie (When Worlds Collide, 1933) , par Eric Frank Russell (Sinister Barrier, 1939) Rien qu'un surhomme, par Olaf Stapledon (Odd John: A Story Between Jest and Earnest, 1935) Le Silence de la Terre, par C. S. Lewis (Out of the Silent Planet, 1938) , par Edmond Hamilton (City at World's End, 1950) Le Monde des Ā, par A. E. van Vogt (The World of Ã, 1948) La Faune de l'espace, par A. E. van Vogt (The Voyage of the Space Beagle, 1950)

1953 Cailloux dans le ciel, par Isaac Asimov (Pebble in the Sky, 1950) Un martien sur la Terre, par (The Kid from Mars, 1940) Le Dernier Astronef, par Murray Leinster (The Last Spaceship, 1949) , par John Taine (Seeds of life, 1931) L'Enfant de la science, par Robert A. Heinlein (Beyond This Horizon, 1942) L'Univers en folie, par Fredric Brown (What Mad Universe, 1949)

1954 , par et Philip Wylie (After Worlds Collide, 1934) Ceux de nulle part, par Francis Carsac La Curée des astres, par Edward Elmer Smith (The Skylark of Space, 1928) Marionnettes humaines, par Robert A. Heinlein (The Puppet Masters, 1951) Escales dans l'infini ; anthologie dirigée par Georges H. Gallet comprenant les nouvelles : Odyssée martienne, par Stanley G. Weinbaum (A Martian Odyssey, 1934) , par John Wyndham (Pauwley's Peepholes, 1951) , par Lyon Sprague de Camp (The Blue Giraffe, 1939) Shambleau, par Catherine Lucille Moore (Shambleau, 1933) Colin-maillard, par (Blind Man's Buff) L'Homme-machine d'Ardathia, par Francis Flagg (The Machine Man of Ardathia, 1927) La Bête du vide, par Raymond Z. Gallun (A Beast of the Void, 1936) Trois lignes de vieux français, par Abraham Merritt (Three Lines of Old French, 1919) Station interplanétaire n° 1, par Manly Wade Wellman (Space Station No. 1, 1936) Le Sourire du sphinx, par William F. Temple (The Smile of the Sphinx, 1938) , par Hal Clement (Needle, 1950) Le Lendemain de la machine, par Francis G. Rayer (Tomorrow Sometimes Comes, 1951) La Révolte des femmes, par (The Haploids, 1952) À la poursuite des Slans, par A. E. van Vogt (Slan, 1946)

1955 Mission secrète sur Neptune, par James Morgan Walsh (Vanguard to Neptune, 1932) Vuzz…, par P. A. Hourey Kilsona, monde atomique, par (The Green Man of Graypec, 1935) Les Robinsons du cosmos, par Francis Carsac La Fleur diabolique, par (Hellflower, 1953)

1956 La Flamme noire, par Stanley G. Weinbaum (The Black Flame, 1939) Les Survivants de l'infini, par Raymond F. Jones (This Island Earth, 1952) Chaîne autour du soleil, par Kurt Simak (pseudonyme de Clifford D. Simak ; Ring Around the Sun, 1953) Les Dents du dragon, par Jack Williamson (Dragon's Island, 1951) Satellite 1, par Philip St. John (pseudonyme de Lester del Rey ; Rockets to Nowhere, 1954) Les Cavernes d'acier, par Isaac Asimov (The Caves of Steel, 1953) Les Enfants d'Icare, par Arthur C. Clarke (Childhood's End, 1953) Le 9 de pique, par John Amila

1957 Fondation, par Isaac Asimov (Foundation, 1942) Les Plus qu'humains, par Theodore Sturgeon (More Than Human, 1953) L'Aventurier de l'espace, par Catherine Lucille Moore ; recueil de nouvelles combinant des œuvres provenant de deux recueils américains distincts (, paru en 1953, et , paru en 1954) : Songe vermeil (Scarlet Dream, 1934) L'Arbre de vie (The Tree of Life, 1936) La Soif noire (Black Thirst, 1934) Paradis perdu (Lost Paradise, 1936) La Poussière des dieux (Dust of Gods, 1934) Julhi (Julhi, 1935) Le Dieu gris (The Cold Gray God, 1935) Yvala (Yvala, 1936) , par Philip MacDonald (Forbidden Planet, 1956) ; mise en roman du film du même nom Le Gouffre de la Lune, par Abraham Merritt (The Moon Pool, 1919) Les Aventures de Ā, par A. E. van Vogt (The Pawns of Null-A, 1949) , par Abraham Merritt (The Metal Monster, 1920) , par John Taine (The Time Stream, 1932)

1958 La Légion de l'espace, par Jack Williamson (The Legion of Space, 1934) Embûches dans l'espace, par François Pagery Vénus et le Titan, par Henry Kuttner (Fury, 1947) Planète à gogos, par Frederik Pohl et Cyril M. Kornbluth (The Space Merchants, 1952) , par John Wyndham (The Kraken Wakes, 1953) L'Adieu aux astres, par Serge Martel ; prix Jules-Verne L'Homme qui vendit la Lune, par Robert A. Heinlein (The Man Who Sold the Moon, 1949) Double Étoile, par Robert A. Heinlein (Double Star, 1956) Le Maître du temps, par Ray Cummings (The Man Who Mastered Time, 1929) À l'aube des ténèbres, par Fritz Leiber (Gather, Darkness!, 1943) Le Gambit des étoiles, par Gérard Klein

1959 Surface de la planète, par Daniel Drode ; prix Jules-Verne L'Ogive du monde, par Matteo Tavera et François Tavera La Rosée du soleil, par Nathalie et Charles Henneberg La Guerre des machines, par Lieutenant Kijé

1960 L'Aventure alphéenne, par Serge Martel Aux étoiles du destin, par Albert Higon Les Navigateurs de l'infini, par J.-H. Rosny aîné Avant le premier jour, par (Vor dem ersten Tag, 1959) La Machine du pouvoir, par Albert Higon ; prix Jules-Verne Terre en fuite, par Francis Carsac Druso, par (Druso oder: Die gestohlene Menschenwelt, 1931) L'Homme double, par René Cambon ; couverture par Jean-Claude Forest Les Fleurs de Vénus, par Philippe Curval