vignette|Porte du fort en 2017. Le fort de Romainville est un ensemble militaire de construit au milieu du siècle, élément de la fortifications destinées à protéger Paris. Construit sur ce qui était alors la commune de Romainville, à l'est de la capitale, il se trouve sur le territoire de la commune des Lilas lors de la création de cette dernière en 1867. Durant l'Occupation allemande, le fort a été un camp d'internement par lequel transitèrent , majoritairement des femmes. Aujourd'hui sans usage militaire, il est rattaché au quartier de l’Avenir. Il abrite une tour hertzienne TDF dite tour de Romainville.

Historique vignette|L'entrée du fort, dans l'entre-deux-guerres. vignette|Panorama du fort vers le Nord-Est, au début du .

Le fort de Romainville est un ouvrage militaire de type Vauban, construit pour la protection de Paris sur la demande d’Adolphe Thiers, et qui s’étendait, à l’origine, sur une superficie de . Jusqu'en 1867, il se trouvait sur le territoire de la commune de Romainville, d'où son nom. Cette année là est créée la commune des Lilas, en prenant une partie du territoire des communes de Bagnolet, de Pantin et de Romainville dont la zone occupée par le fort qui conserve néanmoins son nom.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, les habitants des Lilas et des communes aux alentours y trouvent refuge. Le le fort est commandé par le capitaine de vaisseau (marine) Zédé, le commandant d’artillerie est le capitaine de frégate (marine) Salmon, et le commandant du Génie est le lieutenant-colonel de l'armée de terre Hamel. L’état-major est composé de .

Cette appellation de fort de Romainville (alors qu'il est situé sur la commune des Lilas) remonte à l’époque de sa construction, de 1844 et 1848. Or, la commune des Lilas n’a été détachée de Romainville, de Pantin et de Bagnolet que le .

Infanterie L'infanterie du fort était composé du de marine ( et ), de la et de la du de fusiliers marins ( et ), du d'infanterie de marine ( et ), et de la du de marine (équipage du navire Louis XIV) .

Artillerie L'artillerie était composée du détachement de la de marine ( et ).Le GENIE d'un détachement de la du ( et ). L'armementPour une visualisation de certains des matériels, voir le site internet "Fortiff'Séré" était de 16 (cm) de marine et ; de 24 et ; de 13P et ; de 12 S et ; de 4C et ; lisses de 16 et ; de 12 et ; de 16 et ; de 2 et ; de 15 et ; de 22 et et de 27 et .Total à feu Pour une visualisation de certains de ces matériels, voir le site internet Fortiff'Séré.

Les cartouches de modèle 1866 (pour les fusils Chassepot modèle 1866) étaient au nombre de Voir site internet "armesfrançaises.free.fr.

Le front de la Première Guerre mondiale ne l’atteint pas. Le 6 avril 1918, durant la première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose dans les fossés du fortExcelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute.

Après la Première Guerre mondiale, le fort est le siège du d'artillerie de défense anti-aérienne, qui le quittera après l'armistice du 22 juin 1940 sans avoir combattu. Quelques heures plus tard, la Wehrmacht prend possession du fort et en font un lieu d’internement.

Le camp d’internement allemand durant la Seconde Guerre mondiale

En , le Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF) décide de faire du fort de Romainville un camp de détention administratif et nomme le commandant Bickenbach à la tête du camp secondé par le SS-Untersturmführer Trappe qui resteront en place durant toute la guerre. Des miradors de surveillance sont installés, des grillages déroulés tout au long du chemin de ronde et les premiers détenus sont officiellement enregistrés à partir du .

Puis sa fonction évolue : il devient un camp d’internement et les opposants à l’occupation nazie y sont indifféremment enfermés. Le camp peut également recevoir des femmes. Par la suite, c’est un centre où sont retenus des otages, les prisonniers étant gardés au fort de Romainville en vue d’être fusillés en représailles d’actions de la résistance, la plupart au Mont-Valérien.

Il deviendra un des principaux lieux de transit avec Compiègne vers les camps de concentration nazis pour les déportés par mesure de répression, comme Drancy sera le principal camp de transit des déportés par mesures de persécution, car il est très proche des gares de Pantin et de Bercy. À partir de février 1944, ce sont presque exclusivement des femmes qui y sont enfermées, le camp de Compiègne accueillant les hommes. Les historiens estiment à les résistants internés au Fort de Romainville avant leur déportation vers les camps, dont plus de la moitié étaient des femmes. Les détenues de toute la France sont transférées au fort durant une quinzaine de jours avant d'être déportées, principalement vers Ravensbrück.

Pendant l'Occupation, les évasions y ont été très peu nombreuses, mais on peut tout de même citer celle du Colonel Fabien, qui réussit à s’évader du fort en mai 1943.

En , sont encore emprisonnées. Le , un dernier convoi, « des 57000 », quitte la gare de Pantin.

Le matin la garnison allemande remet à la Croix-Rouge une cinquantaine de détenues, après intervention du Consul général de Suède, Raoul Nordling.

Le 19 août soir, onze FFI de la région parisienne qui viennent d’être faits prisonniers durant la libération de Paris sont amenés à Romainville.

Le matin, avant de partir les soldats allemands, dont un grand nombre d'auxiliaires géorgiens, mitraillent à bout portant ces onze résistants, et brûlent leurs corps.

Le , les habitants des Lilas et de Romainville découvrent les cadavres de onze prisonniers derrière le bâtiment central, où ils ont été fusillés.

Des cérémonies mémorielles se déroulent chaque année au fort, seul moment où le lieu peut être visité. Les personnes se recueillent devant les casemates, où étaient détenus les prisonniers.

Sous l'Occupation, et y furent internés avant d’être déportés, 209 y furent fusillés.

En résidence aux Lilas en 2020, l’artiste congolais Freddy Tsimba conçoit une œuvre autour de l’histoire du fort de Romainville. Elle représente un homme et une femme nourrissant l’espoir de se retrouver. S'inspirant de l'histoire des femmes du camp, dont l'une était tombée enceinte, il exalte le triomphe de l’amour qui dépasse les grilles en représentant un homme présentant l'enfant à sa mère de l´autre côté du grillage.

Les seules traces des personnes déportées sont des graffitis griffonnés sur le mur intérieur de la . Ils sont restaurés en 2023.

Le convoi des 31 000 Le plus connu des convois partis de Romainville est le convoi des 31000, car le seul à être composé uniquement de femmes, la plupart résistantes. Le , quittent, en camion, le fort de Romainville pour le camp de Royallieu à Compiègne où elles sont enfermées dans un bâtiment en vue de leur départ.Là, se trouvent huit autres femmes : six d’entre elles ont été extraites de la prison de Fresnes et les deux autres du dépôt.Le lendemain matin, ces sont emmenées en camion à la gare de Compiègne d'où elles montent dans les quatre derniers wagons d’un train rempli, depuis la veille au soir, par près de .Charlotte Delbo, dans son livre Le convoi du 24 janvierLe convoi du 24 janvier. Éditions de Minuit, Paris, 1978 et 1985, écrira l’histoire de ce convoi. Une plaque à l’entrée du fort de Romainville rappelle que leur convoi fut constitué sur ces lieux.

Arrivées dans la soirée du , elles ne descendent des wagons que le lendemain matin, et entrent dans le camp de Birkenau en chantant La Marseillaise.Elles sont immatriculées dans la série des « 31000 ». Sur ces , 49 seulement reviennent de déportation en 1945.

Plus de la moitié de ces femmes (119) sont communistes ou proches du PCF. La plupart d'entre elles sont arrêtées pour des faits de résistance ou liés à la Résistance. 45 d’entre elles sont des veuves de fusillés. Dans ce convoi se trouvent notamment :

Marie-Claude Vaillant-Couturier, arrêtée en alors qu’elle servait d’agent de liaison, Marie-Louise (Lisette) Moru, arrêtée en et morte à Auschwitz en , à l'âge de 17 ans, Marcelle Mourot, arrêtée le alors qu'elle conduit des prisonniers de guerre évadés vers la Suisse Simone Sampaix, fille de Lucien Sampaix, secrétaire général de L'Humanité, fusillé le , Danielle Casanova, chirurgien dentiste, mariée à Laurent Casanova. Elle est fondatrice de l’Union des jeunes filles de France, rédactrice de La Voix des femmes, morte à Auschwitz le , Hélène Solomon, fille du professeur Paul Langevin et veuve de Jacques Solomon fusillé le , Maï Politzer, épouse du philosophe Georges Politzer, rédacteur dans L’Université libre et La Pensée libre, fusillé au Mont Valérien le , Charlotte Delbo, mariée à Georges Dudach, fusillé le . Louise Losserand, arrêtée le alors qu'elle était agent de liaison. Veuve de Raymond Losserand, fusillé le .

Usages contemporains du site vignette|La tour TDF.

Conçue par l’architecte Claude Vasconi, une tour TDF fut construite dans une partie déclassée de l'enceinte du fort en 1984. Elle mesure et dessert l’ensemble du territoire français en assurant la transmission de programmes de radio et de télévision. Elle occupe une place privilégiée dans le domaine des télécommunications et est largement visible de la Plaine de France et des banlieues est et nord de Paris.

Le fort est également, de 2000 à 2016, une annexe non visitable, du musée national de la Marine, abritant les réserves du musée. Cette fonction du site cesse en 2016, lorsque les collections déménagent vers DugnyNewsletter sur la rénovation du musée, musee-marine.fr, p. 19. consulté le 4 mai 2017..

Dans le cadre du concours Inventons la métropole, un projet est retenu en 2017 pour transformer les du site en conservant six des casemates (dont la 17) qui deviendrait un lieu mémoriel, alors que d'autres espaces recevraient logements, un gymnase, une résidence étudiante.

L'ouverture du musée est prévue pour 2028.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Île de loisirs de la Corniche des Forts Caserne des Suisses (Saint-Denis)

Liens externes

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