Le canal de Provence est un ensemble d'ouvrages hydrauliques qui participe à la desserte, principalement en eau brute, captée dans le Verdon, de des Bouches-du-Rhône et du Var dont Aix-en-Provence, Marseille, Toulon, soit une population totale de plus de . Il permet d'irriguer de terres agricoles et alimente plus de industriels de la région.

D'une longueur de dont 146 en souterrain (tunnels, siphons) et par voie aérienne (aqueducs), le canal a été conçu et réalisé progressivement sur la base d'un schéma initial qui a très peu varié, à partir des années 1960, et a évité les effets de la sécheresse dans les départements desservis contribuant ainsi à leur développement économiqueNicolas Bonci, « L'eau transportée », in Jacques Sapiega, La Durance, parcours & regards, Conseil régional PACA, 2004 (DVD).

Histoire La basse Provence, possédant peu de cours d'eau importants, a toujours été déficitaire en eau, surtout en été. Dès le , Adam de Craponne avait proposé, sans succès, de créer un canal pour alimenter en eau Aix et Marseille. D'autres projets sans suite se sont succédé. Au cours du , enfin, la construction du canal de Marseille amène l'eau de la Durance à Marseille en 1849, et celle du canal du Verdon, entre 1857 et 1875, apporte à Aix l'eau du Verdon. Mais ces apports se révèlent insuffisants au .

Après la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion du ministère de l'Agriculture, les départements des Bouches-du-Rhône et du Var, ainsi que la Ville de Marseille décident de substituer au canal du Verdon un canal entièrement nouveau, portant lui aussi l'eau du Verdon, mais construit largement en souterrain, ce qui, en diminuant la longueur du parcours, permet de réduire la perte d'altitude et donc de bénéficier d'une pression naturelle améliorée aux points de distribution. La Société du Canal de Provence et d'aménagement de la Région Provençale est créée à cet effet en 1957.

alt=Mémorial à Léonce Long, branche de Fuveau.|gauche|vignette|Mémorial à Léonce Long, « victime du travail mort le à l'âge de », branche de Fuveau. La construction, à partir de 1964, est coordonnée avec les travaux d'aménagement hydraulique effectués par EDF sur le bas-Verdon : un barrage est établi au-dessus de Gréoux-les-Bains, et un canal d'amenée vers la centrale hydroélectrique de Vinon-sur-Verdon est construit à partir du lac d'Esparron, mis en eau en 1967. Le canal-maître I se greffe sur ce canal, et se déverse dans le réservoir de Bimont, construit entre 1946 et 1952 pour la desserte en eau de la ville d'Aix, et d'une capacité de stockage de . Cette première phase de travaux s'achève en 1969.

Afin de sécuriser l'approvisionnement en eau de la ville de Marseille, un canal secondaire est ensuite construit depuis Bimont jusqu'aux hauteurs dominant la ville, où est créé en 1973 le réservoir du Vallon Dol (capacité de stockage : ), soit deux fois le volume d'eau du Vieux-Port de Marseille.. Le développement du tourisme sur la côte rend enfin nécessaire un important apport d'eau sur la côte varoise. Un dédoublement du canal principal est alors entrepris depuis Rians en direction de l'agglomération toulonnaise. À Signes, ce canal-maître II se scinde en deux pour desservir l'agglomération toulonnaise par l'ouest et par l'est.

La branche de Marseille-nord s'avérant insuffisante, une dérivation de ce canal est créée, entre 1977 et 1986, en direction de Marseille (vallon Dol), à partir de Pourcieux. Ces travaux ont été achevés en 1986. Les investissements ont été financés pour moitié par emprunts et pour moitié par subventions de l'État, de la Région, des Départements, de l'Europe et de l'Agence de l'eau.

Des développements sont en cours en direction de l'est varois.

Le canal au XXIe siècle La Société du canal de Provence (SCP) fournit désormais l'eau à plus de deux millions d'habitants des deux départements, au moyen de d’ouvrages principaux, dont , et réservoirs de proximité, dont les réserves de Bimont, près d'Aix-en-Provence, et de Vallon-Dol, à Marseille, près de de canalisations d’adduction et de distribution, et de livraison d'eau aux utilisateurs divers : collectivités publiques ( desservies, 30 % du volume distribué), industries (Gardanne, étang de Berre, 30 %), entités agricoles ( irrigués, soit la moitié des surfaces irrigables de la région, 30 %).

Le canal-maître I (en amont de Rians) peut délivrer chaque année de mètres cubes d'eau du Verdon, répartis en dynamique entre les différentes branches de l'aval à partir du centre de gestion du Tholonet. Son débit maximum de pointe est de . Les prélèvements d’eau de la SCP sont d'environ par an.

Les réserves constituées sur le Verdon permettent de garantir les débits sur une période de sécheresse de deux ans, le canal de Provence étant à sa capacité maximale.

Le canal de Provence fournit 40 % de la consommation de la ville de Marseille, l'autre partie étant fournie par le canal de Marseille.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Projets anciens Jean-André Floquet, Canal de Provence, ou Canal d'Aix et de Marseille, son utilité, sa possibilité, Paris : Imprimerie de P. G. Lemercier, 1750, 170 pages (→ lire en ligne)

Ouvrage actuel

Articles connexes Canal d'irrigation Canal du Verdon Canal de Marseille Aménagement hydroélectrique Durance-Verdon

Liens externes

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