Ipout est une des épouses de Téti, pharaon de la .

Attestations

La reine est attestée par plusieurs documents : son complexe funéraire, près de la pyramide de Téti, un décret de protection de son culte à Coptos émis par son fils , la Pierre de Saqqarah Sud, comportant les annales de la et où elle est mentionnée en tant que mère de , les titres de prêtrise du culte funéraire de la mère du roi, associés à la prêtresse Sési, épouse de Séni et à un prêtre anonyme ; leurs mastabas respectifs se trouvent dans la nécropole de Téti.

Les titres de la reine sont les suivants : « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t), « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts), « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆), « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw), « Fille du Roi de Haute et Basse-Égypte » (sȝ.t nsw.t-bjty), « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t), « Mère du Roi » (mw.t nsw.t), « Mère du Roi de Haute et Basse-Égypte » (mw.t nsw.t-bjty), « Mère du Roi de la pyramide de » (mw.t nsw.t Mn-nfr-Mryrˁ), « Aimée des Faucons d'or » (mrr.t Bjk.w-Nbw), « Fille du Dieu » (sȝ.t nṯr), « Grande en encensement dans la Maison du roi » (wr.t jdt m pr-[nsw.t ?]), « Celle qui s'unit à al perfection / beauté du roi » ? (ȝbḫ.t m nfr(.t) nsw.t), « Celle qui est honorée ... » (jmȝḫ.t [...]).

Généalogie

Origines

La stèle fausse porte du complexe funéraire de la reine, datée du règne de son fils, indique qu'elle était « fille du roi de Haute et Basse-Égypte », roi que la chronologie ne peut identifier qu'au roi Ounas. S'agissant de la seule attestation de ce titre et ayant été inscrit sur une stèle datée du règne de son fils, ce titre a été remis en cause par certains chercheurs. Par exemple, Yannis Gourdon considère qu'il s'agit d'un titre rituel et honorifique et posthume accordé par son fils à sa mère. Ce point de vue n'est pas partagé par tous les chercheurs, et d'autres considèrent qu'il s'agit d'un véritable titre, tandis que d'autres sont plus réservés sur la question, l'absence systématique du titre de « fille royale » du reste du complexe funéraire restant en effet étrange. Thierry Stasser, attribuant à la reine Nebet comme mère, la reine Khenout, l'autre épouse d'Ounas, pourrait alors être sa mère.

Époux et enfants

La position de la pyramide, derrière celle de , le fait qu'elle a été pensée comme un mastaba à l'origine, avant d'être transformée en pyramide lors de l'avènement de son fils , et enfin le fait qu'elle n'eut droit qu'à un sarcophage en calcaire, contrairement à et , suggèrent qu'il s'agit d'une reine de moindre importance que ces deux reines.

Plusieurs enfants ont été proposés pour cette reine : le roi , seul enfant de Téti dont le nom de la mère est connu avec certitude ; c'est sous le règne de son fils qu'elle acquit de manière posthume le titre de « mère du roi », la « fille aînée du roi de sa chair » Ouâtetkhethor Sechséchet, épouse du vizir Mérérouka ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée à de nombreuses reprises et de la même taille que son époux, ce montrerait son rang de fille aînée d'une épouse principale de Téti ; selon Stasser, le fait que la tombe ait été commencée dès le début du règne de Téti, et que la princesse faisait partie du décor dès cette période, montre que la reine princesse a été mariée à Mérérouka au tout début du règne, ce qui signifie que sa mère était déjà mariée à Téti avant son avènement sur le trône et en déduit donc que cette mère ne peut être que ; Kanawati, ayant déjà donné comme mère à Sechséchet Shechit la reine , il privilégie l'hypothèse que la mère d'Ouâtetkhethor Sechséchet serait plutôt , la « fille du roi de sa chair » Noubkhetnebty Sechséchet, épouse du vizir Kagemni ; enterrée dans le mastaba de son époux, elle est représentée en tant que très jeune fille ; son nom rappelle celui d'Ouâtetkhethor, tout deux basés sur la titulature du roi ; ainsi, elle est considérée comme étant née de la même reine qu'Ouâtetkhethor ; en conséquence, selon Kanawati, elle serait la fille de la reine , tandis que selon Stasser, elle serait plus probablement la fille de , le « fils aîné du roi de sa chair » Nebkaouhor Idou et la « fille du roi de sa chair » Sechséchet Idout, enterrés dans la nécropole d'Ounas, dans deux mastabas voisins, destinés à l'origine respectivement aux vizirs d'Ounas Akhethétep Hemi et Ihy, semble-t-il disgrâciés au début du règne de Téti ; ils semblent être frère et sœur germains, comme le suggèrent les surnoms Idou et Idout ; étant donné que Sechséchet Idout a été enterrée pendant le règne de Téti et qu'elle porte le nom Sechséchet, il s'agit très probablement de deux enfants de Téti ; deux théories sont alors proposées : la localisation de leurs tombes et la manière dont elles ont été réattribuées suggèrent qu'ils ont été enterrés au début du règne de Téti, avant que la nécropole de la pyramide ne soit prête à accueillir ces tombes ; en conséquence, Stasser en déduit que leur mère devrait être la première reine de Téti, épousée avant son avènement, à savoir , Naguib Kanawati considère quant à lui que ces deux enfants seraient nés de la reine , qu'il considère comme la fille d'Ounas, ce qui justifierait l'enterrement de ces deux enfants royaux dans la nécropole de leur grand-père maternel, Sechséchet Sathor, épouse du gouverneur de la province d'Edfou Isi ; aucun titre ne la mentionne comme fille de roi ; cependant, son nom étant Sechséchet, et son surnom, Sathor étant à rapprocher des noms Nebkaouhor et Ouâtetkhethor (les noms basés sur Horus sont assez rares à cette époque), elle est très probablement une fille de Téti, issue de la même mère que ces deux enfants royaux, à savoir pour Kanawati et pour Stasser, le « fils aîné du roi de sa chair » Tétiânkhkem, dont le mastaba se trouve entre la pyramide d' et celle de ; le nom de sa mère a fait l'objet de plusieurs hypothèses : Michel Baud considérait quant à lui que sa mère était la reine , sa tombe étant située juste à côté ; cependant, Zahi Hawass et Naguib Kanawati font de sa mère la reine tandis que Thierry Stasser fait de sa mère une reine importante mais distincte de ces deux reines car il semble toujours vivant pendant le règne de son frère , comme l'attestent des marques de constructions de la pyramide de ce dernier ; étant une reine plus importante qu', et cette dernière étant la mère de , Tétiânkhkem ne peut pas être à la fois le fils aîné de l'une de ces deux reines et être vivant pendant le règne de son frère ; Stasser en déduit donc que ce prince soit né d'une troisième reine, la « fille aînée du roi de sa chair » Inti, enterrée dans un mastaba aujourd'hui perdu et situé dans la nécropole de la pyramide de Téti (les inscriptions du mastaba n'ont été que très partiellement publiées) ; elle est à la fois « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de Téti » et « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de » ; les inscriptions publiées étant très lacunaires, il est possible qu'elle ait été surnommée Sechséchet, comme plusieurs de ses sœurs ; s'il y a eu des débats concernant la paternité de la princesse, Vivienne Callender et Stasser penchent clairement pour Téti, et justifient la présence du titre « fille aînée du roi de sa chair de la pyramide de » par le fait qu'elle était une sœur de , c'est-à-dire fille d', et que c'est au début de son règne que la princesse serait décédée, alors qu'elle était pressentie pour devenir une épouse de son frère ; Yannis Gourdon n'est pas d'accord avec cette interprétation et considère plutôt qu'elle était une fille de et de la reine Inenek Inti, l'une des principales reines du début du règne de , mais qu'elle serait décédée avant que la nécropole de la pyramide de ne soit prête, c'est-à-dire dans un scénario analogue à celui du prince Nebkaouhor Idou et de la princesse Sechséchet Idout.

Sépulture

Située au nord du complexe funéraire de Téti, sa tombe a été découverte par Victor Loret. Redécouverte et fouillée dans les années 1990 par une équipe d'égyptologues du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes menée par Zahi Hawass, elle est située au nord de la pyramide de et à l'est de celle de .

Ces dernières ont permis d'éclairer l'importance du personnage. En effet, épousée en secondes noces par Téti, ne devait donc pas occuper la place de principale épouse de Téti. Sa tombe avait d'ailleurs été conçue initialement comme un mastaba, pour finalement être transformée par la suite en pyramide par son fils une fois monté sur le trône, preuve d'un changement de destinée extraordinaire.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Catégorie:Index égyptologique Catégorie:Reine de l'Égypte antique Catégorie:Enfant royal de l'Égypte antique Catégorie:VIe dynastie égyptienne Catégorie:Princesse de l'Égypte antique