Alberte-Barbe d'Ernécourt, dame de dame de Gibeaumeix, connue sous le nom de Madame de Saint-Baslemont ou encore d’Amazone chrétienne, née le et morte le au château de Neuville-en-Verdunois, est une noble et écrivaine lorraine, héroïne de la guerre de Trente Ans. Dans les sources allemandes, elle apparaît parfois sous le nom de Barbara von Baslemont.
Biographie alt=Il s'agit de l'un des rares portraits d'Alberte-Barbe d'Enécourt. Visible au musée Carnavalet, une autre version de ce tableau se trouve au musée des Beaux-arts de Nancy (54000). Le peintre Claude Deruet (1588, Nancy - 1660, Nancy) a représenté de Saint-Baslemont dans un imposant portrait équestre utilisant un format et une posture d’ordinaire réservés aux portraits d’hommes de pouvoir. Il s’agit là d’un traitement exceptionnel pour une femme au siècle dont seule la reine Christine de Suède a pu bénéficier dans un portrait réalisé par Sébastien Bourdon en 1653.|vignette|317x317px|Portrait équestre de Madame de Saint-Baslemont thumb|château de Neuville-en-Verdunois.|318x318px
Famille Alberte-Barbe d'Ernécourt naît le au château de Neuville-en-Verdunois. Elle a pour parents Marguerite Housse de Watronville et Simon d'Ernécourt. Sa famille paternelle, des marchands-tanneurs, a connu une ascension sociale à la suite de sa fortune dans le négoce et d’unions. Son grand-père paternel, aussi nommé Simon d’Ernécourt ou Simon I, est gouverneur de Vaucouleurs et eut , dont son père, dit Simon le Jeune ou Simon II. Ce dernier, né en , passe son enfance au service du duc Charles III à Nancy. Il épouse Marguerite Housse de Watronville, fille du riche bailli de Verdun, Nicolas Housse, un des hommes les plus importants du Barrois. Elle apporte en dot une partie de la seigneurie de Neuville. Le reste de cette dernière sera acheté par Simon I pour le nouveau couple. Il devient finalement chambellan du duc Henri le Bon.
Son frère Nicolas étant mort en bas âge, Alberte-Barbe d'Ernécourt devient l’unique héritière des terres et du titre de son père.
Enfance Alberte-Barbe d'Ernécourt est éduquée par sa tante paternelle Barbe d’Ernécourt, épouse de Varin de Nyvenheim, qui est missionnée pour la préparer à une ascension sociale importante à la vue de son héritage. Elle s’occupe de sa nièce jusqu’à ses quatorze ans. L’éducation a lieu en sa demeure au Château d’Étrepy, près de Vitry-le-François et est très variée : travaux domestiques, religion, latin, luth, chant, cavalerie, littérature et poésie. Barbe d’Ernécourt étant une excellente cavalière, elle transmet activement cette compétence à sa nièce.
Mariage Le , à seize ans, son père la marie à Jean-Jacques de Haraucourt, seigneur de Saint-Baslemont, de très ancienne noblesse mais ruiné. Le couple demeure au château de Neuville-en-Verdunois jusqu’au départ d’Haraucourt en 1632 pour combattre aux côtés de Charles IV de Lorraine. On leur connait trois enfants dont le premier Dominique né en décède au bout de quelques mois.
Pendant la guerre vignette|Portrait d'Alberte-Barbe de Saint Baslemont En , la France envahit le Barrois et la Lorraine. Son mari combat à ses frais en Allemagne aux côtés du duc de Lorraine Charles IV, comme gouverneur et bailli de Bar, un régiment de cavalerie à partir de . Défait par Othon-Louis, il est capturé et Alberte-Barbe d'Ernécourt verse une importante rançon. Il est défait en dans la région de Thann. En , il se met au service des Impériaux et se fait capturé par le maréchal de La Force dont l'acquitte de nouveau son épouse.
Alberte-Barbe d'Ernécourt, qui soutient le parti français à l'inverse de son époux, réside sur ses terres de Neuville-en-Verdunois. Portant vêtement d'homme et mettant à profit les connaissances militaires que son père lui avait apprises, elle va protéger ses gens contre la soldatesque de tous pays (notamment française, suédoise et croate) qui ravage la Lorraine. Elle se fait ainsi appelée « chevalier de Saint-Baslemont » (supposément son beau-frère) ou « l'Amazone chrétienne » en participant à des combats au corps à corps et en mettant en place des tactiques militaires.
Femme forte du , elle s'illustre dans la formation au combat des habitants des villages environnants afin de contrer les tentatives de pillage et autres exactions menées par les armées et les bandes de mercenaires. Escortant également les convois qui ravitaillent la place de Verdun, son courage impressionne les officiers ennemis français qui la font peindre par Claude Deruet dans un ensemble d'exceptionnels et rares portraits équestres (en 1646, pour le tableau exposé au musée des Beaux-arts de Nancy).
Elle veille aussi sur le sanctuaire du culte marial de Thillombois et Notre-Dame-de-Benoite-Vaux, allant jusqu'à mettre en sécurité chez elle la statue miraculeuse vénérée de la Vierge entre et .
En 1644, la peste emporte son fils Philippe âgé de quatorze ans et son mari est tué au combat au service du duc de Lorraine à Merode. La nouvelle régente Anne d'Autriche interdit le travestissement des femmes et à leurs activités militaires.
En 1646, sa fille et héritière, Marie-Claude d'Haraucourt, épouse Louis des Armoises, seigneur de Jaulny et de Commercy avec comme dot le château de Neuville-en-Verdunois.
Écrivaine Alberte-Barbe d'Ernécourt attache de l'importance à l'éducation qu'elle donne à ses enfants et possède une vaste bibliothèque. Femme aux ressources étendues, la guerre ne l'empêche pas d'écrire des tragédies religieuses. Trois pièces de théâtre lui sont attribuées, dont une seule a survécu Les Jumeaux martyrs en 1650 dans laquelle deux jumeux romains se convertissent au christiannisme.
La Lorraine des Trois-Évêchés est livrée au rude gouvernement de l'occupant français gouverné par la famille La Ferté-Sénectère. Tous ses biens sont réquisitionnés et sa maison occupée. Malade, elle rejoint l'ordre des clarisses de Bar-le-Duc le et revient mourir chez elle le à .
Œuvres Seules quelques uvres ont été conservées, parmi lesquelles : Les Jumeaux martyrs, tragédie par de S.-Balmon, Paris : A. Courbé, 1650, In-4 ̊, 144 p. Les Jumeaux martyrs, Alberte-Barbe d'Ernécourt, madame de Saint-Balmon ; éd. critique avec introd. et notes par Carmeta Abbott et Hannah Fournier, Genève, Droz, 1995. Fausse attribution : La Fille généreuse (Paris BnF, ms Français 25489). Éditée dans le Théâtre complet de Philippe Quinault, tome III, Tragi-comédies romanesques, éd. William Brooks et Catherine Marchal-Weyl, Paris, Classiques Garnier, 2020, .
Postérité Portrait équestre d'Alberte-Barbe d'Ernécourt par Claude Deruet, 1646, musée des Beaux-arts et au musée lorrain de Nancy Son tombeau est encore visible de nos jours dans l'église de Neuville-en-Verdunois.
Références
Voir aussi Bibliographie Biographies rédigées sous l'Ancien Régime . . .
Biographies contemporaines et autres études
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Liens externes
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