Un exercice spirituel est une notion philosophique ou religieuse qui désigne une pratique ayant une finalité morale ou salvatrice. L'exercice spirituel fait partie d'une ascèse, d'une organisation de la vie, il consiste en une série d'actes répétés qui nous amènent à nous transformer nous-mêmes et ainsi, mériter le salut. Ignace de Loyola a mis par écrit ses Exercices spirituels dans un cadre religieux. Le philosophe Pierre Hadot a repris le terme pour l'infléchir dans un sens philosophique et il est le spécialiste contemporain de cette notion.

Définitions

L'expression « Exercices spirituels » au pluriel est le titre d'un livre d'Ignace de Loyola, saint catholique espagnol et fondateur de la Compagnie de Jésus. Ignace les définit ainsi : Par ce mot, Exercices spirituels, on entend toute manière d'examiner sa conscience, de méditer, de contempler, de prier vocalement et mentalement, et les autres opérations spirituelles dont nous parlerons dans la suite. En effet, comme se promener, marcher, courir, sont des exercices corporels : de même les différents modes de préparer et de disposer l'âme à se défaire de toutes ses affections déréglées, et après s'en être défait, à chercher et à trouver la volonté de Dieu dans le règlement de sa vie, en vue de son salut, s'appellent exercices spirituels.

Pierre Hadot donne un sens philosophique et non religieux au terme : il s'agit pour lui d'. Il rajoute que ces pratiques spirituelles sont inhérentes au mode de vie philosophique dans l'antiquité. Il rapproche la notion de celle de chez Raymond RuyerRaymond Ruyer, La Gnose de Princeton, Paris, Fayard, 1974, ch. 21-22.. Pour Hadot, les pratiques stoïciennes de , que sont la maladie, la pauvreté, l'exil, sont des exercices spirituels. Un exemple d'exercice est de , c'est-à-dire l'anticipation de ces difficultés. Mais il précise que bien que beaucoup de textes y fassent allusion, il n'existe aucun traité systématique codifiant d'une manière exhaustive une théorie et une technique de l'exercice (askesis) philosophique. Cela dit, presque toutes les écoles de philosophie de l'antiquité proposent des exercices d'ascèse (le mot grec askesis signifie précisément "exercice") et de maîtrise de soi.

Les exercices spirituels correspondent presque toujours à ce mouvement par lequel le moi se concentre en lui-même, en découvrant qu'il n'est pas ce qu'il croyait être , qu'il ne se confond pas avec les objets auxquels il s'était attaché. La prise de conscience est bien un exercice d'ascèse et de détachement, comme il apparait aussi chez Plotin qui conseille au moi de se séparer de ce qui lui est étranger.

Hadot cite aussi les épicuriens avec leurs pratiques de . Pour Hadot, les exercices spirituels constituent la philosophie elle-même, et ne sont pas de simples ajouts au discours abstrait.

Il écrit en effet dans son volume sur Wittgenstein que la notion d'exercice spirituel lui . Mais Hadot précise que le choix de cette expression .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . De la poésie comme exercice spirituel, Revue Fontaine, , Alger, mars-, rééd. Paris, Le Cherche midi, 1978 avec une préface de Max-Pol Fouchet. Poésie comme exercice spirituel. Attention et ouverture, Revue Sorgue, , . Pierre Hadot, Qu'est-ce que la philosophie antique ? Paris, Editeur Gallimard, 1995,

Articles connexes

Exercices spirituels Méditation

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