Le d'artillerie () (également appelé d'artillerie à pied) est le plus ancien régiment d'artillerie de l'Armée de terre française, créé sous la Révolution à partir du régiment de La Fère artillerie, un régiment français d'Ancien Régime lui-même créé à partir du Régiment Royal-Artillerie créé en 1671. Il est basé à Bourogne dans le Territoire de Belfort depuis 1997 et fait partie de la brigade d'artillerie depuis 2024.
Dénominations
1791 : Devient d'artillerie. 1794 : Dénommé d'artillerie à pied 1815 : Le régiment est dissous 1816 : Création du régiment de La Fère 1820 : Dénommé d'artillerie à pied 1829 : Création du d'artillerie 1854 : Création du d'artillerie à pied 1867 : Devient d'artillerie monté 1872 : Dénommé d'artillerie 1883 : Devient d'artillerie de campagne 1920 : d'artillerie divisionnaire 1946 : d'artillerie
Colonels et chefs de corps
Historique Ancien régime
Révolution française et Premier Empire De 1792 à 1795, durant les guerres de la Première Coalition, le régiment fait partie de l'armée du Nord. Il participe le 20 septembre 1792 à la bataille de Valmy, et le 6 novembre de la même année à la bataille de Jemappes.
En 1793, il se trouve à la bataille de Hondschoote, où à la tête de sa compagnie, le lieutenant en second Drouot emporte une redoute, puis au combat de Bliescastel.
Par décret du Décret de la Convention nationale, du 19e jour de pluviôse, an second de la République française, une & indivisible, relatif à l'organisation des régimens d'artillerie légère créant le 1er régiment d'artillerie à cheval, le régiment prend alors la dénomination de « ».En 1794, il assiste à la bataille de Fleurus et au siège du fort de l'Écluse
De 1795 à 1797, le régiment est affecté à l'armée de Sambre-et-Meuse puis il rejoint l'armée d'Italie.
De 1798 à 1801, les et rattachées à l'armée d'Orient embarquent à Gênes et à Civitavecchia à destination de l'Égypte pour participer à la campagne d'Égypte. Le elles participent à la bataille des Pyramides et le à la bataille d'Aboukir.
La , et une partie de la , affectées à l'armée de Naples, avaient été faites prisonnières à la capitulation d'Ancône, le . Les éléments engagés dans l'armée du Danube, participent à la bataille de Zurich, tandis que deux autres compagnies, les et , étaient à Saint-Domingue et le reste du régiment était en garnison à Lyon et à Turin.
En 1799 et 1800 le régiment fait la campagne d'Italie et se trouve engagé le dans la bataille de Marengo et revenu à l'armée du Rhin il combat à Hohenlinden.
En 1800, le dépôt du corps était à Douai.
Du au , Turin fut le théâtre d'une révolte militaire. La garnison se composait du régiment de cavalerie, du 13e régiment de chasseurs à cheval (ex-cavalerie de la légion américaine), de quelques compagnies de sapeurs du génie, et des , , , , , , et du . L'agitation commença par des réclamations des sapeurs qui n'avaient pas touché de solde depuis trois ans. Le général Delmas, qui commandait à Turin et à qui la réclamation fut portée le par les sapeurs, sans doute d'une façon inconvenante, en fit séance tenante fusiller quelques-uns. Cet acte de sévérité irréfléchie et excessive causa immédiatement une émotion extraordinaire dans toute la garnison, et fut exploitée par quelques militaires appartenant au , qui s'entendirent avec les maîtres d'armes et prévôts des autres corps, et par leur influence déterminèrent une manifestation à laquelle prirent part un certain nombre de canonniers. Ramenés à la raison et à la discipline par leurs officiers et sous-officiers, ces canonniers rentrèrent à la citadelle où les 8 compagnies étaient casernées, et ces compagnies n'en sortirent plus que pour réprimer le désordre qui continuait en ville. À la lecture du rapport du général Berthier, alors ministre de la Guerre, le Premier Consul s'était emporté et avait signé un arrêté qui cassait le d'artillerie, ordonnait que ses drapeaux fussent envoyés à Paris, incorporait les compagnies de Turin dans d'autres régiments, et renvoyait chez eux les officiers de ces compagnies, sans préjudice des peines qui seraient infligées aux coupables. L'exécution de ces mesures est confiée au général Piston, commandant territorial, qui ordonne aux 8 compagnies de se rendre au Pont-de-Beauvoisin et y arrive lui-même avec un escadron du . À l'heure dite, et sur le terrain désigné, les compagnies sont en bataille, silencieuses. On leur donne, entre deux bans, lecture de l'arrêté des consuls; elles défilent devant le général et chacune se met à l'instant en route pour la destination qui lui est ordonnée. Après avoir obéi, le chef de brigade Allix adressait un exposé des faits au Premier Consul, exposé qu'il terminait ainsi : « Le régiment se rappelle avec fierté qu'il a eu l'honneur de vous compter parmi ses officiers, et attend tout de votre justice. Muni de cet exposé et des informations prises auprès des autorités locales, le ministre de la Guerre Berthier adressa, un mois plus tard, au Premier consul un nouveau long rapport, indiquant que la mauvaise conduite de 5 compagnies, si tant est qu'elle ait été criminelle, ne peut déshonorer celles qui combattent en Égypte, en Italie, au et sur la flotte de l'amiral Linois. Le ministre de la guerre échoua. Le Premier consul ne voulut point se donner un démenti et les mesures prescrites avaient été exécutées. Les drapeaux du d'artillerie étaient à Paris. Parties du Pont-de-Beauvoisin, les compagnies étaient arrivées à la destination qui leur avait été assignée. Le chef de brigade Allix conduisit le reste de son régiment à La Fère, où il arriva le . Peu de temps après il fut remplacé par Lauriston qui était l'un des aides de camp du Premier Consul. Finalement, cette grosse affaire se termina par la lettre suivante, datée du :
Le , un bataillon d'artillerie piémontais est versé dans ses rangs pour compléter le régiment.
Au mois d', le régiment était encore sans drapeau, et le général Drouas qui avait présidé à sa réorganisation intercédait auprès du Premier consul pour que les drapeaux fussent rendus. Les et furent rappelées de Douai et de Metz, et reprirent leur place au à La Fère. Pendant ce temps les et qui s'étaient embarquées à Gênes et à Civitavecchia, en , pour se rendre en Égypte, rentraient en France en , et étaient envoyées à Grenoble pour entrer dans la réorganisation du .
Depuis l'année 1805 jusqu'à la fin de l'Empire, le a été partagé entre les armées d'Allemagne et d'Espagne, avec quelques compagnies détachées à la garde de l'embouchure de l'Escaut et des Antilles.
En 1805 durant la troisième Coalition on trouve des éléments du régiment engagés aux batailles d'Ulm et d'Elchingen puis le à la bataille d'Austerlitz.
En 1806-1807 durant la campagne de Prusse et de Pologne des éléments participent le 14 octobre 1806 à la bataille d'Iéna puis en 1807 aux batailles d'Ostrolenka et le 14 juin 1807 plusieurs compagnies du régiment participent à la bataille de Friedland.
De 1808 à 1814, plusieurs compagnies sont affectées à armée de Portugal, dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole. Elles participent aux batailles et sièges de Medina de Rioseco en 1808, de Saragosse et de Talavera en 1809, de Ciudad-Rodrigo en 1810, de Cadix, de Badajoz en 1811, aux défenses de Ciudad-Rodrigo et de Badajoz, à la bataille des Arapiles en 1812 puis à celles de Vitoria en 1813 et de Toulouse en 1814.En 1812, les et sont faites prisonnières dans la capitulation de Badajoz.
Le dépôt du régiment quitte La Fère au commencement de 1808, pour s'établir à Strasbourg, et il reste dans cette place jusqu'à la fin. La est prise par les Anglais à Flessingue en 1808.
En 1809, les éléments engagés dans la campagne d'Allemagne et d'Autriche assistent aux batailles d'Essling et de Wagram.
En 1810, la est faite prisonnière en Guadeloupe.
Les compagnies faites prisonnières sont successivement remplacées par de nouvelles compagnies formées à Strasbourg. Voici quelle était la situation des compagnies au :
En 1812, une partie du régiment participe à la campagne de Russie et se trouve engagé aux , de Smolensk, de la Moskova, de Krasnoï, de La Bérézina et de Vilna.
Conformément au décret du , le régiment avait été porté à 28 compagnies, comme les autres.
En 1813 dans la campagne d'Allemagne, le régiment assiste aux batailles de Lützen, de Bautzen, de Dresde, de Jüterbog, de Leipzig (du 16 au 19 octobre) et de Hanau.
En 1814 dans la campagne de France, il participe aux batailles de La Rothière et de Paris. Lors de la première Restauration, les débris du régiment réunis à Strasbourg y sont réorganisés par le général Valée. Le corps est formé sur le pied de 24 compagnies. On y verse trois compagnies du régiment d'artillerie hollandais qui avait pris en 1810 le , 4 compagnies de l'artillerie de la Jeune Garde et quelques hommes de la Vieille Garde .
En 1815 lors de la septième Coalition le régiment se trouve à la défense de Huningue. Après Waterloo, les compagnies qui avaient fait la campagne de Belgique, et 3 compagnies qui étaient en route pour Vincennes, passèrent la Loire et furent licenciées à Limoges le , par le général Charbonnel. Neuf compagnies restées à Strasbourg et dans les places de l'Alsace, avaient été dissoutes le par le général Lepin. Le dépôt qui avait accompagné les 3 compagnies dirigées le sur Vincennes était à Limoges.
De 1816 à 1848 Le dépôt et 2 compagnies et demie maintenus sur pied furent envoyés à Bourges, et c'est là que le « nouveau » est formé à la date du , sous l'ancien titre de « régiment de La Fère », et sous le commandement du même chef, le colonel Albert Laurent. Il devait compter 16 compagnies et un cadre de dépôt . Ses rangs furent remplis par l'appel des canonniers volontaires originaires des départements de la Charente-Inférieure, de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, du Jura et de l'Allier.
Quant aux hommes renvoyés dans leurs foyers, les uns rappelés suivant le même principe, servirent à recomposer les autres régiments d'artillerie. L'excédant entra dans la formation des compagnies d'artillerie attachées aux légions d'infanterie départementale, en exécution de la loi du Compagnie départementale (4 R 39-45).
En 1820, le « régiment de La Fère » prend le nom de « d'artillerie à pied ».
En 1823 une partie du régiment participe à l'expédition d'Espagne et participe au siège de Pampelune.
Le le « d'artillerie à pied » est réorganisé à Rennes, et devient le « d'artillerie mixte ». Il conserve ses 11 premières compagnies, verse 6 compagnies au nouveau d'artillerie mixte », et reçoit en échange les trois premières compagnies du 3e régiment d'artillerie à cheval, et les et du 6e régiment d'artillerie à pied. Il transforme six de ses compagnies à pied en batteries montées par l'adjonction de détachements du train d'artillerie, et il se trouve alors constitué sur le pied de 3 batteries à chevalbatteries à cheval : tout le monde est à cheval, 6 batteries montéesbatteries montées : conducteurs à cheval et servants à pied. et 7 batteries à piedbatteries à pied : tout le monde est à pied.
En 1832, dans le cadre de la guerre belgo-néerlandaise , une partie du régiment est au siège d'Anvers
En 1833 , il est réduit à 12 batteries et un cadre de dépôt, et verse 4 batteries au nouveau 13e régiment d'artillerie.
En 1839, une partie du régiment participe au début de la conquête de l'Algérie et participe, en 1840, aux expéditions de Médéa et de Miliana puis en 1844 lors de l'expédition du Maroc à la bataille d'Isly.
Les garnisons parcourues par le depuis sa formation sont : Douai en 1818, Rennes en 1825, Douai en 1830, Vincennes en 1833, Strasbourg en 1837, Bourges en 1842, Toulouse en 1845, Grenoble en 1848 et Metz en 1851.
Second Empire