La guinée () est une pièce de monnaie en or et une unité de compte, d'abord anglaise puis britannique, frappée de 1663 à 1813, puis qui est simplement restée comme unité traditionnelle de compte valant , soit une livre et un shilling d'avant la décimalisation (1971). Son nom est lié à la région de la côte de Guinée, d'où provenait, au , une partie de l'or exploité par les empires coloniaux européens.

Historique

Il s'agit de la première pièce d'or produite mécaniquement par la frappe au balancier. Les monnaies d'or anglaises antérieures, la noble (1344-1460), l'angel (1465-1642) et la Sovereign (1489-1603), l'avaient été au marteau.

Cette nouvelle pièce frappée avec l'« or de Guinée » ou Guinea aurum, soit la « Nouvelle-Guinée de sterlins », est décrite en 1669 par l'écrivain anglais Edward Chamberlayne dans son essai The Present State of England. Sa première frappe pour l'usage de la compagnie marchande, la Guinea Company, commerçant avec les côtes occidentales d'Afrique, dénommées « Guinée » remonte pourtant à 1663Trésor de la Langue française, CNRTL / CNRS.. Originellement, sa valeur était à parité avec la livre sterling. Par la suite, son cours a varié en fonction des arrivages d'or, valant jusqu'à , avant de se fixer à . Son nom provenait de la Côte de Guinée, une importante source de l'or anglais à l'époque.

La première frappe sous Charles II produit une pièce pesant 8,53 g d'or à 917 millièmes.

Il a été frappé des sous-multiples (des pièces de ¼, ⅓, ½ guinée) et des multiples (des pièces de 2 et 5 guinées).

Sa frappe est suspendue en 1813, et bien que ne correspondant plus après la réforme monétaire dite du , à une monnaie existante et que commence la frappe du souverain, la guinée a continué d'être utilisée couramment au et jusqu'aux années 1960 pour exprimer certains montants, en particulier les honoraires de certaines professions libérales, les prix dans certains magasins d'articles de luxe, les objets d'art ou dans la vente de chevaux de courses. Les prix des tableaux anciens étaient exprimés en guinées. De 1813 à 1971, elle valait une livre et un shilling, soit l'équivalent de ou de . Depuis 1971, année où le système monétaire britannique est décimalisé, elle vaut, en principe, .

Littérature et représentations

Dans la nouvelle d'Oscar Wilde Le Crime de Lord Arthur Savile, un chiromancien demande à être payé au lieu de . Il y gagne une reconnaissance sociale mais aussi de plus. Le comte rédige un chèque de et non de cent guinées Oscar Wilde, Lord Arthur Savile's Crime chapitre 1, p. 167, in Complete Works of Oscar Wilde, HarperCollins, Glasgow, 2003.

Dans le roman de Jules Verne Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), Phileas Fogg, le personnage principal, fait usage de cette unité à plusieurs reprises dans ses transactions.

Dans le film La Grande Attaque du train d'or inspiré d'une histoire vraie de 1855, Edward Pierce (joué par Sean Connery) prétend avoir perdu en pariant dans un combat d'animaux.

Au début du film Les Vestiges du jour, le commissaire priseur qui lance les enchères, annonce les montants en guinées

Dans la saison 1, épisode 1 de la série Hercule Poirot, le détective est payé d'une guinée pour le dédommager du temps passé à enquêter sur la disparition d'une cuisinière, par les employeurs de cette dernière. Quand Hercule Poirot résout le mystère caché derrière cette affaire, il encadre le bon pour une guinée et le fait accrocher au mur par sa secrétaire, afin qu'il lui serve de pense-bête.

Galerie de photographies

Jetons de jeux Au cours du siècle, le type Spade Guinea avec George III à l'avers, a été frappé sous la forme d'un jeton de cuivre avec divers millésimes (1780, 1786, etc.) : ils servaient aux établissements de jeux« Spade Guinea gaming Token - George III », sur la base Numista..

Notes et références

Articles connexes Glossaire de la numismatique Livre sterling Souverain (pièce en or)

Liens externes

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