La ligne de Longueville à Esternay est une ligne ferroviaire française à écartement standard et à voie unique des régions Île-de-France et Grand Est. C'est une ligne transversale de l'ancienne compagnie des chemins de fer de l'Est, intégrée à la SNCF en 1938.

Elle constitue la ligne du réseau ferré national. Historiquement, elle constituait la ligne 21 dans l'ancienne numérotation SNCF des lignes de la région Est.

Histoire

De Longueville à Provins Un projet de liaison Les Ormes-sur-Voulzie – Longueville – Provins, long de douze kilomètres, est étudié lors du choix du tracé de la ligne de Montereau à Troyes. La ligne, prévue à traction animale, est concédée à Monsieur Lauzin de Rouville par un décret le .. La Compagnie du chemin de fer de Provins aux Ormes est constituée par un acte signé les 15, 18, . Elle est autorisée par un décret impérial du suivant qui entérine le transfert de la concession.. La concession est abandonnée lors de l'approbation du tracé de la ligne de Paris-Est à Mulhouse-VilleFrançois et Maguy Palau, Le rail en France - Tome 2, 1858 - 1863, 57. Un décret impérial du confie la construction des lignes « de Longueville à Provins » et de « Chalmaison aux Ormes » à la Compagnie des chemins de fer de l'Est.

Le tronçon de Nangis à Flamboin de la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville est achevé le François et Maguy Palau, Le rail en France - Tome I, 1852 - 1857, 172. Vingt mois plus tard, le , l'embranchement vers Provins, long de sept kilomètres, est ouvert au trafic. Il permet aux Provinois de rejoindre la grande ligne en quinze minutes.

En 1887, dix à douze départs par jour et par sens relient la ville à Paris avec un changement à Longueville en deux à trois heures de trajet. De sept à neuf trains par jour relient Provins à Troyes en trois heures ; trois trains quotidiens permettent par ailleurs de se rendre à Montereau, grâce à la ligne de Flamboin-Gouaix à Montereau, avec une heure et quart de trajetRené-Charles Plancke, Histoire du chemin de fer de Seine-et-Marne, tome 1, 313. Ambulant postal thumb|gauche|Carte postale comportant le timbre à date crénelé d'ambulant postal sur la ligne de Provins à Longueville daté de 1905. Un service d' ambulant postal a fonctionné sur cette ligne avant la guerre 14. Les lettres étaient déposées dans les gares et, dans le train, un employé oblitérait le courrier avec un timbre à date rond à créneaux, typique des cachets d'ambulants postaux français du début du XXè siècle.

De Provins à Esternay Une loi du autorise le prolongement de la ligne de Provins à Esternay, dans le département voisin de la Marne via Villiers-Saint-Georges. La ligne est déclarée d'utilité publique par une loi le ., dans le cadre des lignes classées en 1879 dans le réseau complémentaire, dont la réalisation est estimée nécessaire à l'économie régionale. La section de Provins à Esternay est concédée à titre définitif par l'État à la Compagnie des chemins de fer de l'Est par une convention signée entre le ministre des Travaux publics et la compagnie le . Cette convention est approuvée par une loi le suivant.. Toutefois, l'exécution des travaux, d'abord ajournée à 1894, tarde et la mise en service de ce tronçon est finalement réalisée le René-Charles Plancke, Histoire du chemin de fer de Seine-et-Marne, tome 1, 315.

La ligne est fermée au service des voyageurs entre Provins et Esternay le et au service des marchandises entre Villiers-Saint-Georges et Esternay le .

Infrastructure Seule la section de Longueville à Villiers-Saint-Georges est encore ouverte. Entre Villiers-Saint-Georges et Esternay, la voie est déposée.

Le renouvellement des rails entre Provins et Longueville a fait l'objet d'un chantier qui s’est étalé sur un peu plus de quatre mois, du au . Ce chantier a représenté un budget de 6 millions d'euros intégralement financé par Réseau ferré de France. En effet, l'arrivée des nouvelles rames Bibi, l'augmentation des horaires et le cadencement plus riche, ont nécessité des travaux de renouvellement de tous les éléments de la voie : rails, traverses et ballast. L'opération, assurée par 80 opérateurs, techniciens et ingénieurs s'est caractérisé notamment par en béton posées sur de ballast neufSite de la communauté de communes de Provins : Une voie ferrée toute neuve, consulté le 28 mars 2011. La vitesse des trains de voyageurs a ainsi pu être relevée de 60 à .

Électrification La ligne est électrifiée en 25 kV – 50 Hz sur les à voie unique de Longueville à Provins. Les travaux ont commencé en , ils devaient se dérouler jusqu'en 2021.. Toutefois, la mise en service de cette électrification fut reportée vers .. Elle est effective le ..

Vitesses limites La vitesse limite de la ligne en 2012 pour les AGC et les trains V 120 est de Renseignements techniques SNCF/RFF - RT 1012 Ligne 21.6 : Longueville à Provins.

Exploitation La ligne n'est plus desservie que par des trains de voyageurs d'Île-de-France (Transilien) entre Longueville et Provins, généralement à partir de Paris-Est.

Longtemps assurée par des éléments automoteur doubles (EAD), la desserte de la ligne a été reprise en 2004 par des RIB/RIO tractées par des BB 67400. Depuis 2008, ces rames vieillissantes ont été remplacées par de nouveaux automoteurs bi-mode B 82500, dits « Bibi ». Avec l'électrification de la ligne, les Bibi sont remplacés par des Z 50000, dits "NAT/Francilien".

Quelques trains de marchandises, ainsi que les trains de l'AJECTA, parfois pour des tournages de films, subsistaient entre Provins et Villiers-Saint-Georges. En 2023, la SNCF suspend l'exploitation de cette section car celle-ci nécessite une remise en état dont le coût serait de deux millions d'euros..

Projets

En , le site Web « provins.evous.fr » fait état d'une information sur la réouverture « annoncée » de la section de ligne Provins - Villiers-Saint-Georges, mais sans plus de précisionsLes transports en commun plus présents / Le cadencement augmente la qualité de service, article du 16 décembre 2009. Cependant, on ne sait pas si le projet de réouverture de la gare de Villiers-Saint-Georges va permettre également de rouvrir les gares de Léchelle et de Beauchery, deux anciennes gares entre Provins et Villiers-Saint-GeorgesLigne Longueville/Esternay sur le site « Le Répertoire des Rues Ferroviaires ».

Galerie de photographies

Notes et références

Bibliographie

René-Charles Plancke, Histoire du chemin de fer de Seine-et-Marne, tome 1, éditions Amatteis, 1991, 511 p. François et Maguy Palau, Le rail en France - Tome II, 1858 - 1863, 2001, 223 p.

Voir aussi

Articles connexes Transilien ligne P Liste des lignes de chemin de fer de France

Liens externes Article consacré à la ligne sur le site « Le Répertoire des Rues Ferroviaires »

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