Charles Gustave Nicolas Le Brun-Renaud, plus connu sous le nom de Lebrun-Renault, né à Château-Thierry le et mort à Saint-Mandé le , est un officier de gendarmerie français impliqué dans l'affaire Dreyfus.
Sur son nom
Son nom a été orthographié Lebrun-Renault par Joseph Reinach, et par la suite la plupart des historiens de l’affaire Dreyfus, et c'est sous cette forme qu'il est le plus connu. En outre, il a lui-même signé ses ouvrages Le Brun-Renaud, si bien que le registre d’ordre de la garde républicaine, à la date du , porte le nom de Le Brun-Renaud comme commandant de détachementService historique de la Défense, 1 H 634. Néanmoins, l’écriture Lebrun Renaud, étant celle attestée par son acte de naissance, doit être retenue comme la seule exacte vis-à-vis de l'état-civil.
Carrière militaire
Lebrun-Renault est né à Château-Thierry le . Il est le fils du juge d'instruction de la ville. À l’âge de 20 ans, il entre dans la cavalerie comme engagé volontaire. Il est promu maréchal des logis en 1875, puis maréchal des logis-chef l’année suivante. Reçu à l’école d’application de Saumur en 1878, il est nommé sous-lieutenant. Optant pour la gendarmerie en 1881, il intègre la cavalerie de la garde républicaine, où il effectue l’essentiel de sa carrière. Néanmoins, il sert à Tahiti en 1885-1888, où il perd sa femme et devient vraisemblablement alcoolique.
Rentré en métropole comme capitaine commandant l’arrondissement de Melun, il est d'abord proposé pour une mission au Guatemala. Après l'abandon de celle-ci, il réintègre la cavalerie de la garde républicaine en 1892, puis se remarie avec une riche veuve anglaise en 1898. Promu chef d'escadron en 1900, il commande la compagnie de la Haute-Loire, puis, ayant atteint la limite d’âge de son grade en 1904, se retire à Saint-Mandé. Définitivement rayé des cadres en 1909, il n’est pas rappelé pendant la Première Guerre mondiale et décède le .
Implication dans l’Affaire Dreyfus Responsable, avec son peloton de cavalerie, de la conduite d'Alfred Dreyfus de la prison du Cherche-midi à l’École militaire le , il a passé quelques instants en tête-à-tête avec l'accusé et a prétendu par la suite avoir obtenu des aveux. Cette révélation, qui a été consignée par écrit en 1897, a été reconnue fausse par la cour de cassation dans un arrêt du . Il n'a pas été cité à comparaître au procès Zola de 1898, et a été discrédité lors du procès en révision de Dreyfus à Rennes en 1899. En 1907, il a donné des conférences affirmant sa conviction de la culpabilité de Dreyfus, qui venait d’être réhabilité, puis en 1908, il a pris, au côté du lieutenant-colonel Armand du Paty de Clam, la défense du journaliste Grégori qui avait tenté d’assassiner Dreyfus.
Caractère Impliqué dans l'affaire Dreyfus pour avoir prétendu avoir reçu des aveux de culpabilité du condamné quelques minutes avant sa dégradation, Lebrun-Renault a fait l’objet de la loi d’amnistie de . Son dossier est donc intégralement expurgé de sa notation et de ses sanctions éventuelles jusqu’en 1900. Ses seules appréciations conservées datent donc de 1901, alors qu’il commande la gendarmerie de la Haute-Loire : il « manque un peu de jugement, cause trop et fait trop parade de la situation de fortune de Madame Lebrun-Renault » au premier semestre, est « exubérant, manque de tact, gagnerait à moins parler et à plus réfléchir » au second.
Son ancien camarade Pierre-Victor Stock, créateur de la maison d'édition qui porte son nom, a laissé de lui un portrait au vitriol dans ses souvenirs :
Décorations Médaille coloniale agrafe « Tunisie », sans date Nicham Iftikar, le Médaille royale du Cambodge, le Ordre du Dragon d'Annam, le Chevalier de la Légion d'honneur, le Ordre du Lion et du Soleil de Perse, le .
Publications Capitaine Charles Le Brun-Renaud, Les possessions françaises de l’Afrique occidentale, Paris, Baudouin, 1886, 340 p. Capitaine Charles Le Brun-Renaud, L’armée ottomane contemporaine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1886, 88 p. Capitaine Charles Le Brun-Renaud, Manuel pratique d’équitation à l’usage des deux sexes, Paris, Garnier, 1886, 303 p. (version espagnole 1892, réed. 1907 et Lavauzelle, 2006) Capitaine Charles Le Brun-Renaud, La Perse politique et militaire au . Histoire de la dynastie des Kadjars (1794-1894), Paris, Baudouin, 1894, 35 p. Capitaine Charles Le Brun-Renaud, La Turquie, puissance militaire, Armée de terre et flotte, Paris, Gautherin, 1894, 96 p.
Sources Service historique de la défense, 6 Yf . . Le procès du Panthéon (4 juin – 11 septembre 1908), Compte-rendu sténographié et révisé des débats, La Libre parole, s.d., 168 p. (BnF, 8-FN-1452) . . Marcel Thomas, « La légende des aveux, naissance et mort d'une rumeur » dans Gilles Manceron et Emmanuel Naquet, Être dreyfusard hier et aujourd'hui, Rennes, PUR, 2009, . .
Notes et références
Catégorie:Militaire français du XIXe siècle Catégorie:Officier de la gendarmerie nationale française Catégorie:Antidreyfusard Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur Catégorie:Naissance en juillet 1853 Catégorie:Naissance à Château-Thierry Catégorie:Décès en juin 1921 Catégorie:Décès à 67 ans Catégorie:Décès à Saint-Mandé Catégorie:Décès dans le département de la Seine